La cabine autonome d’influence intensive

Temps de lecture : 1min30

Vous vous demandez peut-être ce que vient faire Google dans le développement de la voiture autonome?  C’est probablement que vous percevez Google pour ce qu’il veut que vous pensiez. Pardon, Alphabet. Alphabet est la firme qui détient Google. Google est le moteur de recherche de Alphabet. Oups, même moi, je m’y laisse avoir.

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Comment faire quand les gens ont déjà un truc? Leur vendre en double!

On se décortique une pub?  Celle-ci, toute récente, est tout à fait stupéfiante de technicité et donc de fourberies…

Temps de lecture : 5 à 6 minutes.

Je vous propose de la visionner ensuite de vous dire ce que j’y vois…

Bénéfice rationnel/Bénéfice aspirationnel

Dès les premières secondes, cette pub permet de comprendre la différence entre bénéfice rationnel (être éclairé quand il n’y a pas de soleil; parler de loin à quelqu’un; se déplacer sans effort …) et bénéfice aspirationnel (Le début d’une nuit moins sombre; une nouvelle manière de rester connecté avec quelqu’un; rejoindre l’amour…). Le symbole de la nuit devenant plus claire, le besoin de connection entre humains, aller vers ceux qu’on aime, repousser les limites du ciel voilà de belles choses, difficilement refusables. Autant de propositions de remplir des aspirations élevées, quasi sorties d’un livre de développement personnel. Le ton est donné : Rêvez haut les gens, on va vous épater !

Yes set

Ampoule, téléphone, voiture, avion, aérospatiale. Les inventions sélectionnées sont consensuelles et ubiquitaires. On ne parle pas de la pilule  contraceptive ou du nucléaire. Tout le public cible bénéficie de ces domaines ou de leurs conséquences. Et donc implicitement, tout le monde est OK avec ces choses. Une suite d’approbations, ça vous rappelle quelque chose? Oui, oui, c’est le Yes set : Une suite de Oui qui aura pour effet de produire la même réponse à la proposition suivante. Celle qu’on veut vous vendre.

Gradation et mobilisation émotionnelle

Ampoule, téléphone, voiture, avion, aérospatiale. Du plus petit au plus grand. Un effet de gradation, renforcé par la musique épique se complexifiant et les changements de réglages de la caméra (du sépia, au noir-blanc, puis couleurs, puis…). C’est le PROGRES.  Ce qui va suivre va être GIGANTESQUE! Plus grand qu’aller sur la LUNE! Cette gradation a aussi un effet émotionnel. Regardez cette pub sans les images, cela semble quasiment un audio de coach motivationnel visant à vous mettre en état de haute énergie et en  mouvement.

Rupture, parce que sinon…

Changement de tons, tant colorimétriques que musicaux. Parce que présenter une machine à laver sur une musique épique à la Vangélis, c’était bon pour les années 90 et que ça révélerait le ridicule de la gradation précédente : Plus fort que d’aller sur la Lune,  plus fort qu’un casque d’astronaute, avoir un HUBLOT de DOUBLE MACHINE A LAVER!!!! (Chariots of Fire en fond sonore, merci.) . On passe donc sur un truc qui fait globalement plus « quotidien et simple » avec une musique enfantine. Rappelez-vous, l’apocalypse vous sera vendue en vous reliant à la part insouciante de vous même grâce à une bande son de métallophone enfantin guilleret ou de guitare adolescente conviviale. Là, c’est l’enfant.

Machine à laver avec vue.

« quotidien et simple » c’est vite dit pour ces 3 derniers plans. (3 l’équilibre, 2 la division qui dit « choisi ton camp »)… Sur lesquels je vais passer rapidement tellement il y aurait de choses à dire. A commencer par le type de famille qui sera la cible de la campagne. On présente des blancs, en maison avec jardin, près de la forêt, un seul  enfant, donc on cherche à toucher la classe sociale qui voudra bien imiter celle-ci ou s’y reconnaîtra…

  • Plan 1 :  La famille jouant à un jeu de construction en bois : Vous aussi vous avez mis votre machine à laver dans votre salon??? En flou, à l’arrière, l’idée que quelqu’un (Papa) va vous donner un signe de reconnaissance lorsque vous prenez le risque d’aller plus haut (Gradation, progrès, etc…) sous le regard protecteur d’une autre. (Maman)
  • Plan 2 : Le couple faisant la lessive ensemble après le sport. C’est moderne, monsieur fait la lessive. En revanche, c’est lui qui est en tenue de travail et madame qui est en tenue de course à pied. On a compris qu’il y en avait un qui travaillait pendant que l’autre était au sport et s’occupait de son physique. Pas si moderne finalement… Et vous aussi, quand vous avez des 2 grandes baies vitrées donnant sur votre jardin fleurie, vous mettez la machine au milieu? (Tiens, elle n’est plus dans le salon???)
  • Plan 3 : La famille faisant la lessive ensemble (c’est beau), c’est facile, il suffit de laisser tomber le linge. En ce qui concerne se baisser jusqu’au sol pour sortir le linge mouillé ou collé au tambour, on le montre moins… Et vous aussi votre enfant intérieur trépigne à l’idée de lancer une programme court 30° Linge délicat???

Métaphore de changement

Le passage d’un plan de grand inventeur à un autre se fait par un changement de costumes et de décor « à vue ». Ce ne sont pas des plans brutalements coupés mis les uns derrières les autres. Il y a une continuité et il y a du changement. La continuité dans le changement, ce n’est pas la première fois que vous entendez cela. C’est une manière de ménager l’inconscient, qui n’aime pas trop les modifications de son environnement et préfère la stabilité, en lui suggérant pourtant d’envisager de faire différemment. Par ailleurs l’évidence des costumes permet d’éviter les problèmes de droits d’image des personnes concernées, qui ne sont, de plus, pas nommées. Ce sont des évocations en somme plutôt que des représentations. Cela exonère de plus de trop faire attention à la réalité historique (Edison aimait-il vraiment l’astronomie?)

Suggestion par disposition d’esprit

« Plus haut c’est mieux ». Une phrase jamais dite. Mais du téléscope du tout premier plan, en passant par la voiture surélevée par rapport au vélo (qui va moins vite vers ceux qu’on aime, je vous le rappelle. Bisou de LG aux contructeurs automobiles.), l’avion, la Lune, l’empilement de jeu en bois, beaucoup de d’éléments concourent à transmettre cette idée. Pour contre-balancer l’idée que ce lave-linge est quand même super imposant et sort largement de tous les standards de mesure de l’électroménager…  Vous aurez du mal à le mettre sous un plan de travail de cuisine. D’ailleurs, on le filme plutôt en contreplongée, ce qui le fait paraître plus petit.

Alors que…

Sous prétexte de vous donner (bénéfice aspirationnel) « Deux fois plus de temps pour ce qui compte » (« Deux fois plus de temps pour vous » dans la version francophone.),  il s’agit de vous vendre DEUX machines à laver en même temps! (Relire cette phrase.)  Alors qu’il y a déjà toutes les probabilités pour qu’au regard du temps que passe votre lave-linge à ne rien faire, son temps de fonctionnement soit assez dérisoire (Aller, 3h par jour ? Sur 24h? 1/8e du temps max…). Quand on sait que sur ce type d’engin, l’énergie grise liée à sa production est assez considérable, vous vendre 2 machines au lieu d’une qui fonctionne déjà à temps partiel est quand même culotté (Les culottes, c’est programme court 30° Linge délicat.). A l’inverse, je me rappelle l’existence de ces superbes 8 machines à laver incroyablement durables et solides qu’il y avait dans une pièce spécialement aménagée de la cave d’un immeuble et des tours de lessive que se partageaient la cinquantaine de foyers de l’immeuble (Un jour chacun, en gros), dont le notre. Mais ça, bien sûr, ça fait 42 machines de moins à vendre… 84 si on compte la machine fourguée en rab’… La transition écologique, on en parle?

 

Mauvais esprit ?

Le problème avec les gens qui ont de l’esprit critique c’est qu’il devient parfois très énervant de discuter avec eux… Je le sais, j’en suis un…

Maintenant, suite à un petit échange de mail avec un site de co-voiturage sur lequel je suis inscrit, je vous laisse juger de qui est dans le mauvais esprit par rapport à ce qu’il affiche habituellement…

En tout cas, n’hésitez pas à faire des remarques à vos prestataires. Ils en tiennent plus compte qu’ils veulent bien l’admettre…

Bonjour Phloem,
Envie de soleil et de sable fin ?
BlaBlaCar vous offre un voyage de rêve pour 2 à Madagascar !

Tentez de remporter un voyage à Madagascar

Jouez pour le voyage à Madagascar

Pour partir à Madagascar :
1) Rejoignez la course sur notre page Facebook
2) Répondez aux quiz, parrainez vos amis et jouez à l’instant gagnant pour accumuler des points
3) Finissez en tête de la course et faites vos valises !

Bon voyage !
L’équipe BlaBlaCar

PS : Le lémurien est un mammifère proche de la famille des singes, emblématique de Madagascar !

Bonjour!

Je lis ici même [Sur le site internet] que « Frédéric Mazzella [Le fondateur de l’entreprise] envisage le covoiturage comme une solution d’optimisation simple et prometteuse pour diminuer la pollution atmosphérique »

Alors qu’elle est donc cette tartufferie de concours à la noix qui met en premier prix « un voyage de rêve pour 2 à Madagascar ». »Ecotourisme », c’est une plaisanterie..? On y va en co-voiturage à Mada? En pousse-pousse? Partir en avion à Madagascar, ça doit être ça « le rêve » à avoir quand on partage les valeurs de la communauté de covoiturage ? Alors que je suis certain qu’un seul aller-retour à Madagascar explose allégrement mon budget CO2 annuel. [8000Km en avion si mes souvenirs sont exactes…]

Dans l’échelle des valeurs du groupe, l’environnement est descendu à quel niveau précisément? Parce qu’il semble que BlaBlaCar porte de mieux en mieux son nom…

Bonne route.

Phloem.


From: no-reply@blablacar.com
Subject: Re : Un vol à Madagascar???
Date: Thu, 4 Jul 2013 19:10:05 +0200

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Bonjour Phloem,

Nous avons pris note de votre remarque que nous transmettons aux personnes concernées.

Il est vrai que certaines destinations ne sont accessibles qu’en avion mais faut-il pourtant réfuter ce mode de transport? Ne doit-on plus avoir le plaisir de voyager et découvrir d’autres pays?

Toujours est-il que l’idée était de faire profiter nos utilisateurs d’un beau cadeau, car nous pensons effectivement qu’il s’en agit bien d’un, ceci au sein d’un concours proposé à notre communauté et nos nouveaux utilisateurs.

Nous regrettons donc sincèrement votre réaction même si nous en prenons bonne note.

Restant à votre disposition,

Nous vous souhaitons de bons covoiturages.

Cedric – Relations Membres BlaBlaCar

BlaBlaCar est le nouveau nom de Covoiturage.fr
Plus d’infos à ce sujet: http://www.blablacar.fr/blog/nom-blablacar-france

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Bonjour Cédric,

Merci d’avoir répondu à ma question.
Je me permets de la lire avec intérêt et, comme c’est ma désagréable mais (auto)salutaire habitude, esprit critique.

« Il est vrai que certaines destinations ne sont accessibles qu’en avion mais faut-il pourtant réfuter ce mode de transport? Ne doit-on plus avoir le plaisir de voyager et découvrir d’autres pays? »

Mon interrogation, quoique rendue baroque dans sa forme par l’émotion du moment, portait sur l’incohérence extérieure entre les valeurs environnementales parfois avancées par Comuto et la promotion de l’avion (Le fait d’y adjoindre le qualificatif « beau cadeau » le confirmant).  Vous déplacez l’argumentation sur un terrain différent. Ce faisant, vous n’apportez pas directement une réponse à ma question mais élargissez le champ de discussion. Si c’est votre souhait, soit…

Je ne réfute pas le mode de transport par avion mais son utilisation à des seuls fins d’agrément de courte durée. Surtout quand celle-ci a pour conséquence la mise en danger, à terme, de la destination.
Il me semble évident que les déplacements obligatoirement rapides vers ces destinations ne peuvent être réalisés autrement qu’en avion. Quoique les contours de l’obligation et de la rapidité puissent aussi être redessinés.
Quant au plaisir de voyager et de découvrir d’autres pays, il est tout à fait découplable de l’utilisation de l’avion, voire favorisé par sa non-utilisation.

Étonnamment, votre argument confirme indirectement mon hypothèse précédente : Dans l’échelle des valeurs de l’entreprise, la responsabilité environnementale recule. Derrière le plaisir personnel. Cela me semble changer quelques peu l’image du service proposé.

« Toujours est-il que l’idée était de faire profiter nos utilisateurs d’un beau cadeau, car nous pensons effectivement qu’il s’en agit bien d’un, ceci au sein d’un concours proposé à notre communauté et nos nouveaux utilisateurs. »

Un cadeau est, par essence, gratuit. « un cadeau au sein d’un concours » est un produit offert en contrepartie d’un comportement ( un partage facebook dans ce cas ). C’est un paiement.

Je ne peux donc pas considérer que le produit proposé est un voyage (Si vous considérez cela, au final, 2 personnes seulement seront rémunérées. Or vous parlez de « nos utilisateurs ». ) mais par contre que c’est un ticket de tombola pour gagner un voyage, oui.  Cela relativise la valeur et la beauté du cadeau-rémunération. On pourrait encore la relativiser en considérant le retour sur investissement en terme de web-réputation, voire d’adhésions simples (Qui est, je pense, le but recherché, plus que l’envie de nous faire découvrir la douceur du pelage des lémuriens.)

Merci d’avoir pris le temps de lire le message contenant ma question et d’y avoir répondu en plus. Ce précédent mail ne me convient guère dans la mesure où il ne répond pas tellement à la question ou alors indirectement : Dans l’échelle des valeurs du groupe, à quel niveau est descendu l’environnement ? Etes-vous encore légitime pour faire la promotion d’un comportement écologique?

Belle journée à vous.

Phloem

 

Je n’ai toujours pas de réponse…

Combien une voiture vaut-elle de vélo?

Un article publié par Carfree.fr et qui pourrait tout à fait bien se ranger dans la catégorie « Attendez un instant que je fasse le calcul. »

Le mystère parisien du stationnement disparu

Même si le nom de Bertrand Delanoë est irrémédiablement lié à celui de l’affairiste Bolloré et ses « Autobide« , voici une info qui va nous le rendre d’un coup plus sympathique. Entre 2001 et 2011, le maire de Paris aurait supprimé exactement 85.675 places de stationnement automobile dans Paris.

Et ce n’est pas rien. Le Figaro nous apprend ainsi que dans Paris intra-muros, « depuis 2001, le nombre de places de stationnement pour voiture a été réduit d’un tiers, passant de 235.000 en 2001 à 149.385 en 2011« .

Waouh! Carfree Delanoë! L’homme qui supprime les places de stationnement à tour de bras… D’ailleurs, tant le Figaro que le lobby automobile considèrent Delanoë comme un « ayatollah antivoitures », c’est dire.

Bon, si on regarde dans le détail, l’histoire est peut-être un peu moins rose. En fait, on parle ici des places de stationnement publiques. En effet, il y aurait selon la mairie de Paris 785.000 places de stationnement intra-muros en tout. La diminution du nombre de places de 85.000 paraît tout de suite moins spectaculaire…

Ceci dit, 85.675 places de stationnement supprimées, cela représente en toute logique environ 85 hectares (pour une moyenne de 10 m² par place). C’est quand même une belle surface, environ 10% de la surface du Bois de Boulogne.

Mais la question est de savoir ce que l’on a fait de ces 85 hectares « pris sur la voiture ». Selon le Figaro qui cite le vélorutionnaire Delanoë, « l’espace dégagé a permis de créer 20.000 places de stationnement pour vélo auxquelles s’ajoutent 25.000 places de stationnement pour les deux-roues motorisés et 15.700 places mixtes vélos/deux-roues. »

C’est là que l’histoire se corse. Comment est-il possible de transformer 85.000 places de voitures à 10 m² chacune en seulement 60.000 places de stationnement deux-roues (motorisés ou non)? J’ai beau me creuser le ciboulot, les deux-roues au sens large prennent quand même beaucoup moins de place que les voitures. Sans aller jusqu’à garer 42 vélos sur une place de voiture, on peut sans doute au moins stationner sans problème une petite dizaine de vélos sur une place de stationnement automobile et 5 deux-roues motorisés.

Tout ceci représente donc environ 10.000 places d’équivalent-voiture à tout casser, mais comptons beaucoup plus large histoire d’avoir des places bien confortables pour les vélos et les deux-roues motorisés, soit environ 20.000 places d’équivalent-voiture, bien loin des 85.000 places prises de haute lutte au stationnement voiture…

Heureusement, Le Figaro semble nous donner la clé du mystère: l’espace dégagé a permis de créer aussi les stations Vélib’ et… Autolib’ ainsi qu’un triplement des aires réservées aux personnes à mobilité réduite.

Sauf que le mystère semble s’épaissir… Actuellement, il y aurait environ 500 stations Autolib dans Paris, d’une capacité moyenne « de 4 à 6 places », ce qui représente donc environ 2500 places de stationnement.

Concernant Vélib, il y aurait un peu plus de 1.200 stations dans Paris, avec une dizaine de vélos à chaque fois. Sachant que toutes les stations ne prennent pas forcément des places de stationnement voiture (quand elles sont situées sur le trottoir par exemple), on peut compter une moyenne de deux places de stationnement prises par chaque station, soit environ 2.500 places encore de stationnement voiture utilisées pour Vélib’.

Et pour ce qui concerne les « aires réservées aux personnes à mobilité réduite », il s’agit probablement du stationnement réservé aux handicapés, qui plafonne à un peu plus de 4.000 places en 2011. Donc, si on parle de triplement entre 2011 et 2011, cela ne concerne tout au plus que 2.500 places là encore.

Si on cumule le tout (autolib, vélib et stationnement PMR), cela représente donc environ 7.500 places « prises sur le stationnement automobile », ce qui est d’ailleurs discutable pour ce qui concerne autolib, car il s’agit encore de stationnement automobile…

Au total, c’est donc un peu moins de 30.000 places de stationnement voiture. Pourtant Delanoë le certifie, 85.000 places de stationnement voitures ont été enlevées! Où sont donc passées les 55.000 places de stationnement manquantes?

Je ne crois pas me rappeler avoir vu des jardins potagers partagés dans les rues de Paris en lieu et place des anciens stationnements de voitures… Si quelqu’un a la réponse à ce mystère, je propose que Bertrand Delanoë lui offre une des 55.000 places de stationnement disparues!

De qui se moque-t-on?

D’un côté, un élu de la ville de Paris nous apprend que l’Autolib’ , le service de voiture électriques en libre service, ne fait pas réduire le nombre voiture, pire qu’il séduit plutôt l’usager des transports en commun et, de l’autre, on apprend que l’Autolib’ va arriver en septembre à Lyon, et va être décliné dans d’autres grandes villes.

Comment appelle-t-on une situation où pour solutionner un problème, de l’espace public est alloué à une entreprise qui ne le solutionne pas? Une escroquerie? De la corruption? Pour le moins, un léger manque de clairvoyance poussé par les sirènes de la mode…

Vous saviez que l’Afganistan possède les plus grandes réserves de lithium au monde et que c’est probablement pour cela que la guerre contre l’Irak a commencé en Afganistan (!). Parce que le lithium est le composant de base de toutes les batteries performantes actuelles, notamment celles présentes dans les voitures électriques…

Je maintiens encore et toujours que lorsqu’une solution reste au niveau de logique du problème concerné, la solution fait partie du problème.

Zone Rance Automobile

Cet article de Marcel Robert , fondateur du site Carfree France et auteur du livre « Pour en finir avec la société de l’automobile » et du « Dictionnaire critique de l’automobile » a été publié sur http://carfree.fr/, le 26 février dernier, en Creative Common

Ou comment la France est en train de devenir un pays du Tiers-Monde.

Depuis maintenant plusieurs années, les ventes de voitures baissent dans les pays occidentaux et augmentent dans les pays du Sud. La raison? Dans les pays occidentaux, le taux de motorisation est déjà particulièrement élevé, avec la crise les gens ont de moins en moins d’argent et les comportements évoluent (prise de conscience écologique, attrait des jeunes pour d’autres valeurs que celles de l’automobile). Dans les pays du Sud, le taux de motorisation est encore très bas et on constate l’émergence d’une classe moyenne qui veut accéder à la civilisation de la voiture. Résultat, à l’échelle mondiale, les ventes de voitures continuent d’augmenter, mais plus au même endroit qu’il y a 20 ou 30 ans.

C’est ce que les constructeurs de voitures appellent « la crise automobile »: historiquement, leurs usines étaient situées majoritairement dans les pays occidentaux, ce qui est normal quand on vend massivement ses voitures dans ces pays. Sauf qu’aujourd’hui, les usines occidentales sont en surcapacité systémique, c’est-à-dire qu’elles produisent largement plus de voitures que les marchés locaux ne peuvent en absorber.

La solution logique serait d’exporter, ce qui se fait déjà dans une certaine mesure. Mais ce n’est pas la solution à long terme pour une industrie qui doit veiller aux profits de ses actionnaires. Pourquoi? Parce qu’une voiture produite en France coûtera toujours trop cher si le but est de la vendre à un Chinois ou un Indien. Car, quand on parle d’émergence de la classe moyenne en Chine ou en Inde par exemple, on parle de gens qui gagnent quelques centaines d’euros par mois tout au plus. Comment voulez-vous vendre à des Chinois ou des Indiens des voitures produites par des ouvriers français qui gagnent près de 1500 euros/mois? D’autant plus qu’il faut prendre en compte le coût du transport d’un bout à l’autre de la planète…

Le concept est trop dur à comprendre? Laissez le PDG texan de Titan vous l’expliquer de manière plus claire: « Comment voulez-vous faire du fric avec des ouvriers français, syndicalistes rouges, bolchéviques et fainéants qui travaillent 3 heures par jour pour un salaire de ministre pakistanais? »

Donc, la solution est relativement simple, il faut juste délocaliser au maximum la production dans les pays qu’on appelle « à bas coût de main d’œuvre », c’est-à-dire les pays où un ouvrier travaille 10 ou 12 heures par jour pour 1 ou 2 euros de l’heure. C’est même tellement simple que les constructeurs automobile français Renault et Peugeot le font désormais depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, ils produisent déjà plus de voitures à l’étranger qu’en France et ce n’est pas fini…

Et les délocalisations permettent non seulement de produire à faible coût pour vendre dans les pays du Sud, mais les constructeurs se sont aussi rendu compte que c’était plus profitable de produire à l’étranger même pour vendre en France! Même en comptant le coût du transport depuis l’Asie ou l’Europe de l’Est, une bagnole fabriquée à l’autre bout du monde reviendra toujours moins chère qu’une bagnole produite en France et vendue à un Français.

En fait, ça s’appelle la mondialisation et c’est un médicament (en suppos)  inventé par les gouvernements pour soigner des peuples trop pressurés par les actionnaires. L’exploitation n’est supportable que si elle parée du langage de la modernité: globalisation, mondialisme, déréglementation, désintermédiation, dumping social, etc.

Le seul problème, c’est de ne pas dépasser une limite symbolique, du genre un constructeur dit « français » comme Renault qui produirait uniquement des voitures à l’étranger. La ficelle serait un peu grosse à avaler. C’est pourquoi, dans le joli monde de la mondialisation automobile, vous pouvez produire 70, 80 ou même 90% de vos bagnoles à l’étranger si vous gardez quand même quelques usines en France histoire de donner le change au gouvernement et de ne pas trop dégrader votre image sociale auprès du grand public…

De toute manière, il s’agit au bout du compte d’usines d’assemblage de pièces détachées produites à l’autre bout du monde, dans des conditions sociales et environnementales déplorables et transportées sur des porte-conteneurs gigantesques qui sillonnent la planète.

Mais même là, cela représente aux yeux des actionnaires une atteinte intolérable à leur droit inaliénable de se goinfrer. En effet, même symbolique, la production de voitures en France représente un coût inacceptable pour les constructeurs. Le cerveau d’un actionnaire moyen est peut-être de type reptilien, il n’en demeure pas moins qu’il comprend vite qu’il est plus intéressant de payer des ouvriers à un euro de l’heure plutôt qu’à 10!

Vous l’avez compris, le gros problème en France, ce sont les charges et les salaires. Car figurez-vous que les pays occidentaux ont eu l’outrecuidance de mettre en place des régimes qui tentent de protéger un tant soit peu les droits des salariés ou l’environnement. Et tout ceci coûte de l’argent…

Alors bien sûr, il faut en permanence mettre sur la table les « problèmes de compétitivité de la France », financer largement le Medef et les Médias pour qu’ils proposent de gentilles « solutions alternatives » comme la baisse des charges et la fin des taxes, mais cela ne suffit pas. Ce sont des solutions de long terme, gentiment appliquées par les gouvernements de droite comme de gauche, mais qui ne répondent pas à l’urgence à laquelle sont confrontés les actionnaires: « comment produire en France des voitures au coût de production des pays du Tiers-Monde? »

Il y a bien une solution, ce serait de transformer la France en pays du Tiers-Monde. A vrai dire, cette solution a été choisie depuis longtemps par les actionnaires qui nous gouvernent, mais cela prend du temps. On ne passe pas du rang de quatrième économie mondiale à celui de 180 ou 181ème en deux ou trois ans. On est sur la bonne voie mais il faudra encore au moins une génération avant que les salariés français acceptent de travailler pour un euro de l’heure.

En attendant, certains ont eu une idée lumineuse: et si on créait des zones rances franches autour des usines automobile de Renault et Peugeot? L’idée, c’est de créer des zones spéciales, à fiscalité et charges très réduites, autour des usines françaises de la filière automobile, celles de Renault ou de PSA, mais aussi des équipementiers. Bien entendu, c’est le journal Les Echos qui nous fait part de ce magnifique projet.

Et le plus drôle, c’est que le projet est présenté comme un projet « issu des syndicats », en l’occurrence de CFE-CGC (le syndicat des cadres) et FO (la parodie de syndicat). Leur projet consiste donc à créer des zones détaxées et défiscalisées pour que les constructeurs de voitures puissent continuer à en fabriquer en France… pour pouvoir les exporter à l’étranger. En gros, ils se proposent d’arrêter de payer des taxes et des impôts en France pour financer leurs projets d’exportation de bagnoles aux quatre coins de la planète.

Et tenez-vous bien, ils ont présenté très officiellement leur idée au gouvernement ou à ce qui en tient lieu, à savoir Arnaud Montebourg, qui « l’a jugée très intéressante ». Incroyable, deux ou trois gus arrivent au ministère avec un projet consistant à supprimer les taxes et les impôts et le ministre trouve cela « très intéressant »… Personnellement, je vais de ce pas envoyer au gouvernement un projet de zone franche autour de ma maison afin de financer la relance productive de mon pouvoir d’achat et on verra bien quelle sera la réponse d’Arnaud Montebourg.

Du côté des constructeurs, il semblerait, sans surprise, que le projet soit vu aussi avec bienveillance: le PDG de Renault Carlos Ghosn s’est déclaré « totalement favorable » à ce projet. Tu m’étonnes! Aux dernières nouvelles, Carlos Ghosn serait même prêt à prendre sa carte à Force Ouvrière…

Mais c’est quoi au fait une zone franche? Selon Wikipédia, une zone franche est « une vaste zone exonérée de droits de douane où sont implantées de véritables usines et dont les marchandises fabriquées sont toutes exportées« . Rassurez-vous, en tant que consommateur, vous ne profiterez donc pas de voitures moins chères car elles seront uniquement destinées à l’exportation. De votre côté, vous continuerez à payer une fortune pour acheter des bagnoles neuves avec votre salaire de misère.

Certains mauvais esprits ennemis du libéralisme voient les zones franches comme un « cheval de Troie » des idées libérales. Le but est en fait de créer des périmètres géographiques où les entreprises sont libérées des tutelles étatiques qui les gênent dans leur activité économique, ceci au détriment des États et des salariés et pour un meilleur profit des actionnaires. Les mots clés sont « défiscalisation », « déréglementation » et « débureaucratisation ».

Sauf que l’expérience montre que les zones franches ne peuvent compter seulement sur les avantages fiscaux ou règlementaires mais doivent aussi pouvoir offrir des infrastructures de qualité (voirie, télécommunications, distribution d’eau et d’énergie, transports publics, services divers, etc), ce qui finalement peut coûter fort cher aux collectivités locales et aux États.

Si on comprend bien le principe, les entreprises situées en zone franche arrêtent de payer les taxes et les impôts « bolchéviques » mais souhaitent profiter à plein des « infrastructures de qualité » payées… avec l’argent des taxes et des impôts! Petite devinette: qui va payer alors les taxes et les impôts permettant de créer et entretenir ces « infrastructures de qualité » nécessaires aux exportations de voitures françaises aux quatre coins du monde? Petit indice: celui qui paiera est actuellement en train de lire cet article…

Maintenant, allons un peu plus loin dans la réflexion car il apparaît dès à présent que les syndicalistes de la CFE-CGC et de FO sont des petits joueurs. Pourquoi ne pas croiser leur projet de zones franches avec les multiples avantages de la Directive Bolkestein? Non seulement vous ne payez plus d’impôts et de taxes, mais vous faites venir dans les zones franches pour travailler des ouvriers roumains ou portugais payés 5 fois moins chers que les ouvriers français!

Bravo! Vous avez créé le Tiers-Monde en France, qui devient pays exportateur de voitures pour les pays riches d’Asie (Chine, Inde, Indonésie, etc.), en exploitant ses salariés, en les payant une misère et en polluant l’environnement.

ça chauffe…

Il y a peu, avec certains de mes contacts nous avons eu un échange sur le réchauffement climatique. La discussion avait commencé sur le fait que la météo australienne avait récemment été obligée d’introduire une nouvelle couleurs sur ses cartes de température, violet pour « +de 54°C »

La discussion qui s’en est suivie fut fort intéressante et a permis de faire évoluer mon point de vue sur les causes de ce réchauffements.

Mon avis actuel est « L’augmentation du CO2 atmosphérique  ne me semble plus seule responsable du réchauffement climatique mais aggrave grandement les choses, au point de faire sortir le climat de ses cycles habituels, au delà du vivable. »

Voici, pour info, une animation qui présente la quantité de CO2 dans l’air en fonction du temps. Vous y verrez le taux de CO2 varie…Mais que la variation de ces 100 dernières années est un anomalie sévère à ces variations. Nous sommes passé de 278 parties par millions (ppm) à 391 ppm. 120 en moins de 100 ans, dont 80 au cours des seul 30 dernières années alors que la situation est connue.

Mais j’ai aussi eu la sensation de perte de temps… Car dans le fond, tout le monde était d’accord sur le fait que le réchauffement existait. Pendant qu’on en est encore à se demander « la faute à qui? », il serait judicieux de se poser la question « Comment on gère? » Or, la seule action que l’on puisse avoir maintenant me semble être de réduire individuellement et collectivement nos émissions de gaz à effet de serre. Retour au point de départ… Discuter reviens surtout à éviter d’agir. De toute manière, dans le doute, je n’ai pas la moindre envie de laisser une chance de se dérouler aux scénarii « Faisons comme d’habitude ». Parce que ce n’est pas comme si on pouvait dire « Si ça rate, on fait Ctrl+Z et on recommence ».

Car voici 2 graphes un brin catastrophistes mais qui ont l’avantage de mettre en relation des informations et leur conséquences pratiques.

Tout d’abord un graphe et un tableau en relation avec le CO2 et son impact.

Puis un autre sur l’élévation du niveau de la mer et la contribution de divers évènements à celles-ci. A noter que si on est OK avec l’idée de réchauffement climatique, même si on peut considére que l’augmentation du CO2 atmosphérique  n’est pas seul responsable du réchauffement climatique,ce 2e graphique reste tout à fait valable… Comment gère-t-on les réfugiés climatiques? Quelle politiques démographique ou encore agricole doit-on mettre en place? En tant que conducteur de voiture et consommateurs de produits industriels à forte énergie grise, quel regarde je porte sur les personnes qui risquent d’y laisser leur propre cadre de vie, voire plus? Voilà des questions qui me semblent judicieuses… Mais, certe, un brin moins confortables que « La faute à quoi? ».

« Bouger autrement » (mais penser pareil, ndr)

Comment la Semaine européenne de la mobilité nous tient en laisse et pourquoi contrer dès maintenant son probable succès.

Dans quelques mois aura lieu la semaine européenne de la mobilité. Cette opération se déroule dans le cadre du développement dit « durable », dont les incomparables bienfaits nous autorisent à tout ignorer des conséquences d’une illimitation du développement comme de sa durée. C’est donc dans un concert d’imprécations à sa gloire, qui détourne nos consciences des interrogations susceptibles de nous rapprocher de la raison, que le ministère français de l’écologie nous demande de « bouger autrement ».

Remarquons avant tout que, suivant une implacable logique, l’empire de la mobilité ne nous invite pas à calmer notre bougeotte. Comment, en effet, pourrions-nous rester chez nous alors que la bonne croissance nouvellement socialiste a besoin de nous ? En faisant cela, nous risquerions de réduire le volume des échanges propres à la relancer. En tant qu’ « éco-citoyens responsables » nous allons donc adhérer à la frénésie du mouvement sans en interroger l’utilité, quitte à rajouter quelques trajets des plus exotiques à notre palmarès de la mobilité en allant au supermarché à pied ou à l’usine d’armement ou de voitures à vélo, entre autres exemples. S’il ne dit pas un mot des destinations les plus inadéquates, le ministère de l’écologie nous prêche malgré tout les diverses solutions d’une alternative qu’il n’aurait pas hésité à qualifier de révolutionnaires à l’époque où le mot pouvait encore signifier quelque chose.

Il énumère donc en premier lieu la marche et le vélo, dont l‘évidence écologique désarme immédiatement la critique des ayatollahs verts que nous sommes. Et nous voici tellement flattés d’être mis au tableau d’honneur des alternatives (quel immense progrès des mentalités!) que du recours suivant aux véhicules « décarbonnés », quelques-uns d’entre nous, encore tout étourdis de la vile flatterie, en oublieront instantanément leurs convictions anti-nucléaires.

Dans la hiérarchie des alternatives prônées par le ministère, viennent ensuite les transports collectifs en site propre dont la propriété est de ne jamais empiéter sur le domaine réservé à la voiture de sorte que les dits sites soient propres à continuer d’éventrer et de trouer les montagnes, de vermoulurer les sous-sols des villes, de faire déverser des millions de mètres-cube de béton et de goudron et d’aligner des milliers de kilomètres de câbles et de rails. Ainsi la semaine européenne de la mobilité va-t-elle relancer la croissance du TGV qui court au nucléaire et coupe au plus court et sans arrêt entre deux mégapoles et celles des pistes cyclables que l’on goudronne sur les banquettes de terre de chaque côté des anciennes routes nationales qui prennent ainsi leur revanche expansionniste sur les autoroutes qui les ont détrônées.

Combien parmi nous vont se joindre à ce concert parce que la voiture individuelle est un tel monstre qu’on en viendrait à justifier toutes les alternatives, quelque soit la négativité de leur impact social ou environnemental? Combien vont inscrire leurs actions dans ce cadre en oubliant que ces actions qui seront répertoriées et comptabilisées par le ministère de l’écologie, serviront au final et au plus haut niveau des causes auxquelles nous pouvons être viscéralement opposés comme celle du nucléaire et du TGV? Pouvons-nous être certains que, d’un éventuel succès de cette semaine, l’écologie ministérielle, avec toute la perversité qui la caractérise au sein d’un gouvernement obnubilé par la croissance, ne va pas accélérer les chantiers les plus dévastateurs du transport public jusqu’à justifier la reprise des hostilités à Notre Dame des Landes par exemple?

C’est la raison pour laquelle il faut absolument en appeler au boycott de cette opération d’enfumage.

Cet article a été publié en Creative Common par Gwenael sur le site carfree.fr

Le Plan atmosphère sentait bien mauvais…

J’ai eu accès au compte rendu de la conférence de presse liée au plan de protection de l’air de la vallée de l’Arve

À la première lecture, j’ai trouvé que ce plan était pas mal.  À ceci près que les graphiques sont illisibles car en résolution trop basse…

A la deuxième lecture, j’avais un peu réfléchi… Et ce plan ne me paraît plus vraiment bien…Plus du tout.

Exercice de décodage, avec les points que je relève, pêle-mêle…

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L’intention positive.

Le document commence ainsi :

 «L’air que nous respirons est déterminant pour notre santé,
notre qualité de vie et notre environnement.
La lutte contre la pollution atmosphérique est l’aff aire de tous.
Chaque citoyen doit réduire les émissions de polluants qu’il génère dans l’atmosphère.»

L’origine de la citation n’est pas indiquée. Qui a dit ça ?

De toute manière, on ne peut qu’être d’accord avec elle… Qui pourrait sérieusement affirmer que l’air que nous respirons n’est pas déterminant pour notre de santé ?

Première chose qui doit éveiller les soupçons : Si quelque chose remporte l’adhésion immédiate, il vaut mieux la regarder de plus près avant d’adhérer… L’intention positive est toujours mise en avant dans les opérations de propagande.

Dans ce cas précis, puisque l’air et sa qualité sont si importants, comment se fait-il qu’il faille un plan de protection? Comment se fait-il qu’on ait laissé faire jusque là? Mais passons…

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L’urgence

L’auteur du document se réjouit que le plan est eu lieu ait été mis en place en 15 mois au lieu des 36 à 48 habituellement nécessaires. Sans expliquer pourquoi le délai fut si court. En fait, si. Une explication est donnée, en gras, bien lisible en page sept : l’urgence de la situation et la volonté d’appliquer le plan le plus rapidement possible.

Deuxième chose qui doit éveiller les soupçons : L’urgence est généralement invoquée pour faire prendre des décisions qui, si on y regardait à deux fois, seraient très contestables.

Mais la lecture du reste de la page sept, page où est expliquée la démarche, dans un gros pavé de texte rébarbatif, est éclairante : Le public est invité à consulter le plan proposé. Il est également invité à faire des remarques, dont il est dit qu’elles pourront être prises en compte lors d’amendement éventuels.

Pendant l’enquête publique, le projet est à disposition du public. C’est un moment important de la vie démocratique. L’enquête publique est ouverte à tous, sans aucune restriction. Elle permet d’informer les personnes concernées, de garantir les droits des propriétaires et de favoriser la concertation.

En fait d’important moment de la vie démocratique, il s’agit de prendre la température afin de vérifier si le plan suscite une opposition quelconque ou si au contraire, il peut être appliqué en l’état. Avec tout au plus quelques modifications cosmétiques.

Car bien que vivant dans une des grandes communes concernées, bien que sensible aux questions environnementales, bien que lisant avec assiduité la communication communale, je n’étais pas au courant de la consultation… Par contre, toutes les semaines, je reçois des invitations pour les inaugurations/ouverture/discours du maire. ( par la poste, 0,60 € par envoi…). Ce qui me semble la preuve que si le maire veut vraiment mettre au courant les gens, il en a les moyens. Dans ce cas précis, il ne les a pas mobilisés, malgré l’importance, affirmé plusieurs fois dans le document, de la chose.

Le fonctionnement est donc« Qui ne dit mot consent ».  Ce qui me semble contrairement à ce qui est affirmé, l’opposé de la démocratie. A moins que la décision prise par deux personnes de se marier, avec son « Si quelqu’un s’oppose à cette union qu’il parle maintenant ou se taise à jamais », vous paraissent une décision prise démocratiquement par l’assemblée…

Et cette simple explication, suffit à donner la cause d’un délai si court. L’exercice de la démocratie, l’expression des points de vue, l’écoute et la contradiction prennent du temps. Si le plan a été élaboré en à peine plus d’un an au lieu de quatre, c’est bien parce qu’on a contourné l’exercice de la démocratie.

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Les graphiques maintenant…

Si on les met dans le document, c’est bien qu’on considère qu’ils constituent une information importante à avoir pour le lecteur. Et c’est le cas, puisque c’est sur la lecture de ces graphiques que s’appuient un certain nombre de conclusions. Je vais me permettre d’en reproduire un ici, zoomé à 150 % (!) :

Pas de titre. Pas de source. Pas de légende( illisible! ). Pour moi, ces graphiques n’existent purement et simplement pas pour le lecteur. Le pdf étant réputé pour conserver la qualité de son contenu quel que soit le zoom qu’on lui applique, ces graphiques ont été mis dans ce document en l’état. C’est-à-dire sciemment inaccessibles.

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Les images.

Il y en a 5. Aucune n’est datée, ni attribuée à un organisme ou un auteur. En conséquence, il faut donc les considérer comme des « photos déco », appuyant le propos mais ne montrant pas un événement particulier du passé. Je ne vais pas m’attarder sur toutes…

La première est censée illustrer la concertation  ayant présidée à l’élaboration du plan. La disposition des personnes (un large public face à un écran et quelques personnes à une table) montre que même la  » concertation » ne s’est pas faite de manière horizontale, mais de manière descendante ou transmissive. Ou en tout cas, qu’elle a été imaginée comme telle par les auteurs du document, qui sont les organisateurs de la concertation. Les  » acteurs » dont il est question dans le document, ont ,en fait surtout, été sollicités pour « acter » ce qu’on leur proposai semble-t-il…

La deuxième et la troisième montrent des feux de bois. Cela aura son importance…

La quatrième, sur la page des mesures envisagées, montre 2 VTT circulant hors piste cyclable (Des VTT = vélo loisir… pas de déplacement…), un bus et 5 voitures. Ce qui montre bien l’intention de l’auteur : Voiture majoritaire et pas de train.

La dernière représente des maisons individuelles avec un gros 50 % en surimpression. 50 % de quoi ? Et selon quel source? Difficile de le savoir.

Pas très réjouissant…

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Il faut lire jusqu’à la fin.

L’annexe quatre. Pages 16 et 17. Les dernières.

Voilà la raison de ce déploiement d’éléments de propagande.

Si la vallée de l’Arve fait partie des 16 zones en France dont l’air est le plus pollué, ce n’est pas parce qu’elle a une concentration d’usines très élevée. Ce n’est pas parce qu’elle a un trafic ferroviaire indigent, et donc un trafic autoroutier très dense, notamment de manière pendulaire vers et depuis Genève. Ce n’est pas non plus par ce qu’au fond de cette vallée, il y a un des quelques rares tunnels de passage des Alpes. Ni même parce que sa population a considérablement augmenté en quelques années.Non. C’est parce que des irresponsables CHAUFFENT AU BOIS!!!

Tout est la faute des vieilles chaudières et des cheminées. D’ailleurs, il n’y a qu’en Haute-Savoie qu’il y a des vieilles chaudières et des cheminées…

Trêve de balivernes sur le fond, revenons à la forme…

Si on se reporte aux pages huit et neuf du document, on peut clairement lire que le transport et l’industrie ont aussi leur part de responsabilités. (Une part équivalente à elles-deux… Mais qui l’affirme et au sujet de quelle zone géograhique?) Comment se fait-il qu’il n’y ait pas aussi une annexe à ce sujet ? Informations partielles = informations partiales

La raison se trouve en toutes lettres page 6 :

Ce projet de PPA a été rédigé à partir des contributions proposées par l’ensemble des acteurs et avait pour objectif d’intégrer au maximum les intérêts de toutes les parties prenantes.

Et qui sont ces parties prenantes ?

des techniciens, des élus, des citoyens membres associatifs, des industriels.

dont le détail figure page 12 et 13. Et dont je n’ai pas l’impression qu’il est spécialement en faveur des associatifs, en ce qui concerne le nombre…

Et, avec un peu de mauvaise foi, j’aimerais bien connaître l’heure à laquelle étais organisées les réunions… Parce qu’entre un bénévole associatif (Qui travaille par ailleurs.) et un salarié représentant son entreprise,  » l’égalité des chances » n’est pas vraiment respectée si la réunion  à lieu à 15h un jour de semaine… Mais bien sûr, ce n’est là, que pures allégations, produits d’une suspicion infondée… Cela ne peut pas arriver.

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Conclusion:

Informations partielles, graphiques inutiles, image purement décoratives, ce document est du vent. Mais un vent qui souffle dans un certain sens…

On y passe progressivement d’un discours concernant quatre polluants (Particules fines, ozone, NO2, HAP) un discours qui n’en concerne plus que deux.(Particules et HAP.)

Ne se préoccupant plus de l’ozone et du NO2, qui sont eux majoritairement dûs à l’industrie  et aux transports, le document cible essentiellement le chauffage individuel. Sans signaler pourtant que les HAP proviennent aussi en grande quantité de la combustion dans les véhicules diesel, notamment donc, les camions… Il s’agit donc bien de taper sur le chauffage au bois au bénéfice du chauffage au fioul et au gaz, présentés, avec beaucoup de culot, comme propres! ! ! (cf dernier tableau du document). L’aspect « émission de CO2 »  est, purement et simplement, botté en touche et la pollution liée à l’exploitation des hydrocarbures complètement ignorée. Ce plan n’a pas de vision globale de la thématique environnementale. Je le soupçonne même, à un autre niveau, de faire le jeu de l’exploitation du gaz de schiste. Car, une fois que chacun aura une « chaudière moderne » au gaz, il est bien probable que cela ait un impact sur l’opinion publique en ce qui concerne l’exploitation des ressources locales en ces gaz…

Ce document, hautement nocif en termes de libre arbitre ( les citoyens sont censés s’exprimer sur le plan après avoir lu ce document), est l’exemple parfait que, même à l’échelle locale, la propagande trouve des déclinaisons très fouillées. Le processus complet aboutissant à ce document pouvant lui-même être considéré comme une manipulation.

Et mention spéciale pour l’interdiction des feux d’artifice, qui de l’aveu même du document, n’aboutira à aucun changement… Mais permet quand même d’interdire aux particuliers de faire des feux d’artifice. Pour les feux d’artifices communaux, il est bien certain que les dérogations seront accordées chaque fois que cela sera demandé…

Earth is not a Gasland.

Ce message n’est pas objectif, il est très émotionnel. Il fait suite à un film.

Avant de voir ce film, je savais que ce n’était pas un film drôle mais très informatif de ce qui se passe lorsqu’on exploite les gaz de schiste.

Pendant le film, j’ai pleuré, je me suis senti révolté, abattu, déterminé. J’ai pensé à plein de choses…

Après avoir vu ce film, je vous en parle. En espérant que vous ferez pareil auprès des gens qui vous entourent.

J’ai eu l’impression qu’après avoir déclaré la guerre à l’Afghanistan, à l’Irak, à la Lybie, les gouvernants s’en prenaient maintenant à leurs propres populations. Et je pense qu’il y aura du sabotage. On les appellera éco-terroristes. Comme c’est déjà le cas parfois. Ils seront dans l’illégalité mais dans la légitimité. Car lorsque la loi est du côté de personnes qui détruisent ce que vous avez mis une vie à construire, vos parents et vous, pour vos enfants ensuite, que faire? Que faire quand l’eau du robinet est toxique? quand l’air est toxique ? quand votre paradis dans la forêt risque d’exploser, littéralement, un matin, avec vous dedans? quand juste vivre est impossible et qu’il n’y pas d’action en justice possible car rien n’est prouvable? Que faire quand une telle violence ne peut pas être exprimée par la catharsis d’un jugement au tribunal? Soit on a une philosophie de non-violence résignée très solide. Soit on rend la violence que l’on reçoit.

Je ne vois pas comment cela peut finir autrement.

Une chose me semble certaine et beaucoup plus sécuritaire : Il ne faut pas que cela commence. En France nous avons encore une mince possibilité d’éviter ça. Il faut impérativement s’en saisir. Et ça passera, encore, par une diminution de la consommation d’énergies. Car, n’oublions pas les commanditaires finaux de cette catastrophe : Les personnes qui brûlent ces gaz dans leurs voitures, leurs chaudières et ailleurs. Sans doute vous. Et moi. Mais ce film montre que, à vouloir conserver la même vie, et le même confort, nous en changerons quand même et risquons de tout perdre. Plus que jamais je pense que nous devons nous empêcher d’utiliser ces gaz. Nous devons nous empêcher d’utiliser notre voiture. A tout prix. Car, le prix de l’autre possibilité nous est décrit dans ce doc, et il est trop élevé.

http://www.dailymotion.com/video/xhfvhy_gasland_news

J’ai une réponse à une petite question que se pose le réalisateur : Les petits drapeaux multicolores présents près des usines et des bassins de décantation sont les même qu’on utilisent pour éloigner les oiseaux. Sans ces épouvantails, les sites seraient sans doute jonchés d’oiseaux morts après avoir bu. Et cela prouverait peut-être la toxicité de l’eau de manière beaucoup plus directe. On pourrait faire de la toxicologie sur les oiseaux et détecter les molécules responsables en les reliant directement au site. Trop gênant.

Pour terminer, une carte montrant une des zones demandées à l’Etat pour exploration, par la Société Schuepbach. Et ne vous leurrez pas, celles autour sont aussi demandées. Celle-ci est juste celle où figure ma ville, et ses propres pompages d’eau potable… (Source : « Non au gaz de schiste« )