Horrible petite lecture du matin…

On appréciera déjà le titre « Face à » plutôt qu’un truc du genre « Avec »… Aller, un peu de debunkage d’inepties religieuses sur l’homosexualité. (#Pléonasme)

(Les images ont été publiées par https://twitter.com/nocteon)

 

Paragraphe 1 : Nos positions antérieures étaient complètement fausses.
Mais quand même, l’homosexualité peut être une phase. Et les homo se sentent coupables.
#LectureDePensée

Paragraphe 2 : On a le droit de se sentir gênés quand même! Et les homo se sentent coupables.

Les 2 premiers paragraphes sont assez softs en fait.

Paragraphe 3 : Etre homo ce n’est pas la même chose qu’avoir des comportements homo. Retenez vous du transpédégouinage mouillé.
Ou comment gérer sa dissonance cognitive entre l’injonction de tolérance et celle de discrimination…

Paragraphe 4 : Oui, notre paragraphe 3 est tordu. Mais les relations homo c’est pas pareil que les relations hétéro.
Point.
Parce que.
Et pis c’est tout.
#AhBon? #Sources?

Paragraphe 5 début : La relation homo est inféconde. Mais pas inféconde comme les hétéro inféconds, d’ailleurs la preuve, eux ils peuvent adopter.
#CaCEstDeLaPreuve

Paragraphe 5 fin : Les études scientifiques sont fausses. Believe my opinion. Du coup : Doute➡️Paf ! Appel à l’ignorance ➡️ Principe de précautions ➡️Les enfants doivent être protégés, tout ça, tout ça. #PoidsDeLaPreuve
https://www.youtube.com/watch?v=M6kYqnpV2XQ&index=16&list=PL3afqzRJWpYLuh3W3zb_a80usGoee8UtI … #PenteGlissante

On déconne mais la plupart des religions sont basées sur ce schéma : « On ne peut pas prouver que Dieu existe, donc dans le doute, on va faire ce qui est écrit dans ce bouquin. D’ailleurs il ne peut pas être totalement faux, c’est Dieu qui l’a écrit! » #RaisonnementCirculaire

Avec une stratégie du doute, doublé d’un appel à l’ignorance, et on rentre dans le rond-point sans sortie du raisonnement circulaire. Imparable.

Les définitions (S’il y avait encore des gens qui pensaient qu’il y a un certain pouvoir à décider du sens des mots, cqfd…) :
« L’homophobie » (#OnEstBienPlacés) : En France, les homo ne devraient pas trop la ramener puisqu’à d’autres endroits, c’est LEGALEMENT un crime.
ET
L’homophobie c’est pas bien, sauf s’il s’agit d’influer sur ce qui est LEGAL ou pas.
#HypocrisieLevelLégendaire
#OnVousVoit

« L’homoparentalité » : On est contre. C’est tout. Enfin, pas nous, l’Eglise. Mais c’est presque pareil.

« Homosexualité et vie chrétienne » : Si on vire tous les homo de nos tâches bénévoles, on sera plus très nombreux et on sera dans la mouise…Déjà que… Alors bon…

« La Bible » : Story time! 2 entités célestes arrivent dans une ville. Personne ne veut les accueillir. Alors #Dieu (L’inspirateur du bouquin, remember?) crame la ville. Mais c’est surtout parce qu’ils étaient pas accueillants.#Booo!
La sexualité c’était secondaire.
Mais quand même.

Du coup, c’est évident, la Bible dit c’est MAL! (Par contre, les passages où on dit que si tu insultes père ou mère, tu seras mis à mort, que tu ne peux pas porter 2 étoffes différentes, ou que tu dois choisir entre Dieu et l’Argent, c’était faux.)

D’une manière générale, les prises de positions religieuses sur l’homosexualité sont de bonnes bases de travail pour qui souhaite s’entraîner à décortiquer les doubles discours.
Facile pour démarrer et tellement savoureux.
Je recommande.

Le pape, le tueur et l’IVG.

Mais qu’entends-je? Comm’ au Vatican? Le pape a fait une bulle? Les médecins pratiquant l’IVG seraient des tueurs?

Au delà (Jeu de mot, on commence fort!) de l’oxymore médecin-tueur que les puristes apprécieront, je voudrais rappeler une chose: Dans les pays où l’IVG n’est pas légalisé, le nombre de décès maternelles liés aux avortements explose.

Donc, aux « #ProLife« / »#ProVie » qui sont contre l’#IVG légal. » vous pouvez répondre que, de fait, ils préfèrent que les femme meurent.

La méta-analyse permettant de l’affirmer : http://dspace.itg.be/bitstr…/…/10390/2671/2001shsop0159.pdf…

Je vous renvoie à la page 10. Cas de la Roumanie.
1965, IVG autorisé : 30 ☠️ liés aux complications d’avortement pour 100.000 naissances vivantes.
1989, Ceaucescu, IVG interdit : 142 ☠️décès pour 100.000 n.v.
1992, IVG re-permis : 50 ☠️ pour 100.000 n.v.
(Stephenson et al. 1992, Serbanescu et al. 1995).

Donc, s’il y a un tueur dans cette affaire, il est en blanc. La version velours et goupillon. #Pape

Mais c’est vrai que si on compte sur un abstinent représentant une entité invisible pour donner son avis sur le corps des femmes à l’aide d’un livre illustrant une morale d’un peuple d’il y a 2500 ans… on l’a un peu cherché…

(Ce bon mot final est une fière production de Le Bouseux Magazine 6 , que je vous encourage à suivre, et à grassement payer ici : https://fr.tipeee.com/le-bouseux-magazine)

De l’usage du trans-pédé-gouine en branding.

Le branding, c’est la création et la gestion de l’évolution d’une marque et de son image. (Ce dans quoi Lidl et Free vont mettre beaucoup de sous après l’épisode de Cash Investigation de la semaine dernière.)

Voici pour lecture, un très bon article autour de l’utilisation des représentant-e-s de la diversité sexuelle et de genre  (LGBT+ pour info.) par les marques.

Le Pinkwashing de la fierté LGBTQ+

On s’y rend compte que les LGBT+ sont l’équivalent humain des quartiers embourgeoisés, dits aussi gentrifiés.

Sortis depuis peu du purgatoire (voire enfer) moral pour l’avis majoritaire, les transpédégouines (J’aime ce mot, il me parait définitivement irrécupérable…) sont la cible complice de grandes enseignes. Les firmes sponsorisant de grand événements militants, elle se donnent ainsi à peu de frais une image de tolérance et d’ouverture. A d’autant moins de frais qu’elles contribuent à vider ces événements de leur transgressivité.

Où sont les personnes agées ? Où sont les non-binaires? les handicapé-e-s? les migrants? les sdf? Où sont les freaks et les vilains à voir?

Où sont les revendications? Les vraies, celles qui dérangent? La disparition des panneaux dans les manifs LGBT+ en est un symptôme… Disparus au profit de sloggans très capitalisto-compatibles : Liberté (Encore elle.), Be free, Be yourself, etc…

Comme d’habitude, le capitalisme sait exactement comment faire pour gérer les contestataires (Autres que prônant une plus équitable répartition des pouvoirs et de l’argent, pour ceux-là, c’est répression.). En ouvrant généreusement une main invisible supplémentaire de son hydre Marché, trop happy que sont les ancien-ne-s exclu-e-s à trouver business à leur pied. Et peu importe si cela demande de raboter quelques orteils. Et tant pis si les grandes entreprises en question agissent à d’autres niveaux en contradiction complète avec leur affirmation.

Les participant-e-s à une manifestation aux sloggans qui froissent 10 à 15 % d’une population, peu clivant donc, et où des multinationales allongent des dizaines de milliers d’euros doivent se demander s’il-le-s ne sont pas en train de devenir les alliés de leurs ennemis de naguère…Et surtout qui en ferait les frais si c’était le cas…

Les différences entre le porno et le sexe réel : Suite!

Un des articles de ce blog qui a le plus de succès est celui-ci : https://propag.wordpress.com/2013/08/09/les-differences-entre-le-porno-et-le-sexe-reel/

C’est un article où je tâche à mon petit niveau et à l’aide d’une petite vidéo très bien réalisée par quelqu’un d’autre, de faire du démontage de  porno… Il est consulté 2 à 3 fois par jour.

Et voici qu’aujourd’hui, à l’aune de l’actualité ciné, surgit sur internet un extrait de film qui vient très bien en complément… Je vous le livre et vous laisse tirer vos conclusions.

Légumes pour la soupe.

Luc Alphand qui place son sponsor (« Pour l’instant il développe un très bon ski. C’est vrai que chez Rossignol on avait bien travaillé, ses nouveaux skis ont l’air vraiment de marcher très bien. » suivi pour un autre skieur de « Et chapeau, parce que lui il a pris des nouveaux skis, chez Rossignol. »); Montfort-Candoloro en costume de champions du monde de patinage à sexistes ( « Je connais un anaconda qui serait bien allé embêter cette Cléopâtre canadienne. » « Vous pourrez lui dire que c’est pas la seule à être excitée, elle a un joli sourire cette patineuse. » « Elle a des airs de Monica Bellucci, avec un peu moins de poitrine, mais bon… » )… Si vous manquez encore d’avis sur les JO, vous pouvez lire cet article, qui décrit des choses qui ne sont probablement rien à côté des JO de SotchiLutte contre le terrorismePoutine.

Voici, pour l’occasion, un petit bingo-dingo qui vous permettra de vous amusez si jamais on vous oblige à regarder les JO. Il a été produit par 20Minutes.Pas vraiment une grande œuvre d’éducation populaire mais ça a au moins le mérite d’attirer l’attention des masses sur le fait qu’on nous sert toujours la même soupe.

« Non monsieur l’arbitre, vous n’avez pas le droit de mettre une note aussi basse! »

On pari?

Bingo-JO

Le plafond de verre expliqué aux enfants.

La société Cellular Solution (qui vend du téléphone portable en pays anglophone) mouille la chemise et nous propose aujourd’hui un document pédagogique très intéressant. Il permettra à tout un chacun de réfléchir à une notion importante et aux enseignant-e-s de l’aborder dans leur cours. Je veux bien sûr parler du « plafond de verre« .

Hélas le document a depuis été retiré du site internet de l’entreprise. C’est fort dommage car Cellular Solution  pourrait ne pas être reconnu à sa juste valeur. Heureusement (Si on peut dire), Internet n’oublie rien.meet-the-staff

« Comment violer une meuf en 3 questions… »

En ce moment une vidéo reçoit un écho relativement important sur Internet. Elle s’intitule « comment choper une inconnue en 10 secondes ». On n’y voit en effet un jeune homme, par ailleurs animateur radio, qui parvient à embrasser, à la chaîne semble-t-il, des femmes de la rue après leur avoir posé seulement quelques questions. Pas besoin de connaître la vidéo. En voici le scénario, il est quasiment toujours le même.

Le célèbre "Baiser volé" dont on sait maintenant qu'il était effectivement obtenu de force par le marin...

Le célèbre « Baiser volé » dont on sait maintenant qu’il était effectivement obtenu de force par le marin…

Le jeune homme est dans un espace public assez dégagé mais très proche de la jeune fille. Il commence :

Lui : Bonjour mademoiselle, je peux vous poser trois questions ?

Elle : Euh… Oui…

Lui : vous avez un copain ?

Elle : (Réponse de la jeune fille « oui » ou « non »)

Lui : Et vous me trouvez comment ?

Elle : Ben.euh…ça va quoi

Lui : bah, alors pourquoi tu m’embrasses pas ?

Et il l’embrasse.

Voici ce que j’y vois à travers les grilles de lecture de mes propres techniques thérapeutiques…

Pour commencer le jeune homme est dans la bulle proxémique de la jeune fille. Ça a deux intérêts pour lui. Si elle l’accepte dans sa bulle proxémique d’intimité, c’est-à-dire à une distance  maximum de 50 cm devant et 10-20 cm sur les côtés, et qu’elle ne recule pas pour régler sa distance, c’est déjà un indicateur de « bonnes » pré-dispositions.

Et si elle le fait, le jeune homme peut s’arrêter tout de suite et passer à la suivante sans avoir pris le moindre risque.

Première question : Bonjour mademoiselle, je peux vous poser trois questions ?

Ce n’est pas « Est-ce que je peux vous poser une question ? », qui signifie, en fait, qu’on a l’intention d’en poser plusieurs, en nombre indéterminé et qui peut faire plus peur qu’autre chose. C’est trois, c’est précis, presque contractuel, on peut se sentir libre de ne pas répondre à la quatrième et en même temps c’est assez peu, c’est assez peu engageant. Donc cela force le « oui ».

Voilà ce que l’on appelle un pied-dans-la-porte, une première réponse positive qui aura pour effet d’augmenter les chances que l’on n’accède positivement à la suivante. Cela crée de l’engagement.

Et la deuxième question est carrément plus osée : est-ce que vous avez un copain ?

C’est presque une porte-au-nez, une intervention tellement grosse que l’on sera soulagée de répondre positivement à la suivante. En tout cas, cela agit comme une interruption de pattern, une interruption du schéma « habituel » de fonctionnement. Quand un inconnu vous aborde dans la rue, la première question qui vous pose, selon ce qui est socialement admis, ne porte pas ouvertement sur votre vie privée. En face la victime est confusionnée… Et quel que soit ce qu’elle répond, c’est gagné… Si elle répond oui, elle file dans la lancée du pied-dans-la-porte. En PNL, c’est ce que l’on appelle un Yes set. Une suite d’acquiescement qui ne peut que se poursuivre par un acquiescement. Une escalade d’engagement. Et si elle répond non, elle signale, au moins sur un certain plan, sa « disponibilité ».

Troisième question : Et vous me trouvez comment ? Même mécanisme que précédemment. Porte au nez encore plus grosse. Confusion. Difficulté sociale à répondre « Vous êtes un laidron », surtout après une telle suite de réponse positive.

Dernière question :  Alors pourquoi tu m’embrasses pas ?

Ce n’est plus une porte-au-nez, c’est un pont levis qui tombe sur la fille, en même temps que le gars, au moment où elle ne sait plus où elle en est, ni si elle est d’accord ou pas. On remarquera la formulation de la question. Il ne s’agit pas d’une demande de permission de la part du jeune homme, du type « alors est-ce que je peux vous embrasser ? ». Question à laquelle la réponse est très simple, oui ou, bien plus probablement, non. Le pourquoi incite à trouver une raison argumentée, ce qui laisse une fenêtre de confusion beaucoup plus longue. Il ne s’agit pas non plus de « Pourquoi je vous embrasserais pas ? », bien trop riche en conditionnel…. L’inconscient ne comprenant pas la grammaire des négations « Pourquoi tu m’embrasses pas ? » contient ainsi une suggestion directe camouflée qui est « tu m’embrasses.» et est plutôt perçu comme « Pourquoi tu m’embrasses ? » Ce qui suppose que c’est en train de se produire. Et qu’en plus c’est la fille qui le ferait. Dans la confusion du moment, ce « Qui fait quoi pas moi c’est toi ou moi ou toi? » passe carrément.

On remarque que la vidéo en question ne montre pas beaucoup d’échecs. Il y en a forcément eu en quantité parce que le c’est quand même techniquement pas si simple… C’est bien dommage qu’ils n’aient pas été montrés. Ça m’aurait fait du bien de voir en détail le double fond de la transaction sauter et ce type se prendre quelques baffes bien méritées… Pas très humaniste mais vaccinant pour ceux qui se mettraient en tête d’essayer en l’état. Mais pour les assumer, il faudrait un peu plus d’honnêteté, ce qui n’est peut-être pas le fort d’une personne qui se lance dans ce genre d’utilisation des techniques d’influence…

Dans un autre style, en beaucoup moins machiste et beaucoup plus hypnotique, et où le risque pris est bien plus directement assumé par le manipulateur, voici un PNListe qui parvient à éviter la prune rien qu’en adaptant sa communication au policier d’en face.  Il montre bien à la fin les prunes qu’il n’a pas réussi à éviter lors de ses tentatives précédentes. Moins fanfaron, plus honnête, plus digne de visionnage et de retentissement…

Picsou magazine ou le sexisme (mais pas que) expliqué aux enfants…

picsou mag sexiste...

Vu dans les questions du lectorat de Picsou magazine… On appréciera la justesse de l’analyse et la finesse de la réponse formant un lectorat éclairé sur les questions d’égalité… Bon après, c’est un journal qui porte le nom d’une personnage richissime dont les principales aventures à succès consistent à gagner encore plus d’argent en écrasant sans ménagement ses concurrents et qui laisse ses neveux  dans la misère, par une pure radinerie qu’il cache derrière une valorisation du mérite…. Un modèle du libéral économique-conservateur moral en somme. Donc, en fait, c’est cohérent.

Suppositoire effervescent à vendre.

Aujourd’hui, c’est décryptage publicitaire avec une publicité simple.

Le produit en est EvaQ, le suppositoire effervescent. Au début j’ai cru à une blague. Mais non, en Italie, ça existe. Ce fut alors le fou rire le plus long depuis des mois. Je suis bon public. Et le simple fait d’imaginer une bande de créatifs se dire « Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer pour dynamiser le marché du suppositoire? … Je sais! Le suppositoire effervescent!!!! » Tout le monde sait que le suppositoire ça marche. Et tout le monde sait que l’effervescence donne à l’aspirine un truc en plus. Et bien moi, je dis > pouf, pouf! < on croise les 2 et on fait un suppo à réaction! » Imaginez des créatifs en arriver à une telle hauteur dans leur art, à un tel niveau de créativité absurde m’a paru impayable.

J’ai ensuite, après m’être remis de mes émotions, visionné la publicité pour ladite chose.  La publicité est, d’après moi, elle même très drôle, de par son sérieux absolu. A mettre en rapport avec le fait qu’elle vante une capsule de carburant à pets… Il vaut mieux ne pas pas laisser paraître le moindre sourire sinon, on est fichu…

Et c’est en tout cas un bon support d’analyse publicitaire. Car tout en étant simple, elle a néanmoins plusieurs niveaux de lecture.

Le premier est le signifiant. C’est l’histoire que semble raconter la publicité, l’histoire que vous dira avoir voulu raconter le publicitaire. Cela tient en peu de mots : Une  femme, une espionne pleine de technologie en aide une autre qui souffre.

Une femme, toute de blanc vêtue, se présente à la manière de James Bond (« Je m’appelle Bond. James Bond »)

« Je m’appelle Q. Eva Q. »  « Q » comme le responsable en chef du secteur recherche et développement  en gadgets super incroyables qui sauvent la vie, de l’employeur de James Bond.

Cheveux tirés vers l’arrière, coiffure fonctionnelle, costume futuriste, regard perçant. Lara Croft croisée Star Trek.

« Pourquoi m’affecte-t-on les missions les plus difficiles? Parce que j’agit rapidement. »

Démarche de panthère. Elle sonne chez Rossi (Le nom de famille le plus répandu en Italie, tel Martin en France.)

La pauvre femme qui ouvre semble fort embêtée et se tient le ventre. La constipation, c’est terrible. On ne peut en parler à personne. (Heureusement qu’il y a des agents qui nous comprennent sans qu’un seul mot soit dit.)

Vue de synthèse « comme aux rayons-X ». Car les rayons X, c’est médical, c’est scientifique, c’est tout ce qu’il nous faut. La voix off du Vrai Medecin Qui Décrypte L’action Vue Aux Vrais Rayons-X : « Contre la constipation, essayez EvaQ, le suppositoire qui respecte l’intestin avec la delicatesse de ses petites bulles. (Poésie) EvaQ, effervescent, rapide et sans contre-indication. »

On suit la trajectoire du suppositoire. Oui, il faut expliquer où le mettre. C’est important. Tout médecin vous racontera une anecdote du genre de celle-ci (Un très bon blog à lire...  Mon grand-père qui était médecin de son état m’avait raconté une variante avec des suppositoires à l’eucalyptus et un monsieur revenu une semaine plus tard avec une moustache verte et pas d’amélioration de sa toux…). Le suppositoire disparait dans un magique et enchanteur tourbillon de bulles libératrices. Pas de la grosse mousse de…Non! Et on réfléchira au fait qu’un suppositoire qui est visible aux rayons X n’est pas un suppositoire mais une balle de fusil…

En dix minutes qui passent en 3 secondes à l’écran, tout est fait. Oui, EvaQ agit rapidement, elle l’a dit. Retour à la pauvre habitante de l’immeuble en image de synthèse. Si vous n’aviez pas encore remarqué, tous les décors sont en images de synthèse. Ces 2 femmes ne se sont jamais rencontrées et ont tournée devant un fond bleu. La preuve finale étant apportée par la femme qui, après une respiration, heureuse d’être gonflée à plus savoir quoi faire d’autre que de propulser soniquement son compact fumier  libérée, fait un un petit caca coucou de la main à sa libératrice avec un sourire figé et, surtout, un regard dont le point de focalisation est plus éloignée que la tête de l’interlocutrice. Cela donne l’impression qu’elle lui regarde à travers la tête.

Ultime rappel si on n’avait pas compris le « Mission accomplie » qui s’affiche sur une tablette-tactile-qui-montre-bien-que-c’est-une-espionne-super-équipée-en-technologies-révolutionnaires.

Packshot (c’est à dire brève présentation du produit avec les mentions légales et tout.) sur 2 notes musicales de James Bond (Tin-Tin!)

Remarque : C’est à ce niveau qu’on doit réfléchir un instant au genre des protagonistes. Si on passe outre le fait que suppositoire est un mot féminin en italien et si on fait référence à James Bond, pourquoi pas UN espion ? Pourquoi 2 femmes? Vous pouvez trouver seul-e… N’importe quelle autre combinaison est scandaleuse…. Les rayons-X ne mentent pas, il est question de fesses… Un homme qui vient déboucher une femme qu’il a à peine rencontré, c’est « Anus horribilis » au pays du Vatican… Quant à un homme qui vient en déboucher un autre, c’est juste pire.  Quand à une femme qui vient sauver un homme, bonjour la dégradation! La seule combinaison possible devient donc une femme qui s’occupe d’une autre. Car, comme chacun sait, entre femmes, ça ne peut être que mignon, et Dieu sait (encore lui) , qu’il y a besoin de douceur, de la « délicatesse des petites bulles » pour aborder la difficile question du suppositoire dans l’espace public…  Et puis, espionne ou pas, les femmes s’y connaissent beaucoup mieux que les hommes en ménage, n’est-ce pas…?

Mais allons plus loin dans le 2e niveau de lecture en reprenant tout depuis le début. Dans une publicité, tout est absolument pensé, tout.  Alors pourquoi une plante verte? (L’aviez vous vu) Pourquoi un ascenseur?

Et ça, c’est la deuxième histoire que les publicitaires n’ont sans doute même pas expliqué aux comédiennes qui ont joué devant des fonds bleus…

Voici l’histoire signifiée…

Le suppositoire (femme effervescente) monte et passe le premier sphincter (Porte d’ascenseur qui s’ouvre). Il devance les solutions à base de plantes (passage hautain devant la plante verte du couloir). Il vise pile au bon endroit ( ding-dong sur la sonnette) et va dénicher l’excrément au delà du 2e sphincter (La femme, toute de marron vêtue, ouvre la deuxième porte). Après son action, l’excrément est délogé (La femme n’est plus à l’intérieur mais à l’extérieur de l’appartement.)

En fait, la publicité nous raconte plusieurs fois la même choses de différentes manières à différents niveaux tout en nous  donnant, au niveau le plus accessible, une jolie histoire qui n’a pas grand chose à voir. (De l’aventure, du charme, de la technologie, un peu l’opposé du suppositoire quand même…).  Le sens caché, s’il semble évident lorsqu’il est expliqué, passe généralement inaperçu et c’est pourtant celui-ci qui a le plus d’impact sur la personne a qui elle est destinée. Un impact décisionnel et de changement inconscient. C’est l’exacte principe d’une métaphore thérapeutique. Un des outils les plus puissants en hypn0se. Et c’est sur ce modèle que sont construite la plupart des publicités audio-visuelles aujourd’hui… La prochaine fois que vous avez envie d’un nouveau truc, pensez-y… Même si ce n’est pas un suppositoire effervescent…