Pourquoi les violences policières n’apparaissent pas dans les journaux et media à hauteur de ce qui se vit sur le terrain?

Au delà du pénible « Les media sont des #*@$!, les journalistes sont des humains, donc touchés par le biais de confirmation. Qui vous pousse à valoriser les informations qui confirment ce que vous savez déjà.
Et,majoritairement, d’où nous vient ce que nous savons des Forces de l’Ordre …?
 
Ce que nous savons des forces de l’ordre vient de 2 sources principales : Les reportages et la fiction.
Oui… Nous ne passons pas notre temps de week-end en cellule. Enfin… Pas tous. #GiletsJaunes
Et finalement, peu de gens ont des vrais contacts avec les FDO.
 
Les reportages et fictions au sujet des FDO ne sont pas neutres, ni idéologiquement inoffensifs. D’ailleurs les FDO y veillent en partie…
 
Le 25 mai 2014, un article de TV magazine nous parlait des émissions du type « Enquête d’action », « 90′ », « Crimes » et autres réality show tournés « du bon côté de la loi. »
En 2014, il y a eu 2000 demandes de reportage pour la police.
1200 pour la gendarmerie.
60% sont acceptées.
+ de 5 reportages par jour!
Avez-vous dit « Propagande sécuritaire »..?
Mais non voyons…
 
S’il y a + de 5 reportages tournés par jour dans les FDO? c’est parce que c’est « Un métier[…]pour lequel le public se sent très concerné parce qu’il fait partie de son quotidien. » Moi j’aurais bien dit que GRÂCE à 5 reportages par jour les FDO font partie de notre quotidien…
 (La citation précédente est de Carole Rousseau, une des meilleures VRP du ministère de l’intérieur…)
 
Question : Au quotidien, êtes-vous plus souvent en contact avec des enseignant-e-s, des postier-e-s ou des gendarmes?
 
Le grand nombre de reportages au sujet des FDO s’explique aussi parce que les fonctionnaires sont des « comédiens » qui ne coûtent rien, fournis avec les décors et qui ne sont, de surcroît, jamais très loin des bureaux de la boîte de prod.
 
Mais l’occasion est trop belle… Quand je dis « Comédien »…
« Il nous arrive souvent de proposer une vision plus innovante que celle voulue par une production car elle correspond davantage à ce que nous recherchons » ainsi parle un lieutenant colonel.
#Scenariste
#Propagande
 
Car «Il est important de montrer tout ce qui met en valeur notre expertise et notre intégrité»
Le reportage se rapproche en fait d’un « docu-fiction. #SpotDeCom
 
«Le petit écran est devenu un outil de #communication pour la police et la gendarmerie.» dit l’article.
Voilà, voilà…
 
Pour aller plus loin, je vous conseille, l’excellent article de @Acrimed_info (Qu’il faut follow, aussi.)
 https://www.acrimed.org/Les-medias-auxiliaires-de-la-communication-des-forces-de-l-ordre
 
Mais considérer la forge de notre vision des forces de l’ordre ne saurait se faire de manière complète sans penser à la fiction pure et simple et ses fameux « Effets de réel »…
 
Que vous soyez #capitainemarleau , #JulieLescaut, ou #LeoMattei… ?￰゚ヌᄋ
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_s%C3%A9ries_polici%C3%A8res_fran%C3%A7aises
 
Ou #LesExperts, #TrueDetective, ou #Bones?￰゚ヌᄌ
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_s%C3%A9ries_polici%C3%A8res_am%C3%A9ricaines
 
Vous vous êtes forcément fait passer dessus par les Pléthoriques Forces Télévisuelles De L’Ordre, Du Bien, Et Du Triomphe.
 
Du triomphe car massivement, dans les fictions policières, les héros et héroînes réussissent et résolvent!
Tout le temps.
Easy.
Rapide.
(Sinon à quoi bon être un personnage principal.)
 
Dans la réalité…Moins.
 
Et on pourrait parler du type des délits et crimes élucidés, dont le tableau est très éloigné de celui de de la réalité.
Les psychopathes sanguinaires ne courent pas les rues et on attend toujours la gênante série réaliste française,  « Viols et meurtres en famille. »
 
Crimes et délits qui sont quasiment toujours expliqués par des facteurs individuels, sans réelles réflexions sur les causes systémiques de la délinquance. Laissez-moi rêver.
 
Et, rêve pour rêve, on ne parle pas souvent de délinquance fiscale d’ailleurs…  Vous savez, le truc qui nous coûte entre 8 et 10 fois le budget du ministère de  l’écologie… Mais revenons à nos bergers…
 
Les distorsions de réalité des reportages et des fictions policières ne seraient pas génantes si ces productions n’assuraient pas l’éducation à un système judiciaire complètement absente du système éducatif…
 
Sophie Mazet dans son Manuel d’autodéfense intellectuel (Lisez-le.) rapporte que dans les années 90, il fallait brieffer les prévenu-e-s pour qu’il-le-s évitent de donner du « Votre Honneur » au juge.
 
D’ailleurs, vous, vous l’appelleriez comment un juge,si vous étiez au tribunal ?
 
Au total, l’image mentale que nous -journalistes y compris- avons souvent des forces de l’ordre est très incompatible avec l’idée que ce sont des humains ordinaires, susceptibles aussi de commettre des crimes.
 
Pas simple de s’imaginer une Julie Lescaut en train de matraquer de la syndicaliste juste parce qu’elle est à bout de nerf ou une #capitainemarleau balancer du TNT sur des manifestantes parce qu’on lui en a donné l’ordre.
Les #violencespolicières ne collent pas avec le récit.
 
Alors peut-être que la difficulté des #ViolencesPolicieres à percer est, en partie, liée à une simple et ordinaire gestion de la dissonance cognitive.
Et que les signalement de @davduf commencent à porter quelques fruits par leur impact répétitif sur cette représentation policière.
 
Dans tous les cas, si vous vous faites choper en manif, comme le dit Maitre Eolas, taisez-vous. Demandez un-e avocat-e.
Et si vous devez vous adressez à un-e juge, dites « Monsieur » ou « Madame ».
ça suffira.

La piège abscons en guise de politique

« Jusque là, notre méthode a raté grave, mais c’est parce qu’on l’a pas appliquée assez! »
Privatisations, #UE, #loto, guerres diverses…Cet argumentoc relève d’une auto-#manipulation de psychologie sociale : Le piège abscons.
Tomber dedans, en sortir… Explications… ⬇️

Dans leur livre, Jean-Léon Beauvois et Robert-Vincent Joule indiquent que le piège abscons « procède de cette tendance qu’ont les gens à persévérer dans un cours d’action, même lorsque celui-ci devient déraisonnablement coûteux ou ne permet plus d’atteindre les objectifs fixés. »

C’est typiquement le cas du joueur de #casino qui, de perte en perte, pense qu’il va « se refaire » et fini ruiné.

Voici les caractéristiques d’un « bon » piège abscons :
1. On a décidé de s’engager dans un processus de travail ou de dépense pour atteindre un but donné.
➡️Genre privatiser, déréglementer pour augmenter la croissance.
2. Qu’on en soit conscient ou non, l’atteinte du but n’est pas certaine.
➡️La croissance, de toute manière n’est JAMAIS suffisante.
3. La situation est telle qu’on peut avoir l’impression que chaque dépense rapproche davantage du but.
➡️Les « signes de reprise » ou « Les prévision de croissance pour l’année à venir : 2%! » ou « Je vais me refaire! » ou « Jusque là, notre méthode a raté grave, mais c’est parce qu’on l’a pas appliquée assez! »
4. Le processus se poursuit sauf si on décide activement de l’interrompre.
➡️ »On l’a pas appliqué assez, j’vous dis! »
5. On n’a pas fixé au départ de limite à ses investissements.
➡️ »L’hôpital, les écoles, les amendes de stationnements, les parkings… Et puis on pourrait vendre les barrage aussi! Les arbres, le nom des stades, les… »

Les auteurs considèrent que la prise de solution solitaire augmente le risque de tomber dans un piège abscons. #Jupiter Mais que pour autant la collégialité n’est pas non plus une garantie du contraire en raison de la dilution de responsabilité qu’elle entraîne.

Ils suggèrent plutôt que les personnes en charge d’une décision ne soient pas les mêmes que celles en charge de l’#évaluation et de la décision de continuer ou pas.

ça suppose une évaluation déjà… (On les évalue quand les politiques libérales déjà? Ou le fonctionnement de l’UE?)

Et du coup, cela pose la question des critères d’évaluation. Du point de vue des gens qui trouvent que la démocratie et l’expression populaire, c’est pas pratique-pratique, l’UE, c’est probablement très cool…

Cela pointe aussi la pertinence de prendre des décisions avec une date de péremption fixée dès le départ. Et de l’idée d’intégrer les critères d’évaluation de la décision, dans la décision de départ. (C’est à dire de dire dès le départ, et le plus précisément possible, comment on vérifiera que la décision est un succès. )

L’existence de ce mécanisme du piège abscons est, de toute manière, très éclairante de la manière dont sont conduites bon nombre de politiques publiques. Dont les résultats jugés médiocres, sur on ne sait quels critères, sont EXACTEMENT pris pour autant de raisons de les prolonger.

Malgré toutes les tentatives de paraître raisonnable, ces décisions sont le fruit d’un fonctionnement « animal » et un brin archaïque. Le problème, c’est qu’elles nous coûtent, d’ors et déjà collectivement très cher.

Et que, du Climat à la Santé, en passant par l’Education, en affichant toujours la volonté (voire la détermination!) de faire au mieux, il y a moyen d’aggraver encore pas mal les choses.

« On devrait traiter la Silicon Valley avec la même suspicion que Wall Street »

Voici un entretien qui mérite amplement d’être lu en entier. Il s’agit d’une rencontre avec l’universitaire Evgeny Morozov. C’est un point de vue qui complète tout à fait le paragraphe de la conférence au sujet du Big Data.

Impossible de tout résumer ici, d’autant que sa pensée est déjà exprimée de manière très concentrée et limpide.

Quelques citations toutefois…

« Le solutionnisme, c’est la tendance qu’ont certains acteurs, spécifiquement les entrepreneurs et les entreprises de la Silicon Valley, à prétendre qu’ils savent comment résoudre de grands problèmes politiques et sociétaux. « 
« La vision classique de la politique, où on débat du bien commun et de la manière de l’atteindre, est remplacée par une réponse standard qui est : le problème vient de l’individu. »
« comment les gouvernement vont-il gérer la pression qui va s’exercer pour qu’ils privatisent les données de leurs propres citoyens ? […] cela arrive déjà un peu en Grande-Bretagne où le gouvernement vend des données médicales. C’est la nouvelle frontière de la privatisation. »
« Nous sommes dans une nouvelle forme de capitalisme, où l’on paie des biens et des services avec nos données, qui sont ensuite vendues contre de la publicité. « 
« Il est absurde que la Silicon Valley se félicite d’avoir des milliers de critiques pour un livre sur Amazon au lieu d’une seule dans la New York Review of Books. Ce sont deux choses différentes. »
Un entretien à lire, relire et relire encore tant chaque question touche un point sensible et pertinent.

Liberté d’expression VS Libre commerce : 0-1. Shops must go on.

Nous observons les premières conséquence de la privatisation des espaces de socialisation (Anciennement connus sous le nom d’espaces publics, vous savez, les places, les rues, les parcs, tout ça, là où les gens se rencontrent…)

A Bloomington, Minneapolis, de procureur poursuit les organisateurs d’une manifestation qui avait réuni 3000 personnes dans un centre commercial pour protester contre l’assassinat d’un jeune noir par un policier.

Ladite manifestation avait occasionné une fermeture de 2h des magasins. Les organisateurs sont donc poursuivis à ce titre et il a été requis contre eux le remboursement du manque à gagner des magasins de la galerie marchande.

Le pire c’est qu’on aurait tendance à trouver ça normal maintenant…

Alors que tout comme, avec le service minimum, « lorsqu’il y a une grêve plus personne ne s’en aperçoit » (dixit N.Sarkozy.), on sera désormais libre de s’exprimer là où il n’y a personne pour entendre ou bien à payer des dommages et intérêts… Mais bien sûr, ce n’est pas votre prise de parole qu’on sanctionne, c’est la manière de la prendre… Shops must go on…

 

Niveaux de participation, niveaux de démocratie.

« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen non seulement sur les affaires de l’Etat, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toute sorte de groupes, sont abandonnés à leur propre faiblesse et cèdent bientôt, soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis … La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »

Pierre MENDES-FRANCE

Lorsqu’un nombre restreint de personnes gouvernent au nom des autres, elles peuvent diversement accepter que les administré-e-s s’en mêlent. Cette intervention des administré-e-s, c’est ce que l’on nomme communément la participation. L’association internationale pour la participation publique a établi un classement des niveaux de participation. Plus le niveau de participation est haut, plus le peuple a le pouvoir (démocratie). Plus le niveau de participation est bas, plus un petit nombre gouverne (oligarchie).

Et vous? Votre municipalité, elle est plus proche de l’oligarchie ou de la démocratie?

Cliquez sur l’image…

Niveau de particip

Petits arrangement avec les faits…

A noter que dans le domaine de la participation, souvent, les gouvernant-e-s utilisent un mot pour un autre… Il est en effet plus flatteur de laisser entendre qu’on se soucie de la parole de la population dont on gère le quotidien. Il est alors tentant de mettre en place quelques mesures qui permettent de se réclamer du niveau supérieur au réel…

Mais lorsqu’une « consultation publique » est un exposé de projet suivi d’une séance de questions, n’est on pas, en pratique, dans un processus majoritairement d’information ? Peut-on mettre sur un pied d’égalité une enquête menée activement en direction d’un échantillon de population  et le fait d’installer des boîtes à réponse dans un hall de bâtiment publique dont on attendra passivement qu’elles reçoivent les avis des personnes peu informées et probablement habituées à ne rien dire ? Non…

De la même manière que les audiences du Roi, où, déjà au moyen-âge, chacune et chacun était invitée à faire ses doléances, ne sont pas exactement une preuve de démocratie

La démocratie ne se décrète pas  par les gouvernants !

La démocratie s’enseigne. Et cela prend du temps. Il faut y mettre les formes et mobiliser les populations, surtout si elles n’en ont pas l’habitude.  « Les gens ne s’intéressent à rien » n’est pas un argument recevable lorsqu’on n’entreprend rien alors que des solutions existent pour les dynamiser. Cela ne peut pas se faire passivement en attendant que des voix s’élèvent. Boîte à idée, audiences individuelles, c’est le service minimum d’une « démocratie. » dite représentative. En cette période d’élections municipale, il peut-être utile de s’en souvenir.

Coming-Out : Je suis d’extrême droite.

Et je dis ça pas seulement parce que j’ai lu l’excellent texte de Ploum, non, je le dis parce que j’ai fait THE test!!!

Oui, car il y a un test! Comme pour le SIDA (Dont Le Pen père voulait se débarraser en enfermant les « sidatiques » dans des « sidatoriums »…), vous pouvez désormais savoir si « vous êtes Front National. »

On appréciera au passage la formulation du résultat du test s’il est (évidement) positif :  « Vous êtes Front National. » En PNListe de renom (La PNL, c’est la mise sur le papier, de manière accessible, des techniques hypnotiques et même un peu plus), Patrick Dilts a formalisé les niveaux de logique. Un genre de structure hiérarchique des domaines dont relève une situation en thérapie mais pas seulement. Un problème peut donc relever de l’environnement, des comportements, des capacités, des croyances et valeurs, de l’identité, du spirituel/mission de vie. Plus un niveau est « haut » dans l’ordre cité, plus il relève d’une chose ayant un impact large dans la vie, car, en fait un niveau a un impact sur tout ceux du dessous… Une conséquence est que pour résoudre un problème, il faut se placer au niveau de logique supérieur (C’est ce dont  il est question en conclusion de la conférence.)

Par exemple : Vous voulez une bière (environnement), vous commandez une bière au bar (comportement). Niveau de logique bas, situation simple.  Montons d’un seul niveau. Vous voulez commander une bière (Comportement) mais la personne qui vous sert est germanophone , vous apprenez l’allemand (Compétence) ou vous trouvez autour de vous quelqu’un qui a cette compétence. Et plus on monte, plus c’est complexe…

Pourquoi alors la formulation est redoutablement intelligente…

Parce qu’on aurait pu écrire dans la case de résultat du test : « Le FN est là! » ( environnement), « Votre choix : le FN /Votez FN » (comportement)  « Vous partagez les pensées du FN/ Vous pouvez voter FN en toute confiance » (Capacité), « Le FN est le parti qu’il vous faut/Le FN, la France comme vous l’aimez » (Croyance, valeurs).

« Vous êtes FN » permet de raccrocher à l’identité (Etre) plutôt qu’à un niveau plus bas. L’identité étant beaucoup plus élevée dans les niveaux de logiques, toucher à celle-ci permet un marquage beaucoup plus fort. Le FN le sait bien, l’identité, c’est son dada… Les théories de l’engagement ont par ailleurs montré qu’un étiquetage, puisque ça s’appelle ainsi, augmente notamment les chances que la personne étiquetée se conduise selon l’étiquette…

Passons au test.

Ludique, c’est un jeu où il faut gratter pour savoir si on a gagné le gros lot ou pas.  C’est populaire le grattage. « Les pauvres aiment gratter », on entendrait penser un communiquant. Mais la Française des Jeux en sait quelque chose : Ce n’est pas aux riches qu’elle vend des tickets!

Intéressant selon,encore, les théories de l’engagement, la coche et le grattage sont typiquement des actions de pied dans la porte, de petites actions anodines qui ouvrent la porte à de plus grosses actions plus tard… Pourquoi pas, accepter le tract qu’on aurait auparavant refusé. ( Un pied dans la porte double, voire triple les chance qu’une action de 2e niveau aboutisse!)

Et si vous cochez une majorité de « non », vous aurez la chance de ne pas être « encore » FN… Comme si c’était inéluctable…

Sans tricher, je vous propose maintenant de le passer. Sans, non plus, vous laisser influencer par l’exemple de coche donnée en haut, vous proposant la coche de la case verte du oui…

Test Etes vous FN

Aller, sans tricher, vous avez une majorité de oui.

Il ne faut pas avoir honte vous savez, ce n’est pas un test qui indique si vous êtes d’extrême-droite, seulement si vous êtes FN…

Enfin, pardon, si vous PARTAGEZ DES CONSTATS faits par le FN.

Ah, oui, ce n’est pas exactement la même chose…

Partagez les constats, ce n’est partager les solutions… Et oui, c’est bien là que le FN s’abstient le plus souvent de s’étaler… Les sidatoriums, les soldats aux frontières, la discrimination généralisée ( dite « préférence nationale ») , la suppression des aides aux pauvres (dites « fin de l’assistanat »), le dégommage de la laïcité au profit du catholicisme ( dites « promotion des valeurs traditionnelles et laïcité ouverte » ) ça vous tente? Alors peut-être que vous êtes différents…

Comme le SIDA, le FN touche des gens très bien mais à sa différence, ils peuvent en guérir. Essentiellement par l’éducation. Un autre poste que le FN souhaite revoir en profondeur…

Voici comment on aurait pu lire ce document. Attention, on sort quelque peu de l’autodéfense intellectuelle stricte puisque je ne vais pas m’adresser à la forme du questionnaire mais à son fond… (Attention, il ne s’agit pas de lancer de multiples débats mais bien de démontrer par l’exemple qu’on peut répondre oui à l’écrasante majorité des questions du test sans pour autant soutenir le programme du FN)

Je pense que la justice est trop laxiste avec les délinquants fiscaux, à commencer par les grandes entreprises qui jonglent avec les législations. Elle est également trop laxiste avec les criminels qui laissent leurs employés mourir dans leurs usines des pays pauvres ou qui maltraitent leurs domestiques.

Je pense que depuis la mise en place de l’euro, le pouvoir d’achat a diminué. Mais je n’y vois pas de lien de cause à effet direct…

Je pense que les Mosquées ne doivent pas être financées par l’argent public. Pas  plus que les églises ou les temples. Que l’État reste séparé des religions.

Je pense que l’Etat et les entreprises publiques doivent acheter prioritairement des produits fabriqués en France. A condition que les ressources naturelles locales nous suffisent à produire localement ce dont nous avons besoin. Ce qui suppose de réduire drastiquement nos besoins compte tenu de la faiblesse de nos ressources!  Et à condition que ces produits soient produits dans des conditions décentes. Ni produits par des gens dont le salaire ( dites « coût du travail ») aurait été écrasé, ni par des prisonniers.  Exploiter des sous-traitant dans un pays lointain pour finir l’assemblage en France, n’est pas « Made in France. »

Est-ce que je pense que la France devrait défendre les valeurs traditionnelles ? Peut-être bien… Celles de 1848 par exemple, la liberté de la presse, aujourd’hui vendue, la politique à tous les étages de la population, dont les politiciens ne veulent pas, l’accès à l’alimentation. Celles de 1936, l’antifascisme, l’alimentation encore trop souvent confisquée en raison du « coût du capital » (dites « dividendes »). Celles de 45 et du CNR, l’unité, la solidarité, la répartition des richesses, la frugalité, l’éducation, l’intelligence. France pays des droits de l’Homme, tout ça… En voilà, de la tradition qui se perd, non..?

La France doit se protéger de la concurrence déloyale que lui font certains pays? D’où viennent les entreprises qui exploitent des pauvres?  Qui veut généralement acheter au prix le plus bas? En prenant le problème à la base, en éduquant les gens de ces pays à ne pas se laisser exploiter pour le compte de notre porte-monnaie, nous pourrions faire quelque chose. Et lorsque l’État Français trafique à coup de services secrets la « démocratie » locale de ses anciennes colonies pour aller piocher du pétrole ou de l’uranium, concurrence déloyale entre peuples ou vol pur et simple?

Je pense qu’il faut, à l’école restaurer l’autorité du maître. Mais ce n’est pas l’affaire de l’école et  ne doit pas, ne peut pas, se faire par la force. Quant aux savoirs fondamentaux, il faudrait définir de quoi il s’agit pour vous… Le Notre-Père est il fondamental? La Marseillaise une fois par semaine à partir du CP, fondamentale? Et les chambre à gaz, détail de l’histoire? Pas fondamentales? 1848? Le front populaire? L’acquisition du droit à la retraite?

Je pense que la démocratie pourrait être améliorée en France mais clairement pas par un parti dont certains des rangs prônent la monarchie et dont la patronne est la fille du précédent patron… Le FN qui se préoccupe de démocratie, c’est le chat qui se préoccupe du fait que les souris soient bien nourries. Et je ne  sens pas le parti très porteur dans les réflexions sur la stochocratie ou la sociocratie

Je ne vois pas ce qui empêcherait d’accueillir une immigration supplémentaire. Nous le faisons depuis que le FN crie « Au Loup! » (Quelle politique environnementale, d’ailleurs..?) Ces gens viennent, créent de la valeurs, dépensent leurs sous. C’est quoi le problème, déjà? (On voit que l’on arrive en milieu de questionnaire,  il y a des questions qui fâchent dans le coeur de la papillote…)

Je pense que l’Etat doit éviter la désertification et la disparition des services publics mais, encore une fois, je ne suis pas certain qu’un parti qui soutien généralement les privatisations soient en volonté de faire quoi que ce soit à ça.

Je trouve profondément injuste que les grandes entreprises paient moins d’impôts que les petites mais pour la raison que vous avez voté la quasi intégralité des lois favorisant les grandes entreprises sous Sarkozy, j’ai du mal à penser que vous faites partie de la solution. Hugo Chavez, icone frontiste? Cuba, le rêve bleu marine? Hihihihi….

Je trouve que le déremboursement des médicaments est gênant car il touche les plus pauvres. Mais la fraude aux soins médicaux touche probablement des gens qui en ont besoin aussi, non? Il y a des gens en bonne santé qui vont quand même se faire soigner pour abuser..? Une personne qui n’a pas les moyens d’être soignée doit être laissée sans aide ? C’est vrai qu’une infection est potentiellement beaucoup moins épidémique quand elle nait dans un quartier pauvre… Quant au gaspillage, dans un contexte de « resserrement budgétaire », je ne suis pas certain que ce soit une affirmation juste… Et j’ai du mal à accepter l’acrobatie nécessaire à envisager, à 2 paragraphes de différence, l’interruption de services publics et le gaspillage. Il y a pas assez de moyen ou il y en a trop? Pas assez dans l’armée et trop dans l’éducation?

Donc, voyez vous, en répondant oui, à quasiment toutes les questions, il est désormais évident et prouvé que je suis Front National.

Ou pas.

Si on parlait un peu des solutions finalement envisagées (Sans mauvais jeu de mot.), ça pourrait marcher pour le Front de Gauche aussi ce test, en fait…

Si ça se trouve, c’est même fait exprès.

Si ça se trouve.

Peut-être.

Exercice de traduction de langue de bois

Bonjour, bonjour!

Suite au cours de ce soir, je fais remonter cet exercice périodique de traduction. Vous allez voir, c’est du grand art. ça fait longtemps que je n’avais pas vu une telle réussite de la xyloglossie. Et c’est paru dans le Monde.

Je vous propose, si le coeur vous en dit, de ne traduire qu’un ou 2 paragraphes car vraiment c’est très long. En copiant collant le paragraphe original et votre version dans un commentaire. J’ai hâte de vous lire.

De mon côté, j’ai écrit la correction complète et je la publierai prochainement.

Une petite piste pour commencer, le titre une fois traduit : L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Amusez-vous bien et ne rigolez pas trop.

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux.

Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun. Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur

Apolitique, apartisan, indépendance, ni de droite ni de gauche.

Est apolitique une personne ou une organisation qui est extérieure à toute lutte relative au gouvernement ou aux affaires publiques d’un État. Cette définition est simple et peut être retrouvée dans la plupart des dictionnaires. Mais à considérer la plupart des gens qui se réclament de l’apolitisme on se demande s’il-le-s ont bien ouvert leur dictionnaire avant d’utiliser ce mot…

Les exemples:

Prenons le Collectif La Manif pour tous qui, dans la même phrase, et sans cilier, arrive à se définir « apolitique et confessionnel ». Déjà s’appeler « La manif pour tous » et se dire apolitique est très fort. Mais immédiatement derrière faire une association d’idées antinomiques qui signifie que l’on considère que la religion n’est en rien liée à des questions de vie publique… La Manif pour tous vient de dire, si elle répond à la définition qu’elle a d’elle même, qu’elle doit se dissoudre… Ou alors, le porte-parole a dit n’importe quoi dans un certain objectif. Je penche pour cette explication…

Variante, l’Institut Montaigne, pas apolitique mais indépendant. En fait « politique » par omission et indépendant proclamé. Le titre d’ « institut » ne devant pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une association mais que celle-ci se donne, ainsi des airs officiels. Une asso dont voici le début des statuts :

Espace de réflexion, libre et indépendant de toute contrainte politique et économique, l’Institut Montaigne s’articule autour de groupes de travail, réunissant des représentants de la société civile (intellectuels, universitaires, experts, responsables d’entreprises, personnalités qualifiées, etc.).

Traitant des sujets les plus divers, l’Institut élabore et diffuse des propositions concrètes de long terme.

Le mot politique n’est utilisé que pour dire qu’on n’y est pas contraint. Pas politique? Même en produisant régulièrement des rapports, des bilans en direction des media, en mettant à disposition des experts qui donnent leur avis sur tout? Criant son indépendance des pouvoirs publics sur les toits mais ne voyant aucun inconvénient à toucher ses 3 millions de budget annuel de banques, fonds d’investissement, assureurs, laboratoires pharmaceutiques, multinationales de services industriels. Libre de toute contrainte économique ?

Pour terminer avec les exemples, l’association SOS Education. Elle se dit apolitique et apartisane, ce qui veut dire de surcroît qu’elle ne se positionnerait pas en faveur d’un parti. Mais lorsque l’on regarde ses objectifs, elle a pour but d’influer sur la ligne de conduite du Ministère de l’éducation nationale, notamment en poussant à la réduction des effectifs du personnel encadrant… Elle se targue, par ailleurs, d’un grand nombre de soutiens d’élu-e-s. On aura, à ce stade compris que ces élu-e-s sont des élu-e-s UMP. Lorsqu’elle se proclame apolitique et apartisane, cette association dit exactement le contraire de ce qu’elle est.

L’interprétation :

La confusion entre apolitiques et apartisane est très largement répandue. L’apolitisme demande de ne se positionner sur aucun sujet de société ou de la vie publique. Un sacré challenge. Mais bon nombre d’artistes et pas des moins subventionnés y arrivent très bien (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet très positif entre apolitisme et subventions/propositions d’exposition. ) L’apartisanisme, quant à lui, demande de ne se positionner pour aucun parti politique. Se dire apartisan en plus d’apolitique est donc un pléonasme. En revanche, on peut effectivement être politique et apartisan. Nombre d’associations défendent leur point de vue sans pour autant apporter leur soutien à qui que ce soit. (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet négatif entre politisation apartisane  et subvention/allocation de local…)

Quel est l’intérêt de se réclamer de l’apolitisme ou de l’apartisanisme ?

Dans un pays et où on a réussi à rendre l’adjectif « politisé » synonyme multifacette de sulfureux/ has-been / ennuyeux à mourir  et où 40 % des gens ne votent pas, une portion considérable de la population ne s’intéresse donc que de très loin à la vie politique voire la fuit purement et simplement. Ce qui est pratique pour gouverner, car on est tranquille, moins pour obtenir des soutiens populaires quand on a des idées à défendre… Se dire politisé, c’est se couper d’une bonne part de ses soutiens. Et quand, en plus, les idées que l’ont défend auraient pour effet de nuire à la classe de population que l’on cherche à convertir, étiqueter ouvertement ses idées est suicidaire.

Dans ce cas là, on se dit apolitique et apartisan et tant pis si on dit n’importe quoi.

Et quand on a compris qu’en terme de nombre, la classe populaire est généralement celle à courtiser pour faire du chiffre, on comprend que l’expression « apolitique et apartisan » est une des préférées des idéologies de droite, même si elles n’en ont pas l’exclusivité…

Variante de « apolitique » : « Ni de droite, ni de gauche »

Exemple : « Je veux dire un mot à Manuel. Pour moi, pour nous, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite. Et je dois vous dire que nous sommes très heureux de son action« , dixit Serge Dassault, au côté de M. Valls, le 11 sept 2012, lors de l’inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes. Le sénateur UMP, par ailleurs propriétaire du Figaro a pousuivi « C’est pour ça qu’il a l’appui d’un journal bien connu. Mais, s’il fait des bêtises, on en reparle. Actuellement, c’est très bien. Pour les Roms et tous les autres, c’est formidable. Donc bravo Manuel et continue ! » Ce jour là, Manuel Valls a fait mine de s’éponger le front, moins d’un an après, 7 juillet 2013, il reprenait le même élément de langage. Thomas Guénolé, politologue lui donne le qualificatif de « socialiste de droite », une expression qui mériterait qu’on s’y attarde tant elle fait référence à une réalité dérangeante… Car le gouvernement actuel n’est peut-être « Ni gauche, ni de droite », si vous voyez ce que je veux dire…

Humour très noir chez Orange…

Aujourd’hui un conseil lecture concernant un article du Monde.fr concernant le « rebranding » ou le fait de rebaptiser son entreprise quand son nom est tellement entaché que tous les conseillers en communication n’y pourront rien. Le renommage est l’opération de la dernière chance. Et pour cause, c’est une opération très couteuse puisque non seulement il faut penser une nouvelle image mais en plus la déployer jusque sur la dernière facturette, l’ultime carte de visite du groupe… Pas question de faire un impair…

A ce prix là, on peut néanmoins se permettre un bonus. C’est le point qui m’a le plus intéressé dans l’article en question. Si un nouveau scandale survient on peut l’attribuer à l’ancienne marque…

Le cas cité est celui des suicides chez Orange. Peut-être les connaissez vous mieux sous le nom des « suicides chez France Telecom ». 69 au total entre 2000 et 2011. Il sont devenu presque banals à un moment… On annonçait les suicides à France Telecom dans les petites brêves. Mais 69, quand même. Et bien la stratégie du Groupe a été de systématiquement utiliser le nom France Telecom, la société publique, dans sa communication lorsqu’il s’agissait de parler des suicides. Orange, la société privatisée, en a été complètement épargné. Très symptomatique, sur les fiches Wikipedia de France Telecom et de Orange, devinez laquelle des 2 est la plus détaillée en ce qui concerne ces évènements… Alors que, comble de l’ironie, c’est la gestion ultra-violente liée à la privatisation, connu sous le nom de plan NExT, donc la transformation de France Telecom en Orange, qui a conduit à cela.

En 2013, France Télécom a officiellement disparu. On ne devrait désormais plus parler que de Orange. Mais les morts sont toujours très pratiques pour porter les chapeaux qui continuent de s’amasser… Orange a décidément un humour très noir… Et je propose de renommer tout cela « suicides chez Orange » et d’être bien attentif aux entreprises qui se rebaptisent…

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/07/29/entreprises-marques-changer-de-nom-pour-changer-d-image_3454992_3234.html