Le prochain mot que vous allez entendre trop souvent.

Je le sens débouler très fort. Voilà 2 fois que je l’entends en 3 jours. La première fois dans la bouche du candidat EELV-PG à Grenoble. La 2e dans celle d’un intervenant Médecins du Monde dans un squat. Ce mot c’est « co-constrution. »

Voilà pourquoi vous allez l’entendre trop et pourquoi il va donc se vider de son sens.

La « co-construction » est le nom donné au niveau de participation démocratique le plus élevé. Il s’agit de réfléchir, explorer et décider ensemble sur un pied d’égalité. Nous allons l’entendre beaucoup car c’est très « sexy » : Quoi de mieux, dans ce qui se dit une démocratie, que de se réclamer de ce qu’il y a de plus démocratique comme démarche de gouvernance?

Seulement voilà, si je peux croire le gars de Médecin du Monde, j’aurai beaucoup plus de mal à croire la moindre personnalité élue. Car la co-construction demande du temps, des techniques et un état d’esprit. Je peux constater que cela peut être accessible aujourd’hui dans certains milieux dont des squats car cela fait un bout de temps qu’on s’y pose collectivement les questions relatives à l’autogestion ( Logiquement c’est de cela qu’il s’agit lorsqu’on parle de co-construction), qu’on y vit, expérimente, affine et diffuse des outils (sans les considérer comme miraculeux.).

Mais j’ai du mal à imaginer que :

-des élu-e-s rendent TOUT le pouvoir qu’il-le-s ont demandé. Je serai néanmoins très admiratif des personnes qui le feront.

-les administrées deviennent soudainement disponibles et soucieux-ses de s’impliquer pleinement d’un bout à l’autre d’un processus décisionnel.  La  co-construction repose quand même là dessus…

-tout ce joli monde (C’est à dire tout le monde) passe par la case formation/temps d’expérimentation. Parce que la connaissance des outils (juste savoir que ça existe!) est la base pour leur utilisation.(!)

Je précise que je suis pour la co-construction et qu’elle me parait souvent souhaitable. Et ce qui va arriver à ce mot me parait alors d’autant plus tragique.

Car il me semble irréalisable d’atteindre cela à grande échelle sans passer par des étapes intermédiaires. Les personnes qui vont utiliser ce mot vont donc, volontairement ou en toute bonne foi aveuglée, s’en servir pour désigner un niveau de participation bien inférieur dans les faits, comme la « Consultation » ne désigne souvent que « Information ». Et c’est encore une belle idée qui aura perdu son nom.

Comment alors ferons-nous pour co-construire puisque nous ne pourront plus dire que nous le faisons? Parler d’ autogestion? Pourquoi pas… Il sera peut-être plus difficile à récupérer celui-là. Quoique…

Fin de l’exercice : Vous pensiez avoir voté à gauche? Perdu!

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

ou

L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

On ne sait pas trop ce que vont devenir les entreprises françaises en ce moment où l’économie doit trouver un moyen de rester dans le capitalisme.Alors que l’ancien modèle fonctionne comme à son habitude c’est-à-dire mal, les pays du Nord doivent trouver de nouveaux moyens de maintenir les inégalités tout en se débrouillant pour que le peuple ne se les remette pas trop en question.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les pauvres veulent de l’argent et veulent, en plus, gérer eux-mêmes leurs affaires. Il serait bien qu’ils suivent l’exemple de l’Afrique qui a trouvé le moyen d’endormir le peuple dans l’inégalité. D’autant qu’il être impossible d’utiliser du pétrole, parce que sinon, on n’est tous cuits.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

En France, nous n’arriverons pas à maintenir nos inégalités entre riches et pauvres si nous n’élargissons pas notre sphère d’influence. Afin de l’élargir et d’éviter de se faire racheter par les Chinois, les Quatari ou Goldman Sachs, la France doit produire plus et dépenser moins dans ses services publics. Il faut également que nous nous rapprochions d’autres pays dans l’espoir que cela fasse tourner nos entreprises et donnent du travail aux pauvres. Il faut que nous profitions de notre expérience dans la colonisation, sans peur mais en sachant que nous ne seront pas forcément les bienvenus.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Maintenant que nous nous sommes donnés les moyens de faire du lobbying économique, nos ministères vont faire ce qu’il faut pour vous persuader d’accepter des réformes en faveur du privé, réformes telles qu’elles seront bien acceptées par le monde économique et qu’elles nous permettront de passer pour des humanistes.

 

 

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Sur le ring financier mondial, la France a ses champions de boxe. Ces multinationales, souvent subventionnées ou appuyées par notre diplomatie, ont déjà écrasé quelques concurrents locaux et commencé à spolier quelques pays de leurs propres richesses. Il faut que cela continue et que les autres s’en inspirent. A condition que leurs sièges sociaux, et donc leur taxes, restent en France. Il serait bien aussi que certaines multinationales relocalisent chez nous. Si elles ne le font pas, elles auront un mauvais point. Et au bout de 10 mauvais points, un avertissement écrit. Et au bout de 10 avertissements, un blâme. Mais en pratique, on ne peut rien leur dire.

 

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Alors, il faut que ce soient les petites entreprises qui aillent chercher les sous ailleurs que chez nous. C’est le seul moyen de créer des emplois sans rien changer à notre système. Et, bien que ça ne nous ait pas gêné lorsque ça nous était favorable, c’est vraiment pas juste que ceux qui ont des sous maintenant les gardent rien que pour eux.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Notre capacité à aller chercher des sous ailleurs que chez nous est d’abord liée à notre capacité à réduire les coûts. Nous savons ce que nous devons faire pour cela. Il ne s’agit pas d’agir seulement sur le territoire français mais à l’extérieur également. Pour damer le pion à vos concurrents nous vous conseillons de vous regrouper entre voisins de province.

 

 

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

On va mettre un max de pognon sur la table. Et on fera du lobbying par tous les moyens possibles.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Ce sera difficile mais si le Medef nous laisse tranquille et qu’on y met les sous, on arrivera à tenir un des gros trucs que l’on a promis lors de la campagne. Pour les détails pratiques, c’est pas encore fini fini mais on vous en dira plus bientôt.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Pour gagner des sous, nos entreprises ne peuvent pas évoluer dans des marchés sans foi ni loi comme ceux que nous avons conduits à instaurer dans les pays pauvres. Sinon elles vont se faire manger toutes crues. Un moyen d’arriver à instaurer ces règles collectives dont nous n’avons pas voulues avant est de qualifier d’archaïques ceux qui ne les voudraient pas.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Pour pouvoir les culpabiliser, nous nous proposerons tout un tas de règles qui nous donneront l’air exemplaire pour certaines, et qui interdiront à certains pays de soutenir leur économie pour d’autres. Il faut faire en sorte que ceux qui ont de plus en plus de sous ne les gardent pas trop pour eux. On a vu ce que ça a donné quand on l’a fait nous…

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Et il faut commencer par demander des sous à l’Allemagne, via l’Europe. On ne peut agir que par l’Europe, parce que de toute façon, la France ne compte plus au niveau mondial. Surtout quand il s’agit de récupérer des sous chez les nouveaux riches..

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Il faut que les autres nous aident si on veut s’en sortir. C’est François Hollande qu’il l’a dit, et comme il est président, c’est donc vrai : Nos problèmes seront réglés par un nouveau concept qui fait passe bien pour dire : L’abandon des régulations nationale au profit d’une dérégulation supranationale. [Cf note de bas de page ] Faites-nous confiance, ça va nous faire gagner de l’argent et maintenir les inégalités, ce que recherchent tous les gouvernements de l’Europe. Et même du Monde ! On ne pourra encore presser un peu plus le citron que si on s’y met tous en même temps.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux. Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun.

Avec cette rhétorique, nous pourrions ranger à nos côtés les pays encore plus pauvres. Ça serait un gros avantage pour nous. De cette manière, nous pourrions nous diriger vers les pays du Sud les plus proches, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, pour y exporter notre vision du capitalisme. À nous de voir comment nous pourrions mettre à notre service leurs économies. Pour ce faire, profitons de notre histoire coloniale.

Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

Ces pays ont hélas le toupet de vouloir se préserver de notre voracité et de notre impérialisme culturel. Mais ils veulent nos sous ! Nos entreprises, qui sauront se faire passer pour des humanistes grâce à leurs services de com’, pourront leur faire ravaler leurs exigences tout à fait légalement. Elles pourront leur vendre des choses dont ils n’ont pas encore besoin, ou encore, exploiter leur main-d’oeuvre pauvre et leurs ressources naturelles à moindre coût.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.¨

La mondialisation, on n’y peut rien. Mais on peut faire croire qu’elle n’est pas méchante et en profiter encore. En faisant ce qu’il faut pour montrer que nous essayons de l’influencer. Cessons d’opposer emploi et régulation dans nos discours. Ça va secouer pas mal dans les mois et les années qui viennent. Il n’y a pas très longtemps, en 1929, la solution de la crise, ça été la guerre et ensuite seulement la paix. Si on veut éviter ça, il va falloir qu’on persuade les autres de se retrouver tous autour de la table et qu’on impose autant que possible nos adaptations, histoire de pouvoir maintenir le système en place, tout en donnant l’impression de changer. Même si avant, on a toujours œuvré dans l’autre sens.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur.

Pierre Moscovici, ministre des sous qu’il n’y a plus et pas encore, et Nicole Bricq, ministre de l’import-export.


[Note] Donc probablement la fin du CDI,  que la plupart des banques et agents économiques prônent depuis pas mal de temps déjà. Voir la vidéo : http://www.lesmutins.org/Le-plan-de-bataille-des-financiers.html

Début de traduction du texte néo-colonialiste…euh…socialiste.

Bon, mon petit exercice de traduction de langue de bois ne vous a, pour l’instant guère inspiré.

Pour vous aider à démarrer, je vais vous proposer la traduction des premiers paragraphe. Vous allez, voir, Pierre Moscovici, c’est délicieux…

Plutôt que de faire dans la droite sociale , ou droite masquée, il aurait mieux fait d’écouter son Papa, Serge Moscovici, qui a contribué à créer Les Verts, en 1968, du temps où l’écologie et la décroissance étaient la même chose. (On appréciera de voir que la biographie francophone de Serge Moscovici sur Wikipedia est expurgée de ce détail…)

Vous vous souvenez, Mitterrand a imposé certaines des pires destructions d’acquis. Et ben, Hollande s’apprête à faire pareil.

La mondialisation solidaire au service de la croissance

L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

On ne sait pas trop ce que vont devenir les entreprises françaises en ce moment où l’économie doit trouver un moyen de rester dans le capitalisme. Alors que l’ancien modèle fonctionne comme à son habitude c’est-à-dire mal, les pays du Nord doivent trouver de nouveaux moyens de maintenir les inégalités  tout en faisant que le peuple ne se les remettent pas trop en question.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les pauvres veulent de l’argent et veulent, en plus, gérer eux-mêmes leurs affaires. Il serait bien qu’ils suivent l’exemple de l’Afrique qui a trouvé le moyen d’endormir le peuple dans l’inégalité. D’autant qu’il être impossible d’utiliser du pétrole, parce que sinon, on n’est tous cuits.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

En France, nous n’arriverons pas à maintenir nos inégalités entre riches et pauvres si nous n’élargissons pas notre sphère d’influence. Afin de l’élargir et d’éviter de se faire racheter par les Chinois ou les Quatari, la France doit produire plus et dépenser moins dans ses services publics. Il faut également que nous nous rapprochions d’autres pays dans l’espoir que cela fasse tourner nos entreprises et donnent du travail aux pauvres. Il faut que nous profitions de notre expérience dans la colonisation, [Note : C’est la suite du texte, bien plus loin, qui permet de déduire ce mot] sans peur mais en sachant que ne seront pas forcément les bienvenus.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Maintenant que nous sommes donnés les moyens de faire du lobbying économique, nos ministères vont faire ce qu’il faut pour vous persuader d’accepter des réformes en faveur du privé, réformes telles qu’elles seront bien acceptées par le monde économique et qu’elles nous permettront de passer pour des humanistes.

Vous traduisez la suite?

Et, au passage, je vous reposte, une vidéo de 5 minutes, qui, je trouve, va très bien avec ce texte. Elle a été tournée sous un gouvernement de droite. Et s’applique pourtant encore tout à fait bien. Déduisez ce qu’il y en a à conclure sur le parti socialiste… Par ailleurs, on notera que cette vidéo a été fait en présence de Manuel Valls. Ce qui démontre, dans les grandes largeurs, la trahison et l’hypocrisie dont font état nos « nouveaux » dirigeants. (Nouveau parce que les riches ont juste changé les mecs qui vont au casse pipe. Les anciens étaient tout usés…). On peut être à la même table que Cynthia Fleury, et faire de l’expulsion de Roms à fond les ballons. Ah…mais… ce ne sont plus des expulsions parce qu’ils sont étrangers, ce sont des mesures d’éloignement parce qu’ils sont sales. ça n’a rien à voir… Et la mondialisation solidaire alors? Accueillir ceux qui en ont besoin, ça n’en fait pas partie? Non, évidemment…

Exercice de traduction de langue de bois

Bonjour, bonjour!

Suite au cours de ce soir, je fais remonter cet exercice périodique de traduction. Vous allez voir, c’est du grand art. ça fait longtemps que je n’avais pas vu une telle réussite de la xyloglossie. Et c’est paru dans le Monde.

Je vous propose, si le coeur vous en dit, de ne traduire qu’un ou 2 paragraphes car vraiment c’est très long. En copiant collant le paragraphe original et votre version dans un commentaire. J’ai hâte de vous lire.

De mon côté, j’ai écrit la correction complète et je la publierai prochainement.

Une petite piste pour commencer, le titre une fois traduit : L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Amusez-vous bien et ne rigolez pas trop.

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux.

Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun. Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur

Suppositoire effervescent à vendre.

Aujourd’hui, c’est décryptage publicitaire avec une publicité simple.

Le produit en est EvaQ, le suppositoire effervescent. Au début j’ai cru à une blague. Mais non, en Italie, ça existe. Ce fut alors le fou rire le plus long depuis des mois. Je suis bon public. Et le simple fait d’imaginer une bande de créatifs se dire « Qu’est-ce qu’on pourrait imaginer pour dynamiser le marché du suppositoire? … Je sais! Le suppositoire effervescent!!!! » Tout le monde sait que le suppositoire ça marche. Et tout le monde sait que l’effervescence donne à l’aspirine un truc en plus. Et bien moi, je dis > pouf, pouf! < on croise les 2 et on fait un suppo à réaction! » Imaginez des créatifs en arriver à une telle hauteur dans leur art, à un tel niveau de créativité absurde m’a paru impayable.

J’ai ensuite, après m’être remis de mes émotions, visionné la publicité pour ladite chose.  La publicité est, d’après moi, elle même très drôle, de par son sérieux absolu. A mettre en rapport avec le fait qu’elle vante une capsule de carburant à pets… Il vaut mieux ne pas pas laisser paraître le moindre sourire sinon, on est fichu…

Et c’est en tout cas un bon support d’analyse publicitaire. Car tout en étant simple, elle a néanmoins plusieurs niveaux de lecture.

Le premier est le signifiant. C’est l’histoire que semble raconter la publicité, l’histoire que vous dira avoir voulu raconter le publicitaire. Cela tient en peu de mots : Une  femme, une espionne pleine de technologie en aide une autre qui souffre.

Une femme, toute de blanc vêtue, se présente à la manière de James Bond (« Je m’appelle Bond. James Bond »)

« Je m’appelle Q. Eva Q. »  « Q » comme le responsable en chef du secteur recherche et développement  en gadgets super incroyables qui sauvent la vie, de l’employeur de James Bond.

Cheveux tirés vers l’arrière, coiffure fonctionnelle, costume futuriste, regard perçant. Lara Croft croisée Star Trek.

« Pourquoi m’affecte-t-on les missions les plus difficiles? Parce que j’agit rapidement. »

Démarche de panthère. Elle sonne chez Rossi (Le nom de famille le plus répandu en Italie, tel Martin en France.)

La pauvre femme qui ouvre semble fort embêtée et se tient le ventre. La constipation, c’est terrible. On ne peut en parler à personne. (Heureusement qu’il y a des agents qui nous comprennent sans qu’un seul mot soit dit.)

Vue de synthèse « comme aux rayons-X ». Car les rayons X, c’est médical, c’est scientifique, c’est tout ce qu’il nous faut. La voix off du Vrai Medecin Qui Décrypte L’action Vue Aux Vrais Rayons-X : « Contre la constipation, essayez EvaQ, le suppositoire qui respecte l’intestin avec la delicatesse de ses petites bulles. (Poésie) EvaQ, effervescent, rapide et sans contre-indication. »

On suit la trajectoire du suppositoire. Oui, il faut expliquer où le mettre. C’est important. Tout médecin vous racontera une anecdote du genre de celle-ci (Un très bon blog à lire...  Mon grand-père qui était médecin de son état m’avait raconté une variante avec des suppositoires à l’eucalyptus et un monsieur revenu une semaine plus tard avec une moustache verte et pas d’amélioration de sa toux…). Le suppositoire disparait dans un magique et enchanteur tourbillon de bulles libératrices. Pas de la grosse mousse de…Non! Et on réfléchira au fait qu’un suppositoire qui est visible aux rayons X n’est pas un suppositoire mais une balle de fusil…

En dix minutes qui passent en 3 secondes à l’écran, tout est fait. Oui, EvaQ agit rapidement, elle l’a dit. Retour à la pauvre habitante de l’immeuble en image de synthèse. Si vous n’aviez pas encore remarqué, tous les décors sont en images de synthèse. Ces 2 femmes ne se sont jamais rencontrées et ont tournée devant un fond bleu. La preuve finale étant apportée par la femme qui, après une respiration, heureuse d’être gonflée à plus savoir quoi faire d’autre que de propulser soniquement son compact fumier  libérée, fait un un petit caca coucou de la main à sa libératrice avec un sourire figé et, surtout, un regard dont le point de focalisation est plus éloignée que la tête de l’interlocutrice. Cela donne l’impression qu’elle lui regarde à travers la tête.

Ultime rappel si on n’avait pas compris le « Mission accomplie » qui s’affiche sur une tablette-tactile-qui-montre-bien-que-c’est-une-espionne-super-équipée-en-technologies-révolutionnaires.

Packshot (c’est à dire brève présentation du produit avec les mentions légales et tout.) sur 2 notes musicales de James Bond (Tin-Tin!)

Remarque : C’est à ce niveau qu’on doit réfléchir un instant au genre des protagonistes. Si on passe outre le fait que suppositoire est un mot féminin en italien et si on fait référence à James Bond, pourquoi pas UN espion ? Pourquoi 2 femmes? Vous pouvez trouver seul-e… N’importe quelle autre combinaison est scandaleuse…. Les rayons-X ne mentent pas, il est question de fesses… Un homme qui vient déboucher une femme qu’il a à peine rencontré, c’est « Anus horribilis » au pays du Vatican… Quant à un homme qui vient en déboucher un autre, c’est juste pire.  Quand à une femme qui vient sauver un homme, bonjour la dégradation! La seule combinaison possible devient donc une femme qui s’occupe d’une autre. Car, comme chacun sait, entre femmes, ça ne peut être que mignon, et Dieu sait (encore lui) , qu’il y a besoin de douceur, de la « délicatesse des petites bulles » pour aborder la difficile question du suppositoire dans l’espace public…  Et puis, espionne ou pas, les femmes s’y connaissent beaucoup mieux que les hommes en ménage, n’est-ce pas…?

Mais allons plus loin dans le 2e niveau de lecture en reprenant tout depuis le début. Dans une publicité, tout est absolument pensé, tout.  Alors pourquoi une plante verte? (L’aviez vous vu) Pourquoi un ascenseur?

Et ça, c’est la deuxième histoire que les publicitaires n’ont sans doute même pas expliqué aux comédiennes qui ont joué devant des fonds bleus…

Voici l’histoire signifiée…

Le suppositoire (femme effervescente) monte et passe le premier sphincter (Porte d’ascenseur qui s’ouvre). Il devance les solutions à base de plantes (passage hautain devant la plante verte du couloir). Il vise pile au bon endroit ( ding-dong sur la sonnette) et va dénicher l’excrément au delà du 2e sphincter (La femme, toute de marron vêtue, ouvre la deuxième porte). Après son action, l’excrément est délogé (La femme n’est plus à l’intérieur mais à l’extérieur de l’appartement.)

En fait, la publicité nous raconte plusieurs fois la même choses de différentes manières à différents niveaux tout en nous  donnant, au niveau le plus accessible, une jolie histoire qui n’a pas grand chose à voir. (De l’aventure, du charme, de la technologie, un peu l’opposé du suppositoire quand même…).  Le sens caché, s’il semble évident lorsqu’il est expliqué, passe généralement inaperçu et c’est pourtant celui-ci qui a le plus d’impact sur la personne a qui elle est destinée. Un impact décisionnel et de changement inconscient. C’est l’exacte principe d’une métaphore thérapeutique. Un des outils les plus puissants en hypn0se. Et c’est sur ce modèle que sont construite la plupart des publicités audio-visuelles aujourd’hui… La prochaine fois que vous avez envie d’un nouveau truc, pensez-y… Même si ce n’est pas un suppositoire effervescent…

Apolitique, apartisan, indépendance, ni de droite ni de gauche.

Est apolitique une personne ou une organisation qui est extérieure à toute lutte relative au gouvernement ou aux affaires publiques d’un État. Cette définition est simple et peut être retrouvée dans la plupart des dictionnaires. Mais à considérer la plupart des gens qui se réclament de l’apolitisme on se demande s’il-le-s ont bien ouvert leur dictionnaire avant d’utiliser ce mot…

Les exemples:

Prenons le Collectif La Manif pour tous qui, dans la même phrase, et sans cilier, arrive à se définir « apolitique et confessionnel ». Déjà s’appeler « La manif pour tous » et se dire apolitique est très fort. Mais immédiatement derrière faire une association d’idées antinomiques qui signifie que l’on considère que la religion n’est en rien liée à des questions de vie publique… La Manif pour tous vient de dire, si elle répond à la définition qu’elle a d’elle même, qu’elle doit se dissoudre… Ou alors, le porte-parole a dit n’importe quoi dans un certain objectif. Je penche pour cette explication…

Variante, l’Institut Montaigne, pas apolitique mais indépendant. En fait « politique » par omission et indépendant proclamé. Le titre d’ « institut » ne devant pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une association mais que celle-ci se donne, ainsi des airs officiels. Une asso dont voici le début des statuts :

Espace de réflexion, libre et indépendant de toute contrainte politique et économique, l’Institut Montaigne s’articule autour de groupes de travail, réunissant des représentants de la société civile (intellectuels, universitaires, experts, responsables d’entreprises, personnalités qualifiées, etc.).

Traitant des sujets les plus divers, l’Institut élabore et diffuse des propositions concrètes de long terme.

Le mot politique n’est utilisé que pour dire qu’on n’y est pas contraint. Pas politique? Même en produisant régulièrement des rapports, des bilans en direction des media, en mettant à disposition des experts qui donnent leur avis sur tout? Criant son indépendance des pouvoirs publics sur les toits mais ne voyant aucun inconvénient à toucher ses 3 millions de budget annuel de banques, fonds d’investissement, assureurs, laboratoires pharmaceutiques, multinationales de services industriels. Libre de toute contrainte économique ?

Pour terminer avec les exemples, l’association SOS Education. Elle se dit apolitique et apartisane, ce qui veut dire de surcroît qu’elle ne se positionnerait pas en faveur d’un parti. Mais lorsque l’on regarde ses objectifs, elle a pour but d’influer sur la ligne de conduite du Ministère de l’éducation nationale, notamment en poussant à la réduction des effectifs du personnel encadrant… Elle se targue, par ailleurs, d’un grand nombre de soutiens d’élu-e-s. On aura, à ce stade compris que ces élu-e-s sont des élu-e-s UMP. Lorsqu’elle se proclame apolitique et apartisane, cette association dit exactement le contraire de ce qu’elle est.

L’interprétation :

La confusion entre apolitiques et apartisane est très largement répandue. L’apolitisme demande de ne se positionner sur aucun sujet de société ou de la vie publique. Un sacré challenge. Mais bon nombre d’artistes et pas des moins subventionnés y arrivent très bien (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet très positif entre apolitisme et subventions/propositions d’exposition. ) L’apartisanisme, quant à lui, demande de ne se positionner pour aucun parti politique. Se dire apartisan en plus d’apolitique est donc un pléonasme. En revanche, on peut effectivement être politique et apartisan. Nombre d’associations défendent leur point de vue sans pour autant apporter leur soutien à qui que ce soit. (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet négatif entre politisation apartisane  et subvention/allocation de local…)

Quel est l’intérêt de se réclamer de l’apolitisme ou de l’apartisanisme ?

Dans un pays et où on a réussi à rendre l’adjectif « politisé » synonyme multifacette de sulfureux/ has-been / ennuyeux à mourir  et où 40 % des gens ne votent pas, une portion considérable de la population ne s’intéresse donc que de très loin à la vie politique voire la fuit purement et simplement. Ce qui est pratique pour gouverner, car on est tranquille, moins pour obtenir des soutiens populaires quand on a des idées à défendre… Se dire politisé, c’est se couper d’une bonne part de ses soutiens. Et quand, en plus, les idées que l’ont défend auraient pour effet de nuire à la classe de population que l’on cherche à convertir, étiqueter ouvertement ses idées est suicidaire.

Dans ce cas là, on se dit apolitique et apartisan et tant pis si on dit n’importe quoi.

Et quand on a compris qu’en terme de nombre, la classe populaire est généralement celle à courtiser pour faire du chiffre, on comprend que l’expression « apolitique et apartisan » est une des préférées des idéologies de droite, même si elles n’en ont pas l’exclusivité…

Variante de « apolitique » : « Ni de droite, ni de gauche »

Exemple : « Je veux dire un mot à Manuel. Pour moi, pour nous, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite. Et je dois vous dire que nous sommes très heureux de son action« , dixit Serge Dassault, au côté de M. Valls, le 11 sept 2012, lors de l’inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes. Le sénateur UMP, par ailleurs propriétaire du Figaro a pousuivi « C’est pour ça qu’il a l’appui d’un journal bien connu. Mais, s’il fait des bêtises, on en reparle. Actuellement, c’est très bien. Pour les Roms et tous les autres, c’est formidable. Donc bravo Manuel et continue ! » Ce jour là, Manuel Valls a fait mine de s’éponger le front, moins d’un an après, 7 juillet 2013, il reprenait le même élément de langage. Thomas Guénolé, politologue lui donne le qualificatif de « socialiste de droite », une expression qui mériterait qu’on s’y attarde tant elle fait référence à une réalité dérangeante… Car le gouvernement actuel n’est peut-être « Ni gauche, ni de droite », si vous voyez ce que je veux dire…

Les mots des slogans publicitaires.

Dans le spectacle, j’aborde la question des « nominalisations » (C’est aussi une des catégorie de ce blog (en bas de l’article, clic, clic…). Des mots chargés de sens mais dans lesquels chacun voit midi à sa porte. De manière que les employer est une réduction des risques de fracture entre le communicateur et le public cible. Je signale en fin de paragraphe du spectacle en question de se référer à n’importe quel slogan de publicité pour plus d’exemple. Et bien, je viens de trouver une petite pépite : Le classement annuel des mots utilisés dans les slogans de publicité! Je vous enjoins à ne pas vous limiter à lire la liste mais aussi le commentaire qui en est fait à droite de la page.

Tout se passe en effet comme s’il existait un « panier » d’une cinquantaine de mots, 70 tout au plus, incontournables parmi les milliers que compte la langue française.[…]  ils semblent servir immuablement de fond de sauce aux marques et à leurs agences pour concocter leurs slogans.

C’est ici.

Je vous suggère également de lire la liste des mots qui ont le plus progressé d’une année sur l’autre . On apprendre qu’en 2010, le peuple devait accrocher plus à  « amour » , « beauté » et « passion ». En 2011, encore la beauté mais aussi « temps » et le changement. En 2012, « solution » « santé et encore [!] le changement. A noter en 2010 le top 10 avait « ensemble » à sa tête. Il en a disparu en 2012. Par contre, en 4e position il y a « seul » Lire le commentaire de gauche est, encore une fois, éclairant.

Massons la Terre pour qu’elle pète le feu…ou au moins du gaz.

Pris dans un entretien donné au Monde par Christophe de Margerie, PDG de Total.

Je suis fasciné par la manière dont le terme de « fracturation » a cristallisé les clivages. Aux Etats-Unis, on parle de « massaging » de la roche. C’est peut-être une idée ?

« On ne dit plus fracturation mais massaging ». On ne fracture plus, on fait un massage… Attention, langue de bois en cours de menuiserie…

Consultation européenne concernant le gaz de schiste.

La Commission européenne cherche à s’assurer que le développement des combustibles fossiles non conventionnels s’accompagne de garanties sanitaires, climatiques et environnementales adéquates et d’un maximum de sécurité et de prévisibilité juridiques, tant pour les citoyens que pour les opérateurs, ainsi qu’à s’assurer que les avantages potentiels en matière d’économie et de sécurité énergétique puissent être réalisés. Forte des travaux d’analyse qu’elle mène depuis la fin de 2011, la Commission a inclus dans son programme de travail pour 2013 l’élaboration d’un «cadre d’évaluation des questions liées à l’environnement, au climat et à l’énergie visant à permettre une extraction sûre et sécurisée des hydrocarbures non conventionnels»

Cette consultation par internet fait partie des mesures prises par la Commission européenne en vue de consulter toutes les parties concernées et le grand public sur ce sujet. Nous souhaitons connaître votre avis
sur un certain nombre de questions importantes. Les réponses à ce questionnaire vous prendront environ 10 à 15 minutes. Cette consultation et ses résultats ne préjugent en rien de la forme des décisions que la
Commission européenne pourrait prendre à ce sujet.

Délicieuse, cette dernière phrase de l’introduction à la consultation européenne concernant les hydrocarbures non conventionnels. Elle signifie que l’avis donné par le public ne doit pas être pris comme une prévision de la décision prise par ses représentants… »Cause toujours » en somme. Cela révèle assez bien la forfaiture des consultations publiques qui consistent à vérifier dans quelle mesure, le public nous laissera faire ce qu’on veut. En l’état, « ce qu’on veux » est lisible à la fin du premier paragraphe : « permettre une extraction sûre et sécurisée des hydrocarbures non conventionnels »
Il ne s’agit pas de discuter du bien fondé de l’extraction, celle-ci étant visiblement décidée.

Et les questions du sondage sont à la hauteur de mes attentes (notez que le  » * (obligatoire) écrit à côté de chaque proposition signifie que vous avez obligation de vous positionner vis-à-vis d’elle pour pouvoir aller plus loin. C’est déjà en soi une violation d’une règle de base d’une enquête digne de ce nom):

Indiquez pour chaque proposition le niveau de bénéfices que vous attendez de l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)en Europe. Choisir entre:
  1)Un bénéfice majeur 2)Un bénéfice significatif 3)Un bénéfice modeste 4)Pas de bénéfice 5)Je ne sais pas

Cela pourrait contribuer à diversifier le bouquet énergétique* (obligatoire)
Cela permettrait d’éviter d’accroître la dépendance de l’Europe en matière d’importation d’énergie (par ex. les importations de pétrole et de gaz depuis des pays non européens)* (obligatoire)

Cela pourrait renforcer la position de négociation des opérateurs européens vis-à-vis des fournisseurs d’énergie extérieurs* (obligatoire)

Cela permettrait de réduire les coûts de l’énergie pour les consommateurs* (obligatoire)
Cela pourrait améliorer la compétitivité de l’industrie européenne* (obligatoire)
Cela pourrait attirer les investissements* (obligatoire)
Cela pourrait créer des emplois* (obligatoire)

Cela pourrait générer des revenus pour les autorités publiques (par ex. des impôts ou des recettes supplémentaires)* (obligatoire)

Cela pourrait susciter des innovations technologiques* (obligatoire)

Cela pourrait conduire à la substitution du charbon dans l’intérêt du climat* (obligatoire)
Cela pourrait contribuer à équilibrer le réseau électrique de l’UE* (obligatoire)

Voilà qui vous oblige à penser le, et à vous prononcer au sujet du, gaz de schiste en terme de bénéfice.Quant aux inconvénients, ce n’en sont pas…non, ce sont des défis! Auxquels « vous vous attendez » puisque bientôt ce sera « l’essor des combustibles fossiles non conventionnels » Lisez plutôt la 2e question de l’enquête :

Indiquez pour chaque proposition le niveau des défis auxquels vous vous attendez avec l’essor des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) en Europe. Choisir entre :

1)Un défi majeur 2)Un défi significatif 3)Un défi modeste 4)Pas de défi 5)Je ne sais pas

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la quantité d’eau utilisée* (obligatoire)
Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la qualité de l’eau* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la qualité de l’air* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés aux sols* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à l’occupation des terres* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la nature et à la biodiversité (par ex. pour les forêts, la végétation, la faune et la flore)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à des perturbations pour la population (par ex. du bruit et une augmentation du trafic automobile)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à l’activité sismique* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner des risques géologiques à long terme (c’est-à-dire après la cessation des opérations)* (obligatoire)

Cela pourrait augmenter les risques pour le climat (par ex. les émissions de méthane)* (obligatoire)

Cela pourrait détourner d’autres options énergétiques (par ex. les sources d’énergie renouvelables et l’efficacité énergétique)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner des risques sanitaires et de sécurité pour les ouvriers des sites d’exploration et d’extraction* (obligatoire)

Cela pourrait être mauvais pour l’image locale, le tourisme et la valeur des biens immobiliers* (obligatoire)

Le manque de transparence et d’information publique (par ex. à propos des licences et permis prévus, à propos des opérations (par ex. les additifs chimiques utilisés) et de leurs bénéfices et risques potentiels)* (obligatoire)

L’inadéquation de la législation applicable à ces projets (par ex. l’insuffisance du niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement)* (obligatoire)

L’absence de conditions de concurrence équitables au niveau européen pour les opérateurs en raison d’ approches nationales différentes* (obligatoire)

La capacité des autorités publiques à superviser un grand nombre d’installations* (obligatoire)
L’acceptation par le grand public* (obligatoire)

On ne vous demande pas si le problème vous parait gros, important ou même rédhibitoire, on vous demande d’évaluer si le travail nécessaire à accomplir pour le surmonter est grand. Vous venez donc de vous positionner, quelque soit votre réponse du côté des personnes qui considèrent qu’un travail doit être fait pour surmonter les obstacles.

Le titre de la page de ces 2 questions est d’ailleurs « Opportunité et défis »,  2 nominalisations qui, toutes deux, ont  un fort potentiel d’adhésion. (Vous êtes contre les opportunités vous? Vous êtes contre les défis? Lâches! ) L’opinion du poseur de question se voit.  Et quelles que soit les réponses à mes questions, on pourra s’en servir pour défendre cette opinion. Car, de plus, les échelles d’indicateurs sont déséquilibrées. On ne peut qu’exprimer adhésion ou neutralité. On ne peut, par exemple sur la première question, s’exprimer qu’en terme de bénéfice. Et si moi je considère que réduire encore le coût de l’énergie serait un maléfice??? J’ai, comme choix le plus fort, seulement « Pas de bénéfice ». Et si, j’éprouve du rejet?

Quel est selon vous le niveau d’importance des recommandations ci-dessous pour éviter ou minimiser les risques environnementaux, climatiques et sanitaires des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?
1)Très important 2)Important 3)Assez important 4)Pas important du tout 5)Je ne sais pas

Procéder à une planification préalable (par ex. le nombre de puits prévu, l’espace entre les puits, la distance jusqu’aux zones résidentielles, les aquifères et les zones protégées)* (obligatoire)

Evaluer les risques liés aux formations souterraines (géologiques) avant de décider d’entreprendre un forage et une fracturation hydraulique* (obligatoire)

Définir les risques opérationnels avant, pendant et après les opérations, y compris par l’utilisation de modèles spécifiques* (obligatoire)

S’assurer que le puits est correctement construit et isolé et qu’il ne fuit pas* (obligatoire)

Contrôler la qualité de l’eau et de l’air et les aspects sismiques avant, pendant et après les opérations* (obligatoire)

Divulguer les données d’exploitation (par ex. les volumes d’eau utilisés, les additifs chimiques utilisés, les caractéristiques des déchets et les incidents)* (obligatoire)

Minimiser l’utilisation des fluides de fracturation et remplacer les produits dangereux par des solutions de substitution plus sûres* (obligatoire)

Minimiser l’utilisation d’eau* (obligatoire)

Gérer les fluides et les déchets de fracturation de manière appropriée* (obligatoire)

Contrôler les rejets dans l’air, en particulier les gaz à effet de serre comme le méthane* (obligatoire)

Limiter le bruit* (obligatoire)

Minimiser les besoins en matière de transports* (obligatoire)

Garantir des régimes de responsabilité clairs et solides, y compris pour la phase de post-fermeture* (obligatoire)

S’assurer que les opérateurs ou les détenteurs de permis disposent de la sécurité financière adéquate (par ex. pour couvrir les accidents potentiels ou les exigences pour la post-fermeture)* (obligatoire)

Prévoir l’inspection des puits et la surveillance des opérations sur une zone étendue* (obligatoire)

Prévoir une évaluation et une vérification indépendantes des projets* (obligatoire)

Garantir des réactions appropriées en cas d’urgence* (obligatoire)

Encore une fois, cette question suppose que l’on soit entré en matière en terme d’exploitation. Et je ne peux pas apporter mon adhésion, même implicite à ça. C’est encore une situation « Pile tu perds. Face, je gagne. » (Pour ceux et celles qui ont vu Propagando Manipulens, c’est ce que fait subir le hibou en début de spectacle, lors du choix de la pilule… On appelle cela un double lien. Guignol est enjoint de se prononcer sur la couleur de la pilule qu’il veut mais on ne lui pose pas la question « Est-ce que tu veux une pilule? »)

Quelles actions recommanderiez-vous au niveau de l’UE pour relever les défis et gérer les risques dont il est question?
1)Oui 2)Peut-être 3)Non 4)Je ne sais pas
Ne rien faire: le cadre actuel est approprié* (obligatoire)
Mettre en place des échanges d’informations et des conseils en matière de bonnes pratiques et encourager les approches volontaires adoptées par le secteur* (obligatoire)
Clarifier la législation européenne en vigueur au moyen de lignes directrices* (obligatoire)
Adapter certains textes de la législation européenne en vigueur* (obligatoire)
Élaborer une législation européenne complète et spécifique pour les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Question en double lien. En répondant, vous recommandez à l’UE de relevez les défis, donc d’exploiter.

Ensuite, on nous demande de nous prononcer sur le cadre législatif…Nul n’est censé ignorer la loi, mais, comme je le dis parfois, si c’était vraiment le cas, il n’y aurait pas des gens dont le boulot consiste justement à connaitre la loi…Donc… J’ai beau être plutôt bien informé et sensible à la thématique, je ne connais pas le cadre actuel. J’imagine que ce doit être le cas de beaucoup de personnes. Les réponses à cette question seront donc de l’ordre du grand n’importe quoi

Mention spéciale pour la dernière proposition car « Élaborer une législation européenne complète et spécifique pour les combustibles fossiles non conventionnels« , pour rassurant qu’elle paraisse, ne veut pas spécialement dire que cela soit protecteur… Par contre « Mettre en place des échanges d’informations et des conseils en matière de bonnes pratiques et encourager les approches volontaires adoptées par le secteur« , veut bien dire qu’on laisse faire aux industriels à peu près tout ce qu’il veulent.

Selon vous, quelles sont les informations les plus importantes à mettre à la disposition des citoyens sur les activités en matière de combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?

1)Très important 2)Important 3)Assez important 4)Pas important du tout 5)Je ne sais pas

Projets prévus (par ex. le nombre de puits et leur localisation)* (obligatoire)

Informations sur les opérateurs actifs dans le secteur des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste), leurs licences et leurs permis* (obligatoire)

Lignes de base (par ex. données sur la qualité de l’eau et de l’air avant l’exploitation)* (obligatoire)

Données opérationnelles (par ex. les volumes d’eau et additifs chimiques utilisés)* (obligatoire)

Informations sur les incidents associés à l’exploration et à l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Informations sur les risques potentiels associés à l’exploration et l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Informations sur les bénéfices potentiels (par ex. l’emploi et les recettes fiscales)* (obligatoire)

Voilà un joli « Yes Set » … ou une tentative d’exploiter le fait que vous soyez sur votre lancée pour vous faire accepter un truc auquel vous diriez « non » s’il était isolé. Si, comme moi, vous êtes opposant à l’exploitation au gaz de schiste, vous aurez tendance à cocher massivement la première case pour évaluer les réponses à cette question… Clic, clic, clic, clic, clic…. Presque sans lire…(C’est une des dernières questions, on en a déjà lu pendant 10 minutes, voilà quoi…) Mais relisez la dernière réponse proposée… Surprise! Si vous êtes opposant, il ne faut plus cocher la première case mais l’avant dernière. Cela ressemble fort à une inversion d’échelle… Certains sondage passent ainsi soudainement sur une question du « classer de 1 à 5 par ordre d’importance croissante » à « Classer de 5 à 1 par ordre de priorité croissante ». Là, c’est une variante. L’échelle reste la même mais la teneur de la question est inversée quant à ses conséquences pratiques.

En considérant les 40 prochaines années, estimez-vous que le développement des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) répond aux objectifs de l’UE en matière d’économie à haut rendement énergétique et à faible intensité de carbone?* (obligatoire)

Oui, quelles que soient les conditions de ce développement
Oui, mais uniquement s’il est assorti de garanties sanitaires et environnementales appropriées

Oui, mais uniquement s’il est assorti de garanties sanitaires et environnementales appropriées et de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de l’efficacité énergétique et d’augmentation de l’utilisation de sources d’énergie et de technologies à faible intensité de carbone (en particulier des sources d’énergie renouvelables)

Non

Je ne sais pas

Vous avez une vision prospective concernant le panorama énergétique mondiale, qui s’étend, de surcroit, sur les 40 prochaines années. Chapeau! La mienne s’émousse un peu au delà de 10-20 ans… (Voir Faim de pétrole de la SCOP Le Pavé)

Êtes-vous satisfait de cette enquête?

Non, définitivement, non. Cette enquête se situe au delà de mes préoccupations et court-circuite ma position. On me demande à quelles conditions pratiques l’exploitation pourrait se faire. J’aimerais plutôt expliquer pour quelles raisons je considère qu’elle ne doit pas se faire. Mais ça, c’est ce qui se produirait dans une VRAIE enquête. Celle-ci n’a pas vocation à enquêter mais à fabriquer des données qui vont dans le sens du poseur de question.

Alors, en début de questionnaire, il y avait bien cette question…

Laquelle des formulations suivantes reflète le mieux votre avis général sur les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?* (obligatoire)

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) doivent être exploités en Europe de toute façon

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) doivent être exploités en Europe seulement si des garanties sanitaires et environnementales adéquates sont en place

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) ne doivent en aucun cas être exploités en Europe
Je n’ai pas d’avis pour le moment

Pourquoi ne pas proposer des questionnaires différents en fonction de la réponse à cette question? C’est tout à fait réalisable, très simplement alors pourquoi?

Pour terminer, voici une petite blague… Au coin d’une rue, un homme tombe sur  un autre en rentrant chez lui. Il a un comportement étrange. Il est tard, il fait nuit et l’homme est au pied d’un lampadaire, il regarde le sol en tout sens.La discussion s’engage :

« -Vous cherchez quelque chose monsieur?

-Oui, je cherche mes clefs.

-Ah, vous les avez perdu par ici…

-Pas du tout, je les ai perdu là bas, près de ma voiture, mais je regarde ici parce que c’est là qu’il y a de la lumière. »

Quelle rigolade les consultations de lampadaire…