Le biais de media hostiles

L’effet de media hostiles, aussi appelé phénomène de media hostiles réfère au fait que les personnes ayant un avis très tranché sur une question perçoivent la couverture médiatique comme plus hostile à leur opinion qu’elle ne l’est réellement.

Mis en évidence dans les années 80 dans des contextes de guerre (opinions très « tranchées », hum…), il conduit donc à penser que les media penchent pour le bord adverse…

Je m’estime être une personne aux avis certes argumentés mais quand même très tranchés.Voilà donc une information qui m’a calmé un brin…

D’autant que je l’ai reçu à peu près en même tant que cette autre, qui indique qu’il y a désormais de la critique argumentée des media à l’extrême droite… Eux pensent que tous les media sont des repairs de gauchistes finis…

Alors, est-ce que finalement toute cette jolie entreprise d’autodéfense intellectuelle, de désintox de langue de bois, de déchiffrage de la pensée unique et autre désentubage cathodique, ne serait-elle pas un brin biaisée en elle-même? N’ai-je pas moi-même, avec le temps, créer un miroir déformant qui me conduit à interpréter excessivement?

Je crains que si… Pas au point de m’arrêter. Mais sans doute, par contre, au point de réfléchir plusieurs fois de plus avant de publier…

Les filles, contribuez!

Les gens qui me connaissent savent que je jure beaucoup par Wikipedia. Je ne vais pas faire l’étalage de tous les arguments en faveur de cette encyclopédie que j’utilise 2 à 3 fois par jour…

Non, aujourd’hui, j’expose un de ses travers désagréables : Sous ses dehors participatifs, ouverts, qu’on imagine égalitaires, elle est très majoritairement produite par des hommes.

Cette carte montre la répartition des articles en fonction du nombre de contributeurs (axe des x) et en fonction du nombre de contributrices. (axes des y), dans la Wikipedia anglophone.
On s’apercevra dès le départ que, pour obtenir une dispersion à peu près correcte des points, les auteurs du graphe on été obligés de zoomer l’échelle des contributrices à environ 10 fois celle des contributeurs… Ce qui rejoint la moyenne de la proportion : Pour une contribution féminine, il y a environ 13 contributions masculines!!!  Selon Wikipedia elle même, on est à 1 pour 7. Cela reste très déséquilibré.

Ainsi, à l’image d’autre modes de fabrication du savoir, les femmes s’autoexcluent de fabriquer Wikipedia. Et cela « teinte » sans doute considérablement les écrits de l’encyclopédie en question, contribuant, a priori, à maintenir une certaine idée patriarcale du monde… Alors, si vous êtes une femme un brin féministe, contribuez à Wikipedia.

Annonce!

Aller, je vais vous proposer un petit scoop, ouaip, comme les vedettes de music-hall, dans les gazettes de salle d’attente.

« Propagando », le spectacle, sera disponible cet automne.

Et son sous-titre sera : « Comment décider Guignol à empailler les Renards? »

Sur un ton décalé mais rigoureux, il y sera question de publicité, de tabac, de télévision, de piano, de Bernays, de grenouille et de boules de neige… Entre autres…

La date de la première n’est pas encore exactement définie mais ce sera dans un lieu ami, soit sur Genève, soit aux environs de Bonneville. D’une durée d’une heure, il se trouvera dans un genre proche de la conférence mais enrichie de marionnettes et émaillée de fables… Si vous avez le goût du risque, vous pouvez d’ors et déjà me contacter pour que je vous tienne au courant des premières représentations.

« Propagando ou Comment décider Guignol à empailler les Renards » se voudra alors ensuite en tournée. Alors si vous avez une salle près de chez vous qui aurait une disponibilité lors de l’hiver, du printemps ou de l’été prochain, n’hésitez pas à la contacter et envoyez moi un mail à phloem-sev[at]live.fr

Je me réjouis d’avance 🙂

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Humeur critique n’est pas esprit critique…

Je voudrais discuter d’une chose qui n’est pas évidente de prime abord : Ce n’est pas parce qu’on a un avis opposé ou simplement différent de celui de la masse des gens que l’on fait, pour autant, preuve d’esprit critique. Faire de l’autodéfense intellectuelle est un brin plus complexe…

J’ai rencontré, il y a quelques temps, une personnes qui m’a paru, initialement, une personne tout à fait ouverte à des cours d’autodéfense intellectuelle. En fait, chaque outil que je lui détaillais retenait son attention. Mais à un moment, j’ai compris que quelque chose clochait… Lorsqu’il a commencé à me parler du World Trade Center… Il était un peu trop catégorique sur le complot… Et il utilisait les outils que je lui proposai dans le but d’étayer sa certitude de départ. C’est juste le contraire de l’autodéfense intellectuelle…

Car, en autodéfense intellectuelle, une posture qui me parait bien difficile à tenir est celle de la certitude… On fait des hypothèses, on lance des pistes de réflexion, on met beaucoup de conditionnel, on pose des questions, on s’informe, et sur l’information brute, on mobilise des outils pour tester des hypothèse et on revoit nos hypothèses ou nos outils si les résultats ne sont pas concluants. Et parfois, parfois seulement, de tout démonter pièce par pièce mais ce n’est pas toujours à notre portée. La tâche souvent consiste à nuancer le propos… Mais une nuance, c’est déjà beaucoup…

Par exemple, il me parait possible que les 2 tours a New York aient été démolies seulement par des gens qui pilotaient des avions.  Tout comme il me parait possible qu’ils aient pu être être aidés par le gouvernement des Etats-Unis ou une autre entité que la leur. Car des éléments vont dans les 2 directions. Et avant de conclure de façon catégorique, j’aurais besoin d’informations objectives supplémentaires. Que je n’aurai pas. (Je ne les cherche pas, je ne saurai pas où avoir des sources fiables et ça ne m’intéresse pas vraiment en fait…) Je ne conclus donc pas sur le fond de l’histoire. Je peux avoir une opinion, c’est bien la moindre de mes libertés mais d’ici à la tenir pour un fait avéré il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. Un ressenti, une humeur, une opinion ne sont pas, en soi, des arguments…

Contester pour contester n’est pas exercer de l’esprit critique. Cet article, paru sur Passeur de Science, un blog du Monde .fr, tenu par un journaliste scientifique indépendant, me semble, à cet égard particulièrement intéressant. Je vous suggère de le lire en entier, il n’est pas très long et très instructif. Il parle d’études récemment publiées. Je vous reproduis ici un morceau de l’article, qui est une des conclusions des études :

Celles et ceux qui ont une propension à s’approprier toute théorie complotiste sont aussi les mêmes qui vont rejeter entièrement des faits ou des consensus scientifiques. Les personnes croyant qu’un puissant groupe secret baptisé Nouvel Ordre mondial a pour but de supprimer les Etats souverains et de gouverner le monde, que les missions Apollo ne sont jamais allées sur la Lune mais ont été filmées à Hollywood, que le gouvernement américain a autorisé les attentats du 11-Septembre dans les buts, déterminés à l’avance, de faire la guerre en Afghanistan et en Irak et de limiter les libertés aux Etats-Unis, que la mort de la princesse Diana n’est pas accidentelle mais un meurtre prémédité par des membres de la famille royale britannique, que les militaires américains ont bel et bien trouvé les débris d’un engin extraterrestre à Roswell en 1947, etc, ces personnes-là ont nettement plus tendance que les autres à penser que le réchauffement climatique n’est pas une réalité, que le sida n’existe pas (ou bien qu’il n’est pas causé par le VIH) ou encore que le tabac ne provoque pas le cancer du poumon.

« Tout croire ou douter de tout sont 2 postures également confortables qui, toutes deux, nous dispensent de réfléchir » disait Henri Pointcarré, le mathématicien. Le but, je pense, de l’autodéfense intellectuelle, est de permettre d’éviter les pièges de la manipulation. Et c’est ouvrir en grand la porte à celle-ci que d’adopter une posture rigide. C’est comme en Tai-chi ou en Aikido,  votre rigidité sert de levier à votre adversaire pour vous faire tomber alors que vous pensiez qu’elle vous protégeait…

Gaz de schiste : Intensification de la propagande.

Le gaz de schiste, si vous ne savez pas encore de quoi il s’agit, informez-vous. GASLAND , révèle ce qu’il faut en savoir pour prendre une position éclairée.

Après avoir vu ce film, bien peu de gens sont prêts à se positionner pour l’exploitation des gaz de schiste.

C’est bien simple, même des élus de droite sont officiellement contre…

En tout cas, selon l’industrie des pétroliers, il fallait faire quelque chose. Il n’aura fallut que quelques mois pour décider quoi.

Employer une firme de relations publiques pour orchestrer la propagande.

Pour, tout d’abord, dégommer Gasland. En préparant une réponse point par point aux faits montrés dans le film. Le nouveau court metrage de Josh Fox, le réalisateur de Gasland, est d’ailleurs en ligne… Il s’agit d’une réponse à cette réponse faite par les industries du gaz à son premier film. (Vous suivez? Non? Alors l’objectif des pétrolier est déjà atteint….)On y apprend que l’entreprise de relatiosn publiques employée pour mener cette basse tache  est la même que celle qui a fait prendre 10 ans de retard à la lutte anti-tabac…

Pour, ensuite s’ouvrir la porte des grands media pour introduire du doute et proposer l’exploration. (Qui sera décrite comme la »solution intermédiaire raisonnable » alors qu’elle n’est, extérieurement et du point de vue des conséquences, pas différente de l’exploitation. Et qu’elle n’a pas de sens si on ne veut pas…explorer ensuite!!!)

C’est l’édito de la Une du monde du 25 juillet : « N’enterrons pas le débat sur les gaz de schiste. »où, en introduction on se pose la question : « Faut il vraiment, a priori, renoncer à cette ressource ? »

Le simple fait de poser la question est déjà un positionnement face à l’état d’esprit ambiant. Il s’agit d’une tentative de remettre la balle au centre. « Dans le fond…« / « Après tout… » /  » A-t-on raisons de… » Des expressions qui servent toujours à rouvrir le dossier.

Et quand il est ouvert, c’est le déversement d’arguments :

« La France a une position de principe, rappelée le 20 juillet par Delphine Batho, la ministre de l’écologie : jugée trop dangereuse, la fracturation hydraulique y est prohibée. Mais comment savoir, inventer, progresser si l’exploration même est interdite ? Les arguments des scientifiques sont sérieux, ceux des pétroliers aussi. »

« Etats-Unis sont peut-être à la veille d’une nouvelle phase de croissance » « les pétroliers américains ont perfectionné les techniques de fracturation hydraulique. » « Leur dépendance au pétrole importé ne cesse de diminuer, de même que leurs coûts énergétiques. »

Le seul argument négatif (Il faut bien en donner un, on fait mine d’ouvrir un débat, je vous rappelle…) est immédiatement contré :

« Plusieurs études scientifiques tirent pourtant le signal d’alarme. La fracturation hydraulique serait dangereuse pour la nature et pour l’homme. De fait, Washington prépare des normes d’exploitation plus sévères. »

Ce qui n’est pas dit dans cet « article », ni même dans le gros dossier des pages intérieures, c’est que les USA ont déjà des lois, sur l’eau notamment mais aussi sur l’exploitation. Ces lois n’étant pas faites respectées (Revoyez Gasland) par une autorité indépendante, ou juste ignorées par les industrielles auxquels on fait confiance quand ils disent « Tout est normal ». Dans ces conditions, le durcissement de la loi ne changera rien.

Ce qui n’est pas non plus dit dans l’article, c’est qu’il fait suite à un voyage au USA, un grand « reportage » au Texas.

Financé par Chesapeak Energy Corporation, exploitant de… gaz de schiste (dont notre Total bien de chez nous possède 25%) !

C’est le site arretsurimages.net qui s’en fait l’écho.

Il relaie également le fait que France 2 a fait un sujet au JT, le 17 Juillet de la même teneur. On y voit le dangreux Claude Allègre y faire du storytelling dans les règles de l’art (« Interdire la prospection mais pourquoi? Imaginez, vous êtes assis sur un tas d’or, mais vous ne voulez pas le savoir? » [sourire moqueux]] Il oublie de signaler « or radioactif » pour que l’image soit parfaite. Et puis, quel intérêt de savoir qu’il y en a? Si on préfère le laisser là où il est, autant ne pas savoir qu’il y est, non? ) On y entend le président de l’Union des Industrie Pétrolière, marchant sous de beaux arbres verts, assener point par point les arguments que nous allons, j’en suis certain, entendre massivement dans les semaines à venir : ça crée des emplois et c’est une ressource, donc ça crée de la croissance et de la compétitivité. Temps d’antenne cumulé pour les 2 : un tiers du sujet soit 1 minute. Temps d’antenne pour le maire de commune positionné contre, 10 secondes. Il aura juste servi de caution, histoire de dire qu’il a eu pluralité des opinions exprimées. Quant aux diagrammes qui illustrent le tout, il sont carrément pro-exploitation. L’un parle des USA et explique qu’on a créé 600 000 emplois. L’autre est incomplet au possible et laisse apparaître l’exploitation comme une chose nette et controlée. Il aurait pu être fait par Total.

France 5 fait pareil le 24 juillet. Un « C dans l’air » avec 4 experts dont 3 pours et 1 bôf.

Le 17 juillet, le patron de GDF-Suez Gérard Mestrallet déplorait dans La Tribune que le gaz de schiste soit « devenu un sujet tabou » en France.

Mais avant même cela, le 12 Juillet, c’est Claude Perdriel, grand patron, entre autre de presse, et membre du conseil de surveillance du Monde(!), qui signait une tribune ouvertement pro-gaz de schiste dans un de ses propres journaux, Challenge… Même rengaine « 100 000 créations d’emplois » « Usine sauvée » avec une subtilité supplémentaire « Augmentation du pouvoir d’achat car baisse des coûts de chauffage. » pour aboutir à la même conclusion « Cela mérite peut-être d’y réfléchir » (Qu’est ce qu’on a fait jusque là???)  Et je passe sur les bassesses rhétoriques que sont les appels à la peur ou la minimisation…

12,17, 17, 24, 25 juillet, autant de sujets « pour » en aussi peu de temps, avec quasiment tous les mêmes angles d’attaque et conclusions… L’industrie de la propagande pro-gaz est lancée à plein régime en prévisions de la rentrée… Il va falloir faire avec et, j’aimerais vous rappeler que, dans ce cas, et en complément de l’information sur le gaz de schiste, toute aussi importante, la clef de la réussite dans le lutte contre le gaz de schiste pourrait bien se trouver dans l’autodéfense intellectuelle. Au risque de se retrouver dans un « débat » qui ne servirait qu’à nous faire perdre de notre énergie en de vaines discussion, à détourner l’attention des problèmes, et, au final, à nous obliger à laisser du terrain aux pétrolier.

Pour organiser un cours (3h) ou un stage d’autodéfense intellectuelle (2 jours), dans votre structure, pour votre association ou votre groupe d’amis, il vous suffit d’écrire à phloem-sev[a]live.fr

Thèmes : La langue de bois, la rhétorique, les chiffres et graphique, les sondages, les images et films publicitaires.

Conditions tarifaires très coopératives…

SOS Education…Vraiment???

[ADDENDUM ! La page  a été modifiée le 6 au matin! Seule la vidéo est disponible en page d’accueil, plus trace du texte de la pétition ici . En contrepartie, en page 2, on peut télécharger (pas consulter directement…) et signer le texte de la pétition. Mais texte-pétition et vidéo ont été disjoints. Rien ne permet de passer de la page 1  à la page 2. La pétition devient moins accessible mais si on y arrive on peut désormais signer la pétition sans avoir accès à la vidéo. Qui était de loin la plus éclairante du vrai sens de l’initiative. Il semble qu’on ait voulu décrocher la vidéo-boule puante du texte édulcoré.]

Cette page (http://www.soseducation.com/greve27septembre/) me semble un excellent exercice d’esprit critique face à une source d’information.

La page est titrée « Grève du 27 Septembre ». Le chapeau de page est une image de tête de cortège de manifestation. A titre personnel, je me suis dit « Tiens! Une informations des grévistes sur les raisons de la grêve. »
Cela m’a incité à lire.
La pétition est rédigée de manière à ce qu’on ne puisse pas être contre ce qu’elle met en exergue en gras. Qui pourrait être contre l’idée que les enfants doivent sortir de l’école en sachant lire…? A première lecture en diagonale, j’ai pensé la signer.
Cette pétition met en avant un texte qui ne parle quasiment que de ses intentions, peu des moyens auxquels on souscrit.
Or les intention d’une action me paraissent toujours, d’un certain point de vue, positivables… Les bonnes intentions, l’Enfer en est pavé, parait-il 🙂

L’association qui a créé le site nous donne beaucoup d’informations très précises à son sujet. En pied de 2e page. Pour y accéder, il faut déjà avoir cliqué sur « Je signe » (Le 2e acte d’engagement déjà! Le premier consistant à lire la pétition en entier volontairement…). Mais ces informations, sous couvert d’une extrême précision, nous cachent leur…inutilité. Quel est l’intérêt  pour des personnes comme vous et moi d’avoir un numéro de SIRET ou de déclaration à la CNIL?  Par contre, comme moyen de joindre l’association, seulement des moyens différés ou fortement engageants (mail, téléphone ou courrier.) Cela a pour effet général de réduire la probabilité des tentatives de traçage de l’auteur. Alors que l’organisme à bel et bien un site internet. Pourquoi n’est-il pas disponible?  Là ça commence à sentir très mauvais pour la pétition…

Et quand on regarde la vidéo, c’est le bouquet…

Les 60 premières secondes (couramment celles qu’on regarde avant de zapper…Surtout si la vidéo s’annonce longue (pas de barre de temps à son pied) Elle fait 12-13 minutes lorsqu’on la regarde sur Viméo.)), sont complètement non spécifiques et s’adressent ainsi autant à des gens de gauches que des gens de droite, dès lors qu’ils sont préoccupés par l’état de l’école. Les secondes suivantes sont ensuite relativement confusionnantes, quand, au regard de tout ce qui précède, on s’attend, à une explication  en provenance des grévistes…

Et puis, pêle-mèle :

Appel à la peur : « Si vous êtes angoissés pour vos enfants, vous avez raison. »)

-Origine des chiffres perdue la plupart du temps : Les sources citées sont invérifiables. Pas de bibliographie, ni de webographie.  Alors que les sources semblent relativement pointues donc facilement publiables, surtout sur un site web. Les page 26 et 27 de « l’Etat de l’école », seule source donnée, ne parlent pas des nombres de fonctionnaires évoqués vers 2 min45 et 4min.  Erratum du 6 octobre ! J’ai confondu les pages 26-27 du pdf du rapport avec les pages 26-27 du rapport (qui figure en page 28et 29 du pdf. Les nombres de fonctionnaires cités sont bien ceux figurant au rapport (Au passage, on y lit que le nombre d’administratifs est bien de 126 915 en 2010. Et qu’il était de 249 762 en 2000… Lorsque SOS Education propose de réduire de moitié, elle occulte que c’est déjà ce qui vient d’être fait.) Mais « L’Etat de l’école » est une production du Ministère de l’Education Nationale qui, au vu de certains graphique, doit aussi être lu de manière avertie…

-Utilisation d’argument d’autorité : En citant l’INSEE, la Cours des Comptes, l’Education Nationale sans plus de précision.

-Calcul simpliste voire biaisé : La moyenne de 14 élèves… Je veux bien croire qu’il y a des problèmes de gestion mais d’ici à observer une telle différence entre le vécu et le calculé, c’est sans doute qu’il y a un problème quelque part ailleurs… La moyenne est une mesure de tendance centrale. Elle est facile à calculer mais elle est très sensible aux extrêmes… Or, sans plus de précisions, dans les 12 millions d’enseignants on peut imaginer que sont sans doute comptés les personnels en disponibilité (0 élève.Mais pas de salaire.), en détachement (sur des missions de formations des enseignants), en décharge syndicale (assurément même…) mais aussi les enseignants spécialisés (En CLIS, on a 6-8 élèves maximum !), les personnels de direction (Directeur d’établissement et son adjoint… ce sont des enseignants. 0 élèves.), les CPE. Cela représentera facilement  un bon tiers des enseignants. Refaites le calcul en tenant compte de cela…Vous tomberez sur 20-21 élèves. Beaucoup moins révoltant déjà… Mais attention, c’est une approximation! Je n’ai pas de source. Il s’agit d’un calcul grossier, seulement indicateur de tendance. Au passage, dans le chiffre des 126 915 fonctionnaires non-enseignants, est-ce que sont comptés les personnels de direction et les CPE ? Non parce comme ils n’enseignent pas…

-Décrédibilisation anticipée de la critique (« Aucun expert sérieux ne peut le contester. » D’ailleurs qu’est-ce qu’un expert sérieux ? Comme je ne suis pas un expert du tout, je peux alors le contester ? 🙂  )

-Culpabilisation (« C’est aussi parce que nous avons laissé faire. »)
Et j’en passe…

Donc sur la forme, seulement la forme, ce document me semble un élément de propagande très bien préparé et possiblement très trompeur.
Et pour aller un peu plus loin, je trouve un peu culotté de la part de l’asso de dire que l’initiative est apolitique et de produire une pétition à destination du ministre de l’Education, du premier ministre, du Président et du Parlement. Apartisane, à la limite, ce serait affirmable…

Mais apartisane ou même « indépendante » comme énoncé…et bien…non plus, ça ne l’est pas… La page d’accueil de l’association présente le soutien de 144 députés. Loin d’être de tous les bords, il sont quasiment tous de l’ UMP.(Je dis quasiment car je n’ai pas vérifié pour tous…) Leur appartenance ne figure évidemment pas sur le trombinoscope. Ce qu’une association apartisane ferait sans doute apparaître clairement. Celle-ci est clairement de droite. Et pas qu’un peu (Vanneste, Panafieu…).

Et pour finir, le plus étonnant.

Il est fait référence, dans la vidéo, vers 7 minutes,  au fait qu’au début des années 90, la France se classait correctement dans les évaluations de l’OCDE. Mais que, à partir de 1995, il y a une régression.

Or, information non notifiée, en 1995, c’est l’arrivée de la droite au pouvoir

Alors quelle conclusions tirer de tout ça ?

En ce qui me concerne, je trouve qu’il y a, au minimum, dans cette initiative une forme de malhonnêteté. Car il y a double discours autant sur la forme que dans le fond.

Elle présente comme une demande de changement et de révolution, une pétition qui va juste demander aux actuels dirigeants de continuer exactement comme ça, voire d’accentuer leur politique actuelle… (Quand le libéralisme échoue, il répond par « Il faut plus de libéralisme.»…Revoir « La stratégie du choc« … )

En tout cas, c’est de la propagande très réussie, riche en ingrédients savoureux et tout à fait convaincante de prime abord. Et en plus, pas simple et chronophage à décortiquer. Très réussie. Pas étonnant qu’elle fonctionne bien cette pétition !

Maintenant, je vais aller prendre un peu le soleil.

Belle journée à vous !

Mes sources :

-La vidéo originale, dans laquelle on peut naviguer et faire des retours arrière… : http://vimeo.com/28923541

-La 2e page du site de la pétition : http://www.soseducation.com/greve27septembre/petition.php

-L’Etat de l’école : http://media.education.gouv.fr/file/etat20/87/0/l_etat_de_l_ecole_2010_160870.pdf

-Les soutiens à SOS éducation : http://www.soseducation.com/signataires_mesures.php

-La page d’accueil de SOS Education : http://www.soseducation.com/

-La stratégie du choc. : http://propag.wordpress.com/2011/10/03/la-strategie-du-choc/

-La définition d’un argument d’autorité : http://fr.wikipedia.org/wiki/Argument_d%27autorit%C3%A9

-La définition de l’appel à la peur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_%C3%A0_la_peur

-La définition de l’apolitisme: http://fr.wikipedia.org/wiki/Apolitisme

Ajout du 6 octobre : Un article très intéressants qui permet d’aller plus loin sur le fond de SOS Education : http://www.liberation.fr/societe/0101469635-sos-education-attention-danger

Et le journal Libération n’en est pas à son premier accrochage avec ce groupe qui semblait déjà tenir un double discours en 2006 : http://www.liberation.fr/societe/010170391-droit-de-reponse-l-association-sos-education

http://www.liberation.fr/societe/010165516-sos-education-en-croisade-pour-le-retour-a-l-ecole-d-antan