La page Président, à visiter de temps en temps…

De temps en temps, la page Président de Brain Magazine recèle des pépites… Je recommande particulièrement les publications signées J. Bordat

– Un article sur la moisissure rhétorique de l’appel à la peur avec un cas concret : Marine Le Pen et la Torture. Avantageux, cet article clôt le moindre débat qui pourrait éclore. Il y en a quand même eu un? Mais pourquoi?

-Le temps d’antenne des classes ouvrières sur France Inter : 1,8%. Merci Fakir pour l’info.

-La richesse se concentre encore aux USA… 32000 personne possèdent 11% des sous de tout le pays…

Traduction des éléments de langage Fillionistes VS Sarkozy. Fleurets pas vraiment mouchetés…

-Dégommer l’hyperbole d’un politicien qui se victimise.

-Hypebole encore… Seisme, coup de tonnerre, pluie de grenouille. Comment parler d’un score du FN après les élections? Une classification bien commode.

-En image, l’utilité très relative des sondages à J – 3…ans.

« Softpower » ou l’art d’instrumentaliser les dons…

Le Monde titrait récemment que la collectes des dons d’argent patinait en France. On appréciera le fait que « patiner » désigne une augmentation de 1% l’an dernier! Certes loin des +5,6% et +8% de 2011 et 2010 mais loin de la stagnation… Gageons que le jour où on aura trouvé le moyen dire que la France à une croissance de 1%, le mot « patiner » ne sera pas le premier choisi… (On appréciera aussi l’expression « Marché de la collecte des dons ». La collecte des dons est donc un marché. Instructif…)

La cause au patinage artistique de la collecte des dons est attribué à l’augmentation de la « pression fiscale » (Je viens de me rendre compte de l’existence de cette jolie expression…Pression fiscale… »Mettre la pression »… »Faire pression »… Un joli repoussoir… Comme si l’état, tel un lobby suprême, pouvait faire pression sur le citoyen… pour le faire craquer? Pression fiscale–>Direction la catégorie des hyperboles.)

Mais parlons un brin du « softpower » (Catégorie? Anglicisme, of course.), traduction qui fait rêver « le pouvoir doux » (Catégorie? Oxymore, selon moi.), j’ai découvert le mot dans un autre article du Monde, daté, c’est délicieux, du même jour que l’autre… On y lit en titre : Philippines : les catastrophes naturelles, « arme » de la diplomatie japonaise. Guillemets comprises. Oui, dans le Monde, quand on parle ouvertement, on commence par ouvrir des guillemets.

Le Japon a donc, après le récent typhon Hayan, envoyé des tombereaux de militaires, avions et bateaux pour aider les Philippins qui en ont bien besoin. D’ailleurs « Face à l’étendue du drame philippin, plusieurs pays se pressent pour aider Manille. »
Que voulez-vous, quand on est tous aussi gentils que nos gentils états riches, on ne peut que aider, voilà, c’est tout. Mais le Monde est un peu grincheux est fait précéder cette phrase d’un sur-titre sans guillemet mais très intéressant « BATAILLE D’INFLUENCE » Et oui… Tokyo appelle cela la « diplomatie des catastrophes » et, comme le dit le New york Times « Le typhon est en train de devenir une vitrine pour l’affirmation du soft-power  en Asie. » Le soft-power , c’est-à-dire, si on comprend bien, la capacité d’influencer les acteurs étatiques par des moyens non-coercitifs… « Attendez mademoiselle, je vais ramasser ce mouchoir qui s’est ainsi échappé de votre corsage blanc »…

En fait, il s’agit d’aider l’autre en sachant bien qu’il nous le rendra. Pas en argent, il n’en a pas, mais plutôt en bon service et autres soutiens dans les dîners en vaisselle de porcelaine. Genre, quand on est le Japon, dans un possible conflit territoriale avec la Chine qui revendique elle aussi (la vilaine), les îles Senkaku et les territoires marins associés… D’ailleurs ce petit pays indigent qu’est la Chine a fait un don tout rikiki aux Philipines… On s’est bien compris…

Dans ce contexte d’utilisation des deniers publics et des dons individuels avec un sous-texte, un contexte où l’aide signifie « Vous nous le rendrez bien, n’est-ce pas mon brave? »au pouvoir en place, je ne suis plus tellement étonné que des humanitaires se fassent enlever ça et là. Et je ne suis pas non plus étonné que les dons chaussent des patins… Parce que, s’il servent, grosso modo, à corrompre des gouvernements en leur suggérant une politique extérieure, les dons risqueraient bien de rayer le parquet… Alors plutot que de parler de la pression fiscale, si on parlait des, vraies cette fois, pressions humanitaires…?

Début de traduction du texte néo-colonialiste…euh…socialiste.

Bon, mon petit exercice de traduction de langue de bois ne vous a, pour l’instant guère inspiré.

Pour vous aider à démarrer, je vais vous proposer la traduction des premiers paragraphe. Vous allez, voir, Pierre Moscovici, c’est délicieux…

Plutôt que de faire dans la droite sociale , ou droite masquée, il aurait mieux fait d’écouter son Papa, Serge Moscovici, qui a contribué à créer Les Verts, en 1968, du temps où l’écologie et la décroissance étaient la même chose. (On appréciera de voir que la biographie francophone de Serge Moscovici sur Wikipedia est expurgée de ce détail…)

Vous vous souvenez, Mitterrand a imposé certaines des pires destructions d’acquis. Et ben, Hollande s’apprête à faire pareil.

La mondialisation solidaire au service de la croissance

L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

On ne sait pas trop ce que vont devenir les entreprises françaises en ce moment où l’économie doit trouver un moyen de rester dans le capitalisme. Alors que l’ancien modèle fonctionne comme à son habitude c’est-à-dire mal, les pays du Nord doivent trouver de nouveaux moyens de maintenir les inégalités  tout en faisant que le peuple ne se les remettent pas trop en question.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mais les pauvres veulent de l’argent et veulent, en plus, gérer eux-mêmes leurs affaires. Il serait bien qu’ils suivent l’exemple de l’Afrique qui a trouvé le moyen d’endormir le peuple dans l’inégalité. D’autant qu’il être impossible d’utiliser du pétrole, parce que sinon, on n’est tous cuits.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

En France, nous n’arriverons pas à maintenir nos inégalités entre riches et pauvres si nous n’élargissons pas notre sphère d’influence. Afin de l’élargir et d’éviter de se faire racheter par les Chinois ou les Quatari, la France doit produire plus et dépenser moins dans ses services publics. Il faut également que nous nous rapprochions d’autres pays dans l’espoir que cela fasse tourner nos entreprises et donnent du travail aux pauvres. Il faut que nous profitions de notre expérience dans la colonisation, [Note : C’est la suite du texte, bien plus loin, qui permet de déduire ce mot] sans peur mais en sachant que ne seront pas forcément les bienvenus.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Maintenant que nous sommes donnés les moyens de faire du lobbying économique, nos ministères vont faire ce qu’il faut pour vous persuader d’accepter des réformes en faveur du privé, réformes telles qu’elles seront bien acceptées par le monde économique et qu’elles nous permettront de passer pour des humanistes.

Vous traduisez la suite?

Et, au passage, je vous reposte, une vidéo de 5 minutes, qui, je trouve, va très bien avec ce texte. Elle a été tournée sous un gouvernement de droite. Et s’applique pourtant encore tout à fait bien. Déduisez ce qu’il y en a à conclure sur le parti socialiste… Par ailleurs, on notera que cette vidéo a été fait en présence de Manuel Valls. Ce qui démontre, dans les grandes largeurs, la trahison et l’hypocrisie dont font état nos « nouveaux » dirigeants. (Nouveau parce que les riches ont juste changé les mecs qui vont au casse pipe. Les anciens étaient tout usés…). On peut être à la même table que Cynthia Fleury, et faire de l’expulsion de Roms à fond les ballons. Ah…mais… ce ne sont plus des expulsions parce qu’ils sont étrangers, ce sont des mesures d’éloignement parce qu’ils sont sales. ça n’a rien à voir… Et la mondialisation solidaire alors? Accueillir ceux qui en ont besoin, ça n’en fait pas partie? Non, évidemment…

Exercice de traduction de langue de bois

Bonjour, bonjour!

Suite au cours de ce soir, je fais remonter cet exercice périodique de traduction. Vous allez voir, c’est du grand art. ça fait longtemps que je n’avais pas vu une telle réussite de la xyloglossie. Et c’est paru dans le Monde.

Je vous propose, si le coeur vous en dit, de ne traduire qu’un ou 2 paragraphes car vraiment c’est très long. En copiant collant le paragraphe original et votre version dans un commentaire. J’ai hâte de vous lire.

De mon côté, j’ai écrit la correction complète et je la publierai prochainement.

Une petite piste pour commencer, le titre une fois traduit : L’exploitation des pays pauvres au service du maintien des inégalités dans les pays riches.

Amusez-vous bien et ne rigolez pas trop.

La mondialisation solidaire au service de la croissance.

Les entreprises françaises évoluent dans un environnement économique marqué par une très grande incertitude, où chaque pôle de l’économie mondiale doit réviser son modèle de développement. Alors que la crise financière menace toujours, l’Europe mais aussi les Etats-Unis et le Japon doivent créer les conditions d’un retour durable à la croissance.

Les grands pays émergents cherchent à rééquilibrer leur modèle de développement et à mieux assumer les responsabilités politiques, sociales et environnementales. L’Afrique a trouvé la voie d’une croissance forte. Tous doivent rechercher la voie d’une économie moins gourmande en ressources non renouvelables pour lutter contre le réchauffement climatique.

La bataille pour la croissance ne se gagnera pas dans les limites de nos frontières. Pour retrouver toute sa place et rester maître de son avenir, notre pays a engagé le redressement de son économie et de ses comptes publics. Nous devons dans le même temps renforcer notre intégration internationale au bénéfice de nos entreprises et de l’emploi. Il faut pousser plus loin l’avantage de la France dans la mondialisation, sans crainte ni naïveté.

A l’heure où le gouvernement a choisi de renforcer notre diplomatie économique, les ministères économiques que nous dirigeons entendent contribuer à un effort collectif au service des entreprises et de l’emploi, à la promotion d’un cadre économique et financier régulé et à la construction d’une mondialisation plus juste.

Dans une économie mondialisée, notre pays peut compter sur ses champions nationaux. Ceux-ci, souvent avec le soutien de la puissance publique, ont déjà relevé le défi, pour gagner de nouveaux marchés et trouver des relais de croissance hors de nos frontières. Il est essentiel que leur succès soit conforté et entraîne également l’ensemble de notre tissu économique, ce qui suppose que leur lien au territoire national et à l’emploi persiste, et, notamment pour certains leaders internationaux, se renforce. Le gouvernement sera très vigilant sur ce point.

Nous souhaitons en effet qu’un nombre croissant de PME et d’entreprises de taille intermédiaire soient en position de réussir le saut international et que le niveau des exportations – 430 milliards d’euros aujourd’hui – augmente, conformément à nos capacités productives. C’est un enjeu de création d’emplois sur nos territoires ; c’est un enjeu aussi de démocratie économique, pour que le plus grand nombre profite de la croissance du reste du monde.

Notre performance extérieure est, d’abord et avant tout, une composante et une résultante de notre politique de compétitivité. Les réformes structurelles soutenues par le gouvernement sont désormais bien identifiées. Elles ne relèvent pas uniquement de la compétitivité intérieure, mais se concentrent également sur la compétitivité extérieure et un cadre de financements compétitifs. Pour renforcer l’impact commercial de l’offre française, nous encouragerons également les regroupements de nos entreprises à travers l’organisation à l’export de filières stratégiques en nous appuyant sur les régions.

Les instruments publics seront par ailleurs réorganisés pour accompagner les entreprises : suivi plus précis des grands contrats ; mobilisation d’Ubifrance ; action à l’export de la Banque publique d’investissement. Notre réseau diplomatique, enfin, apportera davantage encore son soutien résolu à la défense de nos intérêts et de nos positions économiques, sous l’impulsion du ministre des affaires étrangères.

Seul un effort collectif, conduit dans un dialogue permanent avec les entreprises et mobilisant l’ensemble des moyens publics disponibles, permettra d’atteindre l’objectif fixé par le premier ministre de réduire à zéro, en cinq ans, le déficit commercial de la France, hors énergie. Un plan d’action pour notre compétitivité extérieure, qui sera rendu public fin septembre, y contribuera.

Pour investir, recruter et se développer, les entreprises ont aussi besoin d’un cadre économique stable et protecteur. Il s’agit là d’une condition nécessaire afin de défendre notre modèle économique et social. La promotion d’une mondialisation ordonnée et équitable, assise sur des règles partagées par tous, est une priorité pour tout gouvernement soucieux de progrès collectifs.

Cette priorité suppose la mise en œuvre complète de l’agenda de régulation financière voulu par le président de la République, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, l’élaboration de normes sociales et environnementales, et l’adoption des règles internationales en matière de financement des échanges. Il convient aussi de conduire nos partenaires à assumer les responsabilités correspondant à leur place croissante dans l’économie mondiale et à ne pas fermer leurs économies pour éviter des enchaînements dont l’histoire a montré qu’ils ne font qu’amplifier les crises.

Une politique commerciale européenne fondée sur le principe de la réciprocité et sur des accords de partenariat équilibrés doit y contribuer. C’est pour nous un objectif majeur. Car c’est l’Europe, et l’Europe seule, qui, unie, pèsera suffisamment afin d’obtenir des avancées de la part des autres puissances mondiales, et qui est en mesure de construire un partenariat équilibré avec les puissances émergentes.

Enfin, c’est de davantage de solidarité qu’a aujourd’hui besoin l’économie mondiale. Comme l’a affirmé le président de la République, la solution à la crise de l’Europe passe par l’intégration solidaire. C’est la voie à suivre pour favoriser la croissance et l’emploi, finalité de la réorientation engagée des politiques européennes. La même volonté s’applique sur le plan international : la réduction des déséquilibres internationaux et la croissance de l’économie mondiale passent par l’émergence progressive d’une mondialisation solidaire.

Cette solidarité concerne les pays en développement, bien sûr. Il ne s’agit pas ici de commisération mais de développement durable, mutuellement profitable. Nous devons jeter les bases d’un développement commun avec nos voisins du Sud – et d’abord avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne –, en analysant et en mettant au service de la croissance les multiples flux économiques qui nous relient à eux.

Le quarantième anniversaire de nos accords de coopération monétaire avec les pays membres de la zone franc, en octobre, fournira l’occasion de nous projeter dans cet avenir commun. Nos partenaires du Sud exigent de préserver leurs ressources naturelles et culturelles ; ils attendent nos investissements. Nos entreprises, attachées à la responsabilité sociale, peuvent porter un partenariat renforcé, dépassant l’horizon du libre-échange, et trouver ici de nouveaux marchés ou des compléments de compétitivité.

La mondialisation est une réalité, son iniquité n’est pas une fatalité. Nous pouvons l’influencer. Pour le faire, nous n’opposons pas emploi et ouverture. Nous sommes au début d’une nouvelle grande transformation, comparable à celle qui, naguère, a vu la démocratie sociale en réponse aux maux du capitalisme. Nous devons inventer, avec tous nos partenaires, un cadre et des institutions pour que la croissance mondiale soit plus forte et durable, humainement et écologiquement, pour que la mondialisation devienne enfin solidaire.

Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, et Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur