Suppositoire effervescent à vendre.

Aujourd’hui, c’est décryptage publicitaire avec une publicité simple.

Le produit en est EvaQ, le suppositoire effervescent. Au début j’ai cru à une blague. Mais non, en Italie, ça existe. Ce fut alors le fou rire le plus long depuis des mois. Je suis bon public. Et le simple fait d’imaginer une bande de créatifs se dire « Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer pour dynamiser le marché du suppositoire? … Je sais! Le suppositoire effervescent!!!! » Tout le monde sait que le suppositoire ça marche. Et tout le monde sait que l’effervescence donne à l’aspirine un truc en plus. Et bien moi, je dis > pouf, pouf! < on croise les 2 et on fait un suppo à réaction! » Imaginez des créatifs en arriver à une telle hauteur dans leur art, à un tel niveau de créativité absurde m’a paru impayable.

J’ai ensuite, après m’être remis de mes émotions, visionné la publicité pour ladite chose.  La publicité est, d’après moi, elle même très drôle, de par son sérieux absolu. A mettre en rapport avec le fait qu’elle vante une capsule de carburant à pets… Il vaut mieux ne pas pas laisser paraître le moindre sourire sinon, on est fichu…

Et c’est en tout cas un bon support d’analyse publicitaire. Car tout en étant simple, elle a néanmoins plusieurs niveaux de lecture.

Le premier est le signifiant. C’est l’histoire que semble raconter la publicité, l’histoire que vous dira avoir voulu raconter le publicitaire. Cela tient en peu de mots : Une  femme, une espionne pleine de technologie en aide une autre qui souffre.

Une femme, toute de blanc vêtue, se présente à la manière de James Bond (« Je m’appelle Bond. James Bond »)

« Je m’appelle Q. Eva Q. »  « Q » comme le responsable en chef du secteur recherche et développement  en gadgets super incroyables qui sauvent la vie, de l’employeur de James Bond.

Cheveux tirés vers l’arrière, coiffure fonctionnelle, costume futuriste, regard perçant. Lara Croft croisée Star Trek.

« Pourquoi m’affecte-t-on les missions les plus difficiles? Parce que j’agit rapidement. »

Démarche de panthère. Elle sonne chez Rossi (Le nom de famille le plus répandu en Italie, tel Martin en France.)

La pauvre femme qui ouvre semble fort embêtée et se tient le ventre. La constipation, c’est terrible. On ne peut en parler à personne. (Heureusement qu’il y a des agents qui nous comprennent sans qu’un seul mot soit dit.)

Vue de synthèse « comme aux rayons-X ». Car les rayons X, c’est médical, c’est scientifique, c’est tout ce qu’il nous faut. La voix off du Vrai Medecin Qui Décrypte L’action Vue Aux Vrais Rayons-X : « Contre la constipation, essayez EvaQ, le suppositoire qui respecte l’intestin avec la delicatesse de ses petites bulles. (Poésie) EvaQ, effervescent, rapide et sans contre-indication. »

On suit la trajectoire du suppositoire. Oui, il faut expliquer où le mettre. C’est important. Tout médecin vous racontera une anecdote du genre de celle-ci (Un très bon blog à lire...  Mon grand-père qui était médecin de son état m’avait raconté une variante avec des suppositoires à l’eucalyptus et un monsieur revenu une semaine plus tard avec une moustache verte et pas d’amélioration de sa toux…). Le suppositoire disparait dans un magique et enchanteur tourbillon de bulles libératrices. Pas de la grosse mousse de…Non! Et on réfléchira au fait qu’un suppositoire qui est visible aux rayons X n’est pas un suppositoire mais une balle de fusil…

En dix minutes qui passent en 3 secondes à l’écran, tout est fait. Oui, EvaQ agit rapidement, elle l’a dit. Retour à la pauvre habitante de l’immeuble en image de synthèse. Si vous n’aviez pas encore remarqué, tous les décors sont en images de synthèse. Ces 2 femmes ne se sont jamais rencontrées et ont tournée devant un fond bleu. La preuve finale étant apportée par la femme qui, après une respiration, heureuse d’être gonflée à plus savoir quoi faire d’autre que de propulser soniquement son compact fumier  libérée, fait un un petit caca coucou de la main à sa libératrice avec un sourire figé et, surtout, un regard dont le point de focalisation est plus éloignée que la tête de l’interlocutrice. Cela donne l’impression qu’elle lui regarde à travers la tête.

Ultime rappel si on n’avait pas compris le « Mission accomplie » qui s’affiche sur une tablette-tactile-qui-montre-bien-que-c’est-une-espionne-super-équipée-en-technologies-révolutionnaires.

Packshot (c’est à dire brève présentation du produit avec les mentions légales et tout.) sur 2 notes musicales de James Bond (Tin-Tin!)

Remarque : C’est à ce niveau qu’on doit réfléchir un instant au genre des protagonistes. Si on passe outre le fait que suppositoire est un mot féminin en italien et si on fait référence à James Bond, pourquoi pas UN espion ? Pourquoi 2 femmes? Vous pouvez trouver seul-e… N’importe quelle autre combinaison est scandaleuse…. Les rayons-X ne mentent pas, il est question de fesses… Un homme qui vient déboucher une femme qu’il a à peine rencontré, c’est « Anus horribilis » au pays du Vatican… Quant à un homme qui vient en déboucher un autre, c’est juste pire.  Quand à une femme qui vient sauver un homme, bonjour la dégradation! La seule combinaison possible devient donc une femme qui s’occupe d’une autre. Car, comme chacun sait, entre femmes, ça ne peut être que mignon, et Dieu sait (encore lui) , qu’il y a besoin de douceur, de la « délicatesse des petites bulles » pour aborder la difficile question du suppositoire dans l’espace public…  Et puis, espionne ou pas, les femmes s’y connaissent beaucoup mieux que les hommes en ménage, n’est-ce pas…?

Mais allons plus loin dans le 2e niveau de lecture en reprenant tout depuis le début. Dans une publicité, tout est absolument pensé, tout.  Alors pourquoi une plante verte? (L’aviez vous vu) Pourquoi un ascenseur?

Et ça, c’est la deuxième histoire que les publicitaires n’ont sans doute même pas expliqué aux comédiennes qui ont joué devant des fonds bleus…

Voici l’histoire signifiée…

Le suppositoire (femme effervescente) monte et passe le premier sphincter (Porte d’ascenseur qui s’ouvre). Il devance les solutions à base de plantes (passage hautain devant la plante verte du couloir). Il vise pile au bon endroit ( ding-dong sur la sonnette) et va dénicher l’excrément au delà du 2e sphincter (La femme, toute de marron vêtue, ouvre la deuxième porte). Après son action, l’excrément est délogé (La femme n’est plus à l’intérieur mais à l’extérieur de l’appartement.)

En fait, la publicité nous raconte plusieurs fois la même choses de différentes manières à différents niveaux tout en nous  donnant, au niveau le plus accessible, une jolie histoire qui n’a pas grand chose à voir. (De l’aventure, du charme, de la technologie, un peu l’opposé du suppositoire quand même…).  Le sens caché, s’il semble évident lorsqu’il est expliqué, passe généralement inaperçu et c’est pourtant celui-ci qui a le plus d’impact sur la personne a qui elle est destinée. Un impact décisionnel et de changement inconscient. C’est l’exacte principe d’une métaphore thérapeutique. Un des outils les plus puissants en hypn0se. Et c’est sur ce modèle que sont construite la plupart des publicités audio-visuelles aujourd’hui… La prochaine fois que vous avez envie d’un nouveau truc, pensez-y… Même si ce n’est pas un suppositoire effervescent…

L’essor de l’informatique vestimentaire, la fin de la vie privée et de la désobeissance.

Récemment, j’ai reçu un SMS de mon opérateur de téléphonie mobile « Nouveau et irrésistible : le forfait XXX à 4,99€/mois vous en donne plus pour le même prix avec 20 Mo d’Internet mobile inclus et toujours 2h d’appels, les SMS et MMS illimités en France… » Pour le même prix, je pouvais désormais avoir, en plus, un « accès internet ». Question… Sachant que lorsqu’une chose est gratuite, ce que l’on vend, en fait, c’est vous, l’accès internet est il un accès de moi à ce qui est sur Internet ou de ce qui est sur Internet à moi… Mais puisque c’est « Nouveau et irrésistible »… j’ai résisté. Je n’ai pas donné suite. Non. Et même pas merci. Non, tout court…

Par les balloches du Cornu!

Après la révélation de PRISM comment est-il encore possible de vouloir des lunettes qui filment tout ce que vous regardez, des montres qui enregistrent chacune de vos données physiologiques ou d’un ordinateur de bord qui vous conseille le film dont vous ne savez pas encore que vous en avez envie…

« C’est juste incroyable. Le futur s’annonce excitant », se réjouit Asim Smailagic, directeur d’un laboratoire de recherche sur l’informatique vestimentaire à l’université Carnegie Mellon, en Pennsylvanie. Ces ordinateurs « peuvent vous aider quand vous en avez besoin. Et tout le monde aime recevoir le genre d’informations qu’ils peuvent fournir », dit-il. « Quand vous mélangez de l’informatique vestimentaire avec des capteurs et des machines à algorithmes, vous obtenez du ‘contexte’. L’ordinateur connaît votre état d’esprit et est capable de vraiment vous aider en fonction de la situation », assure M. Smailagic.  Le professeur est persuadé que les lunettes Google – équipées d’une caméra, reliées à Internet et commercialisées très prochainement – seront un succès, malgré les inquiétudes qu’elles soulèvent sur l’atteinte à la vie privée. « L’informatique vestimentaire doit être discrète, et apparaître comme une extension naturelle du corps », estime M. Smailagic.

Aider en fonction de l’état d’esprit, c’est vous proposer ce que vous ne savez pas encore vouloir… Ou ce qu’un algorithme considère le mieux pour vous…

Dans le TGV magasine de Juin (Oui, j’ai des lectures suprenantes…), il y avait un article sur le Big Data. La parole n’était donnée qu’à des patrons du secteur, ce qui laisse entrevoir l’angle… En voici un extrait :

Quant à ceux qui s’inquiéteraient de voir les machines prendre le contrôle comme dans 2001, l’Odyssée de l’Espace ou Terminator, qu’ils se rassurent : « Il n’existe pas de système unifié centralisé. Si un programme Big Data venait à tomber en panne ou à s’emballer, il n’entrainerait pas le chaos avec lui, car tous les systèmes sont absolument autonomes. » souligne Eric Sadin, auteur de l’Humanité augmentée

La crainte n’est pas tant qu’une machine super intelligente soit en possibilité d’agir sur notre monde en utilisant ces données. Mais plutôt que des humains le fassent… Les algorithmes liés au « conseil » auront bien les paramètres que ceux qui y auront accès voudront… Téléguidé un choix ne me semble pas autre chose… Saviez vous que grâce aux données collectée sur les cartes de fidélités des supermarché, le taux d’utilisations des ristournes figurant sur les tickets de caisse passe de 1% à 25 % ? Et avant même l’influence directe, le seul accès aux informations de base est un problème. L’article a été écrit avant les révélations d’Eric Snowden concernant le fait que les USA ont accès à toutes les données personnelles possédées par les grandes entreprises numériques de leur territoire… Mais

« Comment imaginer, par exemple, que des assureurs ne seraient pas tentés d’aller fouiller du côté de Facebook, Twitter ou LinkedIn pour établir le profil santé de leurs clients et ainsi adapter leurs prix, voire refuser de prendre en charge certaines personnes sous prétexte que les risques sont trop importants…? La question est d’autant plus brûlante que les humains ne sont plus les seuls responsables du déluge quotidien de données. De plus en plus « connectées » les machines parlent elles aussi pour nous, informant les entreprises sur nos goût et nos habitudes, la plupart du temps à notre insu »

Dans ce contexte, je repose la question, comment est-il encore possible de vouloir des objets connectés/intelligents? La curiosité? La frime? « Le cool, le hype, le in, le je-fais-baver-mon-voisin-avec-ma-montre » ? L’attrait d’un chèque de réduction lié à la possession d’une carte de fidélité qui indique ce que vous achetez à votre magasin? Mais aucun de ces lots de compensation ne me semble être un prix de vente assez élevé pour la part d’ombre qu’elles achètent… Une part d’ombre qui est le refuge d’une certaine sensation de liberté et de certaines possibilités de ne pas être prédictible. Car, je suis bien placé pour le savoir, si on est prédictible, on est manipulable.

Coincidences de nouvelles sur la vie privée

2 évènements récents me laissent perplexe quant à la gestion par tout un chacun de sa vie privée.

-Des webcams rendent la vie privée des propriétaires accessibles sur le net. La chose est arrivée par erreur mais les responsable de la boîte de surveillance concernée n’arrivent pas à solutionner le problème. Les personnes qui font surveiller leur maison sont donc visibles depuis partout dans leur intimité, parfois encore à leur insu.

-Le nouvel outil de recherche proposé par Facebook permet de faire des choses étonnantes. Vous voulez connaître le lieu de travail des hommes musulmans qui aiment les hommes en Iran, c’est possible. Le nom des épouses des hommes qui ont indiqué aimé les prostituées, c’est possible. Le nom des mamans de juifs qui aiment le bacon, itou

Mais présenté avec une belle musique et de belles images, ça donne ça :

Il pourrait être utile d’enseigner que toute information mise sur le net sans protection active n’en sort jamais et doit être considérée comme publique…

Au fait, saviez-vous que Mark Zuckerberg fait une levée de fond pour un candidat US républicain ? On peut donc imaginer qu’il a une vision assez à droite de ce qu’une entreprise peut faire avec les données que vous lui auriez librement confiée sans précaution…

Les outils de réversion d’images truquées se multiplient.

Le dernier en date, c’est Normalize. Ce programme joue sur les couleurs afin de rétablir les photos passées par Instagram. Instagram, c’est un site-logiciel qui permet de faire des retouche instantanées en ajoutant des filtre à vos photos. Un de ces filtre, sans doute le plus prisé donne un air suranné à vos photos leur donnant le cachet d’une photos des années 70. Cela peut vraiment se faire dans une démarche artistique mais… la plupart du temps, il s’agit de photos assez insignifiantes…

Problème :  Ce faisant, cela galvaude complètement « l’effet » en question. N’importe qui peut donner un cachet ancien à une photo de son pot de chambre… Et les vraies photos anciennes, en perdent leur attrait puisqu’on en dira « Ouais, c’est passé par Instagram, et après? » J’en veux pour preuve cette photo de Andy Wharol que le site buzzfeed a passé par Normalize comme si c’était un vulgaire trucage par Instagram. (Pour rappel, la « vraie » photo est bien à gauche.)

Normalize pourrait permettre de remettre les pendules à l’heure et, au moins, introduire l’idée qu’un bête trucage  ne fait pas un artiste…

Dans la série, mais plus confidentiel, il y a TunGstène, qui repère le niveau de retouche d’une image. ça a l’air beaucoup plus évolué que Normalize mais j’en ai encore peu entendu parler…

Clic-clac!

Depuis pas mal de temps, les spécialistes de la surveillances alertent quant à l’utilisation des caméras « festives ». Et en écrivant cela, je me rappelle un dessin d’Andy Singer qui présentait une fête entre amis. Les dits  amis se baladant tous avec une caméra sur la tête et une autre à la main. Tous souriaient…

J’attire votre attention sur 2 choses. La première est un extrait d’un article du Monde intitulé « Prison pour des jeunes qui avaient attaqué un restaurant étoilé lors des émeutes de Londres »

Les fauteurs de trouble ont été condamnés après l’étude par les enquêteurs d’enregistrements de caméras de surveillance, d’analyses scientifiques, et de vidéos amateurs diffusées sur YouTube, a rapporté, jeudi 9 août, Scotland Yard.

Chaque caméra de téléphone est donc maintenant susceptible de se transformer en objet de délation et de surveillance.

La deuxième est l’avènement d’un système de reconnaissance faciale qui se base sur vos photos publiées sur Facebook.

Accroché à l’entrée d’un commerce, le boitier est capable d’identifier certains clients à partir de leurs photos postées sur Facebook. L’outil, baptisé Facedeals et conçu par l’agence de publicité Redpepper, basée à Nashville demande pour l’instant son avis aux personnes concernées. Cette servitude volontaire est censée permettre aux intéressés de profiter de réductions en fonction de leurs préférences affichées sur le réseau social. « Des offres spécialisées peuvent arriver sur votre smartphone dans tous les commerces participants – tout ce que vous avez à faire, c’est montrer votre visage », explique l’entreprise sur son site Internet. Si ça c’est pas de la banalisation de la biométrie…

Sachant qu’en France, c’est un délit que de se balader dans la rue à visage couvert (loi dites « sur le voile intégral » mais qui concerne en fait tous les masques quelle que soit leur forme…), l’espace public commence un peu à être bouclé…

 

 

Pourquoi il faut refuser les machines à voter.

Toute machine se pirate. C’est le propre d’un fonctionnement complexe. Chaque nœud de complexité peut être détourné, contourné. Et rajouter de la complexité pour désamorcer les contournements… Ne fait que rajouter des points d’entrée de contournement. Depuis -combien? 10? 20 ans?- que Windows existe, quelle que soit sa complexité, ses mises-à-jour de sécurité, patch et autres débuggage, des virus et programmes malveillants sont créés, existent et fonctionnent encore. Et en terme de moyen techniques d’amélioration, on parle bien de Microsoft… C’est, encore une fois, la Théorie de la Reine Rouge…

Une théorie dont le nom est encore peu connue du grand public mais qui cache,au contraire, un concept simple et répandu.  Ce nom issu d’Alice au pays des merveilles…Un petit point de culture romancière  pour ceulles qui ont préféré aller au catéchisme plutôt que de lire des livres sains. A un moment, Alice est poursuivie par une Reine, non pas la Dame de Cœur, ça c’est à un autre moment, mais belle et bien la Reine Rouge. L’une veut s’enfuir, aller de l’avant. Alice. L’autre veut la rattraper et la ramener au château. La Reine Rouge. Mais nous sommes au pays des merveilles. La Reine rouge et Alice courent, l’une après l’autre, mais autour d’elles le paysage, ne change pas. Elles courent mais restent sur place. Une certitude cependant, si Alice s’arrête, elle sera rejointe, si la Reine Rouge stoppe, celle-ci se fera distancée. C’est un des principes qui régit la compétition, c’est la co-évolution. S’il y en a un qui veut manger l’autre les 2 évoluent en même temps, sinon, il y en a un qui disparaît. Et c’est aussi, ce principe qui fait que des entreprises concurrentes doivent investir chacune de leur côté des sommes faramineuses en recherche et développement, pour simplement espérer maintenir le statu quo, rester sur place, rester dans la compétition.

Pour les machine à voter, c’est la même chose…

Quel que soit le coup joué, il y aura toujours un coup suivant possible pour tricher à un niveau ou à un autre…

« Image HDR » produit de la « photographie computationnelle ».

L’ image à la « une » du Washington Post, le 13 janvier dernier, a fait grand bruit. Pas à cause de son sujet – un pont baigné dans un coucher de soleil théâtral. Mais parce que le quotidien a ouvertement utilisé une photographie HDR (high dynamic range).

Le principe ? On prend plusieurs images de la même scène en changeant l’exposition. Puis on les combine à l’aide d’un logiciel pour obtenir une image où chaque partie est correctement exposée. Cette technique permet d’éliminer ombres, surexpositions, contre-jours. Certains ont aussitôt crié à la manipulation. Mais les partisans du journal soulignent qu’aucun élément de la scène n’a été modifié. Et, surtout, ils rappellent qu’une image HDR où tous les détails sont éclairés n’est pas moins réaliste qu’une photo illuminée artificiellement à l’aide d’un flash…

Au-delà de la polémique, l’épisode met en évidence l’arrivée d’images d’un nouveau genre et l’émergence de la photographie dite « computationnelle » (de computer,ordinateur). Alexei Efros, professeur associé à l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh, aux Etats-Unis, et chercheur en informatique, explique : « C’est un nouveau domaine de recherche et on cherche encore une définition. L’idée, c’est qu’en associant l’ordinateur à l’appareil photo numérique on peut trouver d’autres façons de capturer et de représenter le monde. Et même changer ce qui est capturé du monde. »

Ainsi commence cet article d’un blog du monde.fr. On n’y parle des changements technologiques et méthodologiques qui affectent actuellement la photographie. J’ai été interpellé par l’apparition de deux termes que je ne connaissais pas « photographie HDR (high dynamic range) » et « photographie computationnelle ». Sigle, anglicisme, oxymore, néologisme. 4 figures de la langue de bois en 2 expressions, c’est beaucoup… Alors je ferais plutôt partie de ceux qui crient à la manipulation…

Trouver le sigle et l’anglicisme dans « photographie HDR (high dynamic range) » est simple. Comprendre que ça n’aide pas à comprendre ce qui se cache derrière aussi…

« Photographie computationnelle », c’est un peu plus retord… Le néologisme d’abord. « computationnelle », dérivé de computer. Pourquoi ne pas dire « assisté par ordinateur » ? Sans doute parce que ça dirait beaucoup plus ce que c’est… : De la retouche. La création d’une oeuvre visuelle à partir d’un matériel photographique. Là où il y a tromperie c’est de présenter l’oeuvre qui sort de l’ordinateur comme étant une photo… Car dans « photographie », il y a l’idée de gravure (fidèle) du réel. Donc, oxymore : La « gravure de la lumière » n’est plus vraiment une gravure du réel (au sens lithographie, gravure dans le marbre, etc…) dès lors qu’elle peut être retouchée (« photographies numériques », c’était déjà un oxymore…). Au crayon papier, on ne grave pas, on esquisse.

L’argument disant que la photographie HDR n’est pas moins réaliste qu’une photo illuminée artificiellement par un flash ne me paraît pas recevable. Car, l’image qui sort du processus HDR n’existe à aucun moment de la journée. A aucun moment de la journée je n’obtiendrais une photo sans aucune ombre. Il ne s’agit pas d’une capture d’une réalité arrangée. Il s’agit d’un arrangement de captures de la réalité. Et si je ne connais pas les modalités de cet arrangement, les logiciels, la signification de HDR, je peux parfaitement prendre l’image pour la réalité. Je sais et peux me servir d’un flash et je sais reconnaître une photo qui été prises avec un flash. Mais je doute qu’il y ait un effort pédagogique pour qu’on apprenne à reconnaître une photo HDR alors que la technologie en question n’est accessible qu’à un petit nombre de personnes.

Encore une fois, une minorité se met en possibilité de modifier la perception du réel d’une majorité sans que celle-ci ne puisse rendre compte. Alors oui, je fais parti de ceux qui pensent qu’il y a manipulation.

Pire que les renseignements généraux ou la DCRI réunis…

Un article qu’il faut INDISPENSABLEMENT avoir lu avant de s’inscrire sur Facebook.

Et idem si on y est déjà inscrit.

Effarant.

Mais aussi très espérant:

Son siège étant, par intérêt, placé en Irlande, Facebook relève maintenant du droit européen…

 

 

Je cite ici une partie importante de l’article, pour conserver les liens à disposition même pour plus tard.

Dégainant sa directive 95/46/CE qui garantit un tel droit à tout citoyen européen, Max Schrems écrit à Facebook pour réclamer l’accès à l’ensemble des données le concernant, via un formulaire très bien caché sur le site du réseau. Il doit insister un peu, et finit par recevoir sur CD-Rom un fichier PDF lourd de plusieurs centaines de mégaoctets et long de 1222 pages. Avec les quelques étudiants qui l’accompagnent dans sa démarche, il a créé le site « Europe versus Facebook » pour partager ses découvertes et expliquer aux internautes comment faire de même. Il y publie son dossier PDF après l’avoir anonymisé, et liste très précisément le type d’informations stockées par Facebook pour chacun de ses membres.

Lisez le reste de l’article, vraiment. Je savais que Facebook collectait des données mais pas à ce point là. Il collecte même les données qu’on ne lui donne pas…