Ce Qu’il Faut Démonter!

La « démonstration » de cet édito, qui semble pourtant, et c’est son danger, frappée au coin du bon sens et des mathématiques, est fausse, ou, au minimum très trompeuse. Et c’est encore un exemple du handicap de l’autodéfense intellectuelle : Pour une affirmation de 3 lignes, il faut 2 pages de débunkage…
 
Aller, c’est parti…
 
Sur les 150€ que semble débourser ce monsieur, il indique que seuls 70 vont au salarié. Donc 80€ échapperaient d’emblée à « notre industrie et nos emplois ». Mais ces 80€ ne s’évaporent pas vers les paradis fiscaux (eux). Pour bonne partie, il s’agit de salaire socialisé qui permet d’allouer de l’argent à la reconnaissance financière de tâches ne relevant pas de la mise en valeur d’un capital, comme les allocations familiales👼 ou encore les activités de retraite ou celles se produisant lorsqu’on est hors emploi. Cet argent retourne à l’économie.
 
Mais, à travers la sécurité sociale, c’est aussi l’argent qui va à notre système de santé👩‍🔬(Et pas à l’Etat ! La sécurité sociale, à la base est un genre de coopérative citoyenne autogérée. Pardon pour le raccourci.). Système où chacun cotise selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins, sans qu’il n’y ait, en plus, une marge de profit à payer. Ce qu’on peut imaginer comme plutôt chouette. A moins qu’on considère que la qualité des soin apporté, à soi ou à son enfant, suite à un rhume, un cancer, un accident de la route ou une catastrophe naturelle soit fonction de ses moyens propres. Et que le meilleur ne soit autorisé qu’aux riches. 🏥 (A l’heure où je vois de plus en plus souvent passer des cagnottes internet pour payer des dépenses de santé, je me dis que c’est de moins en moins un cauchemar irréaliste. )
Et si on se place encore du point de vue de l’industrie, même s’il n’y a pas que ça dans la vie, oui, cet argent retourne à l’économie. (Bis)
 
Il indique ensuite que le salarié en question est imposé sur le revenu à 30 %. Affirmer ceci non plus n’est pas correct. Nous avons un système d’imposition par tranches. Ce salarié est imposé à 30 % pour les revenus compris entre 27 000 et 72 000€. Mais 14 % pour les revenus compris entre 9 000€ et 27 000. Pour que l’ensemble de ses revenus soit effectivement imposé à 30 %, il faudrait que ce salarié relève de la tranche encore supérieure, à 41 %, celle des 72 à 153 000€. Ce qui le place probablement, suivant sa situation personnelle, dans les 5 à 10 % de personnes qui ont les plus haut revenus. On n’est pas encore dans les 0,01% rapaces 🎩 mais le prendre comme exemple de personnes qui n’a plus de pouvoir d’achat est peut-être un peu abusif…
 
On pourrait parler du système d’imposition à 5 tranches, lourd pour pas mal de monde et qui gagnerait à être redécouper mais passons.
 
Une part de ces impôts vont aux services publics et donc… Cet argent retourne à l’économie. (Ter)
A l’éducation nationale👩‍🏫 qui, si elle devait vous être facturée à prix coûtant, le serait, en moyenne 8000€ par enfant et par an. De la maternelle à la fac.👨‍🎓
Aux routes. 🚗 En ce moment on parle un peu des autoroutes françaises…(8 à 15 cents de péage par kilomètre roulé dessus!!! https://blog.autoroute-eco.fr/classement-des-autoroute-par-prix-au-kilometre/ ) Imaginez-vous avoir un abonnement ou des péage d’entrée sur les autres routes ? Seriez-vous prêt à débourser directement 1000 à 3000€ pour vos 20 000 Km par an ?
Aux forces de sécurité. 👨‍✈️ Imaginez-vous des commerces protégés sélectivement pendant les manifestations, selon le forfait qu’elles auraient souscrit auprès d’une compagnie privé de Sécurité ?
 
Tous ces services dont on peut, peut-être, se réjouir qu’il soient accessibles à tous, notamment parce que, oui, il y a un bénéfice, y compris pour les entreprises, au fait que la plupart des gens sachent lire, écrire, puissent se déplacer et se sentent en sécurité. Je vis dans un quartier 🏚 où ce n’est déjà pas le cas pour tout le monde et ça complexifie pas mal de choses, notamment l’économie…
 
Enfin, ultime vacherie, ce texte laisse entendre que s’il n’y avait pas de retenue et taxe pour la mise en commun, cet argent irait aux salariés 🤩, car les employeurs, dans leur grande gentillesse, au lieu de garder l’argent pour eux le distribueraient. De fait, avec le recul des 40 dernières années, on observe le contraire ! Alors que le PIB a pris 300 % depuis 1980 (#Croissance), à monnaie constante, le salaire moyen est passé de 19300 à 22 500€ , même pas 20 %!!! 😒 (https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/ebook/ebook121.pdf)
 
En définitive, affirmer que les cotisations, taxes et impôts sont ce qui empêche les salariés d’être plus rémunérés, est l’argument généralement avancé par ceux qui veulent s’en faire des alliés dans la « noble » quête consistant… à moins payer les salariés !
 
Sauf pour quelques très fortunés, le salaire et la cotisation sont des progrès qui permettent à tous d’accéder à moindre prix à des choses vitales, alors ne vous y trompez pas : Demandez leur extension.

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Maths citoyennes et CICE

Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi est évalué annuellement. Un rapport est produit par France Stratégie.
Ses conclusions sont peu reluisantes:  Il y est établit que les bénéfices du CICE ne sont pas clairs

(Ce qui est très différent de « Pas clairement établis » comme un twittos l’a affirmé suite à ce message…)

Mais une estimation simple permet de se faire une idée rapide de ce bénéfice en terme d’emploi.

Entre 2013 et 2015, le CICE a coûté 47Md€ pour 10 000 à 200 000 emplois créés. Prenons 100 000, chiffre facile à utiliser, qui est, de plus celui généralement avancé.

Chaque emploi aura donc coûté 470 000€, soit 157 000 € par an. (Par simple comparaison avec vos revenus, cela donne déjà une idée de l’affaire…)

Un poste de fonctionnaire coûte en moyenne 48 000€/an, un emploi aidé 8250€/an.  Donc pour les mêmes 47Mds, sur la même durée, on pouvait créer respectivement 300 000 postes de fonctionnaires et 1 900 000 emplois aidés.

Prendre l’emploi comme justification du CICE est une excuse qui tient de moins en moins…

(Sources des chiffres du calcul : https://bit.ly/2URyLJE)

Communicator 🤖VS Mamies fachées

Macron parle aux retraités. EM s’en félicite, saluant la patience de l’explication.. « J’vais vous expliquer ». Ben tiens… Je lui en donnerais, moi, du « J’vais vous expliquer. »

Relevons d’abord le « petit » touché de bras sur la meneuse de l’insurrection qui vient. >👋flat, flat et reflat< Un touché double à triple l’inclinaison à l’acceptation. (Gueguen et al .) Il lui couvre carrément la main. ça ne manque pas, elle finit par être d’accord avec lui. Merci la psychologie sociale.

Passons ensuite un moment sur l’argument ultra-pourri de l’espérance de vie. 🤢 Les personnes entrant en retraite aujourd’hui ont une vie de 10% plus longue que celles le faisant en 1980. MAIS le PIB en € constant en 1980 était de 453Md pour 52M d’habitants alors qu’il est aujourd’hui de + de 2200 Md pour 67M d’habitants!

(-Donnée espérance de vie : https://www.ined.fr/…/graphiques-inte…/esperance-vie-france/
-Données démographies : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_la_France…
-Données PIB : https://fr.wikipedia.org/…/Produit_int%C3%A9rieur_brut_de_l… )

Le nombre d’actifs en 1980 était de 22,6M. 26,3 en 2011. J’arrondis à 27 pour 2017. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_active) Oui, le nombre d’actifs en proportion de la population diminue. MAIS le PIB par actif est passé de 453Md/22M : 20 600€ à 2200MD/27M : 81 500€!!!🌟 La croissance, remember?

Pendant que l’espérance de vie prenait 10%, le PIB prenait 300%!!! Traduction : Si nous ne subissions pas de ponction sur la valeur produite de la part des personnes à qui nous vendons notre travail, il y aurait largement de quoi payer des retraites.
Ponction qui a encore augmenté lors du tour de passe-passe « J’ai baissé les cotisations salariales pour relancer la machine » ET EN MEME TEMPS, j’ai baissé les cotisations patronales (Mais je ne le dis pas.)

D’ailleurs admirons le 🔄 raisonnement paradoxal. J’évite de vous payer de la retraite➡️Je diminues les cotisations➡️Plus de consommation➡️Plus d’activité➡️Je vous paye de la retraite.
Autant ne pas baisser les retraites directement, non…? Pensée Complexe?

⚠️Les flèches sont des désirs, pas des réalités prouvées.
⚠️L’activité, indiquée par le PIB qui a explosé, n’a guère besoin d’augmenter. En tout cas, pas pour nourrir tout le monde. Par contre, le travail et le produit du travail semblent avoir besoin d’être mieux répartis…

« Je vous demande un petit effort pour relancer l’économie »
La prémisse est fausse. Elle n’a pas spécialement besoin d’être relancée.
« On va vous aider, M’sieur le Président! » lance un homme. Le produit le plus raffiné du capitalisme, c’est le pauvre de droite.

Continuons.

L’argument « C’est pour aider les jeunes » est chou. C’est un peu un argumentoc… Il ne souffre pas de contestation. Qui ne veut pas aider les jeunes? Mais alors, pourquoi ne pas aller chercher les parts de gâteaux qui manquent plutôt que de re-répartir les miettes qui sont cruciales pour certains?

Au delà des arguments qui présentent une façade de « bon sens », il y a en fait des contre-sens factuels, des paralogismes, des raisonnement sans preuve et une certaine vision du monde. Un monde où les premiers de cordée sont en réalités tirés par tous les autres. Avec joie.

En somme, j’vous explique : Manu VIP. Mamies RIP.

[Cet article a été primairement publié sous forme de suite de tweets sur Twitter.]

La page Président, à visiter de temps en temps…

De temps en temps, la page Président de Brain Magazine recèle des pépites… Je recommande particulièrement les publications signées J. Bordat

– Un article sur la moisissure rhétorique de l’appel à la peur avec un cas concret : Marine Le Pen et la Torture. Avantageux, cet article clôt le moindre débat qui pourrait éclore. Il y en a quand même eu un? Mais pourquoi?

-Le temps d’antenne des classes ouvrières sur France Inter : 1,8%. Merci Fakir pour l’info.

-La richesse se concentre encore aux USA… 32000 personne possèdent 11% des sous de tout le pays…

Traduction des éléments de langage Fillionistes VS Sarkozy. Fleurets pas vraiment mouchetés…

-Dégommer l’hyperbole d’un politicien qui se victimise.

-Hypebole encore… Seisme, coup de tonnerre, pluie de grenouille. Comment parler d’un score du FN après les élections? Une classification bien commode.

-En image, l’utilité très relative des sondages à J – 3…ans.

Instant humour du service d’information du Centre Patronal suisse.

Le Centre Patronal suisse nous gratifie d’un moment drôle et cocasse en produisant une campagne, site internet à l’appui. Intitulé sobrement  WARUM WACHSEN (à lire à voix haute Varoum Vache Zen.), il tâche de nous instruire sur l’in-dis-pen-sa-bilité de la croissance. Je vous en laisse maintenant la lecture critique, consternée ou amusée selon votre humeur du moment… J’ai néanmoins émaillé la chose de petit commentaires personnels (bleus entre parenthèse), excusez-moi d’avance…

Plaidoyer pour la croissance

La croissance à elle seule ne suffit pas au bien-être d’une société (Commençons par une concession aux opposants…), mais sans elle, aucune société ne peut survivre. (Suivons pas une énormité…) Dans un pays dont la prospérité offre le luxe de critiquer la croissance (Salaud de moitiés riches!), il n’est pas inutile de rappeler à tous les citoyens quelques éléments de réflexion propres à guider certains choix politiques. (On va te dire ce qu’il faut penser, c’est plus pratique.)

Sensibiliser les citoyens à la nécessité de la croissance

Pourquoi faut-il de la croissance? La réponse apparaît sans doute évidente aux yeux de certains; pour d’autres, cette question ouvre la porte à une remise en cause de notre modèle économique actuel. Il faut savoir gré à economiesuisse d’avoir lancé cet été une réflexion sur ce thème, à travers une publication doublée d’un site internet (www.croissance-pourquoi.ch). (Envoi de fleurs entre amis. Asinus asinum fricat.)Il s’agit d’une opération de sensibilisation du grand public (= Propagande) , articulée autour de quelques exemples, et non d’un travail académique destiné à convaincre tel ou tel économiste déjà convaincu. (Des cas isolés mais rien de valable au regard des standards d’étude, ça promet…) Mais attirer l’attention des citoyens sur l’importance de la croissance économique n’est pas une vaine préoccupation dans la mesure où ce thème revient de plus en plus fréquemment dans les questions politiques sur lesquelles nous avons à nous prononcer. (ça sent le roussi?) Dans un contexte où la croissance fait peur à certains, il n’est pas inutile de rappeler (marteler) qu’elle est malgré tout un élément essentiel et indispensable de notre existence.(Si tu le dis… Un argument qui prouve ça?)

Il ne s’agit pas de défendre une conception idéologique (« L’idéologie c’est mal, d’ailleurs, ce que je dis va bien au dela, d’ailleurs, c’est même la VERITE! ») qui considérerait la croissance comme un but en soi, en oubliant quel est son rôle (Voir tout en bas de cette page…) Nous avons tous en tête des exemples caricaturaux – hélas parfois réels – de sociétés réagissant de manière brutale, voire absurde, afin d’obtenir dans leurs comptes annuels un chiffre de croissance correspondant à des objectifs fixés de manière plus ou moins réaliste. (Ah, ces méchants conseils d’administration…) Ces exemples extrêmes semblent apporter de l’eau au moulin de ceux qui, souvent de manière tout aussi idéologique, contestent la nécessité de la croissance. (Moi, je ne suis pas idéologique mais vous par contre…) Mais ce n’est pas de cela que nous parlons lorsque nous revendiquons une croissance régulière de notre économie. (Non, vraiment pas.)

Croissance individuelle, croissance collective

Il faut distinguer entre la croissance individuelle d’une entreprise ou d’une situation privée et la croissance d’une collectivité et de son économie. (La croissance d’un champ de blé n’a rien à voir avec la croissance de chacun des brins. C’est la magie de Noel!) A titre individuel, on a le droit de se satisfaire d’une situation stable si l’on estime qu’elle suffit à couvrir ses propres besoins, tout au moins provisoirement, sinon durablement. Ce peut être le résultat d’une incapacité à se développer, ou alors un choix délibéré visant par exemple à améliorer sa qualité de vie d’une autre manière ou à éviter un stress jugé inutile. (Concession aux opposants, encore. C’est quand même eux qu’il faut dégonfler…) De même que certaines personnes peuvent choisir de vivre sans augmenter leur revenu (Si tu n’augmente pas ton revenu, c’est un choix. Pauvre, c’est une vocation…), certaines entreprises peuvent décider de se maintenir avec un volume d’affaire à peu près constant – en sachant toutefois que la stagnation risque souvent de se transformer en régression. (On t’aura prévenu… Mais ce ne sera que bien fait pour toi et tes choix de pauvre!)

Au niveau d’une communauté politique et économique, un tel choix n’est pas acceptable. (Ah bon?) Il y a toujours une partie de la population, généralement la plus modeste, qui veut voir son niveau de vie augmenter, (Salaud de moitié-pauvres qui nous forcent à croître) en termes financiers s’entend; la recherche de la «qualité de vie» est une préoccupation qui ne s’acquiert qu’à partir d’un certain niveau de revenu. (Salaud de moitié-riches qui ne veulent pas que les moitié-pauvres puissent se préoccuper de leur propre qualité de vie. Egoistes!) Il faut aussi et surtout tenir compte du fait que la population elle-même augmente – du moins dans une société saine –  et que cela entraîne une augmentation des besoins économiques globaux (logement, alimentation, places de travail, etc.), ainsi que des besoins financiers de l’Etat (pour les infrastructures, les transports, les écoles, mais aussi pour les aides sociales). (Il faut croitre parce qu’on croit parce que je dit que c’est sain. Croître est donc sain. CQFD!!! C’est la magie de Noel! (Bis))

Sans croissance, aucune société ne peut survivre (Sans croisssance, on va tous mourir!)

Enfin, il ne faut pas négliger que la croissance économique, mesurée sur le produit intérieur brut, ne s’oppose pas aux autres indicateurs envisagés pour observer l’évolution de la société; au contraire, elle les accompagne.(Le Produit Intérieur Doux, l’Indice de Bonheur, c’est très bien, d’ailleur, le PIB, c’est très gentil aussi.) L’exemple de certains pays européens en panne de croissance (La croissance est une machine au-to-ma-tique, si on fait les « bonnes » choses, automatiquement, ça marche. Sinon, pouf, c’est la panne ) montre qu’une telle situation est vécue péniblement par la population. (L’exposition médiatiques continue à des messages du type, laissez moi réfléchir….hum… « Sans croissance, aucune société ne peut survivre », n’est en rien responsable du ressenti de ces populations…Non…) / (Il faut croitre parce que les gens, comme on leur suggère de le ressentir, trouvent désagréable de ne pas croître.)  Au contraire, la Suisse, avec une croissance avoisinant les 2%, crée des emplois et attire des travailleurs étrangers, non sans que cela entraîne, il est vrai, une pression grandissante sur les infrastructures de transport et de logement (Salaud d’étrangers. Concession à droite.): la critique de la croissance est un luxe réservé aux pays prospères! (Salaud de moitié-riches égoistes!)

Il n’est donc pas question de tout sacrifier sur l’autel de la croissance: celle-ci à elle seule ne suffit pas au bien-être d’une société (Finissons par une concession aux opposants… La même qu’au début, ça coute pas plus cher!); mais sans elle, aucune société ne peut survivre. (Même énormité qu’au début, toujours pas démontrée par le texte… ) Cela ne signifie pas non plus qu’il faille viser une croissance démesurée (« Oulalah, attention à la démesure, c’est très mal la démesure, il faut savoir raison garder. » Concession aux opposants.) : un tel phénomène, la plupart du temps, ne dure pas et se termine de manière douloureuse, comme on l’a aussi vu dans certains pays européens. Une croissance modérée mais régulière et durable peut suffire, d’autant qu’elle permet sans doute de mieux maîtriser ses effets secondaires. (Vous voyez, on sait bien que la croissance pose des petits soucis mais on gère, restons raisonnables.) L’important est de ne pas relâcher l’effort, car la stagnation ou le recul sont, à l’échelle d’un pays, des tendances très difficiles à inverser. (Cris d’effroi de l’assistance.)

Ces propos peuvent paraître élémentaires (« Si tu n’est pas d’accord, c’est que tu es bête. »… Intéressant quand on a lu…qu’il n’y avait rien à lire…); il importe pourtant qu’ils le soient aux yeux d’un maximum de citoyens, non seulement pour contrer quelques voix prônant la croissance zéro, voire la décroissance, mais d’une manière plus générale pour guider certains choix politiques susceptibles de menacer l’évolution de l’économie helvétique (TRREEEMMMBLEZZ!): les intérêts en présence doivent alors être soigneusement pesés, sachant qu’il est plus facile de trouver des solutions pour maîtriser une croissance rapide (On ne sait jamais, des fois que sur un malentendu on puisse fouguer du 4-5-6-7-8%… La Chine a fait 10%, elle!) , que de tenter de relancer la machine économique (Encore elle!) lorsqu’elle s’enlise (Oui, la machine est automatique, si elle a un problème c’est un enlisement, une question de conditions de mise en oeuvre…). La réalité se charge d’imposer des limites à la croissance, il ne faut pas y ajouter des limites artificielles. (Liberalisons et pis c’est tout.)

(Service d’information du Centre Patronal, n° 3005, 16 septembre 2014)

Une économie qui croitrait de 5% par an doublerait tous les 32 ans. Avec elle, tous les besoins énergétiques et tous les rejets, notamment de chaleur et de gaz. En 64 ans, cela double le double et ainsi de suite. C’est la définition d’une exponentielle. Une exponentielle maintenue termine à l’infini. C’est impossible sur une planète finie. Donc il faut, au minimum stagner, voire décroitre si on prévoit, soit que la quantité d’énergie disponible va diminuer, soit qu’on ne veut pas cuire sur place.

Pour reprendre le paragraphe ci dessus :

Ces propos peuvent paraître élémentaires ; il importe pourtant qu’ils le soient aux yeux d’un maximum de citoyens, non seulement pour contrer quelques voix prônant la croissance zéro, voire la décroissance, mais d’une manière plus générale pour guider certains choix politiques susceptibles de menacer l’évolution de l’économie helvétique.

Pour rappel, l’évolution des consommations énergétiques mondiales au cours des dizaines d’années précédentes. Si ça n’a pas des allure d’exponentielle, dites-le moi…

Ce qui donne, en consommation énergétiqe, en millions de tonnes d’équivalent pétrole.

Sources :Manicore

La seule raison qui pousse les gens qui ont des sous à vouloir de la croissance c’est que celle-ci est garante d’une paix sociale. Les riches gagnent toujours plus de sous que les pauvres, qui en gagnent quand même un peu. Cet écart est supportable si les pauvres continuent, petitement à gagner un peu plus de sous qu’avant (croissance.). En revanche, s’il devait y avoir récession, l’écart paraitrait beaucoup moins supportable aux masses populaires, qui souffriraient, par ailleurs beaucoup plus. Les riches veulent de la croissance pour s’enrichir encore et sauver leur fesses.

Moi aussi je peux être simpliste.

Sans pour autant mentir ou dire du vent.

Jacques Fresco et le Venus project : Le monde moins les humains ?

Je viens de finir de voir ce documentaire…

Je ne vais pas trop toucher à la forme bien que l’utilisation quasi continue d’images de stock plus ou moins découplées du propos m’ait un peu gêné.

Je suis d’accord avec les constats qui y sont faits. Ces constats sont sensiblement toujours les mêmes chez les alternatifs (de droite comme de gauche…) : Inadéquation entre les politiques publiques et les enjeux environnementaux et sociaux, inégalités et mal-répartitions des biens, souci avec le système bancaire qui s’est arrogé le droit de frapper notre monnaie, obsolescence programmée, etc…. Avec ce qui me parait une originalité, l’idée que tout cela est lié à la pénurie.

Il faut donc changer. Soit.

En revanche, j’ai un souci sur les solutions. (Oui, c’est toujours là que les avis divergent…). J’aime bien l’idée d’une société basée sur l’abondance… Mais de quelle abondance s’agit-il ? Telle qu’elle nous est décrite dans cette vision, d’un abondance de biens et de technologies. Est-ce vraiment nouveau ? Je ne pense pas…

Il y aurait donc des lieux où l’ont pourrait se servir à l’envie. Le système productif devrait selon Fresco être reproportionné, agrandit. Il faudrait passer à une automatisation complète de la production (et des tâches bêtifiantes si j’ai bien compris) pour y arriver. Remplacement maximum des humains par des machines. Sur cette même ligne, il est proposé de ne pas rénover les villes mais de construire tout de neuf…

Est-ce vraiment la solution envisagée à la surconsommation et à l’épuisement des ressources non seulement pétrolières mais aussi, et surtout, minières ? Le rêve du MEDEF moins l’argent ? D’ailleurs, la solution proposée d’avoir des « senseurs » qui donnent des données sur les flux et les réserves existe déjà… On l’appelle Big Data…

Le plus étonnant, c’est que ce « plus de la même chose » s’appuie sur une citation attribuée à Einstein : « Nous ne pouvons résoudre des problèmes en utilisant les mêmes modes de pensées que ceux qui les ont engendrés. » (19e minutes.)… Un comble…

Jacques Fresco a également une phrase très importante, qui passe presque inaperçue (28’50) : « ça ne marcherait pas dans la culture actuelle. » Cette phrase est terrible car elle nous dit que ce système pour les humains a été pensé à partir d’être humains qui n’existent pas… (Je ne serait pas étonné que Fresco soit architecte ou ingénieur à la base mais pas sociologue…Oups, bingo…) Ce qui semble cruellement lucide : Centré sur l’idée (pas forcément vraie) que les pauvres veulent accéder à ce que les riches ont, il oblitère l’idée qu’une part du problème vient du fait que les riches ne lâcheront pas leur richesse si facilement… Quand bien même on ne leur prendrait pas mais qu’on se « contenterait » d’abolir l’argent. On aime l’égalité mais on adore les privilèges… Par exemple, les données du Big Data sont entre les mains d’un petit nombre, ne seraient-ce que parce que leur analyse et utilisation demandent des moyens faramineux…

Alors la phrase finale disant qu’il faudrait 10 ans pour changer la surface de la Terre résonne un peu différemment… 10 ans pour la surface de la Terre, c’est splendide… Mais combien de temps pour changer le fond des êtres humains ? Et d’ici là, que fait-on?

Terra Eco.No.

Au détour d’un fil d’actualité, un titre « Le mensuel « Terra eco » , « dans une passe difficile », cherche des fonds. »

Sensible à la presse « alternative » et n’écoutant que mon côté écolo bobo désengagé et bienpensant (Si, si, hélas, il existe.), je clique.

Et là, j’en apprend de bien bonnes!

Par exemple qu’il y a 15 000 abonnés pour un chiffre d’affaire de…1,6 million d’euros!

L’abonnement doit être cher. ça doit être ça…

55€. Pour 10 numéros. Effectivement, c’est cher.

Et surtout, ça ne couvre que la moitié du chiffre d’affaire.

L’autre moitié sont donc des prostitutions, pardons, des parutions publicitaires!

A 5,50 le numéro, le coût réel de celui-ci est plutôt de 11 euros. Le reste du prix étant couvert par votre temps de cerveau disponible entre un reportage sur les mines d’or équitable et le sauvetage du monde par Bill Gates (Authentique… les titres de Une de Terra Eco, on dirait un peu le Gorafi, non?. Ci-dessous, la une du numéro 17. Terra Eco n’a pas peur  des incohérences… « Comment les marques vous manipulent ». Grâce à Terra Eco?)Terra...

L’article nous sensibilise à « la difficulté de faire venir des investisseurs à la table d’un média » à l’heure actuelle. Terra Eco cherche donc des gens riches et puissants pour se faire protéger… Mais le tableau est de plus en plus reluisant dites moi…

Heureusement, à l’heure du crowfunding, du financement participatif et de la responsabilisation (Reconnaissons que Terra Eco tourne sans subvention. Ce qui, peut-être l’oblige à faire ce qu’elle fait. (Je suis compréhensif, en fait.), inutile de songer à réduire le nombre de pages, à réduire la quantité de couleur, bref à réduire la voilure. Non, ça ça ne serait pas changer le monde… On a 21 salariés quand même…

Par contre, on peut faire appel à l’humain dans ce qu’il a de meilleur (son argent?) afin qu’il « entre avec nous dans l’Histoire » (Carrément? Sans dec??? Sa modestie honore cette publication.) : « Le journal, qui aurait déjà recueilli 92 500 euros, espère en collecter au total 500 000 » (Ce qui représente moins que la subvention que Closer a touché l’an dernier,notons…)

« Terra eco a « besoin de temps » pour tenter de mener à bien, d’ici à 2015, un projet et aller chercher de nouveaux abonnés (2 000 suffiraient pour atteindre la rentabilité) »

Désolé, je suis trop occupé à changé ma vie et  à militer pour prendre le temps de croire changer le monde en lisant Terra Eco. Et, surtout, j’ai déjà à peine le temps de lire la Décroissance, Passerelle Eco et la Revue S!lence. Ces 3 revues, elles aussi indépendantes, probablement bien plus denses et certainement moins démobilisatrices… et qui n’osent probablement même pas rêver de sommes à 6 chiffres quand elles parlent de campagne de soutien.

Je me sens scandalisé mais je ne devrais pas. En fait, ce qui m’étonne c’est qu’encore aucun multi-millionaire de son vert habit de lumière  ne soit venu sauver Terra Eco…

 

 

 

[Bonne nouvelle] Comment se passer des banques?

Fidèle à mon idée de ne pas être seulement dans la critique mais aussi dans la proposition, de ne pas seulement dire « c’est bien laid » mais aussi « Le monde est beau », voici une vidéo pleine d’optimisme. Tournée non loin,  dans un bien bel endroit fait par de bien belles personnes, on y parle d’habitat partagé mais aussi de comment faire d’une contrainte un moteur dans le domaine bancaire. Une intéressante piste…

http://www.youtube.com/watch?v=_N-2BAm61S0

Fausses projections de croissance systématiques.

La croissance est un terme que j’ai en horreur. J’ai dépassé mon dégoût pour lire cet article. Et bien m’en a pris car cet article me parait hautement intéressant….

http://www.les-crises.fr/previsions-de-croissance/

Ce que j’en ai compris : On n’est pas sorti de l’auberge.

En effet, cette article montre, en s’appuyant sur les exacts documents mis en ligne par le ministère de l’économie, liens cités, que nos gouvernements successifs, dans leurs projection budgétaires surévaluent de manière systématique et grossière le niveau de croissance du PIB. En les imaginant tout le temps 2 à 3 fois ce qu’elles seront. Depuis 12 ans, lorsqu’ils font le budget de l’année suivante,  les gouvernements s’appuient généralement sur une croissance qui sera 2 fois celle effective. Cela signifie qu’ils més-évaluent tout ce qui en découle, à commencer par les rentrées financières, donc l’évolution de la dette.

Mais c’est aussi le cas du Conseil d’Orientation des Retraites. Qui fait,encore plus fort, pour appuyer ses projections, l’hypothèse de 2 taux de chomage : 7,0 % si “tout va mal” (niveau inconnu depuis 1982…) et 4,5 % si “tout va bien” (niveau inconnu depuis 1977…)  !

Lisez l’article, il est clair et démonstratif.

La question qui me vient, et à laquelle je n’ai que des réponses désagréables en terme de démocratie c’est : Pourquoi? Quel intérêt?

Dexia devient Belfius

Wikipedia : « L’affaire Dexia » est sans doute « la plus grande catastrophe de l’histoire de la banque en France »1 et « le fiasco le plus cher de l’histoire des banques en Europe ». Selon la cours des Comptes, la faillite de Dexia, a couté au moins 6,6 milliards d’euros à l’état Français et au moins autant à l’état Belge3.

Dexia est l’exemple même de nationalisation des pertes et de la privatisation des profits…

Et que croyez vous alors que Dexia a fait… Après une tentative de changement de logo, qui n’a visiblement pas été suffisante : Rebranding ! Adieu Dexia, bonjour Belfius. Heureusement, certains passants sont quand même plus éduqués que d’autres…

dexia

On appréciera, pour le fun, de lire quelques ligne de la biographie de Pierre Mariani, ex-pdg de la filiale française de l’hydre à 2 tête franco-belge … : Sorti de l’ENA, il débute sa carrière comme inspecteur des finances avant d’être le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget de 1993 à 1995… Il rejoint ensuite le secteur financier privé… comme dirigeant de la Société française d’investissements immobiliers et de gestion (SEFIMEG) de 1995 à 1997. Il dirige ensuite la Banexi (?) puis en 1999, devient responsable des services financiers et de la banque de détail à l’international chez BNP Paribas. En octobre 2008, il est nommé administrateur délégué et président du comité de direction de Dexia, où il s’attribue une augmentation de salaire de 30 %… En 2011, sous sa direction, Dexia annonce une perte record de 10 milliards d’euros. Le 2 août 2012, il quitte la direction de Dexia qui annonce le lendemain de nouvelles lourdes pertes au premier semestre.  L’homme est encore membre du Conseil d’administration de l’établissement public de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées

Une personne qui n’hésite donc pas à passer du public au privé, n’y voyant sans doute ni contradiction ni conflit d’intérêts…