Horrible petite lecture du matin…

On appréciera déjà le titre « Face à » plutôt qu’un truc du genre « Avec »… Aller, un peu de debunkage d’inepties religieuses sur l’homosexualité. (#Pléonasme)

(Les images ont été publiées par https://twitter.com/nocteon)

 

Paragraphe 1 : Nos positions antérieures étaient complètement fausses.
Mais quand même, l’homosexualité peut être une phase. Et les homo se sentent coupables.
#LectureDePensée

Paragraphe 2 : On a le droit de se sentir gênés quand même! Et les homo se sentent coupables.

Les 2 premiers paragraphes sont assez softs en fait.

Paragraphe 3 : Etre homo ce n’est pas la même chose qu’avoir des comportements homo. Retenez vous du transpédégouinage mouillé.
Ou comment gérer sa dissonance cognitive entre l’injonction de tolérance et celle de discrimination…

Paragraphe 4 : Oui, notre paragraphe 3 est tordu. Mais les relations homo c’est pas pareil que les relations hétéro.
Point.
Parce que.
Et pis c’est tout.
#AhBon? #Sources?

Paragraphe 5 début : La relation homo est inféconde. Mais pas inféconde comme les hétéro inféconds, d’ailleurs la preuve, eux ils peuvent adopter.
#CaCEstDeLaPreuve

Paragraphe 5 fin : Les études scientifiques sont fausses. Believe my opinion. Du coup : Doute➡️Paf ! Appel à l’ignorance ➡️ Principe de précautions ➡️Les enfants doivent être protégés, tout ça, tout ça. #PoidsDeLaPreuve
https://www.youtube.com/watch?v=M6kYqnpV2XQ&index=16&list=PL3afqzRJWpYLuh3W3zb_a80usGoee8UtI … #PenteGlissante

On déconne mais la plupart des religions sont basées sur ce schéma : « On ne peut pas prouver que Dieu existe, donc dans le doute, on va faire ce qui est écrit dans ce bouquin. D’ailleurs il ne peut pas être totalement faux, c’est Dieu qui l’a écrit! » #RaisonnementCirculaire

Avec une stratégie du doute, doublé d’un appel à l’ignorance, et on rentre dans le rond-point sans sortie du raisonnement circulaire. Imparable.

Les définitions (S’il y avait encore des gens qui pensaient qu’il y a un certain pouvoir à décider du sens des mots, cqfd…) :
« L’homophobie » (#OnEstBienPlacés) : En France, les homo ne devraient pas trop la ramener puisqu’à d’autres endroits, c’est LEGALEMENT un crime.
ET
L’homophobie c’est pas bien, sauf s’il s’agit d’influer sur ce qui est LEGAL ou pas.
#HypocrisieLevelLégendaire
#OnVousVoit

« L’homoparentalité » : On est contre. C’est tout. Enfin, pas nous, l’Eglise. Mais c’est presque pareil.

« Homosexualité et vie chrétienne » : Si on vire tous les homo de nos tâches bénévoles, on sera plus très nombreux et on sera dans la mouise…Déjà que… Alors bon…

« La Bible » : Story time! 2 entités célestes arrivent dans une ville. Personne ne veut les accueillir. Alors #Dieu (L’inspirateur du bouquin, remember?) crame la ville. Mais c’est surtout parce qu’ils étaient pas accueillants.#Booo!
La sexualité c’était secondaire.
Mais quand même.

Du coup, c’est évident, la Bible dit c’est MAL! (Par contre, les passages où on dit que si tu insultes père ou mère, tu seras mis à mort, que tu ne peux pas porter 2 étoffes différentes, ou que tu dois choisir entre Dieu et l’Argent, c’était faux.)

D’une manière générale, les prises de positions religieuses sur l’homosexualité sont de bonnes bases de travail pour qui souhaite s’entraîner à décortiquer les doubles discours.
Facile pour démarrer et tellement savoureux.
Je recommande.

« Softpower » ou l’art d’instrumentaliser les dons…

Le Monde titrait récemment que la collectes des dons d’argent patinait en France. On appréciera le fait que « patiner » désigne une augmentation de 1% l’an dernier! Certes loin des +5,6% et +8% de 2011 et 2010 mais loin de la stagnation… Gageons que le jour où on aura trouvé le moyen dire que la France à une croissance de 1%, le mot « patiner » ne sera pas le premier choisi… (On appréciera aussi l’expression « Marché de la collecte des dons ». La collecte des dons est donc un marché. Instructif…)

La cause au patinage artistique de la collecte des dons est attribué à l’augmentation de la « pression fiscale » (Je viens de me rendre compte de l’existence de cette jolie expression…Pression fiscale… »Mettre la pression »… »Faire pression »… Un joli repoussoir… Comme si l’état, tel un lobby suprême, pouvait faire pression sur le citoyen… pour le faire craquer? Pression fiscale–>Direction la catégorie des hyperboles.)

Mais parlons un brin du « softpower » (Catégorie? Anglicisme, of course.), traduction qui fait rêver « le pouvoir doux » (Catégorie? Oxymore, selon moi.), j’ai découvert le mot dans un autre article du Monde, daté, c’est délicieux, du même jour que l’autre… On y lit en titre : Philippines : les catastrophes naturelles, « arme » de la diplomatie japonaise. Guillemets comprises. Oui, dans le Monde, quand on parle ouvertement, on commence par ouvrir des guillemets.

Le Japon a donc, après le récent typhon Hayan, envoyé des tombereaux de militaires, avions et bateaux pour aider les Philippins qui en ont bien besoin. D’ailleurs « Face à l’étendue du drame philippin, plusieurs pays se pressent pour aider Manille. »
Que voulez-vous, quand on est tous aussi gentils que nos gentils états riches, on ne peut que aider, voilà, c’est tout. Mais le Monde est un peu grincheux est fait précéder cette phrase d’un sur-titre sans guillemet mais très intéressant « BATAILLE D’INFLUENCE » Et oui… Tokyo appelle cela la « diplomatie des catastrophes » et, comme le dit le New york Times « Le typhon est en train de devenir une vitrine pour l’affirmation du soft-power  en Asie. » Le soft-power , c’est-à-dire, si on comprend bien, la capacité d’influencer les acteurs étatiques par des moyens non-coercitifs… « Attendez mademoiselle, je vais ramasser ce mouchoir qui s’est ainsi échappé de votre corsage blanc »…

En fait, il s’agit d’aider l’autre en sachant bien qu’il nous le rendra. Pas en argent, il n’en a pas, mais plutôt en bon service et autres soutiens dans les dîners en vaisselle de porcelaine. Genre, quand on est le Japon, dans un possible conflit territoriale avec la Chine qui revendique elle aussi (la vilaine), les îles Senkaku et les territoires marins associés… D’ailleurs ce petit pays indigent qu’est la Chine a fait un don tout rikiki aux Philipines… On s’est bien compris…

Dans ce contexte d’utilisation des deniers publics et des dons individuels avec un sous-texte, un contexte où l’aide signifie « Vous nous le rendrez bien, n’est-ce pas mon brave? »au pouvoir en place, je ne suis plus tellement étonné que des humanitaires se fassent enlever ça et là. Et je ne suis pas non plus étonné que les dons chaussent des patins… Parce que, s’il servent, grosso modo, à corrompre des gouvernements en leur suggérant une politique extérieure, les dons risqueraient bien de rayer le parquet… Alors plutot que de parler de la pression fiscale, si on parlait des, vraies cette fois, pressions humanitaires…?

Début de traduction du texte néo-colonialiste…euh…socialiste.

Bon, mon petit exercice de traduction de langue de bois ne vous a, pour l’instant guère inspiré.

Pour vous aider à démarrer, je vais vous proposer la traduction des premiers paragraphe. Vous allez, voir, Pierre Moscovici, c’est délicieux…

Plutôt que de faire dans la droite sociale , ou droite masquée, il aurait mieux fait d’écouter son Papa, Serge Moscovici, qui a contribué à créer Les Verts, en 1968, du temps où l’écologie et la décroissance étaient la même chose. (On appréciera de voir que la biographie francophone de Serge Moscovici sur Wikipedia est expurgée de ce détail…)

Vous vous souvenez, Mitterrand a imposé certaines des pires destructions d’acquis. Et ben, Hollande s’apprête à faire pareil.

La mondialisation solidaire au service de la croissance

L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

On ne sait pas trop ce que vont devenir les entreprises françaises en ce moment où l’économie doit trouver un moyen de rester dans le capitalisme. Alors que l’ancien modèle fonctionne comme à son habitude c’est-à-dire mal, les pays du Nord doivent trouver de nouveaux moyens de maintenir les inégalités  tout en faisant que le peuple ne se les remettent pas trop en question.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les pauvres veulent de l’argent et veulent, en plus, gérer eux-mêmes leurs affaires. Il serait bien qu’ils suivent l’exemple de l’Afrique qui a trouvé le moyen d’endormir le peuple dans l’inégalité. D’autant qu’il être impossible d’utiliser du pétrole, parce que sinon, on n’est tous cuits.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

En France, nous n’arriverons pas à maintenir nos inégalités entre riches et pauvres si nous n’élargissons pas notre sphère d’influence. Afin de l’élargir et d’éviter de se faire racheter par les Chinois ou les Quatari, la France doit produire plus et dépenser moins dans ses services publics. Il faut également que nous nous rapprochions d’autres pays dans l’espoir que cela fasse tourner nos entreprises et donnent du travail aux pauvres. Il faut que nous profitions de notre expérience dans la colonisation, [Note : C’est la suite du texte, bien plus loin, qui permet de déduire ce mot] sans peur mais en sachant que ne seront pas forcément les bienvenus.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Maintenant que nous sommes donnés les moyens de faire du lobbying économique, nos ministères vont faire ce qu’il faut pour vous persuader d’accepter des réformes en faveur du privé, réformes telles qu’elles seront bien acceptées par le monde économique et qu’elles nous permettront de passer pour des humanistes.

Vous traduisez la suite?

Et, au passage, je vous reposte, une vidéo de 5 minutes, qui, je trouve, va très bien avec ce texte. Elle a été tournée sous un gouvernement de droite. Et s’applique pourtant encore tout à fait bien. Déduisez ce qu’il y en a à conclure sur le parti socialiste… Par ailleurs, on notera que cette vidéo a été fait en présence de Manuel Valls. Ce qui démontre, dans les grandes largeurs, la trahison et l’hypocrisie dont font état nos « nouveaux » dirigeants. (Nouveau parce que les riches ont juste changé les mecs qui vont au casse pipe. Les anciens étaient tout usés…). On peut être à la même table que Cynthia Fleury, et faire de l’expulsion de Roms à fond les ballons. Ah…mais… ce ne sont plus des expulsions parce qu’ils sont étrangers, ce sont des mesures d’éloignement parce qu’ils sont sales. ça n’a rien à voir… Et la mondialisation solidaire alors? Accueillir ceux qui en ont besoin, ça n’en fait pas partie? Non, évidemment…

Exercice de traduction de langue de bois

Bonjour, bonjour!

Suite au cours de ce soir, je fais remonter cet exercice périodique de traduction. Vous allez voir, c’est du grand art. ça fait longtemps que je n’avais pas vu une telle réussite de la xyloglossie. Et c’est paru dans le Monde.

Je vous propose, si le coeur vous en dit, de ne traduire qu’un ou 2 paragraphes car vraiment c’est très long. En copiant collant le paragraphe original et votre version dans un commentaire. J’ai hâte de vous lire.

De mon côté, j’ai écrit la correction complète et je la publierai prochainement.

Une petite piste pour commencer, le titre une fois traduit : L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Amusez-vous bien et ne rigolez pas trop.

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux.

Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun. Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur

Apolitique, apartisan, indépendance, ni de droite ni de gauche.

Est apolitique une personne ou une organisation qui est extérieure à toute lutte relative au gouvernement ou aux affaires publiques d’un État. Cette définition est simple et peut être retrouvée dans la plupart des dictionnaires. Mais à considérer la plupart des gens qui se réclament de l’apolitisme on se demande s’il-le-s ont bien ouvert leur dictionnaire avant d’utiliser ce mot…

Les exemples:

Prenons le Collectif La Manif pour tous qui, dans la même phrase, et sans cilier, arrive à se définir « apolitique et confessionnel ». Déjà s’appeler « La manif pour tous » et se dire apolitique est très fort. Mais immédiatement derrière faire une association d’idées antinomiques qui signifie que l’on considère que la religion n’est en rien liée à des questions de vie publique… La Manif pour tous vient de dire, si elle répond à la définition qu’elle a d’elle même, qu’elle doit se dissoudre… Ou alors, le porte-parole a dit n’importe quoi dans un certain objectif. Je penche pour cette explication…

Variante, l’Institut Montaigne, pas apolitique mais indépendant. En fait « politique » par omission et indépendant proclamé. Le titre d’ « institut » ne devant pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une association mais que celle-ci se donne, ainsi des airs officiels. Une asso dont voici le début des statuts :

Espace de réflexion, libre et indépendant de toute contrainte politique et économique, l’Institut Montaigne s’articule autour de groupes de travail, réunissant des représentants de la société civile (intellectuels, universitaires, experts, responsables d’entreprises, personnalités qualifiées, etc.).

Traitant des sujets les plus divers, l’Institut élabore et diffuse des propositions concrètes de long terme.

Le mot politique n’est utilisé que pour dire qu’on n’y est pas contraint. Pas politique? Même en produisant régulièrement des rapports, des bilans en direction des media, en mettant à disposition des experts qui donnent leur avis sur tout? Criant son indépendance des pouvoirs publics sur les toits mais ne voyant aucun inconvénient à toucher ses 3 millions de budget annuel de banques, fonds d’investissement, assureurs, laboratoires pharmaceutiques, multinationales de services industriels. Libre de toute contrainte économique ?

Pour terminer avec les exemples, l’association SOS Education. Elle se dit apolitique et apartisane, ce qui veut dire de surcroît qu’elle ne se positionnerait pas en faveur d’un parti. Mais lorsque l’on regarde ses objectifs, elle a pour but d’influer sur la ligne de conduite du Ministère de l’éducation nationale, notamment en poussant à la réduction des effectifs du personnel encadrant… Elle se targue, par ailleurs, d’un grand nombre de soutiens d’élu-e-s. On aura, à ce stade compris que ces élu-e-s sont des élu-e-s UMP. Lorsqu’elle se proclame apolitique et apartisane, cette association dit exactement le contraire de ce qu’elle est.

L’interprétation :

La confusion entre apolitiques et apartisane est très largement répandue. L’apolitisme demande de ne se positionner sur aucun sujet de société ou de la vie publique. Un sacré challenge. Mais bon nombre d’artistes et pas des moins subventionnés y arrivent très bien (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet très positif entre apolitisme et subventions/propositions d’exposition. ) L’apartisanisme, quant à lui, demande de ne se positionner pour aucun parti politique. Se dire apartisan en plus d’apolitique est donc un pléonasme. En revanche, on peut effectivement être politique et apartisan. Nombre d’associations défendent leur point de vue sans pour autant apporter leur soutien à qui que ce soit. (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet négatif entre politisation apartisane  et subvention/allocation de local…)

Quel est l’intérêt de se réclamer de l’apolitisme ou de l’apartisanisme ?

Dans un pays et où on a réussi à rendre l’adjectif « politisé » synonyme multifacette de sulfureux/ has-been / ennuyeux à mourir  et où 40 % des gens ne votent pas, une portion considérable de la population ne s’intéresse donc que de très loin à la vie politique voire la fuit purement et simplement. Ce qui est pratique pour gouverner, car on est tranquille, moins pour obtenir des soutiens populaires quand on a des idées à défendre… Se dire politisé, c’est se couper d’une bonne part de ses soutiens. Et quand, en plus, les idées que l’ont défend auraient pour effet de nuire à la classe de population que l’on cherche à convertir, étiqueter ouvertement ses idées est suicidaire.

Dans ce cas là, on se dit apolitique et apartisan et tant pis si on dit n’importe quoi.

Et quand on a compris qu’en terme de nombre, la classe populaire est généralement celle à courtiser pour faire du chiffre, on comprend que l’expression « apolitique et apartisan » est une des préférées des idéologies de droite, même si elles n’en ont pas l’exclusivité…

Variante de « apolitique » : « Ni de droite, ni de gauche »

Exemple : « Je veux dire un mot à Manuel. Pour moi, pour nous, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite. Et je dois vous dire que nous sommes très heureux de son action« , dixit Serge Dassault, au côté de M. Valls, le 11 sept 2012, lors de l’inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes. Le sénateur UMP, par ailleurs propriétaire du Figaro a pousuivi « C’est pour ça qu’il a l’appui d’un journal bien connu. Mais, s’il fait des bêtises, on en reparle. Actuellement, c’est très bien. Pour les Roms et tous les autres, c’est formidable. Donc bravo Manuel et continue ! » Ce jour là, Manuel Valls a fait mine de s’éponger le front, moins d’un an après, 7 juillet 2013, il reprenait le même élément de langage. Thomas Guénolé, politologue lui donne le qualificatif de « socialiste de droite », une expression qui mériterait qu’on s’y attarde tant elle fait référence à une réalité dérangeante… Car le gouvernement actuel n’est peut-être « Ni gauche, ni de droite », si vous voyez ce que je veux dire…

Television : marketing 1 / humanite 0

Voici un article de Cyroul. Ce monsieur travaille dans la comm’ et partage son avis après le visionnage d’un documentaire que j’ai moi aussi vu il y a quelques temps. Je ne partage pas son avis de conclusion car je ne pense pas que les commanditaires puissent se responsabiliser tous seuls… Et j’ai du mal à penser autant de bien de la publicité… Mais par contre, j’aime bien tout le début de l’article.

Autre remarque : Je pense que le mot « télé-réalité » n’est pas signe qu’il n’y a pas de séparation entre Vie réelle et télé. Pour moi, c’est un oxymore qui permet de convaincre de cela alors qu’il s’agit d’une « réalité » scénarisée avec des protagonistes castés. Pas du tout une réalité libre et non faussée…

Un bon article de réflexion autour de la publicité et de la télévision en tout cas, je pense.

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Le documentaire “Le jeu de la mort” dont je vous parlais dans Obéissez à la télé, obéissez… Obéissez ! devrait être finalement diffusé mercredi 17 mars à 20h35 sur France 2. C’est bien, mais c’est un autre documentaire: “Le temps de cerveau disponible“, animé en partie par Bernard Stiegler, qui vaut le coup d’œil (l’étude, pas Bernard Stiegler voyons).

Et même si celui-là a été programmé jeudi à 22h30 (cause ? Endemol furieuse contre un documentaire de France 2), je vous le conseille car il présente de façon claire et argumentée les effets d’une télévision -objet de pensée- aux mains de profiteurs sans scrupules (ou plutôt entièrement déresponsabilisés donc sans limites). Des effets désastreux pour le futur de notre société (ses enfants).

Mais et Internet là-dedans ?

Alors que les différents gouvernements essaient depuis quelques temps de tirer à boulets rouges sur l’Internet gratuit, peut-être serait-il intéressant de comparer l’évolution et les usages néfastes de la TV avec ceux du digital. Voilà donc une supra-vulgarisation de la fonction psychologique de la télé, de ses évolutions mais surtout d’une tentative d’extension de cet état à Internet (lâchez vous dans les commentaires si vous n’êtes pas d’accord. Je ne vous ferai pas de procès, moi).

1/ L’Homme civilisé doit savoir contrôler ses pulsions. Si il ne les contrôle pas, il détruit la civilisation (la société)

Toutes les véritables civilisations se sont appuyées sur ce contrôle des pulsions (on ne montre pas ce qu’il y a à l’intérieur). A partir du moment où vous relâchez le contrôle sur vos pulsions, vous vous de-socialisez.

Ainsi, la libre expression des pulsions sans contraintes est dangereuse. Et pourtant de plus en plus fréquente comme le prouve cet exemple probant chez les mâles:

et un autre chez les femelles, montrant si il en était besoin, que la perte de contrôle s’exerce dans tous les strates de la société.

Or, si on extrapole ce comportement en l’appliquant à toute la société, on peut conclure que si la population entière se de-socialise, elle se détruit, détruisant ainsi la civilisation.

2/ La télévision permet d’accéder à la résolution de ses pulsions

Godstory 250x187 Télévision : marketing  1 / humanité 0Depuis que l’homme a commencé à marcher sur ses pattes arrières,  il a donné une plus grande part à ses yeux comme organe sensoriel. Cet organe sensoriel est devenu le véhicule de ses pulsions, devenant des pulsions scopiques.

Et la télévision est un média scopique également. Cette invention magnifique a permis pendant un temps d’élever la société en diffusant la connaissance au plus grand nombre. C’était simple, il suffisait de regarder et de réfléchir. Et puis, les télés se privatisèrent. Et par un jeu subtile d’échange de plaisir mental récompensant l’assiduité du téléspectateur, cette télévision privée a peu à peu répondu directement aux pulsions de ses téléspectateurs. Le but n’était plus de communiquer un message, mais de récompenser !

Les programmes changèrent radicalement : là où l’on informait, on s’est mis à divertir. Le journal télévisé, source principale d’information du Français, est devenu une vaste mascarade où il fallait scotcher le plus longtemps le spectateur à grands coups de giclées sanglantes en travers de l’écran. Mais le pire a été les programmes de fin de soirée, moment ultime où le travailleur, éreinté par une journée de travail, ne sera plus capable d’analyser ce qu’il voit. Là, les chaines ont rivalisé d’inventivité en permettant l’accomplissement de toutes les pulsions normalement cachées du téléspectateur. Voyeurisme, sadisme  et autres désirs cachés sont projetés sur l’écran à travers des émissions de télé-réalité (le nom montre qu’il n’y a plus de séparation tv-vie réelle), des séries tv, des documentaires trafiqués, etc.

reins.1180598477 Télévision : marketing  1 / humanité 0

Bref, la télévision privée est aujourd’hui pourrie, et ceux qui disent le contraire essaient de vous vendre quelque chose…

3/ La télévision est contrôlée par des publicitaires annonceurs, prescripteurs des programmes

Mais la faute n’en revient certainement pas à la “Télévision” qu’il serait trop facile de rendre responsable. Ces chaînes privées n’ont certainement pas vocation à faire du bénévolat :  elles sont là pour faire du profit ! Et ce profit est généré par les annonceurs,via les publicitaires (ou le marketeux) qui choisissent les médias où placer leurs publicités. Donc les responsables sont les publicitaires ! C’est en tout cas ce que va nous dire le documentaire de France 2.

Mais c’est une erreur de condamner exclusivement les pubards. Car même si ils sont responsables (enfin devraient l’être si la chaine de de-responsabilisation de leur agence ne leur permettait pas de sortir impunément n’importe quelle campagne sur n’importe sujet – c’est ça la pub coco !) ce ne sont pas les coupables. Les vrais coupables sont les annonceurs car ce sont eux qui commandent des campagnes à base de marketing traditionnel nocif et irresponsable.

Un petit schéma pour bien comprendre (fait en quelques minutes, ff aurait fait mieux forcément, mais hier soir j’étais fatigué).

television Télévision : marketing  1 / humanité 0

Mais certains vont me dire que ce n’est pas à la télévision de former des citoyens. Certes non, mais la télé n’a pas non plus à les déformer. D’après le dernier communiqué du SNPTV (le Syndicat National de la Publicité Télévisée:  l’organisme qui est là pour s’assurer que les profits engendrés par la TV ne cesseront jamais), la durée d’écoute par individu âgé de 4 ans et plus (sic !) a atteint 3 heures et 46 minutes par jour en novembre 2009 (ça atteint quand même 6h et 08 minutes pour les foyers métropolitains).

3 heures et 45 minutes par jour d’accès sans limite à vos pulsions cachées. Ça ne vous fait pas peur ? Ça devrait.

Et voilà autre chose qui devrait vous faire peur : en passant outre le baratin du SNPTV (qui est là pour vous vendre quelque chose), vous ne pouvez que constater la tendance grandissante de la population à se connecter à Internet (on ne sait pas comment font les gens pour regarder plus la télé en surfant sur Internet, mais c’est le monde magique des statistiques)… Alors Internet est-il différent de la tv ? N’est-ce pas encore pire, comme pourrait le faire croire les différentes actions du gouvernement ?

Internet, l’ouest sauvage sans foi ni loi, sauf celle apportée par les hommes…

Même principe, mêmes dangers pour Internet. Internet est un outil formidable d’accès à la culture, à l’information, à la création, à l’imagination. Un lieu idéal pour faire des rencontres de gens qui partagent vos passions, vos idées. Une démocratie virtuelle où les hommes peuvent vivre libres et égaux… Mais comme la télé, Internet peut être le plus dangereux des lieux.

Et le plus grand danger d’Internet, comme pour la télévision, est la dé-responsabilisation des acteurs (producteurs de contenu) et des spectateurs (internautes).

De la dé-responsabilisation des producteurs de contenus

Les marketeurs-publicitaires sont créatifs, les marketings sont intelligents, et de temps à autres tactiques. Ils travaillent surtout avec la psychologie des consommateurs en se fixant rarement des limites. Mais les marketeurs-publicitaires font ça pour l’argent. Le surpuissant pouvoir du marketing est donc entre les mains de chercheurs de profits. Et on le voit dans toutes les strates de la société : l’argent n’a pas d’odeur. Alors pourquoi s’encombrer l’esprit avec des considérations complexes comme “la portée de ses actes” ?

Alors on va faire des lois, établir un cadre légal et juridique dans lequel les marketeurs vont pouvoir s’ébattre joyeusement. A la télévision, ça s’apelle le BVP et sur Internet on a la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés). Chouette, on est sauvé, quelqu’un s’en occupe… Sauf que la CNIL c’est 120 personnes, pour 200 contrôles par an. 200 contrôles ! Vous me rappelez le nombre de sites sur Internet déjà ? Et la CNIL ne peut pas intervenir à l’étranger ? Non… Alors elle sert pratiquement à quoi la CNIL ? Et ambitieuse, la CNIL va même s’attribuer de nouvelles missions comme contrôler la vidéosurveillance.

Chouette, j’ai comme l’impression qu’on va voir fleurir les caméras légales dans les prochaines années…

De la dé-responsabilisation des internautes

J’ai eu cette discussion hier quand j’ai twitté un appel au lynchage (numérique) du compte twitter ci-contre.

FireShot capture 097 Twitter   Personnes qui suivent Heil Hitler 88 twitter com Heil Hitler 88 followers 250x130 Télévision : marketing  1 / humanité 0

L’abruti avait truffé son twitter de mentions antisémites et racistes. Alors j’ai demandé à mes followers de le bloquer. Mais certains (de bonne foi) m’ont dit de laisser tomber mon acharnement twitterien, que ce résidu n’en valait pas la peine, qu’il y en avait des milliers comme lui et que c’était lui donner trop d’importance.

Mais si je laisse tomber, qui va le faire ? La phrase c’est pas mon boulotest l’excuse favorite de ceux qui ne veulent jamais être responsables. “c’est pas mon boulot“, “c’est pas ma faute“, “c’est pas mes oignons“, “c’est pas mon problèmesont les phrases favorites de ceux qui se planquent derrière l’autorité, qui laissent leur capacité de recul à l’autorité (cf. Milgram). Alors si je me bouge pas pour essayer de faire fermer ce compte twitter, qui va le faire ? Sarkozy ? NKM ? Morano ? Jean-Pierre Pernaud ? Zorro ?valeursactuelles cover 178x250 Télévision : marketing  1 / humanité 0

Plus les individus sont insécurisés économiquement et socialement, plus ils ont besoin d’être sécurisés moralement.peut on lire avec effroi dans l’édito du dernier Valeurs Actuels consacré à Internet. Dans ces esprits simples, l’équation est évidente: Internet=mauvais, Gouvernement=sauveur de la morale, Gouvernement doit contrôler Internet, pour que Internet=bon. Les parents ne font rien et le bon gouvernement s’occupe de tout sur la base de ses hautes valeurs morales bien connues.

Les parents ne font rien et l’autorité s’occupe de tout sur Internet. La même autorité qui a permis de transformer la télévision en outil pédagogique absolument sans danger pour les enfants. Seulement, alors qu’il était si simple de réguler la télé, il est quasi impossible de réguler Internet sans contrôler les gens. Alors comment faire confiance au gouvernement pour nous sauver d’Internet ?

La solution ? Responsabiliser plutôt que légiférer

L’internaute doit être responsable

Sur l’utilisation des médias auprès de l’enfance, la seule règle c’est surveiller ce que font vos enfants ! Que ce soit télé ou Internet, vous devez savoir ce qu’ils font sur ces lieux qui peuvent être aussi bénéfiques pour eux que néfastes. Et le responsable ce sera vous parents ! C’est votre boulot en tant que parents.

Et si vous êtes largués par Internet, renseignez-vous, formez-vous, car ça ne risque pas de s’arrêter un jour (on parle de fracture numérique et sociale).

lens6468331 1250367575all marketers are liars Télévision : marketing  1 / humanité 0Le publicitaire aussi !

La publicité peut être un outil magnifique. Elle peut construire et accompagner un produit, une marque pour le rendre désirable. Elle peut créer une audience pour un produit, et même faire discuter une marque avec ses consommateurs (marketing conversationnel). Mais elle fera tout ça en utilisant les pulsions de l’être humain, ce qui peut être très dangereux si ce n’est pas fait avec discernement.

Il est possible de réorienter les pulsions de l’homme pour en faire du positif, du constructif. Certes c’est plus compliqué que de lui montrer une paire de seins mais c’est encore mieux (et à mon avis plus durable). Notre responsabilité est immense.

Mais surtout l’annonceur

Le véritable responsable, c’est l’annonceur, car c’est lui qui a le moteur de la publicité : l’argent. Le jour où les annonceurs choisiront de travailler exclusivement avec des agences (médias ou publicitaires) responsables, ces dernières le deviendront. Le jour où les agences choisiront de travailler exclusivement sur des médias responsabilisant leurs spectateurs/internautes, les médias le feront.

Alors pourquoi ne le fait-il pas ? Par facilité déjà (tellement plus simple de refaire ce qui a déjà été fait), mais aussi par sa faible connaissance du sujet (lire Les responsabilités de la publication d’un mauvais site : la faute à qui ?). Mais c’est possible.

Je crois vraiment que la pub, le marketing peut faire ça, devenir responsable. Et c’est à tous les pubards de faire ça de l’interieur. Transformer nos clients en annonceurs responsables et nos consommateurs en autre chose que des décérébrés. Et vous, vous y croyez ?

Et pour conclure, je vous conseille les pages (pas toujours très facilement accessible, mais toujours intéressantes) de Bernard Stiegler sur Ars Industrialis. Bonne lecture.

« Image HDR » produit de la « photographie computationnelle ».

L’ image à la « une » du Washington Post, le 13 janvier dernier, a fait grand bruit. Pas à cause de son sujet – un pont baigné dans un coucher de soleil théâtral. Mais parce que le quotidien a ouvertement utilisé une photographie HDR (high dynamic range).

Le principe ? On prend plusieurs images de la même scène en changeant l’exposition. Puis on les combine à l’aide d’un logiciel pour obtenir une image où chaque partie est correctement exposée. Cette technique permet d’éliminer ombres, surexpositions, contre-jours. Certains ont aussitôt crié à la manipulation. Mais les partisans du journal soulignent qu’aucun élément de la scène n’a été modifié. Et, surtout, ils rappellent qu’une image HDR où tous les détails sont éclairés n’est pas moins réaliste qu’une photo illuminée artificiellement à l’aide d’un flash…

Au-delà de la polémique, l’épisode met en évidence l’arrivée d’images d’un nouveau genre et l’émergence de la photographie dite « computationnelle » (de computer,ordinateur). Alexei Efros, professeur associé à l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh, aux Etats-Unis, et chercheur en informatique, explique : « C’est un nouveau domaine de recherche et on cherche encore une définition. L’idée, c’est qu’en associant l’ordinateur à l’appareil photo numérique on peut trouver d’autres façons de capturer et de représenter le monde. Et même changer ce qui est capturé du monde. »

Ainsi commence cet article d’un blog du monde.fr. On n’y parle des changements technologiques et méthodologiques qui affectent actuellement la photographie. J’ai été interpellé par l’apparition de deux termes que je ne connaissais pas « photographie HDR (high dynamic range) » et « photographie computationnelle ». Sigle, anglicisme, oxymore, néologisme. 4 figures de la langue de bois en 2 expressions, c’est beaucoup… Alors je ferais plutôt partie de ceux qui crient à la manipulation…

Trouver le sigle et l’anglicisme dans « photographie HDR (high dynamic range) » est simple. Comprendre que ça n’aide pas à comprendre ce qui se cache derrière aussi…

« Photographie computationnelle », c’est un peu plus retord… Le néologisme d’abord. « computationnelle », dérivé de computer. Pourquoi ne pas dire « assisté par ordinateur » ? Sans doute parce que ça dirait beaucoup plus ce que c’est… : De la retouche. La création d’une oeuvre visuelle à partir d’un matériel photographique. Là où il y a tromperie c’est de présenter l’oeuvre qui sort de l’ordinateur comme étant une photo… Car dans « photographie », il y a l’idée de gravure (fidèle) du réel. Donc, oxymore : La « gravure de la lumière » n’est plus vraiment une gravure du réel (au sens lithographie, gravure dans le marbre, etc…) dès lors qu’elle peut être retouchée (« photographies numériques », c’était déjà un oxymore…). Au crayon papier, on ne grave pas, on esquisse.

L’argument disant que la photographie HDR n’est pas moins réaliste qu’une photo illuminée artificiellement par un flash ne me paraît pas recevable. Car, l’image qui sort du processus HDR n’existe à aucun moment de la journée. A aucun moment de la journée je n’obtiendrais une photo sans aucune ombre. Il ne s’agit pas d’une capture d’une réalité arrangée. Il s’agit d’un arrangement de captures de la réalité. Et si je ne connais pas les modalités de cet arrangement, les logiciels, la signification de HDR, je peux parfaitement prendre l’image pour la réalité. Je sais et peux me servir d’un flash et je sais reconnaître une photo qui été prises avec un flash. Mais je doute qu’il y ait un effort pédagogique pour qu’on apprenne à reconnaître une photo HDR alors que la technologie en question n’est accessible qu’à un petit nombre de personnes.

Encore une fois, une minorité se met en possibilité de modifier la perception du réel d’une majorité sans que celle-ci ne puisse rendre compte. Alors oui, je fais parti de ceux qui pensent qu’il y a manipulation.

Reductio ad Bertrandum

La Reductio ad Hitlerum est une figure rhétorique qui permet de mettre l’adversaire en mauvaise posture. En effet, elle consiste à mettre en relation l’argument de l’adversaire et idéologie nazi puis ensuite à demander à l’adversaire s’il est toujours d’accord avec son argument.

La reductio ad hitlerum la plus célèbre selon moi consiste à rejeter les campagnes anti-tabac du fait que Hitler les soutenait en son temps.

Au cours d’un débat c’est un coup assez bas qui détourne la conversation du sujet de base et qui met l’adversaire dans l’embarras plus que dans l’explication rationnlle de ses argument.

Par extension, j’appelle Reductio ad Hitlerum toute référence à un personnage duquel on est éloigné.

On appréciera donc la Reduction ad Bertrandum faite par Jean-Pierre Elkabbach ce matin à Eva Joly, au sujet du déremboursement de l’IVG proposée par Le Pen  « Etes-vous, comme Xavier Bertrand (…) scandalisée par cette proposition ?

Je vais d’ailleurs citer à ce sujet le morceau de « 9h15 » (Chronique matinale de Arrêt sur Image), qui va plus loin dans l’analyse

Cette journée est aussi l’occasion d’évoquer l’avortement, pardon, l’ivégé (le mot avortement a apparemment disparu des écrans radars du discours public).[Note de Phlo : IVG, sigle, vidange de l’aspect émotionnel des choses] Episode du moment: Marine Le Pen propose de dérembourser les ivégés « de confort ».[Note de Phlo : Oxymore bonjour! ] Tollé général. Oui, général. Jusqu’à, c’est dire s’il est général : « Etes-vous, comme Xavier Bertrand (…) scandalisée par cette proposition ? » demande Elkabbach, ce jeudi matin, à Eva Joly. C’est évidemment la question, qui est délicieuse. « Comme Xavier Bertrand »: voici donc Bertrand rangé parmi les défenseurs du droit à l’ivégé, alors que la réforme sarkozyenne de l’hôpital, comme le rappelaient (3) les organisatrices de la soirée de mercredi, a entrainé la fermeture de nombreux centres ivégé.