Platiste, mon amour.

J’ai une certaine affection pour les platistes… Leur constance de Don Quichotte a essayer de réfuter une thèse acquise depuis des centaines d’années, leurs crowfundings pour fabriquer des fusées artisanales lancées depuis leurs jardins, qui les rapprochent plus du Darwin Award que de la Lune, et surtout leurs arguments.

Car, disons le, leurs arguments sont souvent frappés au coin du bon sens. Ils sont d’une évidence quasi absolue. C’est limpide. Et complètement à côté de la plaque (si on peut dire…)

Et c’est une leçon importante, notamment lorsqu’il s’agit d’enseigner la permaculture ou l’autodéfense intellectuelle : Méfiez-vous du bon sens, de ces choses qui paraissent évidentes, qui sautent au yeux. Ces choses qui, en fait, confirment ce que vous pensez déjà.

De même, méfiez-vous du bon sens qu’il y a au delà du bon sens. « J’ai fait mes propres recherches et j’ai trouvé un (bon) sens caché. » Ce n’est pas parce que votre démarche ressemble à ce que vous avez comme idée de la démarche scientifique qu’elle est scientifique.

Les platistes sont justes des amateurs de sciences qui n’ont pas compris ses fondamentaux : On ne cherche par pour prouver un truc qu’on imagine. On cherche pour élargir un domaine de connaissances en ce qui concerne la réalité, quelle qu’elle soit.

Les platistes me semblent être à la science ce que sont les enfants aux professionnels du métier auxquels ils jouent. Du coup, c’est peut-être condescendant, mais je trouve ça chou.

J’ai un peu moins d’attendrissement quand des gens font la même chose en mettant en danger autrui…

Le pape, le tueur et l’IVG.

Mais qu’entends-je? Comm’ au Vatican? Le pape a fait une bulle? Les médecins pratiquant l’IVG seraient des tueurs?

Au delà (Jeu de mot, on commence fort!) de l’oxymore médecin-tueur que les puristes apprécieront, je voudrais rappeler une chose: Dans les pays où l’IVG n’est pas légalisé, le nombre de décès maternelles liés aux avortements explose.

Donc, aux « #ProLife« / »#ProVie » qui sont contre l’#IVG légal. » vous pouvez répondre que, de fait, ils préfèrent que les femme meurent.

La méta-analyse permettant de l’affirmer : http://dspace.itg.be/bitstr…/…/10390/2671/2001shsop0159.pdf…

Je vous renvoie à la page 10. Cas de la Roumanie.
1965, IVG autorisé : 30 ☠️ liés aux complications d’avortement pour 100.000 naissances vivantes.
1989, Ceaucescu, IVG interdit : 142 ☠️décès pour 100.000 n.v.
1992, IVG re-permis : 50 ☠️ pour 100.000 n.v.
(Stephenson et al. 1992, Serbanescu et al. 1995).

Donc, s’il y a un tueur dans cette affaire, il est en blanc. La version velours et goupillon. #Pape

Mais c’est vrai que si on compte sur un abstinent représentant une entité invisible pour donner son avis sur le corps des femmes à l’aide d’un livre illustrant une morale d’un peuple d’il y a 2500 ans… on l’a un peu cherché…

(Ce bon mot final est une fière production de Le Bouseux Magazine 6 , que je vous encourage à suivre, et à grassement payer ici : https://fr.tipeee.com/le-bouseux-magazine)

« On devrait traiter la Silicon Valley avec la même suspicion que Wall Street »

Voici un entretien qui mérite amplement d’être lu en entier. Il s’agit d’une rencontre avec l’universitaire Evgeny Morozov. C’est un point de vue qui complète tout à fait le paragraphe de la conférence au sujet du Big Data.

Impossible de tout résumer ici, d’autant que sa pensée est déjà exprimée de manière très concentrée et limpide.

Quelques citations toutefois…

« Le solutionnisme, c’est la tendance qu’ont certains acteurs, spécifiquement les entrepreneurs et les entreprises de la Silicon Valley, à prétendre qu’ils savent comment résoudre de grands problèmes politiques et sociétaux. « 
« La vision classique de la politique, où on débat du bien commun et de la manière de l’atteindre, est remplacée par une réponse standard qui est : le problème vient de l’individu. »
« comment les gouvernement vont-il gérer la pression qui va s’exercer pour qu’ils privatisent les données de leurs propres citoyens ? […] cela arrive déjà un peu en Grande-Bretagne où le gouvernement vend des données médicales. C’est la nouvelle frontière de la privatisation. »
« Nous sommes dans une nouvelle forme de capitalisme, où l’on paie des biens et des services avec nos données, qui sont ensuite vendues contre de la publicité. « 
« Il est absurde que la Silicon Valley se félicite d’avoir des milliers de critiques pour un livre sur Amazon au lieu d’une seule dans la New York Review of Books. Ce sont deux choses différentes. »
Un entretien à lire, relire et relire encore tant chaque question touche un point sensible et pertinent.

Jacques Fresco et le Venus project : Le monde moins les humains ?

Je viens de finir de voir ce documentaire…

Je ne vais pas trop toucher à la forme bien que l’utilisation quasi continue d’images de stock plus ou moins découplées du propos m’ait un peu gêné.

Je suis d’accord avec les constats qui y sont faits. Ces constats sont sensiblement toujours les mêmes chez les alternatifs (de droite comme de gauche…) : Inadéquation entre les politiques publiques et les enjeux environnementaux et sociaux, inégalités et mal-répartitions des biens, souci avec le système bancaire qui s’est arrogé le droit de frapper notre monnaie, obsolescence programmée, etc…. Avec ce qui me parait une originalité, l’idée que tout cela est lié à la pénurie.

Il faut donc changer. Soit.

En revanche, j’ai un souci sur les solutions. (Oui, c’est toujours là que les avis divergent…). J’aime bien l’idée d’une société basée sur l’abondance… Mais de quelle abondance s’agit-il ? Telle qu’elle nous est décrite dans cette vision, d’un abondance de biens et de technologies. Est-ce vraiment nouveau ? Je ne pense pas…

Il y aurait donc des lieux où l’ont pourrait se servir à l’envie. Le système productif devrait selon Fresco être reproportionné, agrandit. Il faudrait passer à une automatisation complète de la production (et des tâches bêtifiantes si j’ai bien compris) pour y arriver. Remplacement maximum des humains par des machines. Sur cette même ligne, il est proposé de ne pas rénover les villes mais de construire tout de neuf…

Est-ce vraiment la solution envisagée à la surconsommation et à l’épuisement des ressources non seulement pétrolières mais aussi, et surtout, minières ? Le rêve du MEDEF moins l’argent ? D’ailleurs, la solution proposée d’avoir des « senseurs » qui donnent des données sur les flux et les réserves existe déjà… On l’appelle Big Data…

Le plus étonnant, c’est que ce « plus de la même chose » s’appuie sur une citation attribuée à Einstein : « Nous ne pouvons résoudre des problèmes en utilisant les mêmes modes de pensées que ceux qui les ont engendrés. » (19e minutes.)… Un comble…

Jacques Fresco a également une phrase très importante, qui passe presque inaperçue (28’50) : « ça ne marcherait pas dans la culture actuelle. » Cette phrase est terrible car elle nous dit que ce système pour les humains a été pensé à partir d’être humains qui n’existent pas… (Je ne serait pas étonné que Fresco soit architecte ou ingénieur à la base mais pas sociologue…Oups, bingo…) Ce qui semble cruellement lucide : Centré sur l’idée (pas forcément vraie) que les pauvres veulent accéder à ce que les riches ont, il oblitère l’idée qu’une part du problème vient du fait que les riches ne lâcheront pas leur richesse si facilement… Quand bien même on ne leur prendrait pas mais qu’on se « contenterait » d’abolir l’argent. On aime l’égalité mais on adore les privilèges… Par exemple, les données du Big Data sont entre les mains d’un petit nombre, ne seraient-ce que parce que leur analyse et utilisation demandent des moyens faramineux…

Alors la phrase finale disant qu’il faudrait 10 ans pour changer la surface de la Terre résonne un peu différemment… 10 ans pour la surface de la Terre, c’est splendide… Mais combien de temps pour changer le fond des êtres humains ? Et d’ici là, que fait-on?

Anti-systèmes, objectivité et mouvement perpétuel…

En raison des activités que je mène, je suis souvent perçu comme un allié potentiel des personnes « anti-système ». C’est parfois le cas. J’ai été plus d’une fois approché par des gens qui me parlaient de l’énergie libre. J’avoue avoir été séduit par l’idée que, peut-être, on avait trouvé une source d’énergie inépuisable et quasi gratuite. Mais il se trouve que j’ai fait des études scientifiques et j’ai notamment fait un peu de physique…

La physique, vous savez, la science qui tâche de décrire comment fonctionne la matière, tout ça… Et je dis bien « Décrire », la science, si elle peut être instrumentalisée, lorsqu’elle est bien faite est objective. C’est même sa raison d’être. Produire des théories, pas des hypothèses. Même si, quand une théorie dérange quelqu’un, il a tendance à donner à ce mot le sens d’hypothèse. Genre « La théorie de l’évolution, vous savez, ce n’est qu’une théorie. » Et bien justement. Une théorie, c’est ce qui est considéré vrai jusqu’à ce qu’on l’affine par la démonstration.

Cette mise au point étant faite, revenons à « l’énergie libre ». Souvent il s’agit de faire tourner un mobile avec des aimants. Les vidéo fleurissent sur internet. Et, je l’avoue, je trouve l’idée séduisante. Affectivement… J’aimerais bien. Mais voilà, la physique démontre que c’est impossible.

En revoici les éléments de cette démonstration, simple et efficace, expliquée par 2 ados…

Il y a là une leçon importante… Nos perceptions peuvent être trompeuses et ce d’autant plus qu’on a envie de croire en ce qu’on voit, quelle que soit l’origine de cette envie. Couplé à la démonstration, faite récemment, que nous surestimons généralement notre propre objectivité, y compris lorsque les biais d’évaluation sont connus, cela pousse à se méfier grandement de nos jugements dits objectifs…

Et maintenant, amis subversifs comme amis mainstream, le réchauffement climatique info ou intox?

[Bonne nouvelle] Les choux permettent de résister aux radiations.

Photo  "Mon choux" CC Mathieu Luna (Flickr)

Photo « Mon choux » CC Mathieu Luna (Flickr)

Une équipe américano-chinoise vient de montrer, sur des rats, que l’administration de 3,3′-diindolylméthane (DIM)permet de résister à des doses habituellement mortels de radiations.

Quel rapport avec les choux rouge, blanc et autres broccoli ? la famille des brassicacées? Et bien parce que c’est un composant présent dans ces plantes, l’indol-3-carbinol (I3C) qui une fois digéré, se transforme en une autre molécule, le DIM!!!

Pour le déterminer, les auteurs de cette recherche ont exposé ces rongeurs à une dose de 13 grays qui, en temps normal, aurait dû les tuer. On estime qu’un organisme humain ne résiste pas à une dose supérieure à 10 grays. D’ailleurs, dans le cadre de cette étude, tous les rats du groupe témoin, qui ont été irradiés mais n’ont pas reçu de 3,3′-diindolylméthane , sont morts dans les huit jours qui ont suivi.

Cela n’a pas été le cas de tous ceux à qui l’on injectait la molécule. Dans la meilleure des configurations (dose élevée et première injection 10 minutes après l’irradiation), jusqu’à 60 % des rongeurs étaient toujours en vie un mois après l’irradiation!

Ce pourcentage de survie à 30 jours montait à 80 % pour une dose de 9 grays (qui tuait 80 % des animaux n’ayant pas reçu le traitement) et à 100 % pour une dose de 5 grays, laquelle venait à bout d’un quart des rats sans DIM.

Les raisons sont doubles.

Les chercheurs se sont d’abord rendu compte que l’administration de DIM activait la protéine dite ATM, spécialisée dans la réparation de l’ADN, par exemple lorsque celui-ci est brisé sous l’effet de l’irradiation…

Mais la molécule ne se contente pas de stimuler la réparation de l’ADN : les auteurs de l’étude ont également découvert que le DIM parvenait à bloquer la mort cellulaire induite par les radiations.

Car une exposition à des rayonnements ionisants constitue une agression physique susceptible de provoquer une apoptose, c’est-à-dire une sorte de suicide de la cellule. C’est un peu comme si celle-ci préférait mourir plutôt que de se battre pour sa survie. Or, les chercheurs se sont aperçu que le DIM déclenchait la production d’une protéine qui elle-même allait activer des gènes chargés de combattre l’apoptose. Les deux mécanismes sont d’ailleurs peut-être liés quand on sait que la rupture de l’ADN peut provoquer l’apoptose de la cellule qui le contient.

On connaissait le DIM pour son effet anti-cancéreux (Il évite la formation des vaisseaux sanguins irriguant les tumeurs, ce qui empêche la prolifération des cellules cancéreuses et conduit celles-ci à la mort. ) mais ce nouvel effet de radio-résistance et de radio-résilience est éminemment intéressant dans un contexte où les ondes qui nous traversent n’ont jamais été aussi nombreuses…

[De temps en temps, je publie des « Bonnes Nouvelles ». J’en donne la raison dans ce billet.]

Un placebo pour la désinhibition…

Voilà qui ressemble bien à de l’effet placebo de derrière les fagots!

On savait déjà qu’à stimuli identiques, la publicité modifiait le fonctionnement effectif du cerveau.

Il se pourrait bien que ce soit aussi le cas à stimulus différents… C’est moi qui fait ce rapprochement car très officiellement…

L’alcool ne donne pas plus confiance en soi…

Mais croire prendre de l’alcool, oui!

Explications.

Un des IgNobel de cette saison a été attribué à une équipe grenobloise. Celle-ci a montré que des gens qui avaient bu de l’alcool, se sentait plus séduisant, plus drôle et plus intelligents et ce proportionnellement à leur alcoolémie.

L’étude, parue en  mai 2012 dans le British Journal of Psychology, s’est déroulée en deux étapes. Dans une première phase, les chercheurs ont abordé des consommateurs dans un bar de Grenoble et leur ont demandé de noter, sur une échelle de 1 à 7, à quel point ils s’estimaient séduisants, drôles et intelligents. Leur alcoolémie avait ensuite révélé que plus ces derniers étaient alcoolisés, plus ils se sentaient attractifs.

Voilà qui va dans le sens de la croyance populaire que l’alcool désinhibe…

Mais, mais, mais…. L’étude ne s’arrête pas là…

Lors d’une deuxième phase, un peu moins de cent hommes avaient été recrutés pour tester une boisson. Certains d’entre eux avaient goûté un liquide alcoolisé, d’autres une boisson sans alcool. Le tout, sans savoir ce qu’ils ingéraient. Chacun avait ensuite dû évaluer sa beauté et son attirance.

Et là, surprise : Ceux qui pensaient avoir bu de l’alcool s’estimaient plus séduisants, qu’ils aient ou non été alcoolisés.  Et en revanche, ceux qui avaient bu de l’alcool sans le savoir ne se considéraient pas plus attractifs…

Donc peu importe d’avoir bu de l’alcool ou pas, ce qui compte c’est que vous y croyiez. Et alors vous vous sentirez comme une personne belle, drôle et intelligente. Dit comme ça, on dirait littéralement un message qui pourrait passer de manière sous-jacente en publicité… Je dis ça, je dis rien…

Suppositoire effervescent à vendre.

Aujourd’hui, c’est décryptage publicitaire avec une publicité simple.

Le produit en est EvaQ, le suppositoire effervescent. Au début j’ai cru à une blague. Mais non, en Italie, ça existe. Ce fut alors le fou rire le plus long depuis des mois. Je suis bon public. Et le simple fait d’imaginer une bande de créatifs se dire « Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer pour dynamiser le marché du suppositoire? … Je sais! Le suppositoire effervescent!!!! » Tout le monde sait que le suppositoire ça marche. Et tout le monde sait que l’effervescence donne à l’aspirine un truc en plus. Et bien moi, je dis > pouf, pouf! < on croise les 2 et on fait un suppo à réaction! » Imaginez des créatifs en arriver à une telle hauteur dans leur art, à un tel niveau de créativité absurde m’a paru impayable.

J’ai ensuite, après m’être remis de mes émotions, visionné la publicité pour ladite chose.  La publicité est, d’après moi, elle même très drôle, de par son sérieux absolu. A mettre en rapport avec le fait qu’elle vante une capsule de carburant à pets… Il vaut mieux ne pas pas laisser paraître le moindre sourire sinon, on est fichu…

Et c’est en tout cas un bon support d’analyse publicitaire. Car tout en étant simple, elle a néanmoins plusieurs niveaux de lecture.

Le premier est le signifiant. C’est l’histoire que semble raconter la publicité, l’histoire que vous dira avoir voulu raconter le publicitaire. Cela tient en peu de mots : Une  femme, une espionne pleine de technologie en aide une autre qui souffre.

Une femme, toute de blanc vêtue, se présente à la manière de James Bond (« Je m’appelle Bond. James Bond »)

« Je m’appelle Q. Eva Q. »  « Q » comme le responsable en chef du secteur recherche et développement  en gadgets super incroyables qui sauvent la vie, de l’employeur de James Bond.

Cheveux tirés vers l’arrière, coiffure fonctionnelle, costume futuriste, regard perçant. Lara Croft croisée Star Trek.

« Pourquoi m’affecte-t-on les missions les plus difficiles? Parce que j’agit rapidement. »

Démarche de panthère. Elle sonne chez Rossi (Le nom de famille le plus répandu en Italie, tel Martin en France.)

La pauvre femme qui ouvre semble fort embêtée et se tient le ventre. La constipation, c’est terrible. On ne peut en parler à personne. (Heureusement qu’il y a des agents qui nous comprennent sans qu’un seul mot soit dit.)

Vue de synthèse « comme aux rayons-X ». Car les rayons X, c’est médical, c’est scientifique, c’est tout ce qu’il nous faut. La voix off du Vrai Medecin Qui Décrypte L’action Vue Aux Vrais Rayons-X : « Contre la constipation, essayez EvaQ, le suppositoire qui respecte l’intestin avec la delicatesse de ses petites bulles. (Poésie) EvaQ, effervescent, rapide et sans contre-indication. »

On suit la trajectoire du suppositoire. Oui, il faut expliquer où le mettre. C’est important. Tout médecin vous racontera une anecdote du genre de celle-ci (Un très bon blog à lire...  Mon grand-père qui était médecin de son état m’avait raconté une variante avec des suppositoires à l’eucalyptus et un monsieur revenu une semaine plus tard avec une moustache verte et pas d’amélioration de sa toux…). Le suppositoire disparait dans un magique et enchanteur tourbillon de bulles libératrices. Pas de la grosse mousse de…Non! Et on réfléchira au fait qu’un suppositoire qui est visible aux rayons X n’est pas un suppositoire mais une balle de fusil…

En dix minutes qui passent en 3 secondes à l’écran, tout est fait. Oui, EvaQ agit rapidement, elle l’a dit. Retour à la pauvre habitante de l’immeuble en image de synthèse. Si vous n’aviez pas encore remarqué, tous les décors sont en images de synthèse. Ces 2 femmes ne se sont jamais rencontrées et ont tournée devant un fond bleu. La preuve finale étant apportée par la femme qui, après une respiration, heureuse d’être gonflée à plus savoir quoi faire d’autre que de propulser soniquement son compact fumier  libérée, fait un un petit caca coucou de la main à sa libératrice avec un sourire figé et, surtout, un regard dont le point de focalisation est plus éloignée que la tête de l’interlocutrice. Cela donne l’impression qu’elle lui regarde à travers la tête.

Ultime rappel si on n’avait pas compris le « Mission accomplie » qui s’affiche sur une tablette-tactile-qui-montre-bien-que-c’est-une-espionne-super-équipée-en-technologies-révolutionnaires.

Packshot (c’est à dire brève présentation du produit avec les mentions légales et tout.) sur 2 notes musicales de James Bond (Tin-Tin!)

Remarque : C’est à ce niveau qu’on doit réfléchir un instant au genre des protagonistes. Si on passe outre le fait que suppositoire est un mot féminin en italien et si on fait référence à James Bond, pourquoi pas UN espion ? Pourquoi 2 femmes? Vous pouvez trouver seul-e… N’importe quelle autre combinaison est scandaleuse…. Les rayons-X ne mentent pas, il est question de fesses… Un homme qui vient déboucher une femme qu’il a à peine rencontré, c’est « Anus horribilis » au pays du Vatican… Quant à un homme qui vient en déboucher un autre, c’est juste pire.  Quand à une femme qui vient sauver un homme, bonjour la dégradation! La seule combinaison possible devient donc une femme qui s’occupe d’une autre. Car, comme chacun sait, entre femmes, ça ne peut être que mignon, et Dieu sait (encore lui) , qu’il y a besoin de douceur, de la « délicatesse des petites bulles » pour aborder la difficile question du suppositoire dans l’espace public…  Et puis, espionne ou pas, les femmes s’y connaissent beaucoup mieux que les hommes en ménage, n’est-ce pas…?

Mais allons plus loin dans le 2e niveau de lecture en reprenant tout depuis le début. Dans une publicité, tout est absolument pensé, tout.  Alors pourquoi une plante verte? (L’aviez vous vu) Pourquoi un ascenseur?

Et ça, c’est la deuxième histoire que les publicitaires n’ont sans doute même pas expliqué aux comédiennes qui ont joué devant des fonds bleus…

Voici l’histoire signifiée…

Le suppositoire (femme effervescente) monte et passe le premier sphincter (Porte d’ascenseur qui s’ouvre). Il devance les solutions à base de plantes (passage hautain devant la plante verte du couloir). Il vise pile au bon endroit ( ding-dong sur la sonnette) et va dénicher l’excrément au delà du 2e sphincter (La femme, toute de marron vêtue, ouvre la deuxième porte). Après son action, l’excrément est délogé (La femme n’est plus à l’intérieur mais à l’extérieur de l’appartement.)

En fait, la publicité nous raconte plusieurs fois la même choses de différentes manières à différents niveaux tout en nous  donnant, au niveau le plus accessible, une jolie histoire qui n’a pas grand chose à voir. (De l’aventure, du charme, de la technologie, un peu l’opposé du suppositoire quand même…).  Le sens caché, s’il semble évident lorsqu’il est expliqué, passe généralement inaperçu et c’est pourtant celui-ci qui a le plus d’impact sur la personne a qui elle est destinée. Un impact décisionnel et de changement inconscient. C’est l’exacte principe d’une métaphore thérapeutique. Un des outils les plus puissants en hypn0se. Et c’est sur ce modèle que sont construite la plupart des publicités audio-visuelles aujourd’hui… La prochaine fois que vous avez envie d’un nouveau truc, pensez-y… Même si ce n’est pas un suppositoire effervescent…

A stimulus objectif identique, les publicitaires modifient le fonctionnement de votre cerveau.

Une étude avance que l’image de marque a un effet sur l’expérience et le vécu du consommateur-trice. Cela fait parti des messages que je fais régulièrement passer, considérant que c’est un des objectifs des propagandistes et la raison de l’utilisation des techniques hypn0tiques. Tout l’intérêt de l’étude réside dans le fait qu’elle s’appuie sur l’imagerie cérébrale. Habituellement, il s’agissait d’une autodescription de ressenti. Là, le biais lié à l’autoévaluation et aux filtres de conscientisation est écarté. A stimulus objectif identique, les publicitaires modifient le fonctionnement de votre cerveau.