L’injonction paradoxale.

Dans l’article précédent, il était question du téléguidage des militants de Macron par messagerie instantanée. Notamment pour mener l’opinion dans les meetings.

Il y a un de ces messages qui a tout particulièrement retenu mon attention. Celui qui fut une régulation car les militants commençaient à faire n’importe quoi:

« Gardez les Macron président pour les bons moment ! ⇒ Lâchez des « Bravo », des « Il a raison », du spontané. »

Ordonner à quelqu’un d’être spontané, cela porte un nom, cela s’appelle une injonction paradoxale. Les hypnothérapeutes et psychologues de l’Ecole de Palo Alto ont découvert ça dans les années 70 et c’est devenu une spécialité de la grande entreprise depuis. Puisque ça permet de demander le beurre et l’argent du beurre tout en ayant l’air de rester raisonnable.

On s’est donc habitué à se voir demander la rapidité et la qualité.  Il ne surprend plus personne d’être appelé à l’originalité dans la conformité. Les marques de vêtements prêts à porter en on fait leur principal credo : Exprimez votre originalité en portant les mêmes habits que tout le monde. Et la chose est si intégrée qu’on s’étonne même parfois de payer les produits bio locaux à un prix élevé!

Pas étonnant que le gens pètent un plomb puisque c’est ce genre d’injonctions impossibles à tenir qui développe des pulsions schizoïdes et paranoïdes et qu’on tâche de dégommer en thérapie avec des techniques dites de reconstruction. Utiliser des « et en même temps » à tout bout de champ, ça n’est pas rassembler, c’est soumettre l’interlocuteur à des forces contraires, comme on tire sur les 2 côtés d’un pétard de papillote.

Sans vouloir faire de ces cas une généralité, lors du passage de La Poste aux nouvelles techniques de management,  j’ai eu à soigner bon nombre de facteurs et factrices dans des états dépressifs. Comment faire aussi bien, humainement, qu’avant alors qu’on passe de 2 tournées à 5 tournées par jour? Comment conserver une bonne estime de soi quand on se retrouve avec du courrier non distribué en fin de journée alors que c’est un de vos indicateurs de vos propres qualités personnelles? Comment se sentir un bon facteur tout en diminuant la qualité de son travail? Heureusement, aucun de mes clients n’a tourné la violence ressentie et ses mauvais sentiments contre lui bien longtemps. Aucun ne s’est suicidé, mais beaucoup se sont syndiqués… Tous n’ont pas eu cette chance.

Alors quand j’entends Christophe Castaner, le porte parole du gouvernement débiter des inepties paradoxales telles que « Les député LREM seraient l’expression de la volonté présidentielle mais aussi son opposition »  Je me dis que HELAS, le ridicule, lui, ne tue pas.

Instant humour du service d’information du Centre Patronal suisse.

Le Centre Patronal suisse nous gratifie d’un moment drôle et cocasse en produisant une campagne, site internet à l’appui. Intitulé sobrement  WARUM WACHSEN (à lire à voix haute Varoum Vache Zen.), il tâche de nous instruire sur l’in-dis-pen-sa-bilité de la croissance. Je vous en laisse maintenant la lecture critique, consternée ou amusée selon votre humeur du moment… J’ai néanmoins émaillé la chose de petit commentaires personnels (bleus entre parenthèse), excusez-moi d’avance…

Plaidoyer pour la croissance

La croissance à elle seule ne suffit pas au bien-être d’une société (Commençons par une concession aux opposants…), mais sans elle, aucune société ne peut survivre. (Suivons pas une énormité…) Dans un pays dont la prospérité offre le luxe de critiquer la croissance (Salaud de moitiés riches!), il n’est pas inutile de rappeler à tous les citoyens quelques éléments de réflexion propres à guider certains choix politiques. (On va te dire ce qu’il faut penser, c’est plus pratique.)

Sensibiliser les citoyens à la nécessité de la croissance

Pourquoi faut-il de la croissance? La réponse apparaît sans doute évidente aux yeux de certains; pour d’autres, cette question ouvre la porte à une remise en cause de notre modèle économique actuel. Il faut savoir gré à economiesuisse d’avoir lancé cet été une réflexion sur ce thème, à travers une publication doublée d’un site internet (www.croissance-pourquoi.ch). (Envoi de fleurs entre amis. Asinus asinum fricat.)Il s’agit d’une opération de sensibilisation du grand public (= Propagande) , articulée autour de quelques exemples, et non d’un travail académique destiné à convaincre tel ou tel économiste déjà convaincu. (Des cas isolés mais rien de valable au regard des standards d’étude, ça promet…) Mais attirer l’attention des citoyens sur l’importance de la croissance économique n’est pas une vaine préoccupation dans la mesure où ce thème revient de plus en plus fréquemment dans les questions politiques sur lesquelles nous avons à nous prononcer. (ça sent le roussi?) Dans un contexte où la croissance fait peur à certains, il n’est pas inutile de rappeler (marteler) qu’elle est malgré tout un élément essentiel et indispensable de notre existence.(Si tu le dis… Un argument qui prouve ça?)

Il ne s’agit pas de défendre une conception idéologique (« L’idéologie c’est mal, d’ailleurs, ce que je dis va bien au dela, d’ailleurs, c’est même la VERITE! ») qui considérerait la croissance comme un but en soi, en oubliant quel est son rôle (Voir tout en bas de cette page…) Nous avons tous en tête des exemples caricaturaux – hélas parfois réels – de sociétés réagissant de manière brutale, voire absurde, afin d’obtenir dans leurs comptes annuels un chiffre de croissance correspondant à des objectifs fixés de manière plus ou moins réaliste. (Ah, ces méchants conseils d’administration…) Ces exemples extrêmes semblent apporter de l’eau au moulin de ceux qui, souvent de manière tout aussi idéologique, contestent la nécessité de la croissance. (Moi, je ne suis pas idéologique mais vous par contre…) Mais ce n’est pas de cela que nous parlons lorsque nous revendiquons une croissance régulière de notre économie. (Non, vraiment pas.)

Croissance individuelle, croissance collective

Il faut distinguer entre la croissance individuelle d’une entreprise ou d’une situation privée et la croissance d’une collectivité et de son économie. (La croissance d’un champ de blé n’a rien à voir avec la croissance de chacun des brins. C’est la magie de Noel!) A titre individuel, on a le droit de se satisfaire d’une situation stable si l’on estime qu’elle suffit à couvrir ses propres besoins, tout au moins provisoirement, sinon durablement. Ce peut être le résultat d’une incapacité à se développer, ou alors un choix délibéré visant par exemple à améliorer sa qualité de vie d’une autre manière ou à éviter un stress jugé inutile. (Concession aux opposants, encore. C’est quand même eux qu’il faut dégonfler…) De même que certaines personnes peuvent choisir de vivre sans augmenter leur revenu (Si tu n’augmente pas ton revenu, c’est un choix. Pauvre, c’est une vocation…), certaines entreprises peuvent décider de se maintenir avec un volume d’affaire à peu près constant – en sachant toutefois que la stagnation risque souvent de se transformer en régression. (On t’aura prévenu… Mais ce ne sera que bien fait pour toi et tes choix de pauvre!)

Au niveau d’une communauté politique et économique, un tel choix n’est pas acceptable. (Ah bon?) Il y a toujours une partie de la population, généralement la plus modeste, qui veut voir son niveau de vie augmenter, (Salaud de moitié-pauvres qui nous forcent à croître) en termes financiers s’entend; la recherche de la «qualité de vie» est une préoccupation qui ne s’acquiert qu’à partir d’un certain niveau de revenu. (Salaud de moitié-riches qui ne veulent pas que les moitié-pauvres puissent se préoccuper de leur propre qualité de vie. Egoistes!) Il faut aussi et surtout tenir compte du fait que la population elle-même augmente – du moins dans une société saine –  et que cela entraîne une augmentation des besoins économiques globaux (logement, alimentation, places de travail, etc.), ainsi que des besoins financiers de l’Etat (pour les infrastructures, les transports, les écoles, mais aussi pour les aides sociales). (Il faut croitre parce qu’on croit parce que je dit que c’est sain. Croître est donc sain. CQFD!!! C’est la magie de Noel! (Bis))

Sans croissance, aucune société ne peut survivre (Sans croisssance, on va tous mourir!)

Enfin, il ne faut pas négliger que la croissance économique, mesurée sur le produit intérieur brut, ne s’oppose pas aux autres indicateurs envisagés pour observer l’évolution de la société; au contraire, elle les accompagne.(Le Produit Intérieur Doux, l’Indice de Bonheur, c’est très bien, d’ailleur, le PIB, c’est très gentil aussi.) L’exemple de certains pays européens en panne de croissance (La croissance est une machine au-to-ma-tique, si on fait les « bonnes » choses, automatiquement, ça marche. Sinon, pouf, c’est la panne ) montre qu’une telle situation est vécue péniblement par la population. (L’exposition médiatiques continue à des messages du type, laissez moi réfléchir….hum… « Sans croissance, aucune société ne peut survivre », n’est en rien responsable du ressenti de ces populations…Non…) / (Il faut croitre parce que les gens, comme on leur suggère de le ressentir, trouvent désagréable de ne pas croître.)  Au contraire, la Suisse, avec une croissance avoisinant les 2%, crée des emplois et attire des travailleurs étrangers, non sans que cela entraîne, il est vrai, une pression grandissante sur les infrastructures de transport et de logement (Salaud d’étrangers. Concession à droite.): la critique de la croissance est un luxe réservé aux pays prospères! (Salaud de moitié-riches égoistes!)

Il n’est donc pas question de tout sacrifier sur l’autel de la croissance: celle-ci à elle seule ne suffit pas au bien-être d’une société (Finissons par une concession aux opposants… La même qu’au début, ça coute pas plus cher!); mais sans elle, aucune société ne peut survivre. (Même énormité qu’au début, toujours pas démontrée par le texte… ) Cela ne signifie pas non plus qu’il faille viser une croissance démesurée (« Oulalah, attention à la démesure, c’est très mal la démesure, il faut savoir raison garder. » Concession aux opposants.) : un tel phénomène, la plupart du temps, ne dure pas et se termine de manière douloureuse, comme on l’a aussi vu dans certains pays européens. Une croissance modérée mais régulière et durable peut suffire, d’autant qu’elle permet sans doute de mieux maîtriser ses effets secondaires. (Vous voyez, on sait bien que la croissance pose des petits soucis mais on gère, restons raisonnables.) L’important est de ne pas relâcher l’effort, car la stagnation ou le recul sont, à l’échelle d’un pays, des tendances très difficiles à inverser. (Cris d’effroi de l’assistance.)

Ces propos peuvent paraître élémentaires (« Si tu n’est pas d’accord, c’est que tu es bête. »… Intéressant quand on a lu…qu’il n’y avait rien à lire…); il importe pourtant qu’ils le soient aux yeux d’un maximum de citoyens, non seulement pour contrer quelques voix prônant la croissance zéro, voire la décroissance, mais d’une manière plus générale pour guider certains choix politiques susceptibles de menacer l’évolution de l’économie helvétique (TRREEEMMMBLEZZ!): les intérêts en présence doivent alors être soigneusement pesés, sachant qu’il est plus facile de trouver des solutions pour maîtriser une croissance rapide (On ne sait jamais, des fois que sur un malentendu on puisse fouguer du 4-5-6-7-8%… La Chine a fait 10%, elle!) , que de tenter de relancer la machine économique (Encore elle!) lorsqu’elle s’enlise (Oui, la machine est automatique, si elle a un problème c’est un enlisement, une question de conditions de mise en oeuvre…). La réalité se charge d’imposer des limites à la croissance, il ne faut pas y ajouter des limites artificielles. (Liberalisons et pis c’est tout.)

(Service d’information du Centre Patronal, n° 3005, 16 septembre 2014)

Une économie qui croitrait de 5% par an doublerait tous les 32 ans. Avec elle, tous les besoins énergétiques et tous les rejets, notamment de chaleur et de gaz. En 64 ans, cela double le double et ainsi de suite. C’est la définition d’une exponentielle. Une exponentielle maintenue termine à l’infini. C’est impossible sur une planète finie. Donc il faut, au minimum stagner, voire décroitre si on prévoit, soit que la quantité d’énergie disponible va diminuer, soit qu’on ne veut pas cuire sur place.

Pour reprendre le paragraphe ci dessus :

Ces propos peuvent paraître élémentaires ; il importe pourtant qu’ils le soient aux yeux d’un maximum de citoyens, non seulement pour contrer quelques voix prônant la croissance zéro, voire la décroissance, mais d’une manière plus générale pour guider certains choix politiques susceptibles de menacer l’évolution de l’économie helvétique.

Pour rappel, l’évolution des consommations énergétiques mondiales au cours des dizaines d’années précédentes. Si ça n’a pas des allure d’exponentielle, dites-le moi…

Ce qui donne, en consommation énergétiqe, en millions de tonnes d’équivalent pétrole.

Sources :Manicore

La seule raison qui pousse les gens qui ont des sous à vouloir de la croissance c’est que celle-ci est garante d’une paix sociale. Les riches gagnent toujours plus de sous que les pauvres, qui en gagnent quand même un peu. Cet écart est supportable si les pauvres continuent, petitement à gagner un peu plus de sous qu’avant (croissance.). En revanche, s’il devait y avoir récession, l’écart paraitrait beaucoup moins supportable aux masses populaires, qui souffriraient, par ailleurs beaucoup plus. Les riches veulent de la croissance pour s’enrichir encore et sauver leur fesses.

Moi aussi je peux être simpliste.

Sans pour autant mentir ou dire du vent.

L’affaire Dussaert

Vue ce soir.

Une conférence spectacle sur l’édifiante affaire Dussaert qui secoua le monde culturel français dans les années 90 et passée sous le radar des media de l’époque. Un travail de recherche et de collecte documentaire minutieux, d’enquête, en fait, un orateur proche du public, qui a pourtant su garder sa distance avec le sujet, un sujet maîtrisé, assurément, et transmis avec une grande spontanéité et presque sans note. Captivant et très instructif.

Toutes les dates de la tournée sont ici. Si vous êtes sur Paris, c’est au Théatre des Mathurins, tous les jours jusqu’en janvier, en tournée ensuite.

Apolitique, apartisan, indépendance, ni de droite ni de gauche.

Est apolitique une personne ou une organisation qui est extérieure à toute lutte relative au gouvernement ou aux affaires publiques d’un État. Cette définition est simple et peut être retrouvée dans la plupart des dictionnaires. Mais à considérer la plupart des gens qui se réclament de l’apolitisme on se demande s’il-le-s ont bien ouvert leur dictionnaire avant d’utiliser ce mot…

Les exemples:

Prenons le Collectif La Manif pour tous qui, dans la même phrase, et sans cilier, arrive à se définir « apolitique et confessionnel ». Déjà s’appeler « La manif pour tous » et se dire apolitique est très fort. Mais immédiatement derrière faire une association d’idées antinomiques qui signifie que l’on considère que la religion n’est en rien liée à des questions de vie publique… La Manif pour tous vient de dire, si elle répond à la définition qu’elle a d’elle même, qu’elle doit se dissoudre… Ou alors, le porte-parole a dit n’importe quoi dans un certain objectif. Je penche pour cette explication…

Variante, l’Institut Montaigne, pas apolitique mais indépendant. En fait « politique » par omission et indépendant proclamé. Le titre d’ « institut » ne devant pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une association mais que celle-ci se donne, ainsi des airs officiels. Une asso dont voici le début des statuts :

Espace de réflexion, libre et indépendant de toute contrainte politique et économique, l’Institut Montaigne s’articule autour de groupes de travail, réunissant des représentants de la société civile (intellectuels, universitaires, experts, responsables d’entreprises, personnalités qualifiées, etc.).

Traitant des sujets les plus divers, l’Institut élabore et diffuse des propositions concrètes de long terme.

Le mot politique n’est utilisé que pour dire qu’on n’y est pas contraint. Pas politique? Même en produisant régulièrement des rapports, des bilans en direction des media, en mettant à disposition des experts qui donnent leur avis sur tout? Criant son indépendance des pouvoirs publics sur les toits mais ne voyant aucun inconvénient à toucher ses 3 millions de budget annuel de banques, fonds d’investissement, assureurs, laboratoires pharmaceutiques, multinationales de services industriels. Libre de toute contrainte économique ?

Pour terminer avec les exemples, l’association SOS Education. Elle se dit apolitique et apartisane, ce qui veut dire de surcroît qu’elle ne se positionnerait pas en faveur d’un parti. Mais lorsque l’on regarde ses objectifs, elle a pour but d’influer sur la ligne de conduite du Ministère de l’éducation nationale, notamment en poussant à la réduction des effectifs du personnel encadrant… Elle se targue, par ailleurs, d’un grand nombre de soutiens d’élu-e-s. On aura, à ce stade compris que ces élu-e-s sont des élu-e-s UMP. Lorsqu’elle se proclame apolitique et apartisane, cette association dit exactement le contraire de ce qu’elle est.

L’interprétation :

La confusion entre apolitiques et apartisane est très largement répandue. L’apolitisme demande de ne se positionner sur aucun sujet de société ou de la vie publique. Un sacré challenge. Mais bon nombre d’artistes et pas des moins subventionnés y arrivent très bien (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet très positif entre apolitisme et subventions/propositions d’exposition. ) L’apartisanisme, quant à lui, demande de ne se positionner pour aucun parti politique. Se dire apartisan en plus d’apolitique est donc un pléonasme. En revanche, on peut effectivement être politique et apartisan. Nombre d’associations défendent leur point de vue sans pour autant apporter leur soutien à qui que ce soit. (Il y a d’ailleurs souvent un lien de cause à effet négatif entre politisation apartisane  et subvention/allocation de local…)

Quel est l’intérêt de se réclamer de l’apolitisme ou de l’apartisanisme ?

Dans un pays et où on a réussi à rendre l’adjectif « politisé » synonyme multifacette de sulfureux/ has-been / ennuyeux à mourir  et où 40 % des gens ne votent pas, une portion considérable de la population ne s’intéresse donc que de très loin à la vie politique voire la fuit purement et simplement. Ce qui est pratique pour gouverner, car on est tranquille, moins pour obtenir des soutiens populaires quand on a des idées à défendre… Se dire politisé, c’est se couper d’une bonne part de ses soutiens. Et quand, en plus, les idées que l’ont défend auraient pour effet de nuire à la classe de population que l’on cherche à convertir, étiqueter ouvertement ses idées est suicidaire.

Dans ce cas là, on se dit apolitique et apartisan et tant pis si on dit n’importe quoi.

Et quand on a compris qu’en terme de nombre, la classe populaire est généralement celle à courtiser pour faire du chiffre, on comprend que l’expression « apolitique et apartisan » est une des préférées des idéologies de droite, même si elles n’en ont pas l’exclusivité…

Variante de « apolitique » : « Ni de droite, ni de gauche »

Exemple : « Je veux dire un mot à Manuel. Pour moi, pour nous, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite. Et je dois vous dire que nous sommes très heureux de son action« , dixit Serge Dassault, au côté de M. Valls, le 11 sept 2012, lors de l’inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes. Le sénateur UMP, par ailleurs propriétaire du Figaro a pousuivi « C’est pour ça qu’il a l’appui d’un journal bien connu. Mais, s’il fait des bêtises, on en reparle. Actuellement, c’est très bien. Pour les Roms et tous les autres, c’est formidable. Donc bravo Manuel et continue ! » Ce jour là, Manuel Valls a fait mine de s’éponger le front, moins d’un an après, 7 juillet 2013, il reprenait le même élément de langage. Thomas Guénolé, politologue lui donne le qualificatif de « socialiste de droite », une expression qui mériterait qu’on s’y attarde tant elle fait référence à une réalité dérangeante… Car le gouvernement actuel n’est peut-être « Ni gauche, ni de droite », si vous voyez ce que je veux dire…

Les Maudits Trolls.[1]

Je ne suis guère versé dans les commentaires sur internet. Les commentaires, ce sont les remarques de l’on fait en bas d’un article. De ce que j’en vois, souvent ces commentaires sont très courts et assez peu documentés. Par contre, ils sont souvent très tranchés. Difficile de nuancer un  propos ou d’argumenter en quelques dizaines de caractères. Mais il y a pire… La perception que vous aurez des informations contenues dans un article changera en fonction de la nature des commentaires d’internautes qui l’accompagneront. C’est, en substance, le principal résultat d’une expérience conduite par Dominique Brossard (université du Wisconsin à Madison), paru le 19 février dernier dans la revue Journal of Computer Mediated Communication. Selon ce travail, la vitupération qui se manifeste sur les fils de conversation en ligne a pour effet de polariser les opinions. Ils se forment des camps…

Pour démontrer la choses, les chercheurs sont partis d’un seul et même article, rédigé de la manière la plus neutre possible, au sujet des nanotechnologies. Mais 2 versions étaient testées sur des échantillons représentatifs. Une version étaient affublée de commentaires hargneux, tels qu’en font les personnes que l’on surnomme, pour cette raison, des trolls. L’autre était adjointe de commentaires sobres et respectueux

« Ce que nous avons découvert est que la lecture du même article produit des perceptions différentes en fonction des commentaires, dit Mme Brossard. Ceux qui ont plutôt tendance à être favorables aux nanotechnologies le seront encore plus après la lecture de l’article et des commentaires faits d’invectives : de même, ceux qui étaient a priori réticents le seront encore plus après cette même lecture. » Pour les individus de l’échantillon qui ont lu le même texte assortis de propos policés, cette tendance à la radicalisation n’apparaît pas et les camps ne se forment pas clairement…

« Ce qui est très important est que nous avons pris soin, dans les deux cas de figure, de donner les mêmes informations dans le premier fil de commentaires et dans le second, précise Mme Brossard. Seul le ton et le registre de vocabulaire de ces commentaires changent. »

Le fonctionnement impulsif et agressif étant très courant sur le net, il est utile de se demander si cela n’aurait pas pour effet de radicaliserr les gens sur les thématiques qui font polémiques et pour lesquelles nos concitoyen-ne-s vont chercher de l’info sur le Net…

« Nous ne disposons pas de preuve expérimentale pour le dire, mais on peut imaginer que cela puisse être le cas sur des questions politiques, estime Mme Brossard. En particulier à propos des questions sur lesquelles il existe des idées ou des opinions préconçues… » Si vous avez tendance à discuter nanotechnologies, OGM, changement climatique, mariage pour tous sur le Net, méfiez vous donc de où vous mettez les pied, vous pourriez en ressortir plus radical qu’en y entrant, et ce, hors de tout argument raisonné… Si vous avez des vues un peu extrêmes sur le monde, il est peut-être temps de les requestionner…

Hasard du calendrier des révélations médiatiques, on apprend peu après que l’UE voudrait allouer 2,5 millions d’euros pour financer des agents de ré-information. En amont des élection européennes de 2014, ceux-ci parcoureraient les forum et auraient pour fonction de « corriger les méprises » en vu de redresser l’opinion publique. En somme, des contributeurs professionnels et des commentatrices à gages…Trolls en vue… D’après le document, les communicants devront lutter contre l’idée que «l’Europe est le problème» en distillant l’idée selon laquelle la solution serait «plus d’Europe». En ciblant préférentiellement les pays plus eurosceptiques. La France et son rejet de la constitution européenne à 55% pourrait bien faire parti de ceux-là,non? Reste à savoir si, cette information étant tombée aux main du public, le projet va être mis en œuvre ou pas…

Dans 2 jours, un article sur « Comment troller efficace quand on est un agent d’Etat » Une délicieuse traduction d’un doc interne du FBI…

Temps de cerveau disponible.

TV fucks your brain

Mademoiselle Carola Lehman nous écrit de l’Allemagne. Une bien jolie carte qui ne dit pas vraiment que la télévision apporte un plaisir interdit par l’Eglise à votre cerveau. Non ami lecteur, non amie lectrice, il y a un double sens! Sauras-tu le détecter? Moi, je l’ai trouvé! Décidément les street artistes sont très taquins. Aimable journée à vous!

Consultation européenne concernant le gaz de schiste.

La Commission européenne cherche à s’assurer que le développement des combustibles fossiles non conventionnels s’accompagne de garanties sanitaires, climatiques et environnementales adéquates et d’un maximum de sécurité et de prévisibilité juridiques, tant pour les citoyens que pour les opérateurs, ainsi qu’à s’assurer que les avantages potentiels en matière d’économie et de sécurité énergétique puissent être réalisés. Forte des travaux d’analyse qu’elle mène depuis la fin de 2011, la Commission a inclus dans son programme de travail pour 2013 l’élaboration d’un «cadre d’évaluation des questions liées à l’environnement, au climat et à l’énergie visant à permettre une extraction sûre et sécurisée des hydrocarbures non conventionnels»

Cette consultation par internet fait partie des mesures prises par la Commission européenne en vue de consulter toutes les parties concernées et le grand public sur ce sujet. Nous souhaitons connaître votre avis
sur un certain nombre de questions importantes. Les réponses à ce questionnaire vous prendront environ 10 à 15 minutes. Cette consultation et ses résultats ne préjugent en rien de la forme des décisions que la
Commission européenne pourrait prendre à ce sujet.

Délicieuse, cette dernière phrase de l’introduction à la consultation européenne concernant les hydrocarbures non conventionnels. Elle signifie que l’avis donné par le public ne doit pas être pris comme une prévision de la décision prise par ses représentants… »Cause toujours » en somme. Cela révèle assez bien la forfaiture des consultations publiques qui consistent à vérifier dans quelle mesure, le public nous laissera faire ce qu’on veut. En l’état, « ce qu’on veux » est lisible à la fin du premier paragraphe : « permettre une extraction sûre et sécurisée des hydrocarbures non conventionnels »
Il ne s’agit pas de discuter du bien fondé de l’extraction, celle-ci étant visiblement décidée.

Et les questions du sondage sont à la hauteur de mes attentes (notez que le  » * (obligatoire) écrit à côté de chaque proposition signifie que vous avez obligation de vous positionner vis-à-vis d’elle pour pouvoir aller plus loin. C’est déjà en soi une violation d’une règle de base d’une enquête digne de ce nom):

Indiquez pour chaque proposition le niveau de bénéfices que vous attendez de l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)en Europe. Choisir entre:
  1)Un bénéfice majeur 2)Un bénéfice significatif 3)Un bénéfice modeste 4)Pas de bénéfice 5)Je ne sais pas

Cela pourrait contribuer à diversifier le bouquet énergétique* (obligatoire)
Cela permettrait d’éviter d’accroître la dépendance de l’Europe en matière d’importation d’énergie (par ex. les importations de pétrole et de gaz depuis des pays non européens)* (obligatoire)

Cela pourrait renforcer la position de négociation des opérateurs européens vis-à-vis des fournisseurs d’énergie extérieurs* (obligatoire)

Cela permettrait de réduire les coûts de l’énergie pour les consommateurs* (obligatoire)
Cela pourrait améliorer la compétitivité de l’industrie européenne* (obligatoire)
Cela pourrait attirer les investissements* (obligatoire)
Cela pourrait créer des emplois* (obligatoire)

Cela pourrait générer des revenus pour les autorités publiques (par ex. des impôts ou des recettes supplémentaires)* (obligatoire)

Cela pourrait susciter des innovations technologiques* (obligatoire)

Cela pourrait conduire à la substitution du charbon dans l’intérêt du climat* (obligatoire)
Cela pourrait contribuer à équilibrer le réseau électrique de l’UE* (obligatoire)

Voilà qui vous oblige à penser le, et à vous prononcer au sujet du, gaz de schiste en terme de bénéfice.Quant aux inconvénients, ce n’en sont pas…non, ce sont des défis! Auxquels « vous vous attendez » puisque bientôt ce sera « l’essor des combustibles fossiles non conventionnels » Lisez plutôt la 2e question de l’enquête :

Indiquez pour chaque proposition le niveau des défis auxquels vous vous attendez avec l’essor des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) en Europe. Choisir entre :

1)Un défi majeur 2)Un défi significatif 3)Un défi modeste 4)Pas de défi 5)Je ne sais pas

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la quantité d’eau utilisée* (obligatoire)
Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la qualité de l’eau* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la qualité de l’air* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés aux sols* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à l’occupation des terres* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à la nature et à la biodiversité (par ex. pour les forêts, la végétation, la faune et la flore)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à des perturbations pour la population (par ex. du bruit et une augmentation du trafic automobile)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner de nouveaux problèmes liés à l’activité sismique* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner des risques géologiques à long terme (c’est-à-dire après la cessation des opérations)* (obligatoire)

Cela pourrait augmenter les risques pour le climat (par ex. les émissions de méthane)* (obligatoire)

Cela pourrait détourner d’autres options énergétiques (par ex. les sources d’énergie renouvelables et l’efficacité énergétique)* (obligatoire)

Cela pourrait entraîner des risques sanitaires et de sécurité pour les ouvriers des sites d’exploration et d’extraction* (obligatoire)

Cela pourrait être mauvais pour l’image locale, le tourisme et la valeur des biens immobiliers* (obligatoire)

Le manque de transparence et d’information publique (par ex. à propos des licences et permis prévus, à propos des opérations (par ex. les additifs chimiques utilisés) et de leurs bénéfices et risques potentiels)* (obligatoire)

L’inadéquation de la législation applicable à ces projets (par ex. l’insuffisance du niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement)* (obligatoire)

L’absence de conditions de concurrence équitables au niveau européen pour les opérateurs en raison d’ approches nationales différentes* (obligatoire)

La capacité des autorités publiques à superviser un grand nombre d’installations* (obligatoire)
L’acceptation par le grand public* (obligatoire)

On ne vous demande pas si le problème vous parait gros, important ou même rédhibitoire, on vous demande d’évaluer si le travail nécessaire à accomplir pour le surmonter est grand. Vous venez donc de vous positionner, quelque soit votre réponse du côté des personnes qui considèrent qu’un travail doit être fait pour surmonter les obstacles.

Le titre de la page de ces 2 questions est d’ailleurs « Opportunité et défis »,  2 nominalisations qui, toutes deux, ont  un fort potentiel d’adhésion. (Vous êtes contre les opportunités vous? Vous êtes contre les défis? Lâches! ) L’opinion du poseur de question se voit.  Et quelles que soit les réponses à mes questions, on pourra s’en servir pour défendre cette opinion. Car, de plus, les échelles d’indicateurs sont déséquilibrées. On ne peut qu’exprimer adhésion ou neutralité. On ne peut, par exemple sur la première question, s’exprimer qu’en terme de bénéfice. Et si moi je considère que réduire encore le coût de l’énergie serait un maléfice??? J’ai, comme choix le plus fort, seulement « Pas de bénéfice ». Et si, j’éprouve du rejet?

Quel est selon vous le niveau d’importance des recommandations ci-dessous pour éviter ou minimiser les risques environnementaux, climatiques et sanitaires des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?
1)Très important 2)Important 3)Assez important 4)Pas important du tout 5)Je ne sais pas

Procéder à une planification préalable (par ex. le nombre de puits prévu, l’espace entre les puits, la distance jusqu’aux zones résidentielles, les aquifères et les zones protégées)* (obligatoire)

Evaluer les risques liés aux formations souterraines (géologiques) avant de décider d’entreprendre un forage et une fracturation hydraulique* (obligatoire)

Définir les risques opérationnels avant, pendant et après les opérations, y compris par l’utilisation de modèles spécifiques* (obligatoire)

S’assurer que le puits est correctement construit et isolé et qu’il ne fuit pas* (obligatoire)

Contrôler la qualité de l’eau et de l’air et les aspects sismiques avant, pendant et après les opérations* (obligatoire)

Divulguer les données d’exploitation (par ex. les volumes d’eau utilisés, les additifs chimiques utilisés, les caractéristiques des déchets et les incidents)* (obligatoire)

Minimiser l’utilisation des fluides de fracturation et remplacer les produits dangereux par des solutions de substitution plus sûres* (obligatoire)

Minimiser l’utilisation d’eau* (obligatoire)

Gérer les fluides et les déchets de fracturation de manière appropriée* (obligatoire)

Contrôler les rejets dans l’air, en particulier les gaz à effet de serre comme le méthane* (obligatoire)

Limiter le bruit* (obligatoire)

Minimiser les besoins en matière de transports* (obligatoire)

Garantir des régimes de responsabilité clairs et solides, y compris pour la phase de post-fermeture* (obligatoire)

S’assurer que les opérateurs ou les détenteurs de permis disposent de la sécurité financière adéquate (par ex. pour couvrir les accidents potentiels ou les exigences pour la post-fermeture)* (obligatoire)

Prévoir l’inspection des puits et la surveillance des opérations sur une zone étendue* (obligatoire)

Prévoir une évaluation et une vérification indépendantes des projets* (obligatoire)

Garantir des réactions appropriées en cas d’urgence* (obligatoire)

Encore une fois, cette question suppose que l’on soit entré en matière en terme d’exploitation. Et je ne peux pas apporter mon adhésion, même implicite à ça. C’est encore une situation « Pile tu perds. Face, je gagne. » (Pour ceux et celles qui ont vu Propagando Manipulens, c’est ce que fait subir le hibou en début de spectacle, lors du choix de la pilule… On appelle cela un double lien. Guignol est enjoint de se prononcer sur la couleur de la pilule qu’il veut mais on ne lui pose pas la question « Est-ce que tu veux une pilule? »)

Quelles actions recommanderiez-vous au niveau de l’UE pour relever les défis et gérer les risques dont il est question?
1)Oui 2)Peut-être 3)Non 4)Je ne sais pas
Ne rien faire: le cadre actuel est approprié* (obligatoire)
Mettre en place des échanges d’informations et des conseils en matière de bonnes pratiques et encourager les approches volontaires adoptées par le secteur* (obligatoire)
Clarifier la législation européenne en vigueur au moyen de lignes directrices* (obligatoire)
Adapter certains textes de la législation européenne en vigueur* (obligatoire)
Élaborer une législation européenne complète et spécifique pour les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Question en double lien. En répondant, vous recommandez à l’UE de relevez les défis, donc d’exploiter.

Ensuite, on nous demande de nous prononcer sur le cadre législatif…Nul n’est censé ignorer la loi, mais, comme je le dis parfois, si c’était vraiment le cas, il n’y aurait pas des gens dont le boulot consiste justement à connaitre la loi…Donc… J’ai beau être plutôt bien informé et sensible à la thématique, je ne connais pas le cadre actuel. J’imagine que ce doit être le cas de beaucoup de personnes. Les réponses à cette question seront donc de l’ordre du grand n’importe quoi

Mention spéciale pour la dernière proposition car « Élaborer une législation européenne complète et spécifique pour les combustibles fossiles non conventionnels« , pour rassurant qu’elle paraisse, ne veut pas spécialement dire que cela soit protecteur… Par contre « Mettre en place des échanges d’informations et des conseils en matière de bonnes pratiques et encourager les approches volontaires adoptées par le secteur« , veut bien dire qu’on laisse faire aux industriels à peu près tout ce qu’il veulent.

Selon vous, quelles sont les informations les plus importantes à mettre à la disposition des citoyens sur les activités en matière de combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?

1)Très important 2)Important 3)Assez important 4)Pas important du tout 5)Je ne sais pas

Projets prévus (par ex. le nombre de puits et leur localisation)* (obligatoire)

Informations sur les opérateurs actifs dans le secteur des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste), leurs licences et leurs permis* (obligatoire)

Lignes de base (par ex. données sur la qualité de l’eau et de l’air avant l’exploitation)* (obligatoire)

Données opérationnelles (par ex. les volumes d’eau et additifs chimiques utilisés)* (obligatoire)

Informations sur les incidents associés à l’exploration et à l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Informations sur les risques potentiels associés à l’exploration et l’extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)* (obligatoire)

Informations sur les bénéfices potentiels (par ex. l’emploi et les recettes fiscales)* (obligatoire)

Voilà un joli « Yes Set » … ou une tentative d’exploiter le fait que vous soyez sur votre lancée pour vous faire accepter un truc auquel vous diriez « non » s’il était isolé. Si, comme moi, vous êtes opposant à l’exploitation au gaz de schiste, vous aurez tendance à cocher massivement la première case pour évaluer les réponses à cette question… Clic, clic, clic, clic, clic…. Presque sans lire…(C’est une des dernières questions, on en a déjà lu pendant 10 minutes, voilà quoi…) Mais relisez la dernière réponse proposée… Surprise! Si vous êtes opposant, il ne faut plus cocher la première case mais l’avant dernière. Cela ressemble fort à une inversion d’échelle… Certains sondage passent ainsi soudainement sur une question du « classer de 1 à 5 par ordre d’importance croissante » à « Classer de 5 à 1 par ordre de priorité croissante ». Là, c’est une variante. L’échelle reste la même mais la teneur de la question est inversée quant à ses conséquences pratiques.

En considérant les 40 prochaines années, estimez-vous que le développement des combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) répond aux objectifs de l’UE en matière d’économie à haut rendement énergétique et à faible intensité de carbone?* (obligatoire)

Oui, quelles que soient les conditions de ce développement
Oui, mais uniquement s’il est assorti de garanties sanitaires et environnementales appropriées

Oui, mais uniquement s’il est assorti de garanties sanitaires et environnementales appropriées et de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de l’efficacité énergétique et d’augmentation de l’utilisation de sources d’énergie et de technologies à faible intensité de carbone (en particulier des sources d’énergie renouvelables)

Non

Je ne sais pas

Vous avez une vision prospective concernant le panorama énergétique mondiale, qui s’étend, de surcroit, sur les 40 prochaines années. Chapeau! La mienne s’émousse un peu au delà de 10-20 ans… (Voir Faim de pétrole de la SCOP Le Pavé)

Êtes-vous satisfait de cette enquête?

Non, définitivement, non. Cette enquête se situe au delà de mes préoccupations et court-circuite ma position. On me demande à quelles conditions pratiques l’exploitation pourrait se faire. J’aimerais plutôt expliquer pour quelles raisons je considère qu’elle ne doit pas se faire. Mais ça, c’est ce qui se produirait dans une VRAIE enquête. Celle-ci n’a pas vocation à enquêter mais à fabriquer des données qui vont dans le sens du poseur de question.

Alors, en début de questionnaire, il y avait bien cette question…

Laquelle des formulations suivantes reflète le mieux votre avis général sur les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste)?* (obligatoire)

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) doivent être exploités en Europe de toute façon

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) doivent être exploités en Europe seulement si des garanties sanitaires et environnementales adéquates sont en place

Je pense que les combustibles fossiles non conventionnels (par ex. le gaz de schiste) ne doivent en aucun cas être exploités en Europe
Je n’ai pas d’avis pour le moment

Pourquoi ne pas proposer des questionnaires différents en fonction de la réponse à cette question? C’est tout à fait réalisable, très simplement alors pourquoi?

Pour terminer, voici une petite blague… Au coin d’une rue, un homme tombe sur  un autre en rentrant chez lui. Il a un comportement étrange. Il est tard, il fait nuit et l’homme est au pied d’un lampadaire, il regarde le sol en tout sens.La discussion s’engage :

« -Vous cherchez quelque chose monsieur?

-Oui, je cherche mes clefs.

-Ah, vous les avez perdu par ici…

-Pas du tout, je les ai perdu là bas, près de ma voiture, mais je regarde ici parce que c’est là qu’il y a de la lumière. »

Quelle rigolade les consultations de lampadaire…