Bonne année!

Ah, les fêtes de fin d’année… Que ce soit en famille ou entre amis, on se retrouve à côtoyer de manière obligée des gens dont on a pas l’habitude et dont les idées sont différentes.

Peut-être avez-vous côtoyé des managers ? Oh, des gens forts sympathiques au demeurant. Souriants, prévenants, travaillant beaucoup, dans une multinationale qui est du genre à posséder tout un tas de marques qui n’ont rien à voir les unes avec les autres mais dont vous connaissez certaines, sans savoir qu’elles appartenaient toutes au même groupe. (Même celle de produits super bio!!! Fichtre!)  Des gens lucides et pragmatiques. Des gens qui auront dit que les lois en France ne sont pas faciles à vivre pour les entreprises, qu’il faut faire confiance aux gens et à leur sens des responsabilités. On a un sens moral qui protège des abus.

Sympathiques et qui permettent de s’ouvrir un peu à la mentalité de ceux que l’on considérera, peut-être par ici, comme adverses.

Pourquoi « adverses » alors s’ils sont si sympathiques ?

Parce qu’ils auront aussi pu affirmer sans ciller qu’on a raison de délocaliser et de virer tout le monde puisque c’est autorisé. D’autant que les normes environnementales en Chine posent un peu moins de souci en ce qui concerne les déchets de production…

Pourquoi les personnes qui prônent la suppression des lois au profit de la moralité  sont les premiers à s’appuyer sur ce qui est autorisé ou pas pour justifier des choses immorales ?

En vous souhaitant une année de découverte de l’autre dans sa diversité de pensée, d’étonnement et de calme tout en détermination à faire changer ce que vous pouvez, nous vous souhaitons bonne lecture.

Jacques Fresco et le Venus project : Le monde moins les humains ?

Je viens de finir de voir ce documentaire…

Je ne vais pas trop toucher à la forme bien que l’utilisation quasi continue d’images de stock plus ou moins découplées du propos m’ait un peu gêné.

Je suis d’accord avec les constats qui y sont faits. Ces constats sont sensiblement toujours les mêmes chez les alternatifs (de droite comme de gauche…) : Inadéquation entre les politiques publiques et les enjeux environnementaux et sociaux, inégalités et mal-répartitions des biens, souci avec le système bancaire qui s’est arrogé le droit de frapper notre monnaie, obsolescence programmée, etc…. Avec ce qui me parait une originalité, l’idée que tout cela est lié à la pénurie.

Il faut donc changer. Soit.

En revanche, j’ai un souci sur les solutions. (Oui, c’est toujours là que les avis divergent…). J’aime bien l’idée d’une société basée sur l’abondance… Mais de quelle abondance s’agit-il ? Telle qu’elle nous est décrite dans cette vision, d’un abondance de biens et de technologies. Est-ce vraiment nouveau ? Je ne pense pas…

Il y aurait donc des lieux où l’ont pourrait se servir à l’envie. Le système productif devrait selon Fresco être reproportionné, agrandit. Il faudrait passer à une automatisation complète de la production (et des tâches bêtifiantes si j’ai bien compris) pour y arriver. Remplacement maximum des humains par des machines. Sur cette même ligne, il est proposé de ne pas rénover les villes mais de construire tout de neuf…

Est-ce vraiment la solution envisagée à la surconsommation et à l’épuisement des ressources non seulement pétrolières mais aussi, et surtout, minières ? Le rêve du MEDEF moins l’argent ? D’ailleurs, la solution proposée d’avoir des « senseurs » qui donnent des données sur les flux et les réserves existe déjà… On l’appelle Big Data…

Le plus étonnant, c’est que ce « plus de la même chose » s’appuie sur une citation attribuée à Einstein : « Nous ne pouvons résoudre des problèmes en utilisant les mêmes modes de pensées que ceux qui les ont engendrés. » (19e minutes.)… Un comble…

Jacques Fresco a également une phrase très importante, qui passe presque inaperçue (28’50) : « ça ne marcherait pas dans la culture actuelle. » Cette phrase est terrible car elle nous dit que ce système pour les humains a été pensé à partir d’être humains qui n’existent pas… (Je ne serait pas étonné que Fresco soit architecte ou ingénieur à la base mais pas sociologue…Oups, bingo…) Ce qui semble cruellement lucide : Centré sur l’idée (pas forcément vraie) que les pauvres veulent accéder à ce que les riches ont, il oblitère l’idée qu’une part du problème vient du fait que les riches ne lâcheront pas leur richesse si facilement… Quand bien même on ne leur prendrait pas mais qu’on se « contenterait » d’abolir l’argent. On aime l’égalité mais on adore les privilèges… Par exemple, les données du Big Data sont entre les mains d’un petit nombre, ne seraient-ce que parce que leur analyse et utilisation demandent des moyens faramineux…

Alors la phrase finale disant qu’il faudrait 10 ans pour changer la surface de la Terre résonne un peu différemment… 10 ans pour la surface de la Terre, c’est splendide… Mais combien de temps pour changer le fond des êtres humains ? Et d’ici là, que fait-on?

« Softpower » ou l’art d’instrumentaliser les dons…

Le Monde titrait récemment que la collectes des dons d’argent patinait en France. On appréciera le fait que « patiner » désigne une augmentation de 1% l’an dernier! Certes loin des +5,6% et +8% de 2011 et 2010 mais loin de la stagnation… Gageons que le jour où on aura trouvé le moyen dire que la France à une croissance de 1%, le mot « patiner » ne sera pas le premier choisi… (On appréciera aussi l’expression « Marché de la collecte des dons ». La collecte des dons est donc un marché. Instructif…)

La cause au patinage artistique de la collecte des dons est attribué à l’augmentation de la « pression fiscale » (Je viens de me rendre compte de l’existence de cette jolie expression…Pression fiscale… »Mettre la pression »… »Faire pression »… Un joli repoussoir… Comme si l’état, tel un lobby suprême, pouvait faire pression sur le citoyen… pour le faire craquer? Pression fiscale–>Direction la catégorie des hyperboles.)

Mais parlons un brin du « softpower » (Catégorie? Anglicisme, of course.), traduction qui fait rêver « le pouvoir doux » (Catégorie? Oxymore, selon moi.), j’ai découvert le mot dans un autre article du Monde, daté, c’est délicieux, du même jour que l’autre… On y lit en titre : Philippines : les catastrophes naturelles, « arme » de la diplomatie japonaise. Guillemets comprises. Oui, dans le Monde, quand on parle ouvertement, on commence par ouvrir des guillemets.

Le Japon a donc, après le récent typhon Hayan, envoyé des tombereaux de militaires, avions et bateaux pour aider les Philippins qui en ont bien besoin. D’ailleurs « Face à l’étendue du drame philippin, plusieurs pays se pressent pour aider Manille. »
Que voulez-vous, quand on est tous aussi gentils que nos gentils états riches, on ne peut que aider, voilà, c’est tout. Mais le Monde est un peu grincheux est fait précéder cette phrase d’un sur-titre sans guillemet mais très intéressant « BATAILLE D’INFLUENCE » Et oui… Tokyo appelle cela la « diplomatie des catastrophes » et, comme le dit le New york Times « Le typhon est en train de devenir une vitrine pour l’affirmation du soft-power  en Asie. » Le soft-power , c’est-à-dire, si on comprend bien, la capacité d’influencer les acteurs étatiques par des moyens non-coercitifs… « Attendez mademoiselle, je vais ramasser ce mouchoir qui s’est ainsi échappé de votre corsage blanc »…

En fait, il s’agit d’aider l’autre en sachant bien qu’il nous le rendra. Pas en argent, il n’en a pas, mais plutôt en bon service et autres soutiens dans les dîners en vaisselle de porcelaine. Genre, quand on est le Japon, dans un possible conflit territoriale avec la Chine qui revendique elle aussi (la vilaine), les îles Senkaku et les territoires marins associés… D’ailleurs ce petit pays indigent qu’est la Chine a fait un don tout rikiki aux Philipines… On s’est bien compris…

Dans ce contexte d’utilisation des deniers publics et des dons individuels avec un sous-texte, un contexte où l’aide signifie « Vous nous le rendrez bien, n’est-ce pas mon brave? »au pouvoir en place, je ne suis plus tellement étonné que des humanitaires se fassent enlever ça et là. Et je ne suis pas non plus étonné que les dons chaussent des patins… Parce que, s’il servent, grosso modo, à corrompre des gouvernements en leur suggérant une politique extérieure, les dons risqueraient bien de rayer le parquet… Alors plutot que de parler de la pression fiscale, si on parlait des, vraies cette fois, pressions humanitaires…?

Exercice de traduction de langue de bois

Bonjour, bonjour!

Suite au cours de ce soir, je fais remonter cet exercice périodique de traduction. Vous allez voir, c’est du grand art. ça fait longtemps que je n’avais pas vu une telle réussite de la xyloglossie. Et c’est paru dans le Monde.

Je vous propose, si le coeur vous en dit, de ne traduire qu’un ou 2 paragraphes car vraiment c’est très long. En copiant collant le paragraphe original et votre version dans un commentaire. J’ai hâte de vous lire.

De mon côté, j’ai écrit la correction complète et je la publierai prochainement.

Une petite piste pour commencer, le titre une fois traduit : L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Amusez-vous bien et ne rigolez pas trop.

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux.

Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun. Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur

Mauvais esprit ?

Le problème avec les gens qui ont de l’esprit critique c’est qu’il devient parfois très énervant de discuter avec eux… Je le sais, j’en suis un…

Maintenant, suite à un petit échange de mail avec un site de co-voiturage sur lequel je suis inscrit, je vous laisse juger de qui est dans le mauvais esprit par rapport à ce qu’il affiche habituellement…

En tout cas, n’hésitez pas à faire des remarques à vos prestataires. Ils en tiennent plus compte qu’ils veulent bien l’admettre…

Bonjour Phloem,
Envie de soleil et de sable fin ?
BlaBlaCar vous offre un voyage de rêve pour 2 à Madagascar !

Tentez de remporter un voyage à Madagascar

Jouez pour le voyage à Madagascar

Pour partir à Madagascar :
1) Rejoignez la course sur notre page Facebook
2) Répondez aux quiz, parrainez vos amis et jouez à l’instant gagnant pour accumuler des points
3) Finissez en tête de la course et faites vos valises !

Bon voyage !
L’équipe BlaBlaCar

PS : Le lémurien est un mammifère proche de la famille des singes, emblématique de Madagascar !

Bonjour!

Je lis ici même [Sur le site internet] que « Frédéric Mazzella [Le fondateur de l’entreprise] envisage le covoiturage comme une solution d’optimisation simple et prometteuse pour diminuer la pollution atmosphérique »

Alors qu’elle est donc cette tartufferie de concours à la noix qui met en premier prix « un voyage de rêve pour 2 à Madagascar ». »Ecotourisme », c’est une plaisanterie..? On y va en co-voiturage à Mada? En pousse-pousse? Partir en avion à Madagascar, ça doit être ça « le rêve » à avoir quand on partage les valeurs de la communauté de covoiturage ? Alors que je suis certain qu’un seul aller-retour à Madagascar explose allégrement mon budget CO2 annuel. [8000Km en avion si mes souvenirs sont exactes…]

Dans l’échelle des valeurs du groupe, l’environnement est descendu à quel niveau précisément? Parce qu’il semble que BlaBlaCar porte de mieux en mieux son nom…

Bonne route.

Phloem.


From: no-reply@blablacar.com
Subject: Re : Un vol à Madagascar???
Date: Thu, 4 Jul 2013 19:10:05 +0200

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Bonjour Phloem,

Nous avons pris note de votre remarque que nous transmettons aux personnes concernées.

Il est vrai que certaines destinations ne sont accessibles qu’en avion mais faut-il pourtant réfuter ce mode de transport? Ne doit-on plus avoir le plaisir de voyager et découvrir d’autres pays?

Toujours est-il que l’idée était de faire profiter nos utilisateurs d’un beau cadeau, car nous pensons effectivement qu’il s’en agit bien d’un, ceci au sein d’un concours proposé à notre communauté et nos nouveaux utilisateurs.

Nous regrettons donc sincèrement votre réaction même si nous en prenons bonne note.

Restant à votre disposition,

Nous vous souhaitons de bons covoiturages.

Cedric – Relations Membres BlaBlaCar

BlaBlaCar est le nouveau nom de Covoiturage.fr
Plus d’infos à ce sujet: http://www.blablacar.fr/blog/nom-blablacar-france

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Bonjour Cédric,

Merci d’avoir répondu à ma question.
Je me permets de la lire avec intérêt et, comme c’est ma désagréable mais (auto)salutaire habitude, esprit critique.

« Il est vrai que certaines destinations ne sont accessibles qu’en avion mais faut-il pourtant réfuter ce mode de transport? Ne doit-on plus avoir le plaisir de voyager et découvrir d’autres pays? »

Mon interrogation, quoique rendue baroque dans sa forme par l’émotion du moment, portait sur l’incohérence extérieure entre les valeurs environnementales parfois avancées par Comuto et la promotion de l’avion (Le fait d’y adjoindre le qualificatif « beau cadeau » le confirmant).  Vous déplacez l’argumentation sur un terrain différent. Ce faisant, vous n’apportez pas directement une réponse à ma question mais élargissez le champ de discussion. Si c’est votre souhait, soit…

Je ne réfute pas le mode de transport par avion mais son utilisation à des seuls fins d’agrément de courte durée. Surtout quand celle-ci a pour conséquence la mise en danger, à terme, de la destination.
Il me semble évident que les déplacements obligatoirement rapides vers ces destinations ne peuvent être réalisés autrement qu’en avion. Quoique les contours de l’obligation et de la rapidité puissent aussi être redessinés.
Quant au plaisir de voyager et de découvrir d’autres pays, il est tout à fait découplable de l’utilisation de l’avion, voire favorisé par sa non-utilisation.

Étonnamment, votre argument confirme indirectement mon hypothèse précédente : Dans l’échelle des valeurs de l’entreprise, la responsabilité environnementale recule. Derrière le plaisir personnel. Cela me semble changer quelques peu l’image du service proposé.

« Toujours est-il que l’idée était de faire profiter nos utilisateurs d’un beau cadeau, car nous pensons effectivement qu’il s’en agit bien d’un, ceci au sein d’un concours proposé à notre communauté et nos nouveaux utilisateurs. »

Un cadeau est, par essence, gratuit. « un cadeau au sein d’un concours » est un produit offert en contrepartie d’un comportement ( un partage facebook dans ce cas ). C’est un paiement.

Je ne peux donc pas considérer que le produit proposé est un voyage (Si vous considérez cela, au final, 2 personnes seulement seront rémunérées. Or vous parlez de « nos utilisateurs ». ) mais par contre que c’est un ticket de tombola pour gagner un voyage, oui.  Cela relativise la valeur et la beauté du cadeau-rémunération. On pourrait encore la relativiser en considérant le retour sur investissement en terme de web-réputation, voire d’adhésions simples (Qui est, je pense, le but recherché, plus que l’envie de nous faire découvrir la douceur du pelage des lémuriens.)

Merci d’avoir pris le temps de lire le message contenant ma question et d’y avoir répondu en plus. Ce précédent mail ne me convient guère dans la mesure où il ne répond pas tellement à la question ou alors indirectement : Dans l’échelle des valeurs du groupe, à quel niveau est descendu l’environnement ? Etes-vous encore légitime pour faire la promotion d’un comportement écologique?

Belle journée à vous.

Phloem

 

Je n’ai toujours pas de réponse…

Restons simples

Article publié auparavant sur le site de Et Faits Planète, en date du 2 février 2013.
Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai l’impression que nous entretenons une certaine curiosité pour la ruine…

De l’empire romain jusqu’à l’épave du Titanic, les géants déchus nous fascinent. Est-ce leur grandeur ? Est-ce leur déchéance ? Qu’est-ce qui nous pousse à porter notre attention sur la puissance mise à bas ? Je ne sais pas… Peut-être est-ce une curiosité morbide… Une manière de se rassurer, de se dire que nous sommes à l’abri de cela… Au contraire, une manière de se faire peur…

Car s’il est une chose qu’elles nous apprennent, c’est que rien n’est à l’abri de l’effondrement. Pire, que plus haute a été l’ascension, plus dure est la chute, plus soudain est le retour à l’humilité. Les dinosaures ont beaux avoir régné sur la terre pendant des dizaines de millions d’années, il aura suffi d’une météorite et de quelques années sans Soleil pour les dégommer. Le Titanic avait beaux être insubmersible, il aura suffi d’un autre caillou, de glace celui-ci, couplé à l’excès de confiance de son capitaine, pour qu’il coule. Une météorite, un iceberg, un grain de sable… Un grain de sable encore qui transforme Pripiat,ci contre, la ville près de Tchernobyl en un d’enfer nucléaire où la radioactivité est telle qu’elle ne laisse que quelques heures aux rares photographes qui s’y aventurent pour nous en rapporter une image fantomatique. Et que dire de Prora, ci dessous, la gigantesque station balnéaire construite de toutes pièces par les nazis et qui n’est plus maintenant qu’un long alignement d’immeubles en béton gris, squelette fossilisé d’un dinosaure de propagande.

Les Grecs avaient un concept pour parler de la démesure, l’hybris. Et cet hybris était un des plus grands pêchés possibles. Il qualifiait la faute de ne pas avoir su s’arrêter à temps, d’avoir perdu sa modération, être allé trop loin. Icare trop près du Soleil, Midas trop avide, Méduse trop belle, trop, trop, trop… Mais la soeur de Hybris est Némésis, la vengeance, la colère des Dieux. La démesure entraîne un retour de bâton d’ampleur comparable. Méduse y laisse sa beauté, transformée en un monstre pétrifiant, Icare y laisse sa vie Midas, celle de sa famille.

Ainsi, de notre fascination pour la ruine des géants, il serait utile que nous tirions des leçons. George Bush avait beau avoir créer le « Too big to fail » (littéralement  « trop gros pour échouer », trop imposant pour faire faillite.) en guise de justification pour sauver des banques mastodontes, cela n’existe pas. C’est se bercer d’illusion, d’un contre-sens historique. Même avec des étais, des renforts, des contrefort et des pansements, les murs finissent toujours par tomber. D’autant plus haut qu’ils ont été montés.

L’origine des « 3% des déficit maximum » expliquée aux enfants

Ce chiffre, qu’on entend et lit à longueur de déclaration politiques, la règle d’or, le déficit maximum pour pouvoir rentrer dans l’Europe, a une origine savoureuse, que je vous conseille de découvrir dans cet article du Parisien. On y lira les propos du haut fonctionnaire qui a inventé ce chiffre…

Je vous suggère de vous attarder sur ces 2 phrases pour comprendre la hauteur de l’imposture :

Mitterrand veut qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. »

 

Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro.

3%, la règle d’or…C’est au nom de cette règle qu’on refuse de construire des écoles, des hôpitaux, qu’on ferme les maternités dans les sous-préfectures. Pourquoi 3% ? Parce que 3, « ça a traversé les époques, ça fait penser à la Trinité ».

Et combien d’autres bêtises, véritabilités de ce genre, semblant plus vraies parce que assénées depuis des années,  régissent les gouvernances?

Humeur critique n’est pas esprit critique…

Je voudrais discuter d’une chose qui n’est pas évidente de prime abord : Ce n’est pas parce qu’on a un avis opposé ou simplement différent de celui de la masse des gens que l’on fait, pour autant, preuve d’esprit critique. Faire de l’autodéfense intellectuelle est un brin plus complexe…

J’ai rencontré, il y a quelques temps, une personnes qui m’a paru, initialement, une personne tout à fait ouverte à des cours d’autodéfense intellectuelle. En fait, chaque outil que je lui détaillais retenait son attention. Mais à un moment, j’ai compris que quelque chose clochait… Lorsqu’il a commencé à me parler du World Trade Center… Il était un peu trop catégorique sur le complot… Et il utilisait les outils que je lui proposai dans le but d’étayer sa certitude de départ. C’est juste le contraire de l’autodéfense intellectuelle…

Car, en autodéfense intellectuelle, une posture qui me parait bien difficile à tenir est celle de la certitude… On fait des hypothèses, on lance des pistes de réflexion, on met beaucoup de conditionnel, on pose des questions, on s’informe, et sur l’information brute, on mobilise des outils pour tester des hypothèse et on revoit nos hypothèses ou nos outils si les résultats ne sont pas concluants. Et parfois, parfois seulement, de tout démonter pièce par pièce mais ce n’est pas toujours à notre portée. La tâche souvent consiste à nuancer le propos… Mais une nuance, c’est déjà beaucoup…

Par exemple, il me parait possible que les 2 tours a New York aient été démolies seulement par des gens qui pilotaient des avions.  Tout comme il me parait possible qu’ils aient pu être être aidés par le gouvernement des Etats-Unis ou une autre entité que la leur. Car des éléments vont dans les 2 directions. Et avant de conclure de façon catégorique, j’aurais besoin d’informations objectives supplémentaires. Que je n’aurai pas. (Je ne les cherche pas, je ne saurai pas où avoir des sources fiables et ça ne m’intéresse pas vraiment en fait…) Je ne conclus donc pas sur le fond de l’histoire. Je peux avoir une opinion, c’est bien la moindre de mes libertés mais d’ici à la tenir pour un fait avéré il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. Un ressenti, une humeur, une opinion ne sont pas, en soi, des arguments…

Contester pour contester n’est pas exercer de l’esprit critique. Cet article, paru sur Passeur de Science, un blog du Monde .fr, tenu par un journaliste scientifique indépendant, me semble, à cet égard particulièrement intéressant. Je vous suggère de le lire en entier, il n’est pas très long et très instructif. Il parle d’études récemment publiées. Je vous reproduis ici un morceau de l’article, qui est une des conclusions des études :

Celles et ceux qui ont une propension à s’approprier toute théorie complotiste sont aussi les mêmes qui vont rejeter entièrement des faits ou des consensus scientifiques. Les personnes croyant qu’un puissant groupe secret baptisé Nouvel Ordre mondial a pour but de supprimer les Etats souverains et de gouverner le monde, que les missions Apollo ne sont jamais allées sur la Lune mais ont été filmées à Hollywood, que le gouvernement américain a autorisé les attentats du 11-Septembre dans les buts, déterminés à l’avance, de faire la guerre en Afghanistan et en Irak et de limiter les libertés aux Etats-Unis, que la mort de la princesse Diana n’est pas accidentelle mais un meurtre prémédité par des membres de la famille royale britannique, que les militaires américains ont bel et bien trouvé les débris d’un engin extraterrestre à Roswell en 1947, etc, ces personnes-là ont nettement plus tendance que les autres à penser que le réchauffement climatique n’est pas une réalité, que le sida n’existe pas (ou bien qu’il n’est pas causé par le VIH) ou encore que le tabac ne provoque pas le cancer du poumon.

« Tout croire ou douter de tout sont 2 postures également confortables qui, toutes deux, nous dispensent de réfléchir » disait Henri Pointcarré, le mathématicien. Le but, je pense, de l’autodéfense intellectuelle, est de permettre d’éviter les pièges de la manipulation. Et c’est ouvrir en grand la porte à celle-ci que d’adopter une posture rigide. C’est comme en Tai-chi ou en Aikido,  votre rigidité sert de levier à votre adversaire pour vous faire tomber alors que vous pensiez qu’elle vous protégeait…

« Bouger autrement » (mais penser pareil, ndr)

Comment la Semaine européenne de la mobilité nous tient en laisse et pourquoi contrer dès maintenant son probable succès.

Dans quelques mois aura lieu la semaine européenne de la mobilité. Cette opération se déroule dans le cadre du développement dit « durable », dont les incomparables bienfaits nous autorisent à tout ignorer des conséquences d’une illimitation du développement comme de sa durée. C’est donc dans un concert d’imprécations à sa gloire, qui détourne nos consciences des interrogations susceptibles de nous rapprocher de la raison, que le ministère français de l’écologie nous demande de « bouger autrement ».

Remarquons avant tout que, suivant une implacable logique, l’empire de la mobilité ne nous invite pas à calmer notre bougeotte. Comment, en effet, pourrions-nous rester chez nous alors que la bonne croissance nouvellement socialiste a besoin de nous ? En faisant cela, nous risquerions de réduire le volume des échanges propres à la relancer. En tant qu’ « éco-citoyens responsables » nous allons donc adhérer à la frénésie du mouvement sans en interroger l’utilité, quitte à rajouter quelques trajets des plus exotiques à notre palmarès de la mobilité en allant au supermarché à pied ou à l’usine d’armement ou de voitures à vélo, entre autres exemples. S’il ne dit pas un mot des destinations les plus inadéquates, le ministère de l’écologie nous prêche malgré tout les diverses solutions d’une alternative qu’il n’aurait pas hésité à qualifier de révolutionnaires à l’époque où le mot pouvait encore signifier quelque chose.

Il énumère donc en premier lieu la marche et le vélo, dont l‘évidence écologique désarme immédiatement la critique des ayatollahs verts que nous sommes. Et nous voici tellement flattés d’être mis au tableau d’honneur des alternatives (quel immense progrès des mentalités!) que du recours suivant aux véhicules « décarbonnés », quelques-uns d’entre nous, encore tout étourdis de la vile flatterie, en oublieront instantanément leurs convictions anti-nucléaires.

Dans la hiérarchie des alternatives prônées par le ministère, viennent ensuite les transports collectifs en site propre dont la propriété est de ne jamais empiéter sur le domaine réservé à la voiture de sorte que les dits sites soient propres à continuer d’éventrer et de trouer les montagnes, de vermoulurer les sous-sols des villes, de faire déverser des millions de mètres-cube de béton et de goudron et d’aligner des milliers de kilomètres de câbles et de rails. Ainsi la semaine européenne de la mobilité va-t-elle relancer la croissance du TGV qui court au nucléaire et coupe au plus court et sans arrêt entre deux mégapoles et celles des pistes cyclables que l’on goudronne sur les banquettes de terre de chaque côté des anciennes routes nationales qui prennent ainsi leur revanche expansionniste sur les autoroutes qui les ont détrônées.

Combien parmi nous vont se joindre à ce concert parce que la voiture individuelle est un tel monstre qu’on en viendrait à justifier toutes les alternatives, quelque soit la négativité de leur impact social ou environnemental? Combien vont inscrire leurs actions dans ce cadre en oubliant que ces actions qui seront répertoriées et comptabilisées par le ministère de l’écologie, serviront au final et au plus haut niveau des causes auxquelles nous pouvons être viscéralement opposés comme celle du nucléaire et du TGV? Pouvons-nous être certains que, d’un éventuel succès de cette semaine, l’écologie ministérielle, avec toute la perversité qui la caractérise au sein d’un gouvernement obnubilé par la croissance, ne va pas accélérer les chantiers les plus dévastateurs du transport public jusqu’à justifier la reprise des hostilités à Notre Dame des Landes par exemple?

C’est la raison pour laquelle il faut absolument en appeler au boycott de cette opération d’enfumage.

Cet article a été publié en Creative Common par Gwenael sur le site carfree.fr