Analyse d’image : « J’aime ma b(o)ite. »?

Temps de lecture = 4 minutes

Si vous ne connaissez pas « J’aime ma boîte », vous ne perdez pas grand chose. Si vous avez de la curiosité et du temps pour ça, lisez l’article précédent sur l’origine et les aboutissants de cette calamité.

On se limitera dans cet article à l’analyse du visuel de la campagne de communication.

Alors que voit-on…?

On voit d’abord une composition graphique réalisée un peu à la tronçonneuse de détourages-copier-coller, à partir d’image de stock. CE n’est pas un shooting réalisé expressément pour la campagne. Le visuel est relativement bas de gamme, étonnamment, au regard de la liste et de la nature des sponsors de la campagne figurant en bas. Sa réalisation laisse à désirer côté finitions et c’est souvent l’indicateur d’une bonne récolte sur le plan de la vacherie du message véhiculé…

Du point de vue des couleurs et de leur symbolique.

Du bleu, beaucoup, beaucoup : Liberté, masculinité, entreprise, couleur attribuée à la droite en France, dans le code la route, le bleu autorise.

Du rose, un peu : Sentiment, couleur connotée PS mais aussi féminité.

Ce choix de couleur, c’est l’équivalent du « et en même temps » Macronien. Très bleu et en même temps un peu rose mais très bleu.

Et avec ça, du blanc : Neutralité, clarté, innocence, visibilité sans être tape à l’oeil comme le serait le jaune (La campagne de Macron était rose, bleu, jaune, et très vifs!)

On revient sur le noir et le gris des vêtements, juste après.

Le décor

Plutôt maigre… Des spotlights en perspectives, donnent l’impression d’espace. Il y a probablement la recherche de confusion entre « la boîte » entreprise et « la boîte » de nuit.

Les personnages.

4 personnage. Ils ont l’air d’être à un niveau d’amusement élevé. Une impression étrange vient du fait qu’ils semblent être seul-e-s dans une salle immense. On dirait un début de soirée en boîte de nuit vide avec des personnage qui ont des comportements de fin de soirée (Cravate autour de la tête???). #Malaise…

De plus, ils sont ensemble sans l’être. Pas d’échange de regard ou de geste de connivence entre eux. Ce sont des individualités qui se retrouvent sans la même action mais il n’y a pas de collectif.

Il y a 3 hommes pour une femme. Pour la parité, on repassera. Si on s’intéresse aux vêtements, c’est pire. Les hommes sont en costume, chemise, cravate, lunettes. Costumes noirs évidemment, couleur du pouvoir et du sérieux. La femme n’est pas sexualisée mais est en habits beaucoup plus quotidiens, un pull léger gris, gris couleur médiane, de discrétion. Les hommes nous regardent droit dans les yeux, elle détourne le regard. En sous-nombre, avec un regard évitant de fait, dans un habit de discrétion, la vision des femmes dans l’entreprise portée par cette affiche plaide nettement pour l’inégalité : Les hommes et la femmes ne sont pas au même rang. C’est peut-être à l’image de la réalité mais c’est aussi une occasion manquée de « faire bouger » des lignes.

Par ailleurs, aucun de ces personnages ne semble en tenue d’ouvrier métallurgiste, d’agriculteur ou d’aide soignant. Si ces gens sont en tenue de travail, on peut plutôt les imaginer comme étant du personnel d’encadrement ou des commerciaux. Imaginer que ces personnages sont le patron en arrière plan, un senior manager, un junior manager à lunette de soleil et leur assistante parait réaliste. La vision de l’entreprise qu’ont les promoteur de cette campagne exclue nettement les gens de la base et les travailleurs manuels. 6 000 000 de personnes en France au bas mot.

Le slogan

« Fais bouger ta boîte! »  invite à prendre des initiatives mais l’image vient rappeler l’ordre des choses : Mettre sa cravate sur la tête pourquoi pas mais, avant tout, on est en costume. Le décalage oui, le changement, non. Il ne s’agirait pas d’inciter à la grêve… Pourtant pour faire bouger une boîte… la grève, ça peut marcher plus efficacement qu’un apéro Perrier-Jus d’orange…

Ce slogan est aussi une présupposition, celle que le lecteur a une boîte (pour pouvoir la faire bouger.). Exit les chômeurs et RSAstres. Si l’emploi est pour toi un mode de réalisation et que tu en es exclu, ce sloggan est un rappel à ton impossibilité de faire quelque chose. Merci de te cacher pour mourir.

« Ta boîte », « Ta », c’est la tienne, pas celle d’un patron ou d’actionnaires. Implique les salariés en jouant sur le sentiment d’avoir en main le destin de l’entreprise. Gomme le rapport de force possible entre les salariés et les patrons. ça dit « Tous dans le même bateau! » Et après les gens de gauches sont taxés d’utopisme…

En résumé

Une publicité très orientée vers des gens très conformes mais cherchant à ratisser un peu vers des progressistes sociaux. Qui porte une vision de la répartition des pouvoirs nettement en faveur des hommes. Et qui propose d’exclure du champs de l’entreprise, ou en tout cas de l’imaginaire qui lui est relié, les ouvrier-e-s, les chômeurs-ses. Une invitation à prendre une 2e fois du pétillant (« Oulala, Monsieur Brochard, je crois bien que vais être pompette.)  mais pas 3 (« Oulala, Monsieur Brochard, je crois bien qu’on va vous séquestrer. ») Plein de raisons de pas aimer « J’aime ma boîte. »

Les différences entre le porno et le sexe réel : Suite!

Un des articles de ce blog qui a le plus de succès est celui-ci : https://propag.wordpress.com/2013/08/09/les-differences-entre-le-porno-et-le-sexe-reel/

C’est un article où je tâche à mon petit niveau et à l’aide d’une petite vidéo très bien réalisée par quelqu’un d’autre, de faire du démontage de  porno… Il est consulté 2 à 3 fois par jour.

Et voici qu’aujourd’hui, à l’aune de l’actualité ciné, surgit sur internet un extrait de film qui vient très bien en complément… Je vous le livre et vous laisse tirer vos conclusions.

Les media et les pauvres d’ailleurs.

Je vous invite à lire cet article de Robert Bourgoing, photographe de son état, journaliste. L’article lui a été inspiré par une étrange rencontre à Bhopal, un mois après la catastrophe de fin 1984 et après que les stigmates immédiats de celle-ci aient disparu.

On y prendra le temps de lire une réflexion intéressante sur la non-capacité de refuser d’ouvrir son intimité au reste du monde en l’absence d’éducation, des propositions pour cette éducation mais, pour commencer, sur la réjouissante manipulation  par les pauvres -qui ont compris le truc- des media complices.

http://www.bourgoing.com/2011/07/limage-du-tiers-monde/

Suppositoire effervescent à vendre.

Aujourd’hui, c’est décryptage publicitaire avec une publicité simple.

Le produit en est EvaQ, le suppositoire effervescent. Au début j’ai cru à une blague. Mais non, en Italie, ça existe. Ce fut alors le fou rire le plus long depuis des mois. Je suis bon public. Et le simple fait d’imaginer une bande de créatifs se dire « Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer pour dynamiser le marché du suppositoire? … Je sais! Le suppositoire effervescent!!!! » Tout le monde sait que le suppositoire ça marche. Et tout le monde sait que l’effervescence donne à l’aspirine un truc en plus. Et bien moi, je dis > pouf, pouf! < on croise les 2 et on fait un suppo à réaction! » Imaginez des créatifs en arriver à une telle hauteur dans leur art, à un tel niveau de créativité absurde m’a paru impayable.

J’ai ensuite, après m’être remis de mes émotions, visionné la publicité pour ladite chose.  La publicité est, d’après moi, elle même très drôle, de par son sérieux absolu. A mettre en rapport avec le fait qu’elle vante une capsule de carburant à pets… Il vaut mieux ne pas pas laisser paraître le moindre sourire sinon, on est fichu…

Et c’est en tout cas un bon support d’analyse publicitaire. Car tout en étant simple, elle a néanmoins plusieurs niveaux de lecture.

Le premier est le signifiant. C’est l’histoire que semble raconter la publicité, l’histoire que vous dira avoir voulu raconter le publicitaire. Cela tient en peu de mots : Une  femme, une espionne pleine de technologie en aide une autre qui souffre.

Une femme, toute de blanc vêtue, se présente à la manière de James Bond (« Je m’appelle Bond. James Bond »)

« Je m’appelle Q. Eva Q. »  « Q » comme le responsable en chef du secteur recherche et développement  en gadgets super incroyables qui sauvent la vie, de l’employeur de James Bond.

Cheveux tirés vers l’arrière, coiffure fonctionnelle, costume futuriste, regard perçant. Lara Croft croisée Star Trek.

« Pourquoi m’affecte-t-on les missions les plus difficiles? Parce que j’agit rapidement. »

Démarche de panthère. Elle sonne chez Rossi (Le nom de famille le plus répandu en Italie, tel Martin en France.)

La pauvre femme qui ouvre semble fort embêtée et se tient le ventre. La constipation, c’est terrible. On ne peut en parler à personne. (Heureusement qu’il y a des agents qui nous comprennent sans qu’un seul mot soit dit.)

Vue de synthèse « comme aux rayons-X ». Car les rayons X, c’est médical, c’est scientifique, c’est tout ce qu’il nous faut. La voix off du Vrai Medecin Qui Décrypte L’action Vue Aux Vrais Rayons-X : « Contre la constipation, essayez EvaQ, le suppositoire qui respecte l’intestin avec la delicatesse de ses petites bulles. (Poésie) EvaQ, effervescent, rapide et sans contre-indication. »

On suit la trajectoire du suppositoire. Oui, il faut expliquer où le mettre. C’est important. Tout médecin vous racontera une anecdote du genre de celle-ci (Un très bon blog à lire...  Mon grand-père qui était médecin de son état m’avait raconté une variante avec des suppositoires à l’eucalyptus et un monsieur revenu une semaine plus tard avec une moustache verte et pas d’amélioration de sa toux…). Le suppositoire disparait dans un magique et enchanteur tourbillon de bulles libératrices. Pas de la grosse mousse de…Non! Et on réfléchira au fait qu’un suppositoire qui est visible aux rayons X n’est pas un suppositoire mais une balle de fusil…

En dix minutes qui passent en 3 secondes à l’écran, tout est fait. Oui, EvaQ agit rapidement, elle l’a dit. Retour à la pauvre habitante de l’immeuble en image de synthèse. Si vous n’aviez pas encore remarqué, tous les décors sont en images de synthèse. Ces 2 femmes ne se sont jamais rencontrées et ont tournée devant un fond bleu. La preuve finale étant apportée par la femme qui, après une respiration, heureuse d’être gonflée à plus savoir quoi faire d’autre que de propulser soniquement son compact fumier  libérée, fait un un petit caca coucou de la main à sa libératrice avec un sourire figé et, surtout, un regard dont le point de focalisation est plus éloignée que la tête de l’interlocutrice. Cela donne l’impression qu’elle lui regarde à travers la tête.

Ultime rappel si on n’avait pas compris le « Mission accomplie » qui s’affiche sur une tablette-tactile-qui-montre-bien-que-c’est-une-espionne-super-équipée-en-technologies-révolutionnaires.

Packshot (c’est à dire brève présentation du produit avec les mentions légales et tout.) sur 2 notes musicales de James Bond (Tin-Tin!)

Remarque : C’est à ce niveau qu’on doit réfléchir un instant au genre des protagonistes. Si on passe outre le fait que suppositoire est un mot féminin en italien et si on fait référence à James Bond, pourquoi pas UN espion ? Pourquoi 2 femmes? Vous pouvez trouver seul-e… N’importe quelle autre combinaison est scandaleuse…. Les rayons-X ne mentent pas, il est question de fesses… Un homme qui vient déboucher une femme qu’il a à peine rencontré, c’est « Anus horribilis » au pays du Vatican… Quant à un homme qui vient en déboucher un autre, c’est juste pire.  Quand à une femme qui vient sauver un homme, bonjour la dégradation! La seule combinaison possible devient donc une femme qui s’occupe d’une autre. Car, comme chacun sait, entre femmes, ça ne peut être que mignon, et Dieu sait (encore lui) , qu’il y a besoin de douceur, de la « délicatesse des petites bulles » pour aborder la difficile question du suppositoire dans l’espace public…  Et puis, espionne ou pas, les femmes s’y connaissent beaucoup mieux que les hommes en ménage, n’est-ce pas…?

Mais allons plus loin dans le 2e niveau de lecture en reprenant tout depuis le début. Dans une publicité, tout est absolument pensé, tout.  Alors pourquoi une plante verte? (L’aviez vous vu) Pourquoi un ascenseur?

Et ça, c’est la deuxième histoire que les publicitaires n’ont sans doute même pas expliqué aux comédiennes qui ont joué devant des fonds bleus…

Voici l’histoire signifiée…

Le suppositoire (femme effervescente) monte et passe le premier sphincter (Porte d’ascenseur qui s’ouvre). Il devance les solutions à base de plantes (passage hautain devant la plante verte du couloir). Il vise pile au bon endroit ( ding-dong sur la sonnette) et va dénicher l’excrément au delà du 2e sphincter (La femme, toute de marron vêtue, ouvre la deuxième porte). Après son action, l’excrément est délogé (La femme n’est plus à l’intérieur mais à l’extérieur de l’appartement.)

En fait, la publicité nous raconte plusieurs fois la même choses de différentes manières à différents niveaux tout en nous  donnant, au niveau le plus accessible, une jolie histoire qui n’a pas grand chose à voir. (De l’aventure, du charme, de la technologie, un peu l’opposé du suppositoire quand même…).  Le sens caché, s’il semble évident lorsqu’il est expliqué, passe généralement inaperçu et c’est pourtant celui-ci qui a le plus d’impact sur la personne a qui elle est destinée. Un impact décisionnel et de changement inconscient. C’est l’exacte principe d’une métaphore thérapeutique. Un des outils les plus puissants en hypn0se. Et c’est sur ce modèle que sont construite la plupart des publicités audio-visuelles aujourd’hui… La prochaine fois que vous avez envie d’un nouveau truc, pensez-y… Même si ce n’est pas un suppositoire effervescent…

Les différences entre le porno et le sexe réel.

Il m’arrive parfois de faire de la sensibilisation autour des IST pour un public ado. J’utilise des choses qui se mangent pour « métaphoriser » et apporter de l’attrait à ce que je fais. Ce sont mes ateliers Cul-linaires.

La métaphore des aliments n’est pas nouvelle, tant le plaisir est une donnée partagée avec ce dont on parle.

Voici une vidéo qui, je trouve a sa place ici dans ce qu’elle a d’informatif et « d’aide au retour à la réalité ». Elle traite des différence entre le porno et le sexe dans la vraie vie. En effet le porno, c’est un point sur lequel il y a une grande distorsion de la réalité autant qu’un grand déficit d’information. Trouver des info sur internet  …euh… ça peut ne pas bien marcher parfois. Et le cours d’éducation sexuelle de 4e n’aborde quasiment jamais cette question, prenant beaucoup plus souvent l’angle utilitariste de la prévention.

Ouvrons une parenthèse à ce sujet…

Je dis bien « le cours » car il n’y en a qu’un dans la scolarité des élèves. Car, si le bulletin officiel de l’éducation national préconise un cours par trimestre du CP à la terminale, réparti dans plusieurs matières  car ce n’est pas qu’une question de biologie, (Lire le paragraphe 2-1 ici. « À cette fin, trois séances d’information et d’éducation à la sexualité doivent, au minimum, être organisées dans le courant de chaque année scolaire. Elles permettent de relier les différents apports concourant à l’éducation à la sexualité et de les compléter notamment dans les domaines affectif, psychologique et social » Ambitieux…)  mais c’est à l’appréciation des professeurs, sur le temps qu’il reste hors programme. Car c’est hors programme. Et je ne connais aucun établissement qui a eu l’audace d’en faire une priorité de sa politique d’établissement. Je ne connais pas non plus (mais ça doit exister, quelque part, ailleurs, loin, où?) de professeurs qui ont décidé de leur propre chef de monter des modules transversaux sur ce thème…

On « prend » donc  une heure ou 2, en 4e, pour en parler, dans le cadre du cours sur la reproduction. Voilà qui réduit considérablement l’aire couverte par « la sexualité ». Pour autant les élèves sont-ils asexuel-le-s? Non. Cela effraie bien souvent les parents, beaucoup plus que les ado hélas, mais les questions de sexe et de sexualités commencent à se poser tôt. Vers 11-13 ans. Ce sont des élèves de 6e, voire de CM2. Encore « des touts petits » dans les yeux de leur chers parents… Mais quand leurs « touts-petit » sont pris en flagrante organisation de « Sucette party » à plusieurs en 5e (Cas arrivé dans mon groupe de formation à l’IUFM), ils atterrisent durement…

Pour rappel, plus l’éducation sexuelle à l’école est répandue et ouverte et plus l’âge moyen des premiers rapports sexuels est élevé.

Fermons la parenthèse.

On laisse les jeunes (et moins jeunes) devant des images dont ils pensent, souvent à l’instar de bien d’autres images, qu’elles sont réalistes. En effet, bien des codes (ou impératifs financiers…) du cinéma porno induisent l’idée que « C’est vrai » . Tournages avec souvent très peu de moyens, des trucages qu’on imagine inexistant.

Mais le cinéma reste le cinéma…

  • Les  rapports entre les protagonistes répondent à un scénario, généralement écrit par et pour des hommes.
  • Les trucages existent, ne serait-ce que par le montage des films.
  • Les perfomeurs et performeuses sont sélectionné-e-s sur critères anatomiques et physiologiques… Et, oui, ils « performent », jouent et mènent une carrière.

Bref, il est important de se rappeler qu’il a autant de frustration et de risques à vouloir avoir une vie sexuelle qui ressemble à celle décrite par les pornos qu’à vouloir des vacances qui ressemblent à un film d’action hollywoodien. D’où cette vidéo ici présente.

Mise à jour :

Ce message fait partie des plus populaires de ce blog. Soyez donc rassuré, vous n’êtes pas la seule personne à avoir tapé « Différence porno sexe réel » dans votre moteur de recherche (qui me dit comme vous êtes arrivé…Eeeeet oui…) Je me suis donc dit que, sur ce thème, un complément d’information pouvait être utile. Par exemple en ce qui concerne les trucages…

  • Saviez-vous qu’un mélange blanc d’oeuf+ farine balancé à la seringue hors cadre faisait une éjaculation tout à fait convenable?
  • Que les étalons tenant des érections pendant « des heures » devaient parfois leur « record » à des fluffers, ou dérameurs, c’est à dire des personnes qui masturbent les comédiens avant la reprise du tournage ? Ces mêmes fluffers qui gèrent le nettoyage des corps entre les prises…

A en croire le cinéma, le sexe industriel, c’est propre, facile et tout naturel. HAHAHAHA!!!!

Mise à jour 2 :

Un article vient compléter celui-ci. Il est là : https://propag.wordpress.com/2015/01/08/la-difference-entre-le-porno-et-le-sexe-reel-suite/

A quoi ressembleraient nos riches si on remontait le temps?

Quel look auraient Marie-Antoinette, William Shakespeare ou Elizabeth Ire s’ils vivaient au XXIe siècle ? C’est la question qu’a posée la chaîne britannique Yesterday à plusieurs artistes numériques, à l’occasion du lancement d’une nouvelle émission historique.

L’exercice m’a paru particulièrement intéressant en ce qu’il apporte des informations dans l’autre sens. Il permet de « voir » le vrai visage des personnes de pouvoir d’aujourd’hui, au dela de l’image cultivée en public.

La chaîne a mis à disposition des graphistes l’historienne Suzannah Lipscom, afin que les détails des œuvres reflètent justement l’évolution historique, explique le Telegraph.

Ainsi, Marie-Antoinette version XXIe siècle a-t-elle subi un traitement moderne pour redresser ses dents, reçu des implants mammaires pour compenser les plaisanteries qu’elle subissait sur sa petite poitrine et, fidèle à son goût pour la mode, porte désormais une coiffe signée Philip Treacy.

Antoinette 2010Imaginez maintenant Carla Bruni dans la tenue de gauche. Ne serait-ce pas crédible? Mais aurait-ce été supportable par les pauvres…?

Le dramaturge William Shakespeare a quant à lui adopté le style « hipster », prisé de ses homologues modernes. Piercing à l’oreille, tignasse revitalisée par les techniques modernes de transplantation capillaire et une chemise bûcheron sous son gilet.

Shakespeare 2013

La reine Elizabeth Ire aurait probablement lissé ses cheveux pour adopter une coupe courte mais stylée, reflétant sa poigne. Malgré ses prothèses dentaires, elle renâclerait sûrement à montrer ses dents en portrait, peu portée qu’elle a toujours été sur les sourires.

Elizabeth 1ere 2010

Transposez le visage de Laurence Parisot, que l’on peut tout à fait voir dans les habit de droite, sur la tenue de gauche. Je pense que vous aurez alors peut-être une idée plus précise de la domination qu’elle représente, au delà de l’image construite par ses conseillers en communication…

Enfin, l’amiral Nelson aurait certainement un peu plus d’embonpoint que lors de la bataille de Trafalgar, à cause du développement des tâches administratives dans son métier. Pour remplacer son bras droit, perdu au combat, il arborerait certainement une prothèse, et, en guise de reconnaissance de la couronne, une Croix de Victoria, qui n’existait pas à son époque.Nerlson 2010

Comme on le voit, les dominants ont considérablement simplifiés leurs oripeaux… Moins baroques, moins clinquants, plus passe-partout… Mais il est important de ne pas s’y tromper… Le lifting des apparences permet d’imaginer qu’il y a aussi eu revue à la baisse des importances et des pouvoirs. Permettez-moi d’en douter… « Pour vivre heureux, vivons cachés des pauvres » fait partie des leçon que nous apprennent les PinçonCharlot sur la philosophie de vie de leurs sujets d’étude… Il ne faut donc pas trop en montrer même si on en a beaucoup…

Vous êtes noire? Faites vous chirurgier.

Article également publié sur « Et Faits Planète », en date du 4 mars 2013

Mise à  jour : Aux personnes qui arrivent sur ce site directement à cette page, nous signalons que nous sommes une association d’éducation populaire travaillant notamment autour des media. L’article qui suit dénonce sur un ton ironique ce que véhiculent les images qui y figurent et les schémas de pensées auxquels elles font référence. Aux commentateurs qui s’énervent en nous signalant que nous ferions mieux de promouvoir la beauté unique à chacun plutôt que le bistouri nous répondons bravo. Car c’est bien ce que nous pensons.

C’est, à mon avis, le message sous-jacent à ces photos, dont on commence à avoir quelques exemplaires différents, de ces femmes blanches, mannequins, maquillées en femmes noires pour poser dans des magasines de mode. N’est-il pas possible d’avoir des mannequins noires? Leurs nez sont ils trop épatés? Leur bouche trop lipues?

Je vous laisse gouter 2-3 de ces photos …

Ondria Hardin, dans un article intitulé « African Queen » du « Numero » de Mars 2013. On appréciera la reprise des codes couleurs, motifs, forme, posture censées être…bref…

African-Queen-

Ce n’est pas la première puisque la version française de Vogue magazine avait déjà fortement bronzé une dénommée Lara Stone en Octobre 2009.

African-Queen 2

Et pour finir, allons dans le ridicule, qui ne tue pas mais pourrait, Constance Jablonski, française avec perruque Afro et bébé noir accessoire dans un autre « Numéro » :African-Queen 3

Cela pourrait paraître anecdotique mais ce genre de chose est une évolution de racisme. L’absence de mannequins noir et leur remplacement par des blanches travesties dénote quelque choses : La couleur noire est désormais tolérée mais la morphologie « anciennement » associée non. Elle n’est toujours pas désirable par la majorité. Restez noires mais faites vous rectifier le nez, la bouche, lisser voire mieux, blondir, les cheveux. Et si vous voulez percer dans le milieu de la musique pop, il va falloir y passer…

Pour Lil’Kim, ça donne ça :African-Queen -really

Pour Nicki Minaj ceci :African-Queen -really 2

Pas besoin que je vous indique l’avant et l’après, vous aurez trouvé…. Quant à Rihanna, elle ne semble pas encore avoir touché à son visage, par contre les seins, oui. Mais bon, elle n’a pas encore 25 ans…Quand on sait que ces personnes sont des modèles identificatoires de réussite pour pas mal d’afro-américaines, je me dis que le taux consentement à la chirurgie dans cette population dans les années à venir ne devrait pas trop poser de problème pour les cliniques… J’en connais qui vont être contents pour leur taux de croissance. Nouvel adage « médical » : »Plus les nez rapetissent, plus croissent les bénéfices. »blackface_3910