La piège abscons en guise de politique

« Jusque là, notre méthode a raté grave, mais c’est parce qu’on l’a pas appliquée assez! »
Privatisations, #UE, #loto, guerres diverses…Cet argumentoc relève d’une auto-#manipulation de psychologie sociale : Le piège abscons.
Tomber dedans, en sortir… Explications… ⬇️

Dans leur livre, Jean-Léon Beauvois et Robert-Vincent Joule indiquent que le piège abscons « procède de cette tendance qu’ont les gens à persévérer dans un cours d’action, même lorsque celui-ci devient déraisonnablement coûteux ou ne permet plus d’atteindre les objectifs fixés. »

C’est typiquement le cas du joueur de #casino qui, de perte en perte, pense qu’il va « se refaire » et fini ruiné.

Voici les caractéristiques d’un « bon » piège abscons :
1. On a décidé de s’engager dans un processus de travail ou de dépense pour atteindre un but donné.
➡️Genre privatiser, déréglementer pour augmenter la croissance.
2. Qu’on en soit conscient ou non, l’atteinte du but n’est pas certaine.
➡️La croissance, de toute manière n’est JAMAIS suffisante.
3. La situation est telle qu’on peut avoir l’impression que chaque dépense rapproche davantage du but.
➡️Les « signes de reprise » ou « Les prévision de croissance pour l’année à venir : 2%! » ou « Je vais me refaire! » ou « Jusque là, notre méthode a raté grave, mais c’est parce qu’on l’a pas appliquée assez! »
4. Le processus se poursuit sauf si on décide activement de l’interrompre.
➡️ »On l’a pas appliqué assez, j’vous dis! »
5. On n’a pas fixé au départ de limite à ses investissements.
➡️ »L’hôpital, les écoles, les amendes de stationnements, les parkings… Et puis on pourrait vendre les barrage aussi! Les arbres, le nom des stades, les… »

Les auteurs considèrent que la prise de solution solitaire augmente le risque de tomber dans un piège abscons. #Jupiter Mais que pour autant la collégialité n’est pas non plus une garantie du contraire en raison de la dilution de responsabilité qu’elle entraîne.

Ils suggèrent plutôt que les personnes en charge d’une décision ne soient pas les mêmes que celles en charge de l’#évaluation et de la décision de continuer ou pas.

ça suppose une évaluation déjà… (On les évalue quand les politiques libérales déjà? Ou le fonctionnement de l’UE?)

Et du coup, cela pose la question des critères d’évaluation. Du point de vue des gens qui trouvent que la démocratie et l’expression populaire, c’est pas pratique-pratique, l’UE, c’est probablement très cool…

Cela pointe aussi la pertinence de prendre des décisions avec une date de péremption fixée dès le départ. Et de l’idée d’intégrer les critères d’évaluation de la décision, dans la décision de départ. (C’est à dire de dire dès le départ, et le plus précisément possible, comment on vérifiera que la décision est un succès. )

L’existence de ce mécanisme du piège abscons est, de toute manière, très éclairante de la manière dont sont conduites bon nombre de politiques publiques. Dont les résultats jugés médiocres, sur on ne sait quels critères, sont EXACTEMENT pris pour autant de raisons de les prolonger.

Malgré toutes les tentatives de paraître raisonnable, ces décisions sont le fruit d’un fonctionnement « animal » et un brin archaïque. Le problème, c’est qu’elles nous coûtent, d’ors et déjà collectivement très cher.

Et que, du Climat à la Santé, en passant par l’Education, en affichant toujours la volonté (voire la détermination!) de faire au mieux, il y a moyen d’aggraver encore pas mal les choses.