Dé-faites le mur.

Cet article de Michèle Le Dily (conférencière gesticulante) m’a paru intéressant parce qu’il raconte l’histoire simple d’une personne qui va au delà d’une barrière créée par la propagande… Et c’est pas rien. Cette barrière, c’est celle de son endogroupe.

L’endogroupe,c’est le groupe auquel on estime appartenir. Son endogroupe :«Nous, la ville, les commerçants» En face, l’exogroupe : «la horde, les altermondialistes» . les autres, autres cultures, autres identités. Psychologie sociale. Il y a ‘nous’. Il y a ‘eux’. Blanc. Noir.

Cette rhétorique Nous-Eux tend à désigner l’autre comme étant radicalement différent. L’étape suivante consiste, toujours par le langage, à le priver de son humanité. Ainsi on parle de moins en moins des personnes mais plus en plus de choses, qui se définissent par des caractéristiques uniformes, très réduites.

Par exemple, on ne parlera pas des personnes composant le black block mais, juste, des black blocks. (« Les blocs noirs. »). Ils n’ont pas d’émotion ou de famille. Dans l’espace médiatique, ils cassent. C’est tout.

Tout comme les migrants, définis par le seul fait qu’ils migrent. Ils bougent, ils vont sur des bateaux, ils coulent, et des fois non, arrivent sur une plage, courent. Disparaissent, vers le fond, ou vers la forêt. Les migrants.

Des caractéristiques simples. Je tape souvent sur la complexité inutile du langage… La simplification est aussi dangereuse. Je vous en parlerai bientôt en décortiquant quelques éléments du journal municipal d’une ville d’extrême droite…

Car l’utilisation récurrente de certains mots doivent nous alerter quand ils finissent par créer un groupe ennemi sans visage, contre lequel on est enjoint de se fédérer. Et on doit s’en méfier d’autant plus qu’on aurait envie soi-même de se fédérer contre…

Car on prend le risque de passer la réalité au papier de verre, d’oublier que les cases n’existent pas vraiment et que chacun fait ce qu’il pense nécessaire, pour des raisons qui méritent d’être examinées. Et pas balayées d’un revers de « Ils sont bêtes ».

Non, les gens ne sont pas des bêtes. Ce sont des gens. Avec des motivations, des espoirs, des rêves, des enfants, de l’amour, des soucis de santé, de famille, etc, etc… Les gens sont des gens. On ne les combat pas. On combat des idées.

Et les gens, ça inclut aussi les riches, les macronistes, les #FBPE et consort…
Ouaip… Chacun se fait ses exogroupes, ses murs et ses mers à franchir… L’important, c’est de laisser grandes ouvertes les frontières. Les voyages forment la jeunesse mais il n’y a pas besoin d’aller bien loin…

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