Ben&J’herrisse…

Voilà une entreprise agro-industrielle appartenant à #Unilever qui fait tranquille de la pub afin d’enrôler les gens à faire pression sur des politiques pour changer la Constitution.
Comme ça. OKLM. A l’aise Blaise.

Une entreprise. Changer la Constitution. Par des politiques.

Bientôt mon tuto pour faire soi-même ses glaces…. ça vous changera du Chocolate Midnight Lobby.

https://twitter.com/benjerryfr/status/1042808695745392641

Pub : Apple donne un su-sucre aux développeurs d’appli…

Il y a déjà quelques temps sortait un spot  d’Apple pour sa conférence mondiale des développeurs. Peut-être l’avez-vous vu? La voici:

Tout d’abord un soin particulier (comprendre : plein de pognon) à la réalisation.
Vue sur internet, on la distingue immédiatement du travail un peu sale d’un de ces esclaves autoenchainés à Google que l’on appelle Youtubeur (Un exemple? https://www.youtube.com/channel/UC_wpuRDB7SFBR1AJ3kWmYig?sub_confirmation=1)

Vraies cascades de voitures, nombreux acteurs, décors fignolés, plans larges, photo soignée…  Bon nombre de longs métrages rêveraient probablement du budget injecté dans ces 3 minutes. Mais bon Apple vaut 1.10^12 $ (Oui, on est d’accord, c’est trop.)

Apple s’y dépeint comme un lieu de blancheur robotique, propre, aux espaces aérés, calme…
Alors que Apple se sont aussi, mais surtout, les usines de fabrications, où vivent les (vrais) esclaves asiatiques, munies de filets anti-suicide. Ambiance…

On y fait aussi le tour des populations cibles de Apple, sa vision des consommateurs. Voiture, maison, vacances, brunch, on y fait le tour du monde des semi-pauvres (AKA classe moyenne) de l’hémisphère Nord.

Enfin, il y a la vision du monde sans smartphone. La soit-disant « Appocalypse ». Personnes démunies à tous points de vue, accidents divers, monde poussiéreux et palliatifs folkloriques. Niveau originalité, on a déjà fait mieux…

Il y a, dans ce spot, plusieurs messages:
-Celui aux consommateurs : Sans appli, c’est la perte de tous vos moyens. Un monde ridicule, poussiereux, folklorique. #Mépris
-Celui aux développeurs d’appli : Vous sauvez le monde. #Illusion

C’est d’ailleurs une des finesses de cette pub.
Tout en étant officiellement destinée aux développeurs dont elle justifie l’existence et flatte l’égo, elle augmente la demande par un appel à la peur de manquer.

Mais rappelez-vous, le 1er smartphone grand public, c’était en 2007… Rassurez-moi : Vous n’avez pas vraiment l’impression qu’il y a 10 ans, c’était le Moyen-âge…?

Voilà donc une pub bien nauséabonde ayant pour effet de renforcer votre attachement à votre smartphone, tout en motivant les développeurs d’appli.

Développeurs,qui pour une part massive d’entre eux, sont des petites entreprises qui bossent à perte en se rêvant start-up à succès un jour rachetées par une grosse entreprise.  On leur fait, d’ailleurs, miroiter dans le spot le succès de certains « hits » : Airbnb, Lyft, Tinder…
Développeurs qui, pour la plupart, n’y arriveront pas. (Beaucoup d’appelés, peu d’élus.)
Développeurs qui sont responsables d’une bonne part des 1.10^12 $ mentionnés plus hauts.

Car s’il y avait une APPocalypse, ce n’est pas le monde entier, mais le monde de APPle, Google et consort qui s’écroulerait.
Apple à BESOIN des développeurs.
Mais ne souhaite pas significativement partager le gâteau.

Ce spot, cher pour nous, quasi gratuit au regard de la fortune d’Apple, c’est l’équivalent d’une poignée de main accordée par un seigneur à ses serfs.

Une miette.

Un signe de reconnaissance apte à entretenir le syndrome de Stockholm…

De l’usage du trans-pédé-gouine en branding.

Le branding, c’est la création et la gestion de l’évolution d’une marque et de son image. (Ce dans quoi Lidl et Free vont mettre beaucoup de sous après l’épisode de Cash Investigation de la semaine dernière.)

Voici pour lecture, un très bon article autour de l’utilisation des représentant-e-s de la diversité sexuelle et de genre  (LGBT+ pour info.) par les marques.

Le Pinkwashing de la fierté LGBTQ+

On s’y rend compte que les LGBT+ sont l’équivalent humain des quartiers embourgeoisés, dits aussi gentrifiés.

Sortis depuis peu du purgatoire (voire enfer) moral pour l’avis majoritaire, les transpédégouines (J’aime ce mot, il me parait définitivement irrécupérable…) sont la cible complice de grandes enseignes. Les firmes sponsorisant de grand événements militants, elle se donnent ainsi à peu de frais une image de tolérance et d’ouverture. A d’autant moins de frais qu’elles contribuent à vider ces événements de leur transgressivité.

Où sont les personnes agées ? Où sont les non-binaires? les handicapé-e-s? les migrants? les sdf? Où sont les freaks et les vilains à voir?

Où sont les revendications? Les vraies, celles qui dérangent? La disparition des panneaux dans les manifs LGBT+ en est un symptôme… Disparus au profit de sloggans très capitalisto-compatibles : Liberté (Encore elle.), Be free, Be yourself, etc…

Comme d’habitude, le capitalisme sait exactement comment faire pour gérer les contestataires (Autres que prônant une plus équitable répartition des pouvoirs et de l’argent, pour ceux-là, c’est répression.). En ouvrant généreusement une main invisible supplémentaire de son hydre Marché, trop happy que sont les ancien-ne-s exclu-e-s à trouver business à leur pied. Et peu importe si cela demande de raboter quelques orteils. Et tant pis si les grandes entreprises en question agissent à d’autres niveaux en contradiction complète avec leur affirmation.

Les participant-e-s à une manifestation aux sloggans qui froissent 10 à 15 % d’une population, peu clivant donc, et où des multinationales allongent des dizaines de milliers d’euros doivent se demander s’il-le-s ne sont pas en train de devenir les alliés de leurs ennemis de naguère…Et surtout qui en ferait les frais si c’était le cas…

Analyse d’image : « J’aime ma b(o)ite. »?

Temps de lecture = 4 minutes

Si vous ne connaissez pas « J’aime ma boîte », vous ne perdez pas grand chose. Si vous avez de la curiosité et du temps pour ça, lisez l’article précédent sur l’origine et les aboutissants de cette calamité.

On se limitera dans cet article à l’analyse du visuel de la campagne de communication.

Alors que voit-on…?

On voit d’abord une composition graphique réalisée un peu à la tronçonneuse de détourages-copier-coller, à partir d’image de stock. CE n’est pas un shooting réalisé expressément pour la campagne. Le visuel est relativement bas de gamme, étonnamment, au regard de la liste et de la nature des sponsors de la campagne figurant en bas. Sa réalisation laisse à désirer côté finitions et c’est souvent l’indicateur d’une bonne récolte sur le plan de la vacherie du message véhiculé…

Du point de vue des couleurs et de leur symbolique.

Du bleu, beaucoup, beaucoup : Liberté, masculinité, entreprise, couleur attribuée à la droite en France, dans le code la route, le bleu autorise.

Du rose, un peu : Sentiment, couleur connotée PS mais aussi féminité.

Ce choix de couleur, c’est l’équivalent du « et en même temps » Macronien. Très bleu et en même temps un peu rose mais très bleu.

Et avec ça, du blanc : Neutralité, clarté, innocence, visibilité sans être tape à l’oeil comme le serait le jaune (La campagne de Macron était rose, bleu, jaune, et très vifs!)

On revient sur le noir et le gris des vêtements, juste après.

Le décor

Plutôt maigre… Des spotlights en perspectives, donnent l’impression d’espace. Il y a probablement la recherche de confusion entre « la boîte » entreprise et « la boîte » de nuit.

Les personnages.

4 personnage. Ils ont l’air d’être à un niveau d’amusement élevé. Une impression étrange vient du fait qu’ils semblent être seul-e-s dans une salle immense. On dirait un début de soirée en boîte de nuit vide avec des personnage qui ont des comportements de fin de soirée (Cravate autour de la tête???). #Malaise…

De plus, ils sont ensemble sans l’être. Pas d’échange de regard ou de geste de connivence entre eux. Ce sont des individualités qui se retrouvent sans la même action mais il n’y a pas de collectif.

Il y a 3 hommes pour une femme. Pour la parité, on repassera. Si on s’intéresse aux vêtements, c’est pire. Les hommes sont en costume, chemise, cravate, lunettes. Costumes noirs évidemment, couleur du pouvoir et du sérieux. La femme n’est pas sexualisée mais est en habits beaucoup plus quotidiens, un pull léger gris, gris couleur médiane, de discrétion. Les hommes nous regardent droit dans les yeux, elle détourne le regard. En sous-nombre, avec un regard évitant de fait, dans un habit de discrétion, la vision des femmes dans l’entreprise portée par cette affiche plaide nettement pour l’inégalité : Les hommes et la femmes ne sont pas au même rang. C’est peut-être à l’image de la réalité mais c’est aussi une occasion manquée de « faire bouger » des lignes.

Par ailleurs, aucun de ces personnages ne semble en tenue d’ouvrier métallurgiste, d’agriculteur ou d’aide soignant. Si ces gens sont en tenue de travail, on peut plutôt les imaginer comme étant du personnel d’encadrement ou des commerciaux. Imaginer que ces personnages sont le patron en arrière plan, un senior manager, un junior manager à lunette de soleil et leur assistante parait réaliste. La vision de l’entreprise qu’ont les promoteur de cette campagne exclue nettement les gens de la base et les travailleurs manuels. 6 000 000 de personnes en France au bas mot.

Le slogan

« Fais bouger ta boîte! »  invite à prendre des initiatives mais l’image vient rappeler l’ordre des choses : Mettre sa cravate sur la tête pourquoi pas mais, avant tout, on est en costume. Le décalage oui, le changement, non. Il ne s’agirait pas d’inciter à la grêve… Pourtant pour faire bouger une boîte… la grève, ça peut marcher plus efficacement qu’un apéro Perrier-Jus d’orange…

Ce slogan est aussi une présupposition, celle que le lecteur a une boîte (pour pouvoir la faire bouger.). Exit les chômeurs et RSAstres. Si l’emploi est pour toi un mode de réalisation et que tu en es exclu, ce sloggan est un rappel à ton impossibilité de faire quelque chose. Merci de te cacher pour mourir.

« Ta boîte », « Ta », c’est la tienne, pas celle d’un patron ou d’actionnaires. Implique les salariés en jouant sur le sentiment d’avoir en main le destin de l’entreprise. Gomme le rapport de force possible entre les salariés et les patrons. ça dit « Tous dans le même bateau! » Et après les gens de gauches sont taxés d’utopisme…

En résumé

Une publicité très orientée vers des gens très conformes mais cherchant à ratisser un peu vers des progressistes sociaux. Qui porte une vision de la répartition des pouvoirs nettement en faveur des hommes. Et qui propose d’exclure du champs de l’entreprise, ou en tout cas de l’imaginaire qui lui est relié, les ouvrier-e-s, les chômeurs-ses. Une invitation à prendre une 2e fois du pétillant (« Oulala, Monsieur Brochard, je crois bien que vais être pompette.)  mais pas 3 (« Oulala, Monsieur Brochard, je crois bien qu’on va vous séquestrer. ») Plein de raisons de pas aimer « J’aime ma boîte. »

Aimer son métier et refuser « J’aime ma boite… »

Temps de lecture = 3 minutes (pour le décryptage du visuel, c’est par là.)

Avec l’automne tombent les feuilles et les calamités telles « J’aime ma boîte. »

Enfin, de notre point de vue c’est une calamité. Il s’agit d’une initiative tout à fait verticale, l’idée étant, notamment, que les salariés s’affirment dans un rapport affectif avec leur entreprise (jusque là, pourquoi pas…), à la demande même…des entreprises. Et pas des plus gentilles. (TATI? Vraiment? Le LIDL du vêtement, qui a contribué activement aux délocalisations des filières vestimentaires???)

Demander à ses employé-e-s d’affirmer leur amour…

ça ne pose de souci à personne cette idée? On n’est pas loin du chantage affectif (Dis moi que tu m’aimes, sinon, je te Plan-De-Sauvegarde ton emploi). Et dans tous les cas ça ressemble fort à une manipulation tendant à renforcer unilatéralement ce lien affectif en le célébrant. Ce dernier point pose particulièrement problème. Exacerber l’attachement des gens, oui, à condition que ce soit réciproque. Sans quoi, c’est célébrer la dépendance, l’amour sans retour, la relation asymétrique.

Et dans le contexte où GM&S, GE-Hydro, Whirlpool, et même … TATI (!!!), licencient en quantité,  il est difficile d’imaginer que les grandes entreprise soient attachées à leurs salarié-e-s. (Les petites entreprises, c’est déjà autre choses.) On attend encore une opération qui s’appellerait « J’aime mes salarié-e-s. »… Dure sera la chute, le jour où votre entreprise bien aimée, vous dit d’aller voir ailleurs. Encore une injonction paradoxale bien vilaine « Soit mobile » mais « Attache-toi ».

Pour rappel, les salarié-e-s sont encore pour la plupart dans un lien de subordination et d’échange monétaire proportionné avec leur leader bien aimé…pardon, patron. Et il est relativement sain que l’on en reste là : Les liens affectifs dans les relations de travail  simplifient rarement les choses. Bref, le problème n’est pas tant d’aimer sa boîte que de demander des signes d’amour, particulièrement quand on n’est pas prêt à la réciprocité…

Derrière cette initiative, d’anciens ouvriers du Creusot.

Nan, j’déconne. ETHIC, pour Entreprises à Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance. On pourrait passer un article entier sur la langue de bois contenue dans ce seule nom (Comment rester une entreprise à taille humaine en étant toujours en croissance, pas exemple?) Mais comme on sent surtout qu’il a été question de trouver les mots qui allaient bien avec le jeu de mot de l’acronyme, on ne s’y attardera pas. Surtout que pour la taille humaine (ça s’arrête à quelle mesure?), on repassera en regardant les quelques adhérents mis en avant.

Fondé par Yvon Gattaz, il y a une quarantaine d’année, on y organise des débats. Dernièrement avec Gérald Darmanin ou encore Valérie Pécresse, voire JCDecaux (Pas JCDecaux, il est mort. JCDecaux, son fils. Sans rire. Le fils de Jean Claude Decaux s’appelle Jean-Charles. Jusqu’au bout, corporate. Sacré JC. (Pas le Christ, Jean Claude)). On imagine donc que ce think-tank n’est guère pluraliste. Mais c’est un think-tank, on ne peur lui reprocher. En revanche, s’appeler Ethic quand on se donne pour objectif de réduire les dépenses de l’état, c’est plus que discutable…

2 figures notables de l’officine. Sophie de Menthon, présidente, une affable personne qu’on a vu écumer les plateaux télé pendant la campagne présidentielle en VRP de Macron. Et Leonidas Kalogeropoulos, dont on utilisera une citation dans la minute d’autodéfense intellectuelle de lundi prochain. C’était en janvier 2015. Moins d’une semaine après les attentats, il tentait une hallucinante récupération de ceux-ci pour dire que c’était une raison de passer la loi Macron…

Opération « J’aime ma boîte », non merci.

Dans le prochain post, on fera le décryptage des éléments symboliques du visuel choisi pour cette année pour « J’aime ma boîte ». Les idées véhiculées semblent tout droit sorties du pire des années 80…Impressionnant.

L’injonction paradoxale.

Dans l’article précédent, il était question du téléguidage des militants de Macron par messagerie instantanée. Notamment pour mener l’opinion dans les meetings.

Il y a un de ces messages qui a tout particulièrement retenu mon attention. Celui qui fut une régulation car les militants commençaient à faire n’importe quoi:

« Gardez les Macron président pour les bons moment ! ⇒ Lâchez des « Bravo », des « Il a raison », du spontané. »

Ordonner à quelqu’un d’être spontané, cela porte un nom, cela s’appelle une injonction paradoxale. Les hypnothérapeutes et psychologues de l’Ecole de Palo Alto ont découvert ça dans les années 70 et c’est devenu une spécialité de la grande entreprise depuis. Puisque ça permet de demander le beurre et l’argent du beurre tout en ayant l’air de rester raisonnable.

On s’est donc habitué à se voir demander la rapidité et la qualité.  Il ne surprend plus personne d’être appelé à l’originalité dans la conformité. Les marques de vêtements prêts à porter en on fait leur principal credo : Exprimez votre originalité en portant les mêmes habits que tout le monde. Et la chose est si intégrée qu’on s’étonne même parfois de payer les produits bio locaux à un prix élevé!

Pas étonnant que le gens pètent un plomb puisque c’est ce genre d’injonctions impossibles à tenir qui développe des pulsions schizoïdes et paranoïdes et qu’on tâche de dégommer en thérapie avec des techniques dites de reconstruction. Utiliser des « et en même temps » à tout bout de champ, ça n’est pas rassembler, c’est soumettre l’interlocuteur à des forces contraires, comme on tire sur les 2 côtés d’un pétard de papillote.

Sans vouloir faire de ces cas une généralité, lors du passage de La Poste aux nouvelles techniques de management,  j’ai eu à soigner bon nombre de facteurs et factrices dans des états dépressifs. Comment faire aussi bien, humainement, qu’avant alors qu’on passe de 2 tournées à 5 tournées par jour? Comment conserver une bonne estime de soi quand on se retrouve avec du courrier non distribué en fin de journée alors que c’est un de vos indicateurs de vos propres qualités personnelles? Comment se sentir un bon facteur tout en diminuant la qualité de son travail? Heureusement, aucun de mes clients n’a tourné la violence ressentie et ses mauvais sentiments contre lui bien longtemps. Aucun ne s’est suicidé, mais beaucoup se sont syndiqués… Tous n’ont pas eu cette chance.

Alors quand j’entends Christophe Castaner, le porte parole du gouvernement débiter des inepties paradoxales telles que « Les député LREM seraient l’expression de la volonté présidentielle mais aussi son opposition »  Je me dis que HELAS, le ridicule, lui, ne tue pas.

C’est la reprise! A votre santé!

Après une pause considérable, il va y avoir un peu d’activité par ici. 🙂

Pour commencer, un article digne des vacances, au sujet du whisky… Bon, on n’est pas grandement buveur par ici, voire pas du tout ( Et on le restera.)mais l’article ici reproduit depuis une page de passioné (La Soif du Malt.) nous éclaire sur un autre sujet : « Le meilleur ».

« Le meilleur XXX du monde/de France » ou « Elu le meilleur XXX » sont des mentions couramment utilisées en marketing. Mais les féru-e-s de métamodèle auront reconnu un superlatif absent (Le meilleur par rapport à quoi?) ou une omission simple (Elu par qui? comment?)

Voici une illustration pratique de ce qui peut se passer quand on répond à ces questions…

Vous avez été des dizaines à m’envoyer sur Twitter une tétrachiée de papiers vantant le miracle de la semaine: « Un single malt d’Aldi vendu moins de 20€ a été élu meilleur whisky au monde » (encore un).

Avant de ne pas vous en remercier, 3 points:

– C’est Spirits Business [NDLR : Un journal spécialisé, pour le moins confidentiel et qui doit pas mal de ses revenus à des encarts publicitaires possiblement achetés par les firmes possédant les marques évaluées dans le concours… The Independant, qui relaie l’info passe lui pour beaucoup plus sérieux mais est aussi vendeur d’encarts. De la fabrication d’une Shit News…] qui décernait les médailles… Son palmarès a été rendu public en juin, dans l’indifférence générale. Jusqu’à ce que The Independent le sorte comme un scoop il y a 5 jours. Un creux dans l’actu, je connais, ça nous fait parfois écrire de ces trucs…

– Le palmarès totalisait 188 breloques attribuées (j’ai compté avec mes petits doigts, j’ai pu en laisser passer). 188 scotches récompensés. Traduction: pour rentrer les mains vides, il fallait vraiment embouteiller du sans-plomb mal raffiné.

– Les Speyside se répartissaient à eux seuls dans 9 catégories: Standard (la moins « prestigieuse », celle où concourrait Aldi), Super Premium, Ultra Premium, NAS, Jusqu’à 12 ans, 13-18 ans, 19-30 ans, plus de 31 ans, single casks. Je suis d’accord avec toi, ça manque cruellement de catégories Méga Premium, Giga Premium, Supra Luxueux Premium. L’année prochaine peut-être.

Allez, sur ce je te colle le lien vers le papier à maudire. Ça t’apprendra

Je vous éviter le lien, fort peu utile à la démonstration. « Le meilleur du monde » est souvent le meilleur du monde de tout mon quartier limité à ma rue, vers ma maison…

Double lien jaune.

Et bien encore un exemple d’actualité! La conférence commence avec l’explication de ce qu’est un double lien et en voici un très splendide, tout juste saisi sur l’instant par votre serviteur dans un arrêt de bus JCDetrop. On vous demande, de manière à peine voilée, de vous positionner pour un camp ou l’autre en reprenant à moindre frais (!) la rhétorique de la présentation des combats de boxe. Et au final que vous choisissiez l’un ou l’autre, c’est bien égal… C’est Ricard qui l’emportera. Quant à son rival de toujours Pernod, qui fabrique le pastis 51 et semble lui disputer les parts de marchés selon les années… Il appartient à la même entreprise nommée… Pernod-Ricard! Vertigineuse mise en abime dans les doubles-liens…

Buvez de l’eau municipale,rien que de l’eau et pis c’est tout.

SAMSUNG