Le Grandéba (2e partie) : Biais… Des questionnaires qui interrogent moins qu’ils ne disent comment penser.

Lire ou écouter ou télécharger la première partie  de cet article.

Le Grandéba est soi-disant une consultation, sans avoir les caractéristiques qui permettraient complètement de le dire, comme on l’a vu dans la première partie.

Mais s’affirmant comme tel, on peut lire les questionnaires mis à disposition dans ce cadre.

Et à la lumière de ce qu’on sait des biais pouvant se produire dans les consultations en générale, dont l’exemple type est le sondage, nous allons voir que ces questionnaires sont susceptibles de produire certaines réponses plutôt que d’autres, de déclencher certains effets. Et donc, de donner une image de la réalité qui ne corresponde pas à celle-ci.

Commençons par les biais sondagiers, c’est à dire les biais liés au fait qu’on soit dans un questionnaire et que les modalités de ce questionnaire peuvent influencer les réponses.

Tout d’abord, le biais d’échantillonnage :

Lors de l’élection présidentielle américaine de 1936, la revue Literary Digest procède, à partir de l’annuaire téléphonique à un « vote de paille », auprès de 10 millions de personnes. Il leur demande de se prononcer en avance pour leur candidat favori: Roosevelt, le candidat de gauche, est donné perdant.

Mais cette méthode qu’on estimait fiable en raison de la taille de l’échantillon, des millions de personnes, se trompe lourdement : Roosevelt obtiendra 62 % des voix.

Au contraire, l’institut Gallup, à partir d’un échantillon beaucoup plus petit mais dit représentatif, c’est à dire respectant la composition sociologique de la société prédit l’élection de Roosevelt. C’est le début de la méthode des quotas dans les sondages.

La méthode du Literary Digest a souffert d’un biais échantillonnage. En 1936, avoir le téléphone est le signe d’une certaine aisance financière et piocher des noms dans l’annuaire plutôt que sur les listes électorales, c’est sur-selectionner des gens de droite. L’annuaire n’est pas représentatif de la société.

Et, de nos jours, Twitter non plus, donc les mentions du type « RT pour plus de représentativité » après une question posée -bonjour le paradoxe- à ses propres followers, est inepte.

Le Grand Débat va rencontrer le même problème. Je le disais en première partie, ce questionnaire ce sont 4 listes de questions, 84 questions au total, auxquelles répondre par écrit ou en ligne.

En lançant une pétition dans mon quartier, je me suis rendu compte qu’une personne sur 10 à une personne sur 15 avait du mal à la lire ou à y écrire son nom. Ça m’a frappé… Et je suis allé voir les chiffres, et en fait c’est représentatif de la situation en France. 7 % de la population adulte âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France est en situation d’illettrisme, soit 2,5 millions de personnes en France Métropolitaine.

Mais avant de les lire ou d’écrire dessus, ces questionnaires, il faudrait y avoir accédé. On estime à 13 millions, donc une personne sur 5, le nombre de personnes éloignées du numérique, dont 6,7 millions ne se connectent jamais à internet. 1 personne sur 10. Parmi elles, les non-diplômés, les personnes âgées, les détenus, les sans-abri, les personnes en zones rurales sont sur-représentées.

Outre que cela donne à réfléchir sur la dématérialisation des démarches administrative qui nous est présentée comme une solution merveilleuse, cela indique aussi que, par sa simple modalité, Emmanuel Macron biaise l’échantillon de sa consultation. Quand bien même il attire l’attention sur le fait qu’il faut y prendre garde, il affaiblit d’emblée la représentation de certaines catégories de personnes dans la consultation. Catégories qui, à l’inverse, me semblent tout à fait représentées dans les mouvements sociaux actuels…

Quant aux autres modalités d’expression, cahier de doléance en mairie, prise de parole dans des réunions publiques, on pourrait leur faire le même type de reproches tant elles demandent d’avoir des moyens et dispositions d’esprit qui ne sont pas très répandues dans les classes populaires. D’autant moins répandues que ces classes sont déjà habituées à être ignorées ou absentes des débats, à la télévision ou même dans les instances de démocratie locale.

Ainsi quand bien même des centaines de millier de personnes participeraient à l’opération Grand Débat, ça ne lui donnerait pas pour autant une juste représentativité. Pas plus que le vote du Literary Digest. Car, il est crédible, comme, aussi, dans un sondage Twitter, qu’on ait une sur-représentation des sympathisants LREM. Et on peut d’ors et déjà affirmer que, sur la base de ce biais de sélection, il sera abusif de dire que ce qui en sortira sera l’expression populaire au sens du peuple pris dans son entier. Et ceux et celles qui seront passés sous les radars, sont ceux et celles qui justement, pour une bonne part, auraient peut-être eu des réserves à émettre sur le macronisme.

Faire une réelle consultation est assez difficile et demande des moyens mais c’est possible. Et ces moyens, on peut supposer que l’État les aurait. Mais sur une opération de ce type, on doit se rappeler que l’ampleur finalement atteinte, la qualité, n’est pas celle des points les plus ambitieux mais celle de ses facteurs limitants. C’est une chose d’avoir de la puissance sous le capot mais la voiture ne vous mènera pas loin si elle a un pneu crevé. Ainsi, cette « consultation » prend des allures de « plébiscite » avant même qu’on se soit intéressé aux questions. Et les questions, c’est pire.

Ce que nous allons voir maintenant.

Avant de commencer, je voudrais vous signaler que je ne vais pas m’occuper de toutes les questions les une après les autres, ce serait trop long. Je vais surtout m’attacher à couvrir les biais majeurs que contiennent ces questionnaires en m’appuyant sur les question pour vous donner les exemples correspondant. Sachant, bien sûr qu’une même questions peut relever de plusieurs biais en même temps. Sinon, ça ne serait pas drôle ! Ce questionnaire est un festival…

Tout d’abord le biais de cadrage.

Chaque liste de question, et c’est heureux est précédé de quelques pages apportant des informations. Comme vu dans la partie sur les niveaux de participation, l’information est un préalable à la consultation. Mais encore faudrait-il que cette information soit complète et objective. Ça aussi c’est un défi.

Dans le doc sur la fiscalité, l’utilisation d’éléments de langage comme « Coût du travail » ou le survol en moins de 60 mots (56, exactement, j’ai compté…) du mécanisme de la progressivité de l’impôt sur le revenu, (56…mots…), l’orientation vers l’idée que « tout est trop élevé », sont des indicateurs de partialité ou d’incomplétude, ce qui revient un peu au même.

Et celle ci est quasiment assumée dans l’exposition des enjeux du débat où il est dit, en première ligne, que le gouvernement s’est fixé des objectifs dont celui de baisser la dépense publique de 3 %, de supprimer des taxes, de baisser des cotisations et que le débat doit servir, grosso modo, à expliquer pourquoi, à préciser quels impôts baisser et quels services publics supprimer.

En clair, le débat doit servir à vous faire accepter, et donner votre avis sur, ce qu’on avait de toute façon décidé de faire. Je vous renvoie à l’échelle de la participation de la partie 1 pour décider, où, objectivement, placer un dispositif qui, bien qu’appelé consultation, consiste à vous donnez des informations partiales avec ouvertement pour objectif de vous les faire accepter.

Mention spéciale pour la phrase : « Bâtir un consensus sur le bon niveau de fiscalité. » qui est présenté comme un objectif de l’opération Grandéba.

ça n’aura pas échappé aux facilitatrices et autres éducateurs populaire habitué-e-s à la difficulté et à la beauté qu’il y a dans l’obtention d’un consensus : Oser utiliser l’expression « Bâtir un consensus » dans un tel contexte, ça relève d’un culot tout particulier et d’un irrespect profond de ce que représente cette notion.

La suite, et bien le journaliste Nicolas Cori le résume bien dans son thread en date du 16 janvier. Sa phrase exacte est «  S’en suit un questionnaire où tout est faussé. »

Biais liés à la manière de poser les questions :

La question 1 du Questionnaire sur la Fiscalité.

« Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l’information des citoyens sur l’utilisation des impôts ? »

Dans une consultation de qualité, on poserait d’abord la question « Pensez-vous que l’information des citoyens sur l’utilisation des impôts pourrait être améliorée? » Et si la personne répond oui, on lui pose la question suivante.

Ici, on présuppose que tout le monde aurait répondu « Oui » à cette question préalable.

C’est ce qu’on appelle une question suggestive.

Mais c’est aussi, 2e biais, une question absolue : « Quelles sont TOUTES les choses qui pourraient être faites pour améliorer l’information des citoyens sur l’utilisation des impôts ? »TOUTE. » Cette demande d’exhaustivité, c’est le type même de question qui a tendance à provoquer des abandons dans les questionnaires. En poser une en première position, c’est encore s’exposer au risque de sélectionner des gens, voire de rendre les questionnaire inexploitables par des méthodes statistiques rigoureuses.

La question 2 également est une question suggestive. « Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ? » Présupposition : La fiscalité ne serait pas juste, ni efficace.

Ajoutons que l’accolement de ces 2 qualificatifs non plus n’est pas anodin, votre acceptation du premier favorisera l’acceptation du second. C’est ce qu’on appelle une séquence d’acceptation ou Yes Set. Alors que justice et efficacité relèvent de tableaux très différents. Vous pourriez trouver que la fiscalité est injuste mais efficace.

C’est aussi ce qu’on appelle une question à double volet. Les propositions d’amélioration que vous allez formuler vont-elle concerner la justice, l’efficacité, les 2. Une question, 3 possibilités d’interprétation.

On retrouve cette même erreur de double-volet plusieurs fois dans les questionnaires. Dans la question 15 sur la transition écologique, on la retrouve même 2 fois :

Que faudrait-il faire pour protéger la biodiversité ET le climat tout en maintenant des activités agricoles ET industrielles compétitives ?

Climat et biodiversité. Activités agricoles et activités industrielles.

Double volet, sur double volet, sans en avoir l’air cette question recouvre 9 interprétations possibles de la part du répondant.

Sans compter l’interprétation possible du mot « compétitivité ». Compétitivité qu’il n’est nulle part question d’interroger, nous faisant retomber dans l’erreur de la question suggestive.

Le problème du double volet, et a fortiori le double-double-volet, c’est qu’il rend immédiatement impossible toute interprétation pertinente des réponses. Justement parce que les questions sont elles-même susceptibles d’être interprétées.Et qu’il sera alors impossible de savoir à quoi se rapportera votre réponse.

Et on touche encore à un point majeur de défaut de ces questions, celui de l’interprétation du vocabulaire. A vocabulaire flou, réponse inutilisables, voire, en ce qui me concerne pour ce genre de chose, pas de réponse du tout.

Parce que, pour reprendre les exemples précédents, qu’entend-t-on par « Améliorer l’information des citoyens » ? Que signifie une « fiscalité juste et efficace » ? Et de quelle compétitivité parle-t-on ? Sur quels critères on l’évalue?

Question 19 Services publics : « Faut-il donner plus d’autonomie aux fonctionnaires de terrain ? » Est-ce que par autonomie, on entend la même chose que dans « autonomie  des universités » qui consiste à réduire leur financements ?

Question 14 Transition écologique : Qui doit être en priorité concerné par le financement de la transition écologique ? Que signifie « concerné » ? Parle-t-on de ceux qui la financeront ou de ceux qui toucheront des financements ?

Question 16 Démocratie : On demande de répondre par oui ou par non à la question « Faut-il transformer nos assemblées représentatives?» Mais « transformer » ça veut dire quoi ? On change la forme des hémicycles ? On tire au sort ? On arrête les débats la nuit ? On instaure une partie de saute-mouton à chaque rentrée parlementaire pour améliorer l’ambiance ?

Si je répond « Oui », ma réponse sera-t-elle utilisée pour légitimer une transformation opposée à celles que je voudrais. Au regard de tout le reste, on peut raisonnablement se poser la question. C’est ça, aussi, le risque du vocabulaire flou : L’instrumentalisation de votre réponse.

Je ne vais pas m’étendre là dessus, je vous renvoie à ma conférence gesticulée, car c’est un problème qui n’est pas propre à cette opération mais qui n’en reste pas moins grave, tout particulièrement…dans une enquête.

Biais cognitifs

Parlons maintenant de biais cognitif, c’est à dire d’une influence que le contexte peut avoir sur votre réflexion et donc votre réponse…

Le biais lié à l’ordonnancement des questions :

Dans son thread Nicolas Cori relève les questions 3, 4, 5, 6, 7 du questionnaire sur la fiscalité.

Cette séquence est une accumulation d’interrogations sur le même sujet, susceptibles de déclencher ce qu’on appelle un effet de halo.

Car il se trouve que la réponse à une questions peut être influencée par la réponse à une question proche précédente. Par une sorte d’autocensure, le répondant maintien une certaine cohérence de son expression en dépit de son propre et réel avis.

La question 2 demande : « Que faudrait-il pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ? »

Il est alors très probable qu’une personne qui aurait accepté ce libellé réponde différemment à la question 3… Comment après une telle question cocher la case « Augmenter les impôts » à une demande de solution pour réduire le déficit public ?

La question 4 étant ensuite « Quels sont selon vous les impôts qu’il faut baisser en priorité ? »

La 5 et la 6 demandant quelles dépenses publiques, il faut couper.

Généralement les concepteurs de sondage cherchent à minimiser cet effet de contamination, en mélangeant les questions. Là, on est à l’opposé, il se dégage nettement qu’il s’agit de faire dire comment réduire les impôts et comment réduire la dépense publique. En passant, si on fait les 2, on ne « résout » pas grand-chose, en fait plutôt on « dissout » l’État.

Des biais cognitifs, il y en a bien d’autres qui sont susceptibles d’être déclenchés par ce questionnaire :

Le biais de disponibilité par exemple. C’est à dire le fait de se contenter des informations immédiatement à disposition et ne pas chercher de nouvelles informations avant de répondre.

Comment aller se cultiver avant de répondre à chacune des 84 demandes d’un questionnaire portant sur des thèmes aussi variés. C’est colossal.

Et les personnes qui sont contre le référendum d’initiative citoyenne au prétexte que les gens n’auraient pas le bagage nécessaire pour répondre à une question à la fois, après des semaines de campagnes d’information, devraient être montées au créneau pour verser de l’huile bouillante sur ce questionnaire.

Dans la question 2 Service publics, une liste longue comme le bras d’échelons administratifs.

Question 3 : « Pensez-vous qu’il y a trop d’échelons administratifs en France ? » 

Combo entre un biais d’ordonnancement et un biais de disponibilité.

Autre biais, le biais d’aversion à la dépossession. Car nous avons tendance à vouloir garder ce que l’on possède. Question 9 Fiscalité, après une bonne série de questions suggérant baisses d’impôts et de dépenses publiques : « Pour quelles politiques publiques, seriez-vous prêt à payer plus d’impôts ? » Je suis prêt à parier d’avance que la réponse « Aucune » arrivera assez massivement en tête.

D’autant que cette question, comme la suivante, et bien d’autres qui ne vont pas tellement dans le sens du gouvernement, sont des question personnalisées. On demande « Seriez-vous prêt à payer plus d’impôts pour encourager des comportements bénéfiques à la collectivité… ? » Ce qui a un impact différent de « Pensez-vous que les comportements bénéfique à la collectivité doivent être encouragé par un impôt… ? » Entre le oui et le non pas sûr que ce soit le même qui l’emporte suivant qu’on personnalise la question ou pas…

Vient ensuite le biais de primauté. Je ne l’ai pas mis au début parce que je suis taquin. Ce biais repose sur le fait qu’on donne un statut particulier aux premiers éléments présentés d’une liste . On y porte plus d’attention, parfois on s’en rappelle mieux, ce qui aboutit à leur sur-sélection, si on est amené à choisir dans une liste statique. Raison pour laquelle, dans un sondage de qualité (Oui, ça existe.), on mélange les propositions de réponses quand on s’adresse à différents répondants.

Le questionnaire du Grandéba est truffé de réponses à choix multiple. Et je suis prêt encore une fois à émettre le pari que, précédé par « la pollution de l’air », « les dérèglement climatiques », suivi par « la biodiversité », l’item « l’érosion du littoral » ne va pas arriver en tête des problèmes importants dans le domaine de l’environnement.

Cela nous permet de parler des biais liés non plus aux manières de poser les questions mais à celles de proposer les réponses.

Il y a d’abord la question ouverte, avec aucune proposition de réponse. Elles demandent une implication particulière, il faut y réfléchir et la question de l’expertise qu’on peut avoir du sujet compte particulièrement. Ainsi sur la question 16 Transition écologique :« Que pourrait faire la France pour faire partager ses choix en matière d’environnement au niveau européen et international ? » quelques éléments de guidage pour les néophytes en diplomatie environnementale auraient pu être utiles.

A l’inverse, on a la question fermée, à répondre par Oui ou par Non. Là encore, les opposants au référendum d’initiative citoyenne pour cause de « simplification excessive amenant une réponse sans nuance à une question complexe » devraient se faire entendre. Question 10 Service publique : Seriez-vous d’accord pour qu’un agent public effectue certaines démarches administratives à votre place ? Oui. Non. Alors que l’option « ça dépend de la démarche » aurait probablement eu du succès. La question 11, demandant de classer des nouvelles formes de service public en bonne chose ou en mauvaise chose relève aussi d’une forme d’absolu. Un espace itinérant de service public dans un bus n’est pas bon ou mauvais en soi, ça dépend de la situation.

Enfin, il y le QCM, le choix multiple de réponses. Qui est, bien sûr, suggestif, puisqu’on vous suggère des réponses. On dessine les contours de l’espace que votre pensée peut occuper pour répondre. Et pour être correct, il serait nécessaire d’y inclure systématiquement, au minimum, les items « Autre réponse : Laquelle ?» et « Ne se prononce pas. » Sans quoi, c’est ce qu’on appelle une suggestion en double lien, on vous enferme dans un espace de réponse sans vous signaler qu’il existe d’autres espaces. Les illusionnistes adorent bien faire ça pour forcer, un choix de carte par exemple.

Et bien ça, on le retrouve dans la fameuse question 15 Transition écologique, rappelez-vous la question à double-double volet : Où on vous demande des idées pour protéger on ne sait pas trop quoi tout en maintenant compétitive on ne sait pas trop quelle activités.

Et où on vous donne 3 options :

O-Cofinancer un plan d’investissement.

O-Modifier des accords commerciaux.

O-Taxer les importations.

Pas une de plus et en vous signalant en toute lettre, ultime coup bas, qu’il n’a qu’1 seule réponse possible.

Et tant pis pour toutes les idées et initiatives de transition déjà existantes ne relevant pas de ces options. Thatcher disait « There is no-alternative. » Macron nous donne la version 2.0 : «  Il y a que 3 options, les miennes. »

Et ce fonctionnement en double lien, on le retrouve à de nombreux endroits. Ce qui est rigolo, c’est que parfois, des questions à choix multiples se suivent et qu’elles ne sont pas rédigée de manière harmonisée en ce qui concerne la possibilité de laisser de la place à d’autres réponse que celles suggérées ou de ne pas se prononcer

Question 5 Dépense publiques (Déjà la question est gratinée, je vous laisse repérer le biais de disponibilité et le reste): « Afin de baisser les impôts et réduire la dette, quelles dépenses publiques faut-il réduire en priorité ? (Une seule réponse possible.)

O-Les dépenses de l’État.

O-Les dépenses sociales.

O-Les dépenses des collectivités territoriales.

O-Je ne sais pas.

Question 6  même questionnaire (Pareil, je vous laisse juger du biais d’ordonnancement avec la question 5): Parmi les dépenses de l’État et des collectivités territoriales, dans quel domaine faut-il faire avant tout des économies ? (Plusieurs réponses possibles)

O-L’éducation

O-La défenses

O-La sécurité

O-Les transports

O-L’environnement

O-La politique du logement

O-Autre, préciser :

Question 5, on peut ne pas savoir. Question 6, non.

Mais question 6, on peut faire des suggestions, pas dans la 5. Pourquoi ?

Et dans aucune des questions à choix multiples, on ne retrouve les 2 possibilités en même temps.

Bref, biais cognitifs multiples, biais sondagiers, suggestions plus ou moins ouvertes, impossibilité d’interprétation par des statistiques honnêtes…

-Est-ce que je vous ai dit que la simple non-réponse à une question d’un sondage rigoureux peut entraîner l’inexploitabilité complète du questionnaire ?-

Ce questionnaire, du point de vue des questions comme des propositions de réponses, présente de très sérieux problèmes. N’importe quel concepteur sondagier professionnel saurait repérer ces problèmes au premier coup d’oeil. Sébastien Auzière, le fils ainé de Brigitte Macron est vice-président de Kantar Health, une entreprise dont un des métiers est exactement de produire des sondages et des enquêtes d’opinion. On aurait pu lui demander un coup de main, non ?

Dire de ce questionnaire qu’il s’agit d’un support à une consultation, pour je cite « permettre une analyse approfondie à la fois quantitative et qualitative » est factuellement faux.

Ce qui en sortira pourra avoir l’apparence d’une étude scientifique, et c’est bien le risque, car ça n’en sera pas l’ombre d’une.

Quant à s’en servir pour, je cite encore «  forger un nouveau pacte économique, social et environnemental et structurer l’action du Gouvernement et du Parlement dans les prochains mois. », on peut compter là dessus mais pas de la manière qu’on peut imaginer de prime abord, tant cette consultation ressemble à un Push-poll, c’est à dire une enquête qui, sous couvert de vous demander votre avis, à en fait comme objectif de promouvoir des idées.

Forger, oui : Probablement votre consentement à signer implicitement ce pacte qui, lui, n’aura rien de nouveau.

Structurer l’action du gouvernement, certainement : Comme il l’avait prévu à quelques détails près.

Et pour cette 2e partie, je voudrais terminer avec une citation du Manuel Anti-sondage d’Alain Garrigou et Richard Brousse qui nous pousse à réfléchir sur le mode de fabrication d’une telle opération:

« Il est probable que les push-polls ne sont jamais mieux réalisés que lorsqu’ils mêlent bonne conscience et cynisme. »

Rappelons nous que nous avons derrière cette opération, des gens qui sont, dans l’ensemble persuadés d’être gentils, bienveillants, constructifs, selon leur propre vocabulaire, mais aussi et surtout des communiquant de haut-vol qui savent concevoir des dispositifs multi niveaux très efficaces, ayant plusieurs plans d’impact. C’est cet aspect stratégique que nous allons décortiquer dans la 3e partie.

Lire, écouter ou télécharger la 3e partie!

Le Grandéba (1ere partie) : « Les différentes niveaux de participation en démocratie OU Pourquoi on ne peut pas dire honnêtement que le Grand Débat est une concertation. »

En 1969, Sherry Arnstein publia une échelle de la participation citoyennes. Cela introduisit le fait qu’il y a plusieurs niveaux de participation en démocratie. Ces niveaux ont des caractéristiques objectives assez précises. Ils sont entre 5 et 8 suivant les découpages que l’on fait. Mais quel que soit ce découpage, cela indique qu’on peut se déclarer en démocratie, avec une niveau participation citoyenne oscillant entre tout et rien.

Le niveaux le plus bas, qu’on aura même du mal à considérer comme une participation, le niveau zéro, est celui de la manipulation. Cela recouvre les situations où le public est passif, même s’il n’en a pas l’impression. Et où on lui fournit des informations pouvant même être partiales, incomplètes, dans l’objectif de le convaincre. En fait, le public n’est pas vraiment souhaité, on le prend plus comme un mal nécessaire, à gérer avec le plus de subtilité possible, afin qu’il évite de s’en rendre compte.

Ce qu’on considère réellement comme le premier niveau de participation est celui de l’information. Ici, on vous fait une promesse : Vous aurez toutes les informations. Sur la forme, ce peut être à travers un site internet, une lettre aux français ou une réunion publique où on répondra à vos questions.

Vous l’aurez compris certaines des branches de ce grand débat, comme les rencontres avec les maires ou encore, je viens de voir passer l’info, une émission de télé conjointe Hanouna-Schiappa, relèvent de ce premier, et très maigre, niveau de participation.

Mais attention, pour effectivement mériter le titre d’information, il faut qu’on vous délivre toutes les données ET qu’on vous donne aussi les moyens de les comprendre. Si on ne vous donne pas ces moyens, on retombe au niveau du dessous, la manipulation. Et j’émets des doutes quant au fait que Cyril Hanouna vous donne les moyens de comprendre toute la complexité des tenants et aboutissant de sujets politiques comme…la fiscalité. Ne serait-ce que parce que niveau audimat, l’

économie c’est peu prometteur. Et que la rencontre entre les explications fiscales et un ancien assujetti à l’ISF peut laisser entrevoir des trésors d’inventivité pour éviter de parler de l’éléphant dans le salon.

2e niveau de participation, la consultation. Dans la consultation, vous avez la parole mais vous n’avez aucune garantie que celle-ci ait un quelconque impact sur les décisions finales.

Donc quand le Grandéba nous est présenté comme une consultation, dans la mesure où on nous a expliqué dès le 19 décembre que ça ne changerait, rien a priori, on ne s’est pas trop fichu de nous. C’est juste que le mot consultation ne recouvre pas ce qu’on pense. Quand le président lance une consultation du peuple, ça n’a rien à voir avec une consultation que vous allez prendre chez le docteur. Sauf si en sortant du cabinet médical, vous envisagez de continuer de crever la bouche ouverte sans même avoir lu l’ordonnance.

Ceci étant dit pour mériter le terme de consultation, en plus d’informer et de donner les moyens de comprendre, il faut aussi avoir à cœur de donner à toutes les personnes concernées le moyen de s’exprimer selon sa situation, son histoire et ses possibilités. Et là, d’un coup, c’est déjà beaucoup moins reluisant le Grandéba. Parce que dire « On vous a consulté. » alors que le dispositif consiste en 4 listes de questions, à répondre par écrit ou en ligne, c’est sous entendre que tout le monde a les moyens d’imprimer, de lire, d’écrire, d’accéder à un ordinateur pour répondre à 84 questions. 84 ! Ou encore que tout le monde a les moyens de se sentir disponible pour prendre une ou plusieurs soirées et légitime pour aller prendre la parole dans des assemblées publiques. Et ça, c’est loin d’être le cas.

Donc ça ressemble à une consultation nationale mais en réalité, ce sera très probablement une consultation de niches où on risque fort de retrouver une surexpression des classes électives d’Emmanuel Macron mais on parlera de ce mécanisme plus tard dans la partie 2.

Enfin, avant d’être bien sûr de participer à une consultation, il est important que vous sachiez précisément ce qu’il adviendra de votre contribution, en terme de traitement et d’interprétation. Et dans le Grand Débat, on n’en sais pas grand-chose, si ce n’est qu’on aura droit à une synthèse. Aura-t-on les résultats bruts ? Ou des résultat redressés, comme dans les sondages ? Mystère.

Le Grandéba, ça ressemble à une consultation mais ça peine vraiment à atteindre cette petite 2e marche des niveaux de participation en démocratie.

Ce qui est sûr, c’est que ça n’atteint pas la 3e marche. Ce n’est pas une concertation et, compte tenu du discours porté par La République En Marche, ça ne peut pas en être une, voilà pourquoi :

Dans une concertation, on considère que chacun est dépositaire d’une expérience qui révèle une part de la réalité. C’est déjà très loin de l’idée qu’il y a une personne qui sait mieux que les autres et qui peut guider. #Jupiter #5erépublique.

Mais surtout, en portant une concertation, on s’engage à gérer les différences de point de vue et contradictions d’intérêts entre les gens. On s’engage à faire éclater les conflits entre les différents intérêts et à trouver des arbitrages.

Cela suppose que l’on porte un discours assumant que

la société est traversée par des intérêts différents, qui sont en conflit. Or le discours porté par LREM est nettement à l’opposé. On y parle de bienveillance, on n’est tous dans le même bateau, il va y avoir du ruissellement, c’est donc qu’on est tous reliés, etc, etc. Un discours habillé des mots d’aujourd’hui mais finalement assez ancien permettant de faire passer l’intérêt des dominants pour l’intérêt général. Mais un discours incompatible avec la résolution des conflits d’intérêts entre les classes, puisque tout cela n’existent pas dans ce cadre de pensée.

Avant dernier niveau de l’échelle de la participation en démocratie, la co-décision, où en plus de se concerter, on participe aux choix et aux délibérations qui leur sont liés. A ce niveau, on peut participer à la décision, comme son nom l’indique.

Et enfin, 5e niveau, la co-construction, un mot qui est devenu très à la mode mais dont vous aurez compris qu’on ne l’atteint en réalité que rarement, tant il demande de dispositifs, d’éducation populaire, d’acceptation de partage du pouvoir. La co-constuction est atteinte lorsqu’en plus d’être informé, puis consulté et concerté, après la prise de décision partagée, on participe tous ensemble à l’exécution de la décision.

Et là, on touche à la définition de Paul Ricoeur de la démocratie, attention accrochez-vous :

«Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, traversée par des contradiction d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression, l’analyse et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage et d’une mise en œuvre.»

On retrouve toutes les conditions de la co-construction. C’est tout un programme, très ambitieux et pas des plus faciles à atteindre à court terme.

Le Grand Débat, lui, oscille entre émission de télé en direct sur les chaînes d’info, émission d’infotainement, questions-réponses au chef, sondage en ligne digne de sondage twitter, comme nous le verrons dans la partie suivante, et cahier de doléance directement hérité du Roi Louis XVI. Quand on connaît, comme vous la connaissez maintenant, l’étendue de l’échelle des niveaux de participation en démocratie, il est objectivement difficile de considérer, malgré son nom, et tout les qualificatifs positifs que lui accolent les media, que cette opération est un moment réellement ambitieux de participation citoyenne.

Et quand on rentre dans le détail des questions posées, le vernis de la com’ ne tient plus du tout sur le dispositif, et l’aspect manipulatoire, au sens de niveau zéro de la participation, apparaît. Et ça tombe bien, dans la partie 2, on rentre dans la dissection des questionnaires…

Lire, écouter ou télécharger la 2e partie.

Le Grandéba : Introduction, du grand débat national au Grandéba.

Le 15 janvier dernier, le gouvernement a lancé une opération intitulée Le Grand Débat National.

Elle durera deux mois, jusqu’au 15 mars et aura plusieurs formes.

L’une d’entre elles, c’est une succession de dates auxquelles le président sera au cœur de grands meetings où on pourra poser des questions et écouter les réponses. Sagement.

Une autre de ces formes, ce sont des réunions que chacun pourra organiser comme bon lui semble. Des documents sont disponibles en lignes pour guider l’organisation et des fiches sont censés aider à la discussion. Des questionnaires pourront être imprimer et servent de support à des enquêtes en ligne.

Tout cela est présenté par l’exécutif comme étant une consultation, terme qu’on retrouve dans la lettre aux Français publiée en ligne, dans la presse et qu’on recevra peut-être dans nos boîtes aux lettres.

Et le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a exclu dès le 19 décembre tout “détricotage” de la politique menée depuis le début du quinquennat à l’issue des trois mois de la « concertation nationale », un autre terme qu’on retrouve dans la communication de l’Élysée.

Enfin, Pascal Perrineau, un proclamé garants de l’opération disait le 22 janvier que c’était un débat et pas autre chose.

L’idée que tout cela est une opération politique à double fond a commencé à faire son chemin. En analysant les formes de cette opération inédite que l’on appellera le Grandéba, nous allons voir, ensemble, qu’hélas, c’est bien le cas.

Ce podcast est divisée en 3 parties. Vous pouvez les écouter presque indépendamment les unes des autres, écouter celle qui vous appelle le plus, continuer plus tard avec une autre ou écouter les 3 dans l’ordre. Je vous encourage à le faire sur des temps de votre journée que vous pouvez partager avec de l’audio, temps de transport en commun, de cuisine ou autre. Je vous encourage aussi à naviguer à travers les différents liens vers les sources que j’ai pu utiliser.

Tout d’abord, je nous propose de parler des différents niveaux de participations dans la démocratie, parce qu’entre consultation, concertation, débat, le Grandéba mélange un peu tout. Mais les mots ont un sens. Considérez cette partie une initiation à l’évaluation d’un critère important des démocraties à travers un cas pratique. Spoiler : C’est pas brillant.

Ensuite on s’attardera sur les fiches démagogiques, pardon, les kit méthodologiques censés guider le Grandéba, et particulièrement sur la forme des questions qu’ils contiennent. Parce que si tout cela est présenté comme une consultation, on est en droit de l’analyser comme si c’est était une. C’est une partie de debunkage, d’autodéfense intellectuelle, qui vous apprendra à repérer les biais dans les questionnaires d’une manière générale et éviter de vous faire avoir à l’avenir.

Et enfin, nous prendrons un moment pour nous demander pourquoi Emmanuel Macron a choisi cette forme de réponse en particulier. Et nous verrons qu’il y a un vrai risque pour les Gilets Jaunes de se voir éteindre sans autre forme de procès. Et un vrai risque de mettre le feu à La REM. Vous adorerez cette partie si vous aimez les jeux du trône, les spin-doctor et les machiavéliques stratégies politiques de communication.

Rappelez-vous  : Emmanuel Macron a été, en grande partie, élu grâce à des opérations de comm’ minutieusement réfléchies. On peut lui reprocher beaucoup de choses mais ce serait une erreur que de le sous-estimer sur ce plan. L’opération Grand Débat est une manipulation très bien pensée qui peut amener une grande déconfiture au mouvement social et ouvrier si on n’y fait pas attention. Dans ce podcast, je vous explique en quoi et pourquoi.

Ecoutez la première partie …

Nouvelle pub EDF : Du « bon » usage d’un budget pub pour servir son actionnaire…

Dans « Le nouvel esprit du capitalisme » de Eve Chiappello et Luc Boltanski ,on apprend que le capitalisme ne survit que grâce à la récupération de ses critiques.
 
Dans sa nouvelle pub #EDF tâche opportunément de nous faire croire que les aspirations révolutionnaires se résument à des voitures électriques et des panneaux solaires…
 
https://www.youtube.com/watch?v=0wCSc9S0Q-Y
 
Dans cette nlle pub #EDF, on appréciera le discours disant que « Les gens veulent toujours tout changer mais ça n’a pas changé grand chose, sauf maintenant, l’énergie. »
Ah bon?
 
Dans cette nlle pub #EDF, on appréciera le gloubiboulga des connotations, mettant au même niveau Mai 68, luttes féministes, chute du mur de Berlin, célébration bleu-blanc-rouge de la coupe du monde de 98. Non, « des gens dans la rue » =/= « Les gens veulent tout changer. »
Ce gloubiboulga vise probablement à cibler le plus de classes de populations possible. Différentes générations, différentes préoccupation, gauche, droite, etc…
On n’est pas dans une pub pour une niche de consommation…
 
Dans cette nlle pub #EDF, on appréciera d’ailleurs la séquence des événements retenus et une des interprétations possible des cibles : Extrême gauche-Gauche-Droite-Extrême Droite. Il y en a qui ont retenu la leçon du 1er tour des présidentielles. Ou pas.
 
Dans cette nlle pub #EDF, on lira avec intérêts les écritures non floues : « Cessons de nous haïr »; « Droits de la femme »; « La Nature, le futur. » ; « Il n’y a pas de Plan B. » (#TINA) ; « Planète. » Le social, l’environnemental, le patriotisme et en même temps le « citoyen du monde » sans aucune critique du capitalisme, ça ne vous rappelle la ligne politique de personne?
Vraiment? Aucune critique du capitalisme, horizon dégagé grâce à l’entreprise et à la technologie seulement positives, sur fond de « Tout le monde a les mêmes intérêts et veut la même chose au fond. » #ToutChangerRienChanger
#LREM
 
Dans cette nlle pub #EDF,au prix d’une concession à l’existence d’un peuple (#Populisme) uni, on réduit les aspirations présentes de celui-ci à ne vouloir que sauver le climat à travers les entreprises. #CapitalismeVert
 
La publicité, chez EDF, c’est tout une histoire… Dans les années 80-90, elle déploie une énergie (!) et un pognon de dingue (lol) dans des spots alors qu’elle détient le monopole de l’électricité. La fonction n’est alors pas d’engranger des ventes : Personne n’a le choix d’aller se fournir ailleurs.
http://www.strategies.fr/actualites/marques/r8372W/plus-que-des-spots.html
 
Les fonctions semi-avouées sont au minimum de faire rentrer dans la tête des gens un certain discours et d’avoir un pouvoir financier sur la presse
 
Pouvoir qu’elle ne s’est pas privé d’exercer lorsqu’un journal a publié des infos déplaisantes sur l’EPR.
http://observatoiredelapublicite.fr/2011/11/17/edf-la-tribune-et-la-publicite/
 
Rappelons par ailleurs que EDF a comme actionnaire l’Etat français, à 83,7%
https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/investisseurs-actionnaires/l-action-edf/structure-du-capital
 
Dans un contexte où, pour une bonne partie de la population, la moindre parole émanant du gouvernement est décrédibilisée, du seul fait que ce soit le gouvernement qui parle, ce spot d’EDF tombe à pic.
 
Dans cette nlle pub #EDF, bonus, on trouve une #RenaultZoé en placement produit, en pub dans la pub. Renault dont un des plus gros actionnaire est…l’Etat Français (15% https://www.zonebourse.com/RENAULT-4688/societe/). Décidément quelle chance que ce spot s’inscrive, en plus, dans la continuité du plan de comm’ démarré en novembre par le Ministère de la Transition énergétique après une réunion avec les constructeurs automobiles !
https://youtu.be/VEaWpkAtxpo
 
Bref, bref,…
 
Au regard des utilisations passées de la publicité par EDF, des structures actionnariales, des calendriers des plans com’ et des discours même pas sous-jacents, il n’est pas déraisonnable d’envisager que ce spot, très court, très simple à réaliser rapidement, et donc très peu cher car aussi blindé d’images d’archives gratuites soit un geste de secours en urgence envers le gouvernement.
 
Mais une aide d’urgence au gouvernement, c’est pourtant l’effet de ce spot. Un effet qui ne peut pas avoir été ignoré par les professionnels qui ont conçu ce spot. Car, décider des impacts de leur productions, c’est leur métier.
#NousVousDevonsPlusQueLaLumière #DevenonsLEnergieQuiChangeVosIdées.

Horrible petite lecture du matin…

On appréciera déjà le titre « Face à » plutôt qu’un truc du genre « Avec »… Aller, un peu de debunkage d’inepties religieuses sur l’homosexualité. (#Pléonasme)

(Les images ont été publiées par https://twitter.com/nocteon)

 

Paragraphe 1 : Nos positions antérieures étaient complètement fausses.
Mais quand même, l’homosexualité peut être une phase. Et les homo se sentent coupables.
#LectureDePensée

Paragraphe 2 : On a le droit de se sentir gênés quand même! Et les homo se sentent coupables.

Les 2 premiers paragraphes sont assez softs en fait.

Paragraphe 3 : Etre homo ce n’est pas la même chose qu’avoir des comportements homo. Retenez vous du transpédégouinage mouillé.
Ou comment gérer sa dissonance cognitive entre l’injonction de tolérance et celle de discrimination…

Paragraphe 4 : Oui, notre paragraphe 3 est tordu. Mais les relations homo c’est pas pareil que les relations hétéro.
Point.
Parce que.
Et pis c’est tout.
#AhBon? #Sources?

Paragraphe 5 début : La relation homo est inféconde. Mais pas inféconde comme les hétéro inféconds, d’ailleurs la preuve, eux ils peuvent adopter.
#CaCEstDeLaPreuve

Paragraphe 5 fin : Les études scientifiques sont fausses. Believe my opinion. Du coup : Doute➡️Paf ! Appel à l’ignorance ➡️ Principe de précautions ➡️Les enfants doivent être protégés, tout ça, tout ça. #PoidsDeLaPreuve
https://www.youtube.com/watch?v=M6kYqnpV2XQ&index=16&list=PL3afqzRJWpYLuh3W3zb_a80usGoee8UtI … #PenteGlissante

On déconne mais la plupart des religions sont basées sur ce schéma : « On ne peut pas prouver que Dieu existe, donc dans le doute, on va faire ce qui est écrit dans ce bouquin. D’ailleurs il ne peut pas être totalement faux, c’est Dieu qui l’a écrit! » #RaisonnementCirculaire

Avec une stratégie du doute, doublé d’un appel à l’ignorance, et on rentre dans le rond-point sans sortie du raisonnement circulaire. Imparable.

Les définitions (S’il y avait encore des gens qui pensaient qu’il y a un certain pouvoir à décider du sens des mots, cqfd…) :
« L’homophobie » (#OnEstBienPlacés) : En France, les homo ne devraient pas trop la ramener puisqu’à d’autres endroits, c’est LEGALEMENT un crime.
ET
L’homophobie c’est pas bien, sauf s’il s’agit d’influer sur ce qui est LEGAL ou pas.
#HypocrisieLevelLégendaire
#OnVousVoit

« L’homoparentalité » : On est contre. C’est tout. Enfin, pas nous, l’Eglise. Mais c’est presque pareil.

« Homosexualité et vie chrétienne » : Si on vire tous les homo de nos tâches bénévoles, on sera plus très nombreux et on sera dans la mouise…Déjà que… Alors bon…

« La Bible » : Story time! 2 entités célestes arrivent dans une ville. Personne ne veut les accueillir. Alors #Dieu (L’inspirateur du bouquin, remember?) crame la ville. Mais c’est surtout parce qu’ils étaient pas accueillants.#Booo!
La sexualité c’était secondaire.
Mais quand même.

Du coup, c’est évident, la Bible dit c’est MAL! (Par contre, les passages où on dit que si tu insultes père ou mère, tu seras mis à mort, que tu ne peux pas porter 2 étoffes différentes, ou que tu dois choisir entre Dieu et l’Argent, c’était faux.)

D’une manière générale, les prises de positions religieuses sur l’homosexualité sont de bonnes bases de travail pour qui souhaite s’entraîner à décortiquer les doubles discours.
Facile pour démarrer et tellement savoureux.
Je recommande.

Peste Bleue Brune sur la com’?

Le cas récent de la com’ de @sonjoachim, et celle de quelques députés #LREM depuis 18 mois, a suivi un modèle proche de celui utilisé de multiples fois, durant des années par…le #FN. Et entre LREM et FN, la forme de la #com’, c’est pas la seule ressemblance…

« Comment exister médiatiquement dans une marée monolithique de députés ayant interdiction de sortir du lot par leur vote ? » peut trouver la même réponse que « Comment exister quand les media ne veulent pas de vous ? » : Le coup de com’ par l’indignation.
Recette :

A)Volontairement ou non, faire une sortie ignoble.🤮 Ou indigne de la fonction. Scandaleuse. Limite illégale aux regard des lois visant à protéger des discriminations.

B) Réactions de la twittosphère, (Donc, comme pour le hareng fumé (https://www.youtube.com/watch?v=DbpPshPOmOo) , méfiez-vous de vos RT, surtout les plus indignés…) puis d’un puis plusieurs media, …📺

C) Ne pas s’excuser mais expliquer qu’on a été mal compris. Demander un droit de réponse, à soi-même en quelques sorte. Faire la tournée des media qui, maintenant, vous veulent tous. Surtout que vous « parlez vrai. » 🎙

Une déclaration parodique prise au sérieux peut jouer le rôle de l’allumette initiale d’une profitable séquence de com. Et malgré leurs hauts cris, nombre d’ex-sombres inconnu-e-s de LREM doivent pas mal au @JournalElysee

L’ascension de Macron, telle que décrite par @Benedetti65 dans « Le coup de com permanent » devait déjà beaucoup aux…coups de com’. Mais dans des versions moins cavalières, plus feutrées et compatibles avec la fonction présidentielle.

Puis prolongement « hard » de la méthode Mimi Marchand, la com’ LREM, depuis l’accession au pouvoir, a pris le maquis de la (fausse) paparazzade : Vidéos pseudo-volées, déclarations sous forêt de micro « oubliée »,… 📹🎙🎙📷🎙🎙🥴📹🎙📸🎙📱

La fausse paparazzade permet de s’adresser à une cible électorale en particulier, tout en faisant mine de conserver une image de surface rassembleuse. #PognonDeDingue #Clientèlisme

Pour les patrons BFM : https://www.bfmtv.com/politique/pour-macron-les-gms-feraient-mieux-de-chercher-du-travail-au-lieu-de-foutre-le-bordel-1270669.html

Pour les angoissés du grand remplacement : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/video-on-va-continuer-le-travail-emmanuel-macron-repond-a-un-ancien-combattant-lui-demandant-d-expulser-les-sans-papiers_3024013.html

La fausse paparazzade macronienne est aussi au service d’une image de parlé vrai… Le « franc-parlé », sans langue de bois, ça ne vous rappelle personne ? Un des premiers sur le créneau ce fut #Lepen. Avec autant d’occasions de coup de com’ par indignités…

Par ailleurs, un autre élément, un élément de langage support à un mode de pensée, rapproche la com’ FN et LREM. : Le « #NiFINiFN », et sa variante politiquement correcte «Les extrêmes.» qui, dans le fond comme dans la forme, sont assimilable au rejet de feu « l’#UMPS » et ses avatars.

J’avais déjà dénoncé la grossière stratégie du déshonneur par association simple, dans une minute d’autodéfense intellectuelle. #PesteRougeBrune
Je viens de publier une capsule d’#humour à ce sujet. Je vous suggère de la partager.

Il y a un certain piment (dans les yeux) à constater que Macron :
1) A réussi en concrétisant ouvertement « l’#UMPS »
2) A retourné la rhétorique du ‘tous pourris’ via le « #NiFiNiFN »/ « La Peste Rouge-Brune »/« Les extrêmes. »

On savait déjà que dans la catégorie « Jouer le jeu du FN », LREM remplissait déjà quelques critères sur le versant économique.
https://www.les-crises.fr/le-neoliberalisme-est-un-fascisme-par-manuela-cadelli/

Bonjour les gens ! J'en peux plus ! Trop c'est trop ! l'anniversaire du traité de Rome sur toutes les chaînes, "L'…

Publiée par Franck Lepage sur Dimanche 26 mars 2017

Avec la « lutte contre les fake-news » et le « maintien de l’ordre à la grenade »,💥 LREM semble aussi pas mal « jouer le jeu du FN » sur le plan de la liberté d’expression.

Au jeu de la répression LREM n’est pas déconnecté de sa base électorale : Malgré l’enrobage de discours doucereux, les centristes sont plus hostiles à la démocratie que les autres. #DolorèsOmbrage
(Voire page 5 : https://drive.google.com/file/d/1fOGwtRUF-y-98IcDs-3YYrtREl8GbaoH/view)
Analyse complète : https://www.les-crises.fr/les-centristes-sont-les-plus-hostiles-a-la-democratie-pas-les-extremistes/ )

LREM, FN, ces 2 organes politiques cherchent de manière à peine voilée à faire passer pour le bien commun la défense d’intérêts sectoriels. Il n’est alors guère étonnant que sur le plan de la comm’, aussi, LREM converge avec le FN.

Capitalistes pro-UE🇪🇺 ou non, au final, au-delà d’un bête déshonneur par association, il y a peut-être bien un mélange de couleurs. Un mélange qui a déjà bien fonctionné par le passée… Avec des conséquences dramatiques.
#PlutôtHitlerQueLeFrontPopulaire
#PesteBleueBrune .

Bilan 2018 et voeux 2019.

Fin 2017, j’ai décidé de changer un peu de mode de com’ pour ma conférence gesticulée et mes ateliers d’autodéfense intellectuelle.
2018, année des réseaux sociaux et des vidéos. Il est temps de faire un petit bilan…

Tout d’abord construire une audience prend un temps de fou. Quiconque serait tenté par l’aventure gagnerait à être au courant. Lorsque j’ai lancé ma chaîne, un copain qui en anime une autre (https://www.youtube.com/channel/UCW8TeybBPq5al-JU9XJPkYg ) m’a dit un truc du genre « Chaque nouvel abonnement est une petite victoire. »

C’est vrai. Sans gros relais médiatique, il faut quasi aller chercher les personnes une à une. (Coucou, si tu as reçu un message perso de ma part, t’invitant à t’abonner ! La proposition tient toujours et tu réaliserais un de mes vœux pour 2019 en l’acceptant 😉 ! https://www.youtube.com/channel/UC_wpuRDB7SFBR1AJ3kWmYig?sub_confirmation=1 )

Il faut se défaire de l’idée que Youtube ou Twitter va apporter « seul » une audience. Ça n’arrive pas. Il y a tout un tas d’actions à faire pour ça. (Commente si tu veux un thread à ce sujet.)

Du temps, donc, beaucoup. Plus le temps de documentation, écriture, tournage, montage des vidéos. 3 jours pour une MAI. 1 à 2 jours pour une capsule d’humour. Pour des nombres de visionnages très aléatoires…

De ce point de vue, les récents « succès d’audience » de 2-3 threads (https://twitter.com/PhloemSev), me laissent penser que c’est un format que je vais développer.
Je commence à percevoir Twitter comme un espace de production propre, avec ses codes et son amusement. Et cela rejoins étonnament mes premiers intérêts car, pour rappel, tout ça avait commencé en 2011 (!) avec un blog, où il y a aujourd’hui plus de 400 articles. (Ici même! )!

En ce qui concerne l’objectif de base -mieux faire connaître mon travail-, ça a eu un impact positif. 5000 vues pour ma conf’ en lignes. Une dizaine de conf. 3 tournées dont une où, grande première, j’ai été correctement payé pour chaque prestation.

On n’en est pas encore aux 36 presta/12 tournées par an qui laisseraient imaginer un financement correct de cette coupable industrie mais c’est bien plus que lors de l’année précédente. (Zéro conf’ en 2017!). Merci à toutes les personnes qui ont organisé tout ça.

Un des aspects auquel j’aurais dû m’attendre mais non, et c’est une bonne surprise : Des rencontres, des coups de projecteurs, des occasions de collaboration. Et rien que pour 2019, je ne vous en dis pas plus mais ça s’annonce merveilleux de ce côté là aussi!

Ainsi, pour 2019, on va continuer sur cette lancée.
Déjà, on va sortir de la trêve des confiseurs et reprendre un cours normal de publication.
Très bientôt thread sur la convergence de com’ FN-LREM…
2 MAI sont écrites.
Et du montage m’attend déjà.

Alors à défaut d’une nouvelle vidéo, en voici une qui n’a pas pris une ride.
Je pense que vous ne l’avez pas encore vue.

Merci de votre présence, de vos partages et commentaires. Car, c’est aussi, et surtout, avec vous que ça se fait.

Bonne année à toustes !

Ce Qu’il Faut Démonter!

La « démonstration » de cet édito, qui semble pourtant, et c’est son danger, frappée au coin du bon sens et des mathématiques, est fausse, ou, au minimum très trompeuse. Et c’est encore un exemple du handicap de l’autodéfense intellectuelle : Pour une affirmation de 3 lignes, il faut 2 pages de débunkage…
 
Aller, c’est parti…
 
Sur les 150€ que semble débourser ce monsieur, il indique que seuls 70 vont au salarié. Donc 80€ échapperaient d’emblée à « notre industrie et nos emplois ». Mais ces 80€ ne s’évaporent pas vers les paradis fiscaux (eux). Pour bonne partie, il s’agit de salaire socialisé qui permet d’allouer de l’argent à la reconnaissance financière de tâches ne relevant pas de la mise en valeur d’un capital, comme les allocations familiales👼 ou encore les activités de retraite ou celles se produisant lorsqu’on est hors emploi. Cet argent retourne à l’économie.
 
Mais, à travers la sécurité sociale, c’est aussi l’argent qui va à notre système de santé👩‍🔬(Et pas à l’Etat ! La sécurité sociale, à la base est un genre de coopérative citoyenne autogérée. Pardon pour le raccourci.). Système où chacun cotise selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins, sans qu’il n’y ait, en plus, une marge de profit à payer. Ce qu’on peut imaginer comme plutôt chouette. A moins qu’on considère que la qualité des soin apporté, à soi ou à son enfant, suite à un rhume, un cancer, un accident de la route ou une catastrophe naturelle soit fonction de ses moyens propres. Et que le meilleur ne soit autorisé qu’aux riches. 🏥 (A l’heure où je vois de plus en plus souvent passer des cagnottes internet pour payer des dépenses de santé, je me dis que c’est de moins en moins un cauchemar irréaliste. )
Et si on se place encore du point de vue de l’industrie, même s’il n’y a pas que ça dans la vie, oui, cet argent retourne à l’économie. (Bis)
 
Il indique ensuite que le salarié en question est imposé sur le revenu à 30 %. Affirmer ceci non plus n’est pas correct. Nous avons un système d’imposition par tranches. Ce salarié est imposé à 30 % pour les revenus compris entre 27 000 et 72 000€. Mais 14 % pour les revenus compris entre 9 000€ et 27 000. Pour que l’ensemble de ses revenus soit effectivement imposé à 30 %, il faudrait que ce salarié relève de la tranche encore supérieure, à 41 %, celle des 72 à 153 000€. Ce qui le place probablement, suivant sa situation personnelle, dans les 5 à 10 % de personnes qui ont les plus haut revenus. On n’est pas encore dans les 0,01% rapaces 🎩 mais le prendre comme exemple de personnes qui n’a plus de pouvoir d’achat est peut-être un peu abusif…
 
On pourrait parler du système d’imposition à 5 tranches, lourd pour pas mal de monde et qui gagnerait à être redécouper mais passons.
 
Une part de ces impôts vont aux services publics et donc… Cet argent retourne à l’économie. (Ter)
A l’éducation nationale👩‍🏫 qui, si elle devait vous être facturée à prix coûtant, le serait, en moyenne 8000€ par enfant et par an. De la maternelle à la fac.👨‍🎓
Aux routes. 🚗 En ce moment on parle un peu des autoroutes françaises…(8 à 15 cents de péage par kilomètre roulé dessus!!! https://blog.autoroute-eco.fr/classement-des-autoroute-par-prix-au-kilometre/ ) Imaginez-vous avoir un abonnement ou des péage d’entrée sur les autres routes ? Seriez-vous prêt à débourser directement 1000 à 3000€ pour vos 20 000 Km par an ?
Aux forces de sécurité. 👨‍✈️ Imaginez-vous des commerces protégés sélectivement pendant les manifestations, selon le forfait qu’elles auraient souscrit auprès d’une compagnie privé de Sécurité ?
 
Tous ces services dont on peut, peut-être, se réjouir qu’il soient accessibles à tous, notamment parce que, oui, il y a un bénéfice, y compris pour les entreprises, au fait que la plupart des gens sachent lire, écrire, puissent se déplacer et se sentent en sécurité. Je vis dans un quartier 🏚 où ce n’est déjà pas le cas pour tout le monde et ça complexifie pas mal de choses, notamment l’économie…
 
Enfin, ultime vacherie, ce texte laisse entendre que s’il n’y avait pas de retenue et taxe pour la mise en commun, cet argent irait aux salariés 🤩, car les employeurs, dans leur grande gentillesse, au lieu de garder l’argent pour eux le distribueraient. De fait, avec le recul des 40 dernières années, on observe le contraire ! Alors que le PIB a pris 300 % depuis 1980 (#Croissance), à monnaie constante, le salaire moyen est passé de 19300 à 22 500€ , même pas 20 %!!! 😒 (https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/ebook/ebook121.pdf)
 
En définitive, affirmer que les cotisations, taxes et impôts sont ce qui empêche les salariés d’être plus rémunérés, est l’argument généralement avancé par ceux qui veulent s’en faire des alliés dans la « noble » quête consistant… à moins payer les salariés !
 
Sauf pour quelques très fortunés, le salaire et la cotisation sont des progrès qui permettent à tous d’accéder à moindre prix à des choses vitales, alors ne vous y trompez pas : Demandez leur extension.

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Maths citoyennes et CICE

Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi est évalué annuellement. Un rapport est produit par France Stratégie.
Ses conclusions sont peu reluisantes:  Il y est établit que les bénéfices du CICE ne sont pas clairs

(Ce qui est très différent de « Pas clairement établis » comme un twittos l’a affirmé suite à ce message…)

Mais une estimation simple permet de se faire une idée rapide de ce bénéfice en terme d’emploi.

Entre 2013 et 2015, le CICE a coûté 47Md€ pour 10 000 à 200 000 emplois créés. Prenons 100 000, chiffre facile à utiliser, qui est, de plus celui généralement avancé.

Chaque emploi aura donc coûté 470 000€, soit 157 000 € par an. (Par simple comparaison avec vos revenus, cela donne déjà une idée de l’affaire…)

Un poste de fonctionnaire coûte en moyenne 48 000€/an, un emploi aidé 8250€/an.  Donc pour les mêmes 47Mds, sur la même durée, on pouvait créer respectivement 300 000 postes de fonctionnaires et 1 900 000 emplois aidés.

Prendre l’emploi comme justification du CICE est une excuse qui tient de moins en moins…

(Sources des chiffres du calcul : https://bit.ly/2URyLJE)

Le Gouvernement vous (dé)forme sur les fakenews…

Je viens de recevoir sur ma timeline, la version gouvernementale d’un ‘tuto’ contre les #fakenews
Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est mauvais. Voilà pourquoi :

Tout d’abord, parce que du point de vue pistes de repérage, cette vidéo est creuse.
La vidéo de 30’ (https://twitter.com/gouvernementFR/status/1071381210922958848) dit seulement « Il existe des comptes parodiques. » (Quelle nouvelle!) et « Méfiez-vous du sentiment de scandale. »

Vous ne trouvez pas que ce genre de « piste pédagogique » tombe opportunément bien, en cette période où des images qui repoussent le niveau du scandale au sujet des actions policières sont effectivement produites, parfois par la police elle-même ?

A cela vient s’ajouter la petite idée que « Les fakes-news seront de plus en plus difficiles à repérer par le citoyen. » Que je ne peux que mettre en lien avec la volonté du gouvernement de faire passer une nouvelle loi contre elles… #Pédagogie.

Si on imagine que le gouvernement a des actions cohérentes entre elles -ce qu’on lui souhaite, quand même…- alors on entend venir ce sous-texte : «On va vous aider, parce que c’est difficile pour vous, vous comprenez…» #Propagande

Puis les journalistes apprécieront la référence au président des Etats-Unis, mis au même rang qu’eux niveau esprit critique… Alors que le type doit en partie son élection sur la PROPAGATION de maxibullshit… #CrookedHillary

La vidéo complète, d’une durée de 1’47, (https://www.youtube.com/watch?v=YSX8J-BGvjk) ajoute peu de choses :
Faire une recherche et se fier aux instances médiatiques de fact-checking… (Quelle nouveauté ! Bis.) Mais n’aborde par les questions de qualité des sources ou de loyautés. (Par exemple des instances médiatiques de fact-checking…)

Ah, oui, et puis le gouvernement propose de faire se sentir ridicules les gens qui diffusent des fake-news…
Tout en signalant que ça peut toucher tout le monde, même très involontairement.
La Bienveillance : #MaisçaCétaitAvant

Pour rappel : Ne soyez pas un enfoiré https://www.youtube.com/watch?v=5opz8kvVovs

On peut bien sûr parler de l’intervenante de cette vidéo. Fondatrice d’une agence de conseil en com’ qui a fait sa spécialité de l’exploitation de vos données pour aider à vendre ou à avoir l’air cool. Sur leur site ça se dit :

Conseil en stratégies digitales objectivées par les données d’opinion et de comportement.
Collecte et interprétation des traces numériques des internautes.
Orientation des décisions stratégiques des organisations pour […] leur réputation et […] leurs parts de marché.

Niveau informations orientées, #storytelling et ton charmant « alliant les sentiments et les #licenciements » comme dirait Alain Souchon, la dame s’y connaît probablement un peu…

Et je ne sais pas vous, mais si je devais trouver un prof de Kung-Fu pour que mes poules fassent de l’autodéfense, je vérifierais d’abord que ce n’est pas un renard… #ChickenRun

Voilà…
A toute fins utiles, juste histoire que vous sachiez aussi d’où je parle, je rappelle que ça fait 5 ans que je tourne un cursus d’ateliers d’autodéfense intellectuelle.

Ateliers

Et qu’un tuto sur le même thème m’a été commandé, il y a 6 mois : Il est bien plus complet, et si c’est dans vos préoccupations, au moins aussi neutre, que celui du gouvernement (!)


Bon visionnage.